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26/01/10 - Pierre Lellouch et la Trilatérale, artisan du nouvel ordre mondial.

par Jean Martel...

 

 

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Le lobbying : réalité voire obsession pour certains, mythe ou plaisanterie pour d'autres, il revêt pourtant chez nombre de politiques une existence bien concrète dont quelques uns ne se cachent plus. Ainsi se dévoilent tour à tour membres de loges, de groupes d'influence (politiques, religieux, spirituels, financiers, idéologiques...), verrouillant et gangrénant un système mondial toujours plus moribond.

Qu'ils se nomment franc-maçons, membres du groupe Hilderberg, de la trilatérale, qu'ils soient les communistes d'hier ou les convertis au capitalisme du lendemain, tous sont mus par une visée étrangement similaire, qui passe nécessairement par la destruction des nations, la mondialisation, le capitalisme outrancier, la consécration du veau d'or.

L'idée même de « complot » porte en soi le ridicule et pousse tout sujet s'y rapportant à l'incrédulité, stigmatisé du sceau de la paranoïa...et pourtant... L'époque où l'on enfermait au nom de la folie les hommes libres pour les faire taire n'est pas loin. Aujourd'hui la camisole est médiatique et sémantique. Des exemples probants tendraient à ébranler les convictions des plus sceptiques, à l'exemple d'un certain Pierre Lellouch, lui, l'Atlantiste, lui le mondialiste, lui l'ultra capitaliste, lui l'européiste...lui le membre avoué de la Trilatérale.


I – Lellouch en clair :

Né à Tunis en 1951, P.Lellouch se tourne vite vers le monde anglo-saxon, étudiant à Harvard, puis devenant successivement membre de l'International Institute of Strategic studies de Londres, vice Président de l'OCDE, Vice Président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Administrateur de l'Atlantic Partnership aux côtés d'Henry Kissinger et Micheal Howard (qui a publié le rapport accusant l'Irak de détenir des armes de destruction massive), ...
Ses accointances atlantistes ne sont dès lors plus à démontrer, pas plus que son engagement en faveur de l'Union Européenne, une Union qui s'étendrait sur la Méditerranée en passant par la Turquie et touchant à son but en Israël. L'entrée de la Turquie dans l'UE est un passage nécessaire vers l'intégration de l'Etat hébreux. Elle est également garante de l'accélération de la destruction des patries européennes, grâce à l'assimilation de cultures étrangères au socle de notre vieux continent (par la création d'enclaves musulmanes en Europe grâce à l'appui américain en Serbie, ou par le cas Turque entre autres). Aussi, Lellouch s'est il prononcé clairement en faveur de cette intégration tel que s'en félicite le site officiel de la chambre de commerce franco-israélienne (juste en dessous d'une publicité pour l'ISEL, l'Institut Supérieur Européen du lobbying). Lui même déclarait en 2004 au sujet de la Turquie « Nous serions fous de lui dire non. Ce serait une erreur stratégique majeure ». Aussi, lorsque Nicolas Sarkozy le nomme Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, certains font mine de s'en étonner, ignorant le passage en force par ce même chef d'Etat de la constitution européenne rendant le recours au référendum sur ces questions caduque. Il est également celui qui, lors de sa présidence à l'Union Européenne, ouvrit le plus de chapitres de négociations avec l'Etat Turque, il est ce défenseur acharné de l'Etat israélien. A la fois juge et parti, Israël applaudira la décision de nommer Pierre Lellouch à ce poste, affirmant par la voix de ses diplomates : « Israël a besoin actuellement de véritables amis pour soutenir ses demandes auprès de l'Union Européenne. Cela semble bien être le cas de Pierre Lellouch », ajoutant que c'est une excellente nouvelle, perçue unanimement dans le pays, tel que le rapporte Israël Valley. D'autres affirment que M. Lellouch serait financé par le Mossad afin d'appuyer l'intégration de l'état hébreu dans la communauté européenne.
Ces prises de position mises en perspective par l'engagement de M. Lellouch à la Commission Trilatérale depuis 1994 (tel qu'il l'annonce lui même sur sa biographie en ligne), poussent légitimement à approfondir la question des raisons de sa nomination par Nicolas Sarkozy : a-t-il fait nommer l'ami, le politique, le membre d'une même communauté... un membre de la Commission Trilatérale...

