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Joe Biden : « L’héritage Américain est un héritage Juif »

Devant la victoire de Biden face à Sanders lors du super mardi des primaires démocrates du 27 février 2020, l’article ci-dessous de Mark Weber, déjà ancien, a le mérite de prévenir toute mauvaise interprétation de l’événement, il ne s’agit pas tout à fait de la victoire d’un goy sur un Juif.

Avec un philosémite comme lui, il n’y a même plus besoin de Sanders & Co.

Francis Goumain

Joe Biden : l’Héritage Américain est un Héritage Juif

Dans un discours étonnant quoique peu relayé de l’une des figures les plus éminentes et influentes qui soit de la politique américaine, on trouve l’aveu de la place prépondérante occupée par les Juifs dans les médias et la vie culturelle du pays et du rôle déterminant que cela a eu dans la transformation radicale des mentalités et du paysage politico-culturel tout au long du siècle écoulé.

« L’héritage juif a fait ce que nous sommes, chacun d’entre nous, il a pesé plus qu’aucun autre facteur durant ces 223 dernières années. »

Ainsi parlait Joe Biden devant un parterre de responsables Juifs, le 21 mai 2013, à Washington, il ajoutait :

« Le fait est que l’héritage juif, la culture juive, les valeurs juives, sont une part si essentielle de ce que nous sommes qu’on doit dire en toute honnêteté que l’héritage américain est en fait un héritage juif. (1)

Qu’on y songe, je vous fais le pari que 85 pour cent des changements [socio-politiques], que ce soit à Hollywood ou dans les médias sociaux, sont le fait des personnalités juives de cette industrie. Leur influence est colossale, réellement colossale et, ajouterais-je, dans le bon sens du terme : on se trouve en présence de réussites et d’apports incroyables, d’une influence en profondeur dont les valeurs pétrissent toute la culture américaine et imprègne notre Constitution. »

Biden parle en connaissance de cause, avec tout le recul d’un initié de longue date à Washington : peu nombreux sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir son expérience et son intimité des réalités du pouvoir de la scène publique américaine. Il est depuis longtemps l’une des figures emblématiques des démocrates. À l’âge de 26 ans il était déjà sénateur et il a occupé depuis des postes importants au congrès. Par trois fois il a été candidat aux élections présidentielles [cela fera quatre en 2020]. Au moment où il prononce ce discours, il était vice-président, un poste qu’il tiendra durant les deux mandats d’Obama.

Dans ce même discours, Biden évoque aussi le rôle capital des Juifs dans l’évolution de la jurisprudence américaine, citant à cet égard sept juges de la Cour suprême : Brandeis, Fortas, Frankfurter, Cardozo, Ginsberg, Breyer and Kagan. « On ne peut pas parler de la reconnaissance des … droits dans la constitution sans considérer ces juristes d’exceptions que nous avons eus ».

Biden aurait aussi bien pu faire remarquer qu’au moment où il parlait, trois des neuf juges à la Cour suprême étaient juifs, qu’on pouvait très probablement retrouver cette même surreprésentation de la communauté à d’autres échelons élevés de l’administration fédérale et des municipalités. Il aurait ainsi pu dire que le président de la réserve fédérale, les maires de trois des plus grandes villes américaines – New York, Los Angeles et Chicago – étaient juifs.

« Les apports des Juifs à l’Amérique ont été considérables, rapporté au nombre d’individus, aucun autre groupe n’a eu une telle influence. » disait encore Biden. En particulier, il faisait allusion au rôle des Juifs dans l’évolution des mentalités sur la question raciale, sur la place des femmes dans la société et sur les « droits des homosexuels » : « On ne peut pas parler du mouvement des droits civiques sans parler des grandes figures en faveur de l’émancipation comme Jack Greenberg… On ne peut pas parler du mouvement féministe sans parler de Betty Friedan. » Biden n’a pas non plus manqué de saluer la « faveur » des Juifs vis-à-vis de l’immigration.

« Je pense que ce qui touche aux tendances en Amérique [sociales et politiques], ce qui affecte les mentalités, relève tout autant de l’art et de la culture que tout ce qu’on peut imaginer». Il ne s’agit pas d’une législation que nous [les politiciens] avons décidée. C’est littéralement l’œuvre d’émissions de télévision comme « Will and Grace », c’est ça qui change ce que les gens ont dans la tête. C’est bien pour ça que j’étais convaincu que les gens en viendraient à adopter, à plus ou moins brève échéance, l’idée du mariage homosexuel.

