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Macronie : dure avec les « gilets jaunes », faible avec les racailles

La France est peuplée de lois, et accessoirement de citoyens. Beaucoup, anciennes, ont suffi pour réprimer les débordements commis lors des manifestations. Ce n’est donc pas leur inexistence, mais leur non-application, qui permet l’impunité des émeutiers lorsqu’ils sont casseurs d’extrême gauche ou racailles des cités. Aussi, