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Élections européennes et réalisme politique

Dans le système de démocratie inorganique installé depuis des décennies en Europe et qui concourt à la ruine de notre civilisation, les élections ne sont que des péripéties qui ne permettent pas directement de le renverser. Cependant, ce système politique, fondé par nature sur des bases instables, reste tributaire des effets de ses contradictions internes, c’est-à-dire des effets que son être contre-nature induit sur son fonctionnement et sur l’évolution même de la société.

C’est ainsi que les dernières élections européennes ont participé au processus de délitement de l’ordre démocratique en confirmant une fois de plus le rejet, par une part croissante des Français et de l’ensemble des peuples d’Europe, d’un système mortifère qui les détruit, les assassine et dont les gens ressentent de plus en plus les effets dévastateurs. Le Parti populaire européen (PPE) et l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les deux principales forces européistes – et donc relais de l’entreprise de destruction de notre civilisation – perdent leur majorité, n’obtenant à eux deux que 329 eurodéputés. Le camp des droites qualifiées d’eurosceptiques et de nationalistes, voire de populistes, divisé en trois formations disparates, obtient 172 sièges, contre 154 au cours de la précédente législature. Mais la poussée n’est pas uniforme : alors que la Ligue de Salvini, en Italie, a obtenu plus de 33 % des voix, aux Pays-Bas, le parti de Gerd Wilders s’est effondré.

Quoi qu’il en soit, les européistes sauront toujours s’entendre pour poursuivre leur politique visant à créer une Europe fédérale, courroie de transmission du projet mondialiste. Les partis portant les couleurs d’une Europe des nations ne pourront que jouer les trouble-fêtes. D’ailleurs, à l’image du Rassemblement National (RN), version abâtardie d’un Front National lui-même dégénéré, ces mouvements politiques ne présentent aucun danger pour cet élément dominant du magistère européiste qu’est le judaïsme politique auquel ils ont plus ou moins fait allégeance.

Ne nous attachons pas aux péripéties à court terme que ces élections vont provoquer. En France, la victoire du RN est en trompe l’œil. Même arrivé devant le parti macroniste, l’écart de voix est trop faible – moins de 1 % – pour que M. Le Pen puisse chanter victoire. Ensuite, la configuration du rapport de forces politiques est telle qu’elle se présente idéalement pour les tenants du régime dans la perspective des élections présidentielles de 2020: comme en 2017, Macron aura beau jeu de reprendre sa rhétorique d’alternative entre l’ordre actuel dont il est le champion et le chaos populiste représenté par l’une au moins des héritières Le Pen, fille ou petite-fille, cette dernière étant cornaquée par l’israélo-compatible Steve Bannon.

Une recomposition du marigot politique français est en train de s’effectuer de telle manière que les partis régimistes traditionnels, PS et Les Républicains, alias UMP, alias RPR, laminés lors des élections du 26 mai dernier, seront réduit à l’état de partis croupions servant de supplétifs à deux conglomérats dominants, l’un réunissant les centres droit et gauche, l’autre fédérant ceux qui refusent la mort de la France sans toutefois en saisir la logique profonde. Cette situation va libérer un espace pour que les nationalistes puissent faire entendre leur voix et gagner des intelligences, conquérir des âmes, créer des réseaux. A nous de saisir l’occasion.

Cependant, ces remarques s’effectuent dans l’hypothèse où le calendrier politique actuellement établi sera respecté. Rien ne l’assure. Pour nombre de gens, il est difficile d’imaginer qu’en dépit de soubresauts, l’ordre des choses existant ne puisse faire autrement que perdurer. Pourtant, prenons conscience de la courte durée des régimes qui se succèdent depuis deux siècles. Le Second Empire n’a duré que 20 ans; la Ille République 70 ans, tout comme le régime soviétique ; la période du « Rideau de fer» 45 ans seulement. Leur Ve République, entre autres, âgée de 60 ans, subira un sort comparable.

La raison en est simple: depuis 1789, les hommes refusant de respecter l’ordre universel, pour placer leur raison infiniment instable comme mesure de toutes choses, ne peuvent qu’engendrer un ordre instable. Les catholiques formulent cela autrement, à l’instar du cardinal Pie disant à Napoléon III : « le moment n’est pas venu pour le Christ de régner? Eh bien, alors, le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer »,

Or, actuellement, les lignes de fracture se multiplient. La crise des Gilets jaunes, même si elle apparaît comme apaisée, est comme la braise qui couve sous la cendre. Une fracture irrémédiable s’est faite entre la grande masse des Français et une pseudo élite dirigeante: les premiers n’ont plus confiance dans la seconde.

Par ailleurs, l’invasion migratoire et le génocide ethnique des Français et des autres peuples d’Europe continue, ses conséquences mortelles touchant déjà les plus modestes d’entre nous. Les pratiques spéculatives de la finance internationale, la croissance quasi exponentielle des liquidités internationales dues à la montée des dettes publiques et aux politiques monétaires permissives des banques centrales sont grosses d’une crise majeure.

Cela, sans compter les problèmes propres à la zone euro. Or un fait d’importance vient de se produire: la volonté de l’Italie, menacée de sanctions pour déficit budgétaire trop important, d’émettre une monnaie parallèle, les « minibots », sorte de monnaie permanente sans intérêts ni échéance, embryon d’une monnaie nationale, pour s’affranchir de la dictature des financiers ou du moins de peser sur elle. Il s’agit d’une mesure révolutionnaire, participant des techniques financières que MILITANT défend depuis longtemps, qui, si elle était mise en œuvre, provoquerait une secousse majeure. Oui, le monde bouge, les choses bougent, peut-être plus rapidement qu’on ne l’imagine.

Dans ce contexte, prenons conscience que le paysage politique, en Europe, se partage en deux camps : ceux qui, peu ou prou, s’accommodent avec le judaïsme politique, soit 98 % du spectre politique actuel, et ceux qui en dénoncent le projet et l’emprise, soit les 2 % restant : cette mise en perspective permet de mieux relativiser la situation présente et le travail qui s’impose aux nationalistes, aux nationaux non reniés. Ce travail passe par un ancrage spirituel, qui en France est fondamentalement le catholicisme non édulcoré par Vatican II, par le refus de la compromission et l’affirmation sans concession de nos convictions et par la volonté de conquérir des positions d’élite dans la société, en dépit des énormes embûches que nous rencontrons. Pour cela, les Français non reniés doivent impérativement s’unir, se former s’organiser: celui qui sait où il veut aller s’ouvre des voies fécondes.

MILITANT

Éditorial de Militant n°716 Juin 2019

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