Il y a quelques mois, France TV diffusait un « reportage » fourre-tout, sur le modèle du « QuiFaitPeurAuxBourgeois » centré sur « les dérives des suprémacistes blancs » aux États-Unis, donnant quelques secondes la parole à Robert Rundo, fondateur du « Rise Above Movement » et des « Active Club » au milieu de personnes et groupes des plus marginaux aux plus folkloriques. Alors pour ne pas tout mélanger, voici l’entretien que Robert Rundo a récemment donné à Jeune Nation
Jeune Nation : Quel a été votre parcours (d’abord personnel, puis professionnel et politique) jusqu’à présent ?
Robert Rundo : C’est une longue histoire, mais en bref, j’ai grandi dans la jungle de béton du Queens, à New York. Très jeune, j’ai été confronté au tribalisme à travers la culture des gangs, qui était omniprésente à l’époque. À 15 ans, j’avais des amis qui avaient été poignardés et abattus par le MS-13, et lors d’une bagarre de rue pour venger ces morts, je me suis battu au couteau avec l’un d’entre eux à 17 ans. Cela m’a valu de faire de la prison.
En prison, j’ai appris la discipline. J’ai commencé à lire, j’ai arrêté la drogue et la vie de gang, et je me suis engagé sur la voie de la cause nationaliste. Une fois sorti, j’ai essayé de mener une vie simple en travaillant pour un syndicat, en me mettant en couple avec une petite amie, puis en déménageant en Californie. Pendant ces années-là, j’ai suivi de très près des mouvements comme Golden Dawn et je les ai soutenus. J’ai également visité l’Europe et j’ai eu l’occasion de rencontrer CasaPound, ce qui m’a beaucoup marqué puisque ma famille est originaire d’Italie.
Quand j’étais en Californie, Trump a été élu et les Antifas ont commencé à semer le trouble à travers les États-Unis.
Je voulais m’engager dans une cause nationaliste aux États-Unis, mais honnêtement, ce milieu était composé à 99 % de clowns. L’ambiance était négative : des types qui jouaient aux déguisements, trop ringards, rien à voir avec ce qu’on trouve en France ou dans des groupes comme CasaPound. C’était un milieu rempli de personnes antisociales qui en avaient l’air et se comportaient exactement comme telles. J’ai donc décidé de changer cela et de créer quelque chose qui corresponde à ma vision d’un milieu nationaliste américain.
C’est ainsi que j’ai lancé le Rise Above Movement. C’était le prototype de l’Active Club – le premier du genre à intégrer le fitness, la boxe et l’activisme de rue au sein d’une seule organisation dans le monde anglophone. À partir de là, il y a eu des perquisitions du FBI, des chasses à l’homme à l’échelle mondiale, six ans de vie en cavale dans les Balkans, et finalement mon arrestation dans une salle de sport à Bucarest par Interpol, puis mon extradition vers une prison fédérale américaine pour purger ma peine.
L’affaire politique intentée contre moi est une autre longue histoire en soi, avec des événements sans précédent – comme le fait que j’ai passé cinq mois en prison sans inculpation –, mais là encore, je vais faire court.

