"Les nationalistes, loin d'être les derniers d'hier seront les premiers de demain" Pierre Sidos Nous sommes le
 
 Vous êtes ici : Accueil > Dossier NATIONALISME
19/01/10 - Soutenez une revue courageuse : Lecture Française

Revue de la politique française ...

 

 

Agrandir
Librairie Duquesne Diffusion:
27 avenue Duquesne - 75007 PARIS
Nos horaires :
du Lundi au Samedi (sauf jours fériés) de 9h30 à 19h00
Pour nous contacter :
Téléphone : 01 45 55 87 55
Télécopie : 01 45 50 45 95
Courriel : contact@duquesne-diffusion.com

Créée en 1957 par Henry Coston (1910-2001), cette revue a été reprise en 1977 par Jean Auguy et la Diffusion de la Pensée Française (SA D.P.F.) qui en assurent la publication.
Depuis 50 ans, Lectures Françaises lutte contre le mensonge et l’imposture, pour fournir à ses lecteurs des informations et révéler des faits soigneusement laissés dans l’ombre par la « grande presse » et les « médias aux ordres».

Le numéro : 6,50 € - Abonnement (France 1 an) : 66 € (12 numéros par an)
Pour nos autres propositions d’abonnement, renseignez-vous à notre librairie ou auprès de SA D.P.F.
http://www.duquesne-diffusion.com/nos_revues.html

Du bon usage de la nation

A quelques semaines de Noël et du Nouvel an, le gouvernement a jugé bon de braquer l’éclairage des projecteurs sur l’ « identité nationale ». Eclairage nouveau. Eclairage controversé. Le mot identité n’est apparu en français que vers les années 80 (1) dans différents ouvrages. On peut penser qu’en effet des Français ont alors commencé à considérer le « groupe » français comme étant soumis à plusieurs menaces. Pour parler clair et appeler un chat un chat, la nation semblait vouée à une décadence accélérée, voire, pour les plus pessimistes, à la dissolution dans un creuset mondialiste illisible, chaotique et sans espoir. Les jargonneux « spécialistes » ont fait judicieusement remarquer que l’ « identité » de classe étant devenue moins mobilisatrice avec le déclin du marxisme (2), la nation devenait « une sorte de refuge identitaire ». Bene, recte, optime.

Oui, comme l’a dit Maurras, la nation est « le plus vaste des cercles de communauté sociale, qui, au temporel, soient solides et complets. Brisez-la et vous dénudez l’Homme. L’Homme y perdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours ». Intuitivement le peuple a ressenti ces réalités fortes d’un refuge naturel pour les familles et les individus. Seulement depuis quelques décennies, ce genre de constatation est totalement blasphématoire. L’usage des mots « nation » ou « national », est désormais plus que suspect : ils sont malsains, déviants, obscurantistes, brefs honnis, bientôt passibles des tribunaux.

Pourquoi donc le gouvernement a-t-il soudain trouvé urgent non seulement d’évoquer « l’identité française » en expliquant simultanément qu’il s’agissait des principes républicains ? Il ne faudrait pas tout mélanger ou alors c’est le but de la manœuvre.

Pourquoi est-il toujours bien vu de s’extasier sur les identités d’origines étrangères, sur ce qui concerne leur fierté nationale ou religieuse et de crier haro sur le Français qui déclare aimer son pays (3)?

Le 12 novembre dernier, à La Chapelle-en-Vercors, le président Sarkozy a profité d’une visite dont le sujet devait porter sur l’agriculture, pour se lancer dans un discours à la tonalité nationale. Depuis des années, rendons-lui cette justice, aucun autre locataire de l’Elysée n’avait jugé utile de feindre un quelconque intérêt pour les forces invétérées de notre pays : il a évoqué les racines chrétiennes (niées avec véhémence par Chirac et les amis des loges), le Mont Saint-Michel, Reims, les églises… la terre et la nation ! A l’évidence, comme il l’avait déjà fait lors de la visite de Benoît XVI, il lisait le discours d’un autre (un de ses principaux conseillers, M.Guaino). Mais il existe encore quelques milliers de Français, pas seulement des nationaux-catholiques ou des vieux croûtons réactionnaires, que de telles expressions rafraîchissent un peu. « A force d’abandon, a dit M. Sarkozy, nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions. A force de cultiver la haine de soi, nous avons fermé les portes de l’avenir ». Bref il voulait – il l’a revendiqué – prendre en main le débat sur l’identité nationale, sujet que nos compatriotes (dixit la bouche d’or des sondages) approuvent largement. Il a reconnu que n’en pas parler, serait dangereux car cela laisserait… « le champ libre à tous les extrémismes » ! Après avoir parlé des Résistants locaux, il aborda l’idée de nation. Il n’a pas employé clairement l’expression de la « fortune anonyme et vagabonde » mais plutôt parlé des grandes entreprises qui « n’avaient plus de nationalité (mais) ont trouvé tout de suite à quel Etat elles devaient s’adresser pour être secourues ». Le plus gros étonnement pour moi a été (autre première depuis M.Pompidou) l’affirmation de son admiration pour la magnifique littérature française – Racine, Baudelaire, Hugo – qui est pour les derniers amateurs (avec l’architecture, la musique, la peinture classique) une de nos fiertés nationales.

