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La France en débat

par Jean MARTEL...

 

 

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Poser la question de l’identité nationale revient à se poser la question de la nature même de la France. Contrairement à la vision gaullienne qui voit en elle une idée, Charles Maurras en avait une vision incarnée, à la fois spirituelle et charnelle. La mère patrie a été pétrie dans sa terre, sculptée au travers des âges, polie par un passé « qui forme un tout et est descendu quoiqu’il arrive dans l’irrévocable » (Robert Brasillach). Nul besoin de débat pour redessiner ses courbes généreuses, son âme fière, son sein nourricier. La masse ne peut démocratiquement redéfinir ce qui la préexiste, ce qui la transcende, car, tel que se plaisait à rappeler le Maréchal Pétain, «les Français n’existent que par la France ».
Charles Maurras, lui, la peignait avec justesse de ces mots : « (…) ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons, ce sont des autels et des tombeaux, ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’y a rien de plus concret ».
Ce sont des champs : le sein nourricier de notre mère, c’est une terre, celle de nos frontières, celles tracées par le sang de nos pères ;
Ce sont des murs : le corps sculpté de la patrie, c’est son riche patrimoine, celui de nos cathédrales, nos châteaux, … c’est la France qui n’est pas mesure mais grandeur ;
Ce sont des autels et des tombeaux : c’est l’âme du pays, car si le culte de la patrie est « la religion de la terre des pères », « le culte de la nation est le respect de la religion de leur sang », comme le disait si joliment Charles Maurras ;
Ce sont des hommes : mémoire et acteurs de sa destinée, qu’ils soient vivants, morts ou à naître ;
Ce sont des « pères, mères et enfants », cœur de la patrie, ce sont des familles, socle de la nation, berceau de notre civilisation, garantes de nos traditions et de notre pérennité ;
Ce sont des paysans et des jardiniers : ceux des campagnes fertiles ;
Des artisans, des ouvriers : qui transmettent un savoir faire, une excellence, une exception ;
Ce sont des soldats, bras défenseur qui protège la nation, ses hommes, ses frontières ;
La France c’est elle et elle seule, celle qui ne fait pas débat, celle qui fait de nous des Français, qui fait notre identité spécifique. La France est incarnée. La France est irrévocable.
Celle qu’ils mettent en débat, c’est cette image d’un temps, cet instantané insignifiant et fugace, périssable, comme tout dans la société de consommation, dans ce vaste marché mondial dont la France n’est qu’une supérette, un temple marchand dont les fidèles indigents n’ont d’autre identité que celle de leur portefeuille. C’est le reflet d’une société, un masque au long nez, celui du mensonge.
Chez elle, ce ne sont pas des champs, mais du béton, des villes, des mégalopoles où s’entassent les veaux dans leur bétaillère. Des concentrés de bêtise et de décadence où il est plus facile d’atteindre les esprits vidés par le métro boulot télé dodo, des esprits dociles et faciles ;
Ce ne sont plus des murs : ceux de notre patrimoine étant soldés au plus offrant qu’il soit américain, russe ou arabe. Tout doit disparaître ! L’accès même à la propriété particulière est remise en cause par la simple spéculation immobilière ;
Ce ne sont ni autels ni tombeaux : la révolution avait fait son œuvre, les marchands l’ont poursuivie, comme ce nihiliste que raconte Dostoïevski qui, « éclairé un jour par les lumières de la raison, brisa les images des divinités et des saints qui ornaient l’autel de sa petite chapelle, éteignit les cierges, et, sans perdre un instant, remplaça les images détruites par les ouvrages de quelques philosophes athés puis ralluma pieusement les cierges »
Ce ne sont plus des Français mais des « citoyens du monde », sans couleur, sans sexe, sans culture, sans identité ;
Ce ne sont plus des familles mais des couples libres, des célibataires longue durée, des mariages homosexuels et des pacs hétérosexuels… Le nombre de Pacs représente désormais deux unions pour trois contre le mariage, quant à ce dernier, il est selon Eric Besson pour un sur trois le fait d’une union avec un étranger.
Ce ne sont plus des paysans mais des technocrates de campagne, les agriculteurs étant pendus à l’arbre bruxellois (on dénombre un suicide par jour)

Ce ne sont plus des soldats mais des métro-sexuels décadents, des bêtes à voter.

Ainsi s’opposent la France irrévocable et la cité babélienne de ce siècle, ainsi s’opposent la France de Jeanne d’Arc et celle de Carla Bruni, la France de la terre et celle des étoiles, notre mère patrie à leur fille de joie. Alors qu’ils débattent, qu’ils ébattent, battons nous, et bas le masque !

Jean MARTEL

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