Même si l’emprise juive est depuis des lustres une donnée importante dans la vie des Américains, elle est rarement reconnue aussi ouvertement comme telle, surtout par un Américain du calibre de Biden. C’est que dans une société éprise de « diversité », « d’actions affirmatives », de justice et d’égalité, on pourrait craindre que le fait qu’une minorité qui ne représente guère plus de deux pour cent de toute la population soit capable d’exercer une telle influence, un tel pouvoir, soit la source d’un certain malaise. C’est sans doute ce qui explique que de telles remarques, qui tranchent tellement par rapport à ce qu’on a l’habitude d’entendre, n’ont eu pratiquement aucun écho dans les principaux médias.

Certains Juifs se sont d’ailleurs montrés très inquiets de l’audace des affirmations du vice-président. Un grand éditorialiste juif a ainsi pu écrire « qu’aussi gratifiantes fussent-elles, les remarques hautement philosémitiques de Biden, en reconnaissant aussi ouvertement l’influence juive, nous entraînaient sur un terrain des plus minés ». Le vice-président va trop loin, prévenait pour sa part Jonathan Chait, surtout quand on sait que nombreux sont ceux qui ne sont pas spécialement ravis « de l’influence prépondérante exercée par les Juifs sur le changement des mentalités vis-à-vis de l’homosexualité ». (2)

Comme le souligne Biden, le rôle des Juifs dans l’évolution des mœurs n’a rien d’un phénomène récent. Dès 1968, quelqu’un comme Walter Kerr, auteur, réalisateur et critique célèbre, il a reçu le prix Pulitzer, observait dans le New York Times: « Il s’est produit depuis la Seconde Guerre mondiale, une sémitisation progressive de la sensibilité américaine. L’esprit cultivé en Amérique en est venu, dans une certaine mesure, à penser comme un Juif. On le lui a appris, et il était prédisposé à l’apprendre. Après les comédiens et les romanciers juifs, on a eu les critiques, les politiciens, les théologiens. Or, les critiques, les politiciens et les théologiens ont pour vocation de transformer les façons de voir » (3)

« Il serait vain de nier la réalité du poids des Juifs sur la culture populaire » écrivait en 1996 Michael Medved, auteur et critique de film Juif bien connu. « N’importe quel bottin des cadres des grands studios, présenterait une écrasante majorité de patronymes juifs aisément reconnaissables. » (4)

Joel Stein, éditorialiste au Los Angeles Times écrivait en 2008 : «  En tant que Juif fier de l’être, je veux faire connaître à l’Amérique nos succès. C’est vrai que nous contrôlons Hollywood… Peu m’importe que les Américains pensent que c’est nous qui dirigeons les médias d’information, Wall Street ou le gouvernement, ce qui compte, c’est que nous continuions à le faire » (5)

À l’opposé de Biden qui pense que le rôle des Juifs sur la culture de masse est « en tout pour le mieux », d’autres grandes personnalités américaines comme Richard Nixon et l’évangéliste Billy Graham se sont montrés nettement moins enthousiastes. En 1972, ces deux derniers se sont entretenus en toute franchise à la Maison-Blanche de la mainmise des Juifs sur les médias. Leur tête-à-tête enregistré en secret n’a été rendu public que trente ans plus tard.

Lors de leur conversation Graham affirmait qu’il  « fallait briser ce carcan sans quoi le pays allait partir en quenelle. » Nixon demanda « vous en êtes convaincu ? », Graham répliqua « oui Monsieur », et Nixon de répondre, « De vous à moi, c’est aussi ce que je crois, mais je ne pourrais jamais le dire [en public] » (6)

Aux États-Unis comme dans toutes les sociétés développées, ceux qui contrôlent les principaux médias, notamment le cinéma et la télévision, ont le pouvoir d’influer sur la façon de penser des gens, en particulier des plus conformistes, ceux qui ont tendance à suivre toutes les modes culturelles sur des sujets qui comptent. C’est ainsi que les masses médias, même ceux à vocation en apparence purement distractive, tracent les limites de ce qui est permis lorsqu’il s’agit de discuter des questions importantes, ils pèsent ainsi sur les directions prises par les politiques publiques. Les vues et idées qui ne sont pas du goût de ceux qui contrôlent les médias sont dénigrées, considérées comme offensantes, haineuses et conflictuelles et sont exclues du champ de « l’acceptable », quiconque s’avise de transgresser ces limites est considéré comme un fanatique, un rétrograde intolérant.