N’oublions cependant pas que ce n’est qu’un discours et un discours électoral. Prononcé au moment où péniblement, les sous-préfets devaient organiser des réunions téléguidées, visant à faire définir - par des citoyens plus ou moins lambda - la nation « modèle modifié Chiraco-Sarkozy ». Alors que les réponses sont connues d’avance et que la question cruciale de l’immigration ne sera prise en compte que dans la colonne « chance pour la France ». Alors que l’horizon indépassable du national semble être la devise républicaine et « la Marseillaise ». Misérable dérobade pour que les « autorités » puissent esquiver leurs responsabilités. C’est si vrai que tous ont repris les bêlements habituels pour expliquer que, pour eux, « nation » était un lapsus dangereux (4), qu’aujourd’hui il fallait mieux parler de République et d’égalité.

Par cette tactique, le pouvoir, qui ne pense, comme tous les professionnels des urnes, qu’aux élections prochaines, affiche évidemment deux ambitions : hypnotiser les voix des nationaux qui, une larme à l’œil, auraient la tentation de fauter ; éliminer la définition traditionnelle de la nation. On peut y retrouver une copie du « Je vous ai compris » gaullien : il abuse l’auditoire un peu chauffé à blanc qui veut traduire ses angoisses en espoirs, tout en noyant le poisson, en l’occurrence la nation ravalée au rang du régime. L’orateur est applaudi puis il s’arroge le droit de faire le contraire de ce qu’il a dit. Non, la nation française n’est pas la République qui s’est « établie sur le mépris du passé charnel et du passé spirituel, de l’hérédité et de la tradition » (Maurras).

Tout à l’effervescence de la controverse, des universitaires ont prétendu que ce ne fut qu’au XIXe siècle que « les nations se sont formées en tant que corps politiques adossés à une culture » (5). C’est faux et toutes les histoires de l’unité française sérieuses en font foi. Faut-il encore rappeler que le discours de réception de Bossuet à l’Académie française s’intitulait « A la gloire de la Nation » ? Comment ne pas réagir quand on voit que ces « enseignants-chercheurs » reprennent la confusion habituelle entre le nationalisme et le « nationalitarisme » (selon la juste expression créée par Johannet) pour attribuer au premier les guerres sanglantes enclenchées par les seconds (6). Il est vrai que, désormais, pour l’école « républicaine » et « résistante », l’histoire commence en 1945, voire en 1981. Alors, le XIXe siècle !

On peut donc craindre que, vu l’état du corps social actuel, vu ses « nouvelles composantes », vu le niveau du civisme moyen, le débat sur l’identité nationale ne soit qu’un attrape-nigaud et un chiffon rouge pour les militants de l’immigration. Cependant les parents conscients et les esprits curieux pourraient en profiter pour parler d’histoire de France et se dépolluer le cerveau.

Pierre ROMAIN

LECTURES FRANÇAISES, n°632, décembre 2009

http://www.duquesne-diffusion.com/nos_revues.html

(1) Il est bon de rappeler que la notion d’identité a commencé, aux Etats-Unis, d’être appliquée dans les années 60 aux femmes et aux Noirs, « c’est-à-dire des groupes victimes de discriminations pour lesquels l’affirmation d’une identité était une façon de retourner le « stigmate » qui les différenciait en en faisant un élément de fierté ». Ce serait lorsqu’un groupe se sent menacé qu’il « éprouve la nécessité de radicaliser sa différence par rapport aux autres » (Le Monde, 7/11/09).
(2) Du moins avec l’effondrement des régimes marxistes-léninistes d’Europe occidentale.
(3) Les bons dessinateurs frappent justes. Je prendrai deux exemples chez les meilleurs : le regretté Faizant et Konk. Il y a plusieurs années, le premier a publié une page ou étaient disposés des personnages qui brandissaient le poing, identifiables par leurs traits, leurs costumes et leurs cris : « Vive le Vietnam, Vive Cuba, Vive l’URSS, Vive la Chine…la RDA, la Palestine, l’Albanie… ». Chacun était légendé : «valeureux patriote vietnamien », « valeureux patriote chinois », « valeureux patriote soviétique » etc…Le dernier personnage était un Français brandissant un béret en criant « vive la France ! » La légende disait : « Vieux c… cocardier, chauvin, xénophobe et présumé facho ». Tout était dit. Konk nous présente quelques vignettes : un homme entre chez lui, observe partout, ferme les portes les unes après les autres, descend à la cave, s’y calfeutre et là crie « vive la France ! »
(4) En effet nation veut dire naissance et implique « l’usufruit par les vivants des biens amassés par le travail des ancêtres », continuité, héritage. Tant dans les arts, la substance du corps social, et les mentalités, on en est pas tout à fait là.
(5) Le Monde, 7/11/09, p.16
(6) Pour faire bref, les « mouvements nationalitaires » sont ceux qui au XIXe siècle, s’inspiraient directement des principes des nationalités issus de la Révolution ; ils considéraient les nations comme des entités égales (quels que furent leurs tailles, leurs passés, leurs puissances, leurs richesses, leurs apports artistiques…). Rappelons encore quelques vérités passées aux oubliettes : «… les plus cruelles des entre-tueries [entre 1792 et 1945] ne sont pas l’œuvre des corps des nations mais des démo-ploutocraties, des mauvais gouvernements populaires et de la grande idée nationalitaire qui n’est pas le nationalisme, mais l’idée de l’égalité des nations. » (Maurras)


A consulter également :




Voir tous les visuels >>

DIXITTout lire >>

LES DOSSIERS
Nationalisme
Liberté d'expression
Sionisme
Mondialisme
Corruption morale
Livres / Presses
 
 
Espace administrateurs