Dans « La Mystification du XXe siècle », paru en 1976, le révisionniste Robert Butz s’étend très longuement sur la partie pétrochimique du centre industriel d’Auschwitz, il s’agissait pour les Allemands de produire à l’échelle industrielle de l’essence et du caoutchouc à partir du charbon : les trois-quarts de l’essence disponible dans le Reich étaient ainsi d’origine synthétique, pour le caoutchouc de synthèse (appelé buna) c’était la totalité.
Butz explique en outre qu’après l’attaque de Pearl Harbour, les Américains avaient perdu leurs lignes d’accès aux plantations d’hévéa d’Asie ; comme il n’y en avait pratiquement pas en Amérique du Sud, ils étaient devant le même problème que les Allemands. C’est d’ailleurs l’industrie chimique allemande qui leur a fourni la solution théorique, le brevet, avant guerre, à l’époque où les deux industries coopéraient. Pour la phase d’industrialisation proprement dite, les Américains ont eu recours à des reconnaissances aériennes au-dessus d’Auschwitz pour voir quelle solution d’industrialisation avait été adoptée par le Reich.
On pensait donc tout savoir sur les alternatives à l’hévéa, c’était une erreur énorme ; en 50 ans, la recherche historique a progressé, au moins dans ses sources. En lisant « Auschwitz dans les interceptions britanniques », paru en 2019, de cet autre révisionniste qu’est Carlo Mattogno, on découvre, par les interceptions britanniques, que les Russes, qui avaient le même problème d’accès aux plantations tropicales, avaient trouvé une alternative non pas chimique, mais d’ordre agronomique : le pissenlit, dit pissenlit russe, dit aussi, plus scientifiquement, Taraxacum kok-saghyz.
Seulement, les Russes se sont bien gardés d’annoncer la nouvelle au reste du monde, ni aux Allemands dans le cadre du pacte Ribbentrop/Molotov, ni même à leurs alliés anglo-saxons après le début de Barbarossa.
Cette histoire de pissenlit russe est affolante en ce sens qu’elle remet totalement en cause l’idée qu’on peut se faire d’un secret stratégique sur au moins deux points :
- Qui aurait pensé à espionner un champ de pissenlit ? Et pourtant, il aurait fallu.
- Comment garder secret des champs de pissenlit ? Ce n’est pas un microfilm qui se range au fond d’un coffre-fort, c’est là, étendu à la vue de tous, n’importe quel paysan du village est au courant.
Tout ceci n’est absolument pas du délire d’exégète hyper-critique révisionniste, voici un extrait d’un article qu’on trouve sur un site gouvernemental canadien daté 20 mars 2012, lequel article ne se préoccupe absolument pas d’Auschwitz, mais seulement de la question de la relance de la culture du pissenlit russe en Amérique du Nord :
Taraxacum kok-saghyz est cultivée en Russie et ailleurs pour la teneur élevée en caoutchouc de ses racines. De 1941 à 1943, Taraxacum kok-saghyz a reçu une attention considérable en raison de son potentiel à servir de source alternative de caoutchouc naturel. Les plantations de Taraxacum kok-saghyz ont commencé en parcelles d’étude au Canada et aux États-Unis apparemment sans qu’elles ne deviennent naturalisées ni envahissantes. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt pour d’autres sources de caoutchouc s’est affaibli et tous les plants de Taraxacum kok-saghyz auraient été détruits. Un regain d’intérêt pour le Taraxacum kok-saghyz dans la production de caoutchouc s’est manifesté aux États-Unis au cours de la dernière décennie avec des parcelles d’étude en place dans trois États. Des demandes d’importation de Taraxacum kok-saghyz au Canada ont été faites pour évaluer son potentiel en tant que plant de grande culture, et l’espèce fait l’objet d’essais de recherche en milieu contrôlé en Ontario et au Québec.
Les auteurs de l’article, on le voit, passent sous silence les circonstances exactes de la découverte, soit par ignorance, soit parce que ce n’est pas le sujet principal, soit aussi parce qu’ils estiment que ces circonstances sont un peu dangereuses pour l’histoire officielle de la Seconde Guerre mondiale et qu’ils préfèrent ne pas y insister auprès du grand public. Il est en effet gênant d’apprendre :
- Que c’est une découverte des Russes qui remonte à 1932 (et non une découverte américaine comme le laisse entendre l’article).
- Que les Soviétiques n’ont pas communiqué l’information à leurs alliés.
- Que ce sont les Einsatzgruppen qui ont découvert les champs de pissenlit, qui en ont compris l’intérêt stratégique et qui ont aussitôt remonté l’information à leur hiérarchie, malheureusement pour eux, par radio, le 11 octobre 1941.
- Que les Anglais l’ont appris par le biais de leur centre d’écoute radio de Blenchley Park, lesquelles interceptions radio n’ont été mises à la disposition du public et des chercheurs qu’en 1997 (jusqu’en 1974, on ignorait même que les Anglais interceptaient les messages de la Wehrmacht sur le front de l’Est, et il a fallu attendre jusqu’en 1981 pour savoir qu’ils espionnaient aussi, loin à l’arrière du front, tout le SD et la SS).
Le public pourrait alors se rendre compte qu’entre les photographies aériennes américaines et les interceptions radio anglaises, les Alliés avaient les moyens de savoir ce qui se passait à Auschwitz et qu’ils n’ont pas découvert le camp à sa libération le 27 janvier 1945.
Voici maintenant le passage du livre de Mattogno, le livre n’est pas à la portée d’un débutant sur le sujet, par contre, l’extrait reproduit est tout à fait clair et se suffit à lui-même. Nous ne reproduisons pas le système de notes de bas de page, mais tous les points clés sont sourcés, en particulier, les références d’archives des interceptions radios, par exemple, pour la première citée dans le passage, celle du 11 octobre 1941, c’est : TNA, HW 16-32. German Police Decode N° 3 Traffic : 11.10.1941. ZIP/G.P.D. 411/29.10.1941,n°6.