Lors d’une cérémonie rendant hommage à Shimon Peres, le vice-président s’est qualifié lui-même de sioniste et a vivement recommandé à la communauté juive et aux Israéliens de perpétuer l’héritage de l’ancien grand homme d’Etat

Une conséquence immédiate de l’emprise juive sur les médias US, c’est leur penchant largement pro-israélien dans la présentation aussi bien de l’actualité que de l’histoire, un penchant évident pour quiconque compare avec la manière dont la couverture du conflit israélo-palestinien est assurée en Europe, en Asie ou en Amérique latine.

Autre manifestation qui vaut la peine d’être relevée du rôle des Juifs dans les médias, c’est la complaisance avec laquelle ils dépeignent les Juifs en victime, insistant en permanence sur « l’holocauste » et « le devoir de mémoire », jouant sur l’émotion pour encourager un soutien inconditionnel d’Israël. (7)

Une attention spéciale est accordée aux préoccupations et craintes des Juifs, les médias en Amérique mettent en exergue les menaces réelles ou supposées qui pèsent sur Israël et les Juifs dans le monde. Qui plus est, les adversaires d’Israël sont toujours présentés comme des ennemis de l’Amérique, entraînant ainsi les États-Unis dans des guerres avec les pays qu’Israël considère comme dangereux. (8)

Sur le plan intérieur, la manifestation la plus saillante du pouvoir médiatique des Juifs c’est – comme le suggère Biden – une promotion de longue haleine de la « diversité » raciale et culturelle et du « pluralisme ». Les Juifs sionistes considèrent la « tolérance maximale » et la diversité au sein des sociétés occidentales comme profitables aux les intérêts de la communauté juive. (9)

« Le pluralisme de la société américaine est la clé de voute de la sécurité des Juifs » affirme Abraham Foxman, directeur national la Ligue Anti-diffamation, une organisation fer de lance des Juifs sionistes. « Sur le long terme » dit-il « ce qui a fait de la présence juive en Amérique une expérience si exceptionnellement positive au regard de l’histoire mouvementée de la diaspora, ce qui nous a permis d’être les plus puissants alliés de l’État d’Israël, c’est la vitalité en Amérique d’une société pluraliste, ouverte et inclusive ». (10)

Les films américains, la télévision, les très actives organisations sionistes ont cherché pendant des années à persuader les Américains, surtout les jeunes, d’accueillir avec bienveillance toujours plus de diversité raciale, culturelle, sociale, et de se considérer eux-mêmes comme de simples individus. Tout en s’efforçant d’amoindrir l’identité raciale, religieuse, ethnique et culturelle des Américains, de briser leur cohésion sociale, les médias américains font la promotion d’un nationalisme de nature tribale, apanage des Juifs, le sionisme, et défendent Israël en tant que nation fièrement Juive.

Si on ne prend pas clairement conscience du rôle des Juifs dans les masses médias et dans la vie culturelle, la compréhension des tendances majeures sociales et politiques du siècle passé continuera de nous échapper. La reconnaissance sans détour par Biden de cette emprise est une aide bienvenue pour une meilleure compréhension de cet aspect important sur la scène américaine.

Mark Weber

Cet article a été rédigé et publié pour la première fois en juillet 2013. Il a été légèrement remanié et mis à jour en mai 2019. Version originale en anglais disponible sur IHR.org

