Le sous-marin israélien INS Dakar a mystérieusement disparu le 25 janvier 1968. C’est une date qui fait tiquer parce que quelques mois plus tôt, le 8 juin 1967, il y a eu l’attaque délibérée et traîtreuse des Israéliens sur l’USS Liberty, en pleine guerre des Six Jours : 34 Américains sont tués et au moins 171 sont blessés.
On peut donc se demander si l’INS Dakar n’a pas été torpillé par un sous-marin nucléaire d’attaque de l’US Navy, en représailles à l’attaque de l’USS Liberty par les Israéliens. Il n’y a aucune preuve, mais on voit mal l’US Navy s’écraser et laisser passer impunément l’attaque de l’USS Liberty.
L’avantage de la guerre sous-marine, sous-marin contre sous-marin, c’est que c’est une guerre sans témoin qui permet de régler ses comptes en toute discrétion.
Surtout que l’attaque, si c’en est une, aurait eu lieu de nuit. Le 24 janvier 1968, le Dakar transmet sa dernière position officielle alors qu’il navigue au sud de la Crète. Le 25 janvier, de brefs signaux de contrôle automatisés sont reçus jusqu’à peu après minuit, puis le bâtiment sombre dans un silence radio total. Du travail net et sans bavure. Un SNA contre un U-Boat de la Seconde Guerre mondiale, les jeux étaient faits d’avance.
Il y avait 69 membres d’équipage à bord de l’INS Dakar, et c’était son premier voyage, il n’avait jamais navigué, du moins pas sous les couleurs israéliennes. Quelque chose nous dit que s’il était resté aux couleurs britanniques, il n’aurait jamais coulé. Voici sa petite histoire.
L’INS Dakar (INS = Israeli Naval Ship) est un sous-marin israélien modifié de classe T initialement appelé HMS Totem (P352) dans la Royal Navy. Acheté par Israël en 1965, il subit d’importantes modifications de modernisation au Royaume-Uni avant d’être rebaptisé INS Dakar.
Il quitte Portsmouth le 9 janvier 1968 en direction d’Haïfa. Sa dernière transmission radio a lieu le 25 janvier 1968 alors qu’il navigue entre la Crète et Chypre. Au terme de recherches approfondies (et en profondeur) au cours de trois décennies, son épave est retrouvée en 1999, entre les îles de Chypre et de Crète. La cause exacte du naufrage est inconnue.
Le mystère de sa disparition reste entier pendant plus de trente ans.
L’épave est finalement découverte en mai 1999 par une équipe américano-israélienne à environ 3 000 mètres de profondeur, gisant au fond de la Méditerranée entre la Crète et Chypre. Si l’équipe de recherche avait demandé à l’US Navy, elle aurait peut-être pu avoir une localisation précise plus rapidement… Avant de se lancer dans une recherche, il faut poser les bonnes hypothèses.
Malgré des investigations approfondies, la cause exacte du naufrage reste un mystère. Cette énigme non résolue fait du navire un chapitre fascinant et déconcertant de l’histoire maritime qui continue d’intriguer les chercheurs. Le kiosque du sous-marin a été remonté à la surface en l’an 2000 et est aujourd’hui exposé au musée de la Marine à Haïfa.
La disparition de ce sous-marin reste profondément gravée dans la mémoire nationale israélienne comme une tragédie maritime majeure. Si les Israéliens cultivaient leur mémoire jusqu’à se souvenir de l’USS Liberty, sept mois plus tôt, peut-être qu’ils pourraient relativiser la tragédie.
Le timing de la revanche est parfait
Le timing de la revanche, si c’est une vengeance, est parfait : ni trop tôt, pour que le grand public n’établisse pas un lien chronologique trop facile, ni trop tard pour que les premiers intéressés, la hiérarchie militaire israélienne, comprenne. De toute façon, l’US Navy ne pouvait pas couler l’INS Dakar tant que les Israéliens n’en avaient pas pris livraison à Portsmouth, après les travaux de modernisation.
Possible également que la Royal Navy ait aimablement communiqué la date de départ de l’INS Dakar à l’US Navy, c’est quand même toujours plus pratique, et entre Anglo-saxons, on n’a pas grand’chose à se refuser. Curieusement, Israël n’a plus jamais passé de commande de sous-marin au Royaume-Uni; ni à l’Amérique.
Diplomatiquement, l’affaire reste brûlante encore aujourd’hui. En effet, s’il s’agit d’une opération de représailles, cela montre que l’US Navy n’a jamais cru que l’attaque du Liberty était une erreur. L’US Navy a pris l’attaque pour ce qu’elle était : un défi aux États-Unis pour démontrer qui, dans le couple israélo-américain, dominait et commandait.
Cette question, qui hante toujours notre actualité, se posait donc déjà du temps de Moshe Dayan. L’affaire du Liberty porte d’ailleurs toutes les marques de l’effronterie du vainqueur de la guerre des Six Jours.











































JN TV