LE KOK SAGIS
En 1932, les Soviétiques avaient découvert que le caoutchouc pouvait être extrait à partir du kok sagis (ou kok-), plante originaire du Kazakhstan, et ils le cultivèrent dans ce but. En 1941, les Einsatzgruppen […] en découvrirent les premières plantations et rapportèrent immédiatement la chose. Dès le 22 août 1941, le « Rapport d’événement » (Ereignismeldung) n°60 s’étendait dans un paragraphe intitulé précisément « Kosagis » sur une plantation trouvée dans le territoire d’Ouman.
Les Britanniques interceptèrent quelques messages à ce sujet.
Le 11 octobre 1941, le chef supérieur de la SS et de la police Nord communiqua :
Aujourd’hui en Russie, la première brigade SS a mis en sécurité des plans cultivés de caoutchouc ainsi que les semences. Possibilité de culture en Allemagne. Je demande à être informé de ce qu’il faut faire des plans et des agronomes russes ayant l’expérience de cette culture. Proposition : transfert immédiat en Allemagne, éventuellement par avion (herboristerie de Dachau).
Un message adressé le 14 novembre 1941 à l’Office central du budget et des constructions faisait savoir que l’on avait trouvé des plans de culture ainsi que des semences et précisait : « La technique pour la culture du caoutchouc et les spécialistes existent à Kiev. »
Par la suite, Auschwitz pratiqua la culture expérimentale de cette plante : le SS-Sturmbannführer [= Commandant] Joachim Caesar (ou Cäsar) fut chargé de créer à Rajsko un centre expérimental pour la culture du kok sagis.
Le 1er mai 1942, Maurer informa Caesar qu’il pouvait mettre à sa disposition 3 cultivatrices et 2 botanistes ou biologistes polonaises de Ravensbrück qui parlaient allemand. Le transfert pouvait-il avoir lieu tout de suite, ou bien Caesar souhaitait-il examiner au préalable les compétences de ces détenues ?
Un message du 16 septembre 1942 évoque explicitement le début de ces expériences :
SS-Sturmbannführer Dr. Caesar.
Objet : travaux des SS sur des plans de caoutchouc.
RÉFÉRENCE : votre télégramme n° 27075 du 13.8.1942.
Metschetschok s’est mis en route de Minsk ce matin à 5:10 heures. M. a reçu une avance de 25 RM sur ses frais de voyage, qu’il est prié de rembourser.
Le chef de la SS et de la police en Ruthénie blanche, Minsk.
Thies Christophersen s’est occupé de la culture du « pissenlit de Russie »(kok sagis) à Rajsko.

D’après Wikipédia :
Engagé dans la Wehrmacht en 1939, Thies Christophersen est blessé en mai 1940. Entré dans la Waffen-SS, il devient technicien agricole, spécialiste de la culture du pissenlit à caoutchouc et passe la plus grande partie de la guerre en Ukraine. De janvier à décembre 1944, il est affecté à Rajsko, à moins de trois kilomètres d’Auschwitz, où se trouve un centre de recherches agricoles et botaniques. Après guerre, il devient un auteur révisionniste, son ouvrage principal est Die Auschwitz Lüge, 1974, qui connaît plusieurs versions et éditions.
Son témoignage au sujet de la culture du pissenlit se trouve donc confirmé par l’examen des interceptions britanniques. Ou, pour le dire autrement, les interceptions britanniques, rendues publiques en 1997, ne sont qu’une confirmation d’un sujet que Christophersen avait déjà porté à la connaissance du public en 1974. Détail cocasse, il est né un 27 janvier (1918), soit la date anniversaire de la libération d’Auschwitz en 1945.
Conclusion : Le pissenlit russe aura donc eu cette curieuse destinée d’avoir été un secret stratégique durant la guerre, et de devenir une sorte de secret historique pendant la paix.
C’est dangereux le pissenlit, quand on songe que certains font de la gelée avec (cela ressemble à de la marmelade d’orange, c’est la vitamine C, très présente dans le pissenlit comme dans les agrumes, qui fait ça.
Sources :
- Auschwitz dans les interceptions britanniques, Carlo Mattogno, éditions de La Sfinge, Rome 2020, disponible sur La boutique des nationalistes
- DGR-11-05 : Taraxacum kok-saghyz (pissenlit russe) au Canada – inspection.canada.ca








































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