II - La Trilatérale

Fondée en 1973 par des membres éminents du groupe Bilderberg (Rockeffeler en tête), et du Council of Foreign Relations, la Commission Trilatérale est une organisation supranationale ayant pour but d'ériger un nouvel ordre mondial, fondé sur la démocratie et le libéralisme. A cette fin, elle fait publier chaque année des rapports annuels à l'attention des responsables politiques, et relayés par une élite composée de grands industriels, de banquiers et de journalistes. Ainsi David Rockefeller a t-il pu affirmer « Quelquefois, les idées mises en avant par les rapports de la Commission trilatérale sont devenues des politiques officielles. Ses recommandations ont toujours été sérieusement débattues à l'extérieur de notre cercle, et elles ont joué un rôle dans les réflexions des gouvernements et dans la formulation de leurs décisions ». Flagornerie ou réalisme, ces déclarations ouvrent néanmoins le débat concernant la fameuse théorie dite du complot, opposant les faits aux légendes.

Architectes d'une idéologie politique et économique, les membres de la Commission Trilatérale, par leur représentant Rockefeller affirment, comme dans cette interview accordée au Newsweek International, la nécessité de « remplacer les gouvernements », de « protéger les intérêts des multinationales »...en « éclairant par des analyses les décisions des dirigeants politiques du monde », confirme le Monde Diplomatique.

A – Un idéal Platonicien :

Tout comme l'ordre maçonnique, l'idéologie véhiculée par la Trilatérale s'inspire d'un idéal platonicien qui vise à éclairer les masses par les lumières transcendantes d'une élite définie. Certains ont pu dire que la Cité Trilatérale est « un lieu protégé où la Techné est loi. Postées en surplomb, des sentinelles veillent, surveillent. Le recours à l'expertise ne relève point d'un luxe, il offre la possibilité de mettre la société face à elle même. Le mieux être ne vient que par les meilleurs qui, en leur hauteur inspirée, produisent des critères pour les relayer vers le bas ».

Aussi, contrairement au principe démocratique dont elle se fait figure de proue à travers le monde, souhaitant l'imposer en tout état, la Trilatérale adopte une position qui n'est pas sans rappeler la joute américaine ou israélienne. Elle dénote même une véritable aversion pour les mouvements populaires tel que cela transparaît dans le rapport sur la gouvernance des démocraties rédigé par Michel Crozier, Samuel Huntington et Jooji Watanuki, où ils dénoncent les « excès de la démocratie » que constituent pour eux la remise en cause de la politique étrangère des Etats-Unis par exemple. A l'époque, le Président américain n'est autre que le membre de la commission Trilatérale James Carter, comme le sera plus tard Bill Clinton.

Se sentant investis d'une mission internationale, et par ses états fer-de-lance, les Etats-Unis en tête, l'élite platonicienne tente ainsi d'imposer une idéologie politico-économique, au service des peuples...à moins que ça ne soit de ses membres.

B – Idéologie et ambition supra nationales :

Dignes héritiers du groupe Bilderberg, fondé selon les mêmes critères, la Commission Trilatérale se réunit régulièrement publiant des rapports annuels (Trialogues), ainsi que des compte-rendus thématiques (Triangle Papers). Ainsi, ils fonctionnent sur un modèle identique, sur une idéologie commune, avec des membres communs parmi lesquels figure le membre fondateur Rockefeller (aux côtés du Prince Bernhard des Pays Bas par exemple ou Jozef Luns ex-secrétaire-général de l'OTAN... ) Figurent parmi leur comité de direction, Josef Ackerman de la Deutsche Bank, Jorma Ollila de Nokia, Jurgen Schrempp de Daimler Chrysler, James Wolfensohn de la banque mondiale... Henry Kissinger ou Bernard Kouchner d'après le Financial Times. A la Trilatérale interviennent Peter Sutherland Président de BP et de Goldman Sachs International, Yotaro Kobayashi, Président de Fuji Xerox et Thomas Foley ancien speaker de la chambre des représentants, chacun étant Président de leur région (Europe, Japon, Amérique). Le Quid 2007 révèle également un certain nombre de membres français dont Pierre Lellouch (à l'origine de la loi éponyme aggravant les peines pour les infractions à caractère antisémite ou raciste) ou Laurent Fabius. On parle aussi de Simone Veil (à l'origine de la libéralisation de l'avortement par exemple) ou d'Elisabeth Guigou parmi d'autres.
Des relais puissants aux points communs évidents, porteurs d'une idéologie conforme à leur identité. L'énumération de ces industriels n'est pas sans rappeler les mémoires de Casanova au sujet de la franc-maçonnerie : « M. d'O. (lors d'un séjour à Amsterdam) m'invita à souper chez lui à la table des bourgmestres, faveur insigne, car contraire à toutes le règles de la franc-maçonnerie, on n'y admettait jamais que les 24 membres dont elle se composait et les 24 maçons étaient les plus riches millionnaires de la bourse. M. d'O. me dit que je venais de souper avec une société qui pouvait disposer d'un capital de 300 millions ».