Traduction Francis Goumain


Sources

  1. Jennifer Epstein, “Biden: ‘Jewish heritage is American heritage’,” Politico, May 21, 2013. (http://www.politico.com/politico44/2013/05/biden-jewish-heritage-is-american-heritage-164525.html); Daniel Halper, “Biden Talks of ‘Outsized Influence’ of Jews: ‘The Influence Is Immense’,” The Weekly Standard, May 22, 2013. (http://www.weeklystandard.com/blogs/biden-talks-outsized-influence-jews-influence-immense_728765.html)
  2. Jonathan Chait, “Biden Praises Jews, Goes Too Far, Accidentally Thrills Anti-Semites,” New York magazine, May 22, 2013. (http://nymag.com/daily/intelligencer/2013/05/biden-praises-jews-goes-too-far.html)
  3. Walter Kerr, “Skin Deep is Not Good Enough,” The New York Times, April 14, 1968, pp. D1, D3. Quoted in: Kevin MacDonald, The Culture of Critique (Praeger, 1998), p. 243. See also: Mark Weber, “A Straight Look at the Jewish Lobby” (http://ihr.org/leaflets/jewishlobby.shtml)
  4. M. Medved, “Is Hollywood Too Jewish?,” Moment, Vol. 21, No. 4 (1996), p. 37.
  5. J. Stein, “How Jewish Is Hollywood?,” Los Angeles Times, Dec. 19, 2008.
    (http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-stein19-2008dec19,0,4676183.column)
  6. “Nixon, Billy Graham Make Derogatory Comments About Jews on Tapes,” Chicago Tribune, March 1, 2002 (or Feb. 28, 2002) (http://www.fpp.co.uk/online/02/02/Graham_Nixon.html);
    “Billy Graham Apologizes for ’72 Remarks,” Associated Press, Los Angeles Times, March 2, 2002. “Graham Regrets Jewish Slur,” BBC News, March 2, 2002. (http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/1850077.stm) The conversation apparently took place on Feb. 1, 1972.
  7. M. Weber, “Holocaust Remembrance: What’s Behind the Campaign?”
    (http://www.ihr.org/leaflets/holocaust_remembrance.shtml)
  8. M. Weber, “Iraq: A War for Israel.” (http://www.ihr.org/leaflets/iraqwar.shtml);
    M. Weber, “Behind the Campaign for War Against Iran” ( http://www.ihr.org/other/behindwarcampaign )
  9. Kevin MacDonald, The Culture of Critique. Praeger, 1998 (Softcover edition, 2002). See also: Review by Stanley Hornbeck of The Culture of Critique in the June 1999 issue of American Renaissance. (http://www.csulb.edu/~kmacd/review-AR.html)
  10. Foxman letter of Nov. 11, 2005. Published in The Jerusalem Post, Nov. 18, 2005. (http://archive.adl.org/media_watch/newspapers/20051111-JPost.htm)

Pour approfondir le sujet :

Norman F. Cantor. The Sacred Chain: A History of the Jews. New York: Harper, 1994.

Benjamin Ginsberg. The Fatal Embrace: Jews and the State. The Univ. of Chicago Press, 1993.

Peter Harrison, “What Causes Anti-Semitism?” Review of Macdonald’s Separation and Its Discontents. The Journal of Historical Review, May-June 1998. (http://ihr.org/jhr/v17/v17n3p28_Harrison )

Alfred M. Lilienthal, The Zionist Connection. New York: Dodd, Mead, 1978.

Seymour Martin Lipset and Earl Raab. Jews and the New American Scene. Harvard University Press, 1995.

Kevin MacDonald, Separation and Its Discontents: Toward an Evolutionary Theory of Anti-Semitism. Praeger, 1998

Kevin MacDonald, The Culture of Critique: An Evolutionary Analysis of Jewish Involvement in Twentieth-Century Intellectual and Political Movements. Praeger, 1998 (Softcover edition, 2002).

Tony Martin, “Tactics of Organized Jewry in Suppressing Free Speech” June 2002. (http://www.ihr.org/other/TonyMartin2002.html )

D. Rubinstein. The Left, The Right and the Jews. New York: Universe Books, 1982.

Mark Weber, “The Danger and Challenge of Jewish-Zionist Power.” May 2015. (http://www.ihr.org/other/jewishzionistpower2015 )

Weber, “A Straight Look at the Jewish Lobby” (http://ihr.org/leaflets/jewishlobby.shtml )

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Francis Goumain

Commentaires (1)

  1. Monsieur X dit :

    Trump confirme, il décrète que le mois de mai sera le mois de l’héritage juif américain
    https://www.tribunejuive.info/2017/05/02/le-mois-de-lheritage-juif-americain/

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