Depuis le et la Toussaint rouge, l’Algérie est en guerre. Alors que l’insurrection armée menée par le FLN prend de plus en plus d’ampleur, les effectifs de l’armée française baissent en raison du retour des troupes marocaines dans leur pays redevenu indépendant, de la libération des soldats du contingents maintenus sous les drapeaux et de l’accroissement du nombre de désertions des spahis et tirailleurs algériens, le président du Conseil Guy Mollet se résout au rappel des disponibles du contingent afin d’augmenter les effectifs militaires en Algérie de 200 000 soldats. En , les premiers rappelés débarquent en Algérie.
Le FLN, pour sa part, organise en septembre 1955, très peu de temps après les événements de Constantine, l’une de ses premières opérations de propagande, Abane Ramdane, responsable de la zone d’Alger invitant dans le maquis de Palestro le journaliste Robert Barrat, à qui sont présentées les revendications du mouvement indépendantiste. Barrat y rencontre également des djounoud, ou soldats de l’ALN.
Le 18 mai 1956 (mais on ne l’apprendra que 2 jours plus tard), 21 rappelés du 9e Régiment d’Infanterie Coloniale commandée par le sous-lieutenant Hervé Artur (rappelé à sa demande), tombent dans une embuscade dans les gorges de Palestro, à proximité du village de Djerrah. Ils sont assaillis par une section d’une quarantaine d’hommes du groupe terroriste insurrectionnel de l’Armée de libération nationale (ALN), commandée par le traître déserteur Ali Khodja.
Ali Khodja est né à Alger le 12 janvier 1933, et en octobre 1955, ils sont trois à déserter de la caserne d’Hussein Dey, emportant avec eux plusieurs armes. Ayant rejoint le maquis de Palestro, dirigé par Amar Ouamrane, Khodja se voit confier le commandement d’une section de l’ALN, forte de cent-dix hommes, qui se distinguera rapidement par ses actions cruelles. Dans le but de récupérer armes et vêtements, l’unité de Khodja, comme toutes les autres unités de l’ALN à cette époque, privilégie les embuscades, qui sont exécutées conformément à la devise « frappe, récupère et décroche ».
Hervé Artur est né à Paris le ; après son service militaire en Algérie, il prépare une agrégation de philosophie qu’il abandonne pour un emploi dans une société de transports ; fin , il est rappelé à sa demande sous les drapeaux et il est affecté avec le grade de sous-lieutenant au 9e régiment d’infanterie coloniale stationné en Kabylie. Cet officier qui croit en l’œuvre de pacification de l’armée française assure le commandement d’une section de vingt fantassins composée de deux sergents, de deux caporaux-chefs, de deux caporaux et de quatorze soldats, la plupart étant des ouvriers dans le civil. Le vendredi 1956 au matin, il part en mission de reconnaissance dans les villages proches d’Ouled Djerrah.
L’embuscade dure moins de vingt minutes. Elle se solde par l’anéantissement de presque toute l’unité française. Au moment de quitter les lieux de l’embuscade, le soldat Pierre Dumas emmené comme prisonnier, voit arriver des civils du village voisin de Djerrah. La presse d’alors rapporte sans nuance que ces habitants commencèrent à mutiler les soldats.
Le 19 mai, sans nouvelle de la 2e section, l’armée française envoie trois bataillons et quatre hélicoptères pour la retrouver. Dans les hélicos, ce sont des éléments du 4e escadron du 13e RDP basé à Dra El Mizan qui vont intervenir sur place. Ce sera le 23 mai de l’année 1956, que le 1er REP de la Légion étrangère (1er Régiment Etranger de Parachutistes) et le 20ème Bcp (20ème Bataillon de Chasseurs à Pied) tomberont sur la section de l’ALN, commandée par l’infâme traître et assassin Khodja. Ils retrouvent 19 membres du commando retranchés dans une grotte avec les deux prisonniers, près de Tifrène. Un combat s’ensuit au cours duquel 16 moudjahidines sont tués et trois sont faits prisonniers ; Jean David-Nillet est tué accidentellement lors de l’assaut tandis que Pierre Dumas, blessé, est libéré.
Paris Match publie des photos choquantes des corps. Le sort subi par les appelés du contingent français déclenche une intense émotion en France. 15 corps atrocement mutilés (dépecés) ont été découverts, (yeux crevés, testicules coupées, pieds striés de coups de poignards – l’autopsie montrera que tout ceci a été fait avant la mort – entrailles vidées et corps bourrés de cailloux- ceci après la mort) les 6 autres manquent.
Le 19 juin 1956, un mois après l’embuscade, ont lieu les deux premières exécutions capitales de « rebelles » condamnés à mort, celles d’Ahmed Zabana et d’Abdelkader Ferradj.















































JN TV