JN : Dans les médias grand public, on vous qualifie de néonazi. Comment vous définiriez-vous sur le plan politique, et pouvez-vous citer des personnalités politiques américaines qui vous ont inspiré ?
RR : Je ne souscris pas à ce terme, surtout dans son acception américaine, qui est très axée sur la recherche d’attention, antisociale et malsaine. Je me considère comme un avant-gardiste. Je suis simplement un nationaliste, même si le terme « fasciste » ne me dérange pas non plus. Je puise mon inspiration dans de nombreuses sources : de la Garde de fer roumaine à Sparte, en passant par Rome et certains des Pères fondateurs américains. Je ne suis aucune doctrine particulière, mais je crois qu’il faut donner la priorité à la race européenne et défendre les valeurs martiales.
JN : Qu’est-ce que Will2Rise et Active, et comment sont-ils nés ?
RR : C’est difficile de mettre le doigt sur une seule chose. J’ai travaillé sur de nombreux projets qui étaient à la pointe de l’innovation aux États-Unis à l’époque. Je croyais sincèrement au pouvoir de l’esthétique, et j’ai créé un style qui, dans mon esprit, s’adressait toujours à une version plus jeune de moi-même : un moi perdu dans la drogue, essayant de trouver ma voie en tant que garçon blanc entouré d’étrangers.
J’ai publié toutes ces vidéos en me disant : si le moi plus jeune avait vu ça, à quel point ma vie aurait-elle été différente ? À ma grande surprise, beaucoup d’autres partageaient ce sentiment. Beaucoup se sont identifiés à ce que je publiais, et à partir de là, tout a décollé naturellement.
JN : Quels liens l’Active Club entretient-il avec les mouvements nationalistes américains ?
RR : Prenons l’exemple du Patriot Front de Thomas Rousseau.
Je suis très ami avec beaucoup de membres du PF, et nous nous soutenons mutuellement — nous partageons les mêmes objectifs. Il y a d’autres groupes avec lesquels je suis ami, et puis il y en a que je ne supporte pas. Aux États-Unis, contrairement à l’Europe, il y a beaucoup de mauvais acteurs payés par des ONG ou le FBI pour jouer la comédie comme dans un film hollywoodien, donnant l’impression qu’il s’agit de terroristes ou simplement de losers. On arrive généralement à les distinguer, car leur esthétique reflète celle de leurs soutiens à Hollywood.

JN : Dans combien de pays l’Active Club est-il présent ?
RR : Dans des dizaines de pays : au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud, et dans de nombreux pays d’Europe. C’est difficile de suivre le rythme ces jours-ci : il y en a toujours de nouveaux qui se créent et d’autres qui disparaissent.
JN : Et quelles sont ses relations avec les mouvements nationalistes dans chacun de ces pays ?
RR : Il semble que de nombreux Active Clubs fassent partie d’un mouvement plus large, mais utilisent le club principalement pour le fitness et l’entraînement. Dans de nombreux pays, on n’avait jamais mis autant l’accent sur la culture physique — sur le fitness, l’entraînement et la discipline. Aujourd’hui, presque toutes les organisations, même si elles ne font pas officiellement partie de l’Active Club, ont intégré cet élément. J’aime à penser que j’y ai joué un petit rôle.
JN : Le 7 janvier 2025, Jean-Marie Le Pen, figure de proue du nationalisme français, est décédé. Quel a été son impact aux États-Unis sur le plan politique, et a-t-il inspiré des initiatives ou des partis ?
RR : Malheureusement, je ne pense pas que beaucoup de gens aux États-Unis en aient conscience, à part quelques-uns comme moi qui ont été fortement inspirés par les mouvements nationalistes français et européens. La dynamique de la scène américaine est très différente de celle de l’Europe. Pendant très longtemps, la seule chose sur laquelle les Américains se concentraient était de pointer du doigt les Juifs et de parler des statistiques de la criminalité chez les Noirs, mais on ne mentionnait guère quoi que ce soit d’autre que ces deux sujets. Il n’y avait aucune référence à une histoire européenne plus profonde, seulement une compréhension de la Seconde Guerre mondiale digne d’Hollywood.
C’est une réalité regrettable, mais cela découle de la mentalité impériale des Américains. Ils ne se soucient pas vraiment de l’Europe ni d’ailleurs. Nous sommes entourés de deux océans, et nos voisins sont à notre merci, donc les Américains voient le monde très différemment des Européens.
En résumé, à part une poignée de personnes comme moi qui ont vécu en Europe pendant des années et y ont des racines profondes, des figures comme le grand Jean-Marie Le Pen restent relativement méconnues.
JN : Aux États-Unis, l’esthétique nationaliste est très variée. Quels en sont les symboles les plus marquants ?
RR : La croix nationaliste, la croix celtique, est en train de devenir le symbole le plus marquant après des années marquées par une multitude de drapeaux différents. Aux États-Unis, cette esthétique s’inspirait fortement de la culture carcérale ou de la culture « redneck ». Il n’y a jamais eu de style décontracté comme celui que l’on voit en Europe. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le nationalisme n’a jamais vraiment pris son essor en Amérique : il était peu attrayant et ne s’adressait qu’aux personnes les plus extrêmes.
Au début, avant 2016, presque toutes les personnes que je rencontrais dans ce milieu étaient antipathiques. La plupart s’y trouvaient pour de mauvaises raisons, cherchant à attirer l’attention, ou parce qu’elles n’avaient nulle part ailleurs où aller. Pour moi, c’était différent. J’ai grandi en ayant toujours une petite amie, en sortant en boîte, en ayant beaucoup d’amis. J’ai rejoint ce mouvement parce que j’aimais sincèrement la culture et les gens européens, et que je voyais que les autres races, au fond d’elles-mêmes, ne nourrissaient que de la haine à notre égard. Si on les laissait faire, elles démoliraient la statue de David.
J’aime trop l’art et la beauté pour rester les bras croisés.