a) Vers un marché mondial

A travers ses rapports destinés aux dirigeants politiques du monde, et relayés auprès de la population par une presse partisane, la Commission souhaite transcender les souverainetés nationales afin de créer une vaste démocratie consumériste. Cette gestion globale passe par une « réforme des institutions internationales, la mondialisation des marchés, la libéralisation des économies... ». Le caractère économique de cette entreprise est indéniable. La qualité des membres de la Commission n'y est sans doute pas étrangère. Mais à cette bataille économique fait écho un combat idéologique, l'un dépendant de l'autre, l'un alternativement cause ou conséquence de l'autre.

b) Vers un nouvel ordre mondial

Prétexte à la mise en place de l'économie mondiale ou visée idéologique réelle, la Commission ambitionne la création d'une nouvelle « architecture internationale » afin de faire face aux problèmes globaux tels que les attentats du 11 septembre évoqués lors de la rencontre de Washington en avril 2002. Une démonstration grandeur nature, selon eux, de la nécessité d'une gouvernance mondiale. Pour autant, ceux qui croient à la version des attentats islamistes du 11 septembre semblent ignorer qu'ils seraient dès lors conséquence de cette même mondialisation, de cette volonté d'étendre le marché libéral à toutes les régions sans prendre en compte ni croyances ni culture, de cette volonté de détruire les nations, leurs valeurs, leurs frontières, de cette tentative d'émasculation des peuples garante de paix ... Cette réunion basée une fois encore sur de grossières contradictions a néanmoins réuni Colin Powell (secrétaire d'Etat Américain), Richard Cheney ( vice Président), et Alan Greenspan (Président de la réserve fédérale). Pour eux, les pays de la Trilatérale et les Etats-Unis avant tout doivent jouer un rôle tutélaire pour le bien de tous, pour la pacification du monde notamment en exportant le modèle démocratique et libéral. Pourtant, comme le rappelle Ramalho Ortigao : « Nous n'en finirions pas si nous voulions dresser l'inventaire de tous les crimes, de toutes les atrocités qui ont été commis et continuent à être commis par la démocratie, au nom de la démocratie, avec la complicité active ou tacite de la démocratie : des charrettes de la Terreur aux génocides et aux massacres de Zanzibar, du Soudan, du Congo, du Burundi, du Biafra, de l'Angola, en passant par les bombes de Dresde et de Hiroshima, le massacre de Katyn, les camps de Sibérie, les tortures et les assassinats de la libération... ».
Et si le plus grand assassin des trois derniers siècles s'appelait démocratie ?

C'est en son nom, au nom de ces valeur sanctifiées, érigées au rang de dogme dans un monde désacralisé que meurent les individus et les nations. C'est en leur nom qu'a vu le jour la Communauté européenne, en leur nom qu'Israël et les Etats-Unis sèment la mort au nom de la vie, au nom de la liberté que l'on remplit les prisons, au nom de la fraternité que l'on torture et l'on tue, au nom de la paix que l'on déclenche la guerre, au nom de la démocratie que son citoyen « a toutes les libertés sauf celle de ne pas être démocrate ». C'est un monde de contradictions, contre nature, qui est ainsi préparé, confrontant les lois naturelles aux lois temporelles, les lois sacrées aux nouveaux dogmes idéologiques, or contre la nature, point de salut.
L'intérêt général n'étant pas respecté, seuls quelques intérêts particuliers doivent logiquement s'y substituer, tout comme « une intelligence collective démocratique se substitue à l'intelligence de chacun, impose ses dogmes, ses cadres de pensée rigides, inviolables, la conscience universelle démocratique se substituant à la conscience individuelle » tel que le note Jean Haupt. La puissance, le bon sens et la raison attribuée communément au nombre trouve dans ceux même qui ont érigé ce système, ses limites, asservissant le nouvel homme libre aux marchands et à l'hypercapitalisme, faisant de lui « l'homo oeconomicus qui doit consommer sans cesse afin que puissent fonctionner les machines dont il est l'esclave ».

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