JN : Qu’en est-il de la croix celtique, utilisée pour la première fois comme symbole politique par le mouvement de la Jeune Nation en France à l’initiative de Pierre Sidos ?
RR : Je trouve cela génial, cela a créé un drapeau pour notre cause moderne, c’est un magnifique drapeau que j’espère voir flotter un jour au-dessus de nos terres natales. La scène nationaliste doit beaucoup à Jeune Nation pour l’introduction de ce symbole.
JN : En Europe, les nationalistes sont pris pour cible par des voyous antifascistes qui jouissent d’une impunité quasi totale. De plus, ce mouvement regroupe des délinquants de toutes sortes, parfois même des délinquants sexuels. Qu’en est-il des États-Unis ? Comment percevez-vous leur nuisance, et quelle politique faudrait-il adopter pour mettre fin à leurs méfaits ?
https://www.youtube.com/watch?v=gAf7t4fNAoE
RR : L’antifascisme est très bien financé et protégé aux États-Unis. Je le sais de première main, car j’ai perdu huit ans de ma vie à cause d’une bagarre mineure avec l’un d’entre eux. Ces gens ne sont que des marionnettes : ils feront une overdose, s’épuiseront et s’effondreront d’eux-mêmes dès que le financement gouvernemental cessera.
J’ai même vu des agents américains financer des Antifa dans des endroits comme la Serbie, où ils n’avaient jamais existé auparavant. Le véritable problème auquel nous sommes confrontés, c’est le financement. Une fois que nous aurons pu le couper, ils disparaîtront d’eux-mêmes.
JN : Quel sera le résultat pour Active Club en 2025 ?
RR : 2025 a été l’année décisive, poussant les clubs à s’imposer dans le grand public, augmentant leur nombre, faisant connaître notre nom, faisant du bruit qui ne pouvait être ignoré. 2026 est l’année où nous consolidons tout ce que nous avons gagné. Il est temps de construire une véritable structure. Les clubs doivent intensifier leurs efforts : louer des salles de sport dédiées, lancer des entreprises, organiser davantage d’événements privés. Transformez chaque club en un véritable élément central d’un réseau national autonome. Fini les cercles lâches. « Nous devenons l’infrastructure. »
JN : Quelles sont vos résolutions pour 2026 ?
RR : Après près d’une décennie en tant que fugitif, dans et hors des cages, je suis de retour en Amérique depuis fin 2023. Cette première année complète hors de prison, je suis resté discret, respirant simplement de l’air libre, profitant des petites choses que la plupart des gens tiennent pour acquises.
Mais 2026 change cela. Je sors en me balançant. De nouveaux projets sont déjà en cours pour ancrer la culture militante nationaliste plus profondément que jamais dans le courant dominant.
JN : Enfin, quel est votre message aux lecteurs de Jeune Nation ?
RR : Frères de Jeune Nation, vous êtes dans ce combat depuis 1946. Plus long que la plupart. Vous savez mieux que quiconque que c’est un marathon, pas un sprint.
Mais la tendance est en train de tourner. Le nationalisme revient au soleil. Tant qu’il n’aura pas complètement percé, nous continuerons d’avancer, sans recul, sans excuses.
Nous avons besoin de racines concrètes : des entreprises appartenant à des nationalistes, des logements, des salles de sport, des événements privés, tout le réseau. Le milieu en ligne devient apathique et fracturé. En fin de compte, ce sont les plus organisés, les plus cohérents, ceux qui ont une véritable structure sur le terrain qui gagnent.
Construire dans la réalité. L’avenir appartient à ceux qui se montrent

Propos recueillis pour Jeune Nation par Jacques Pierrot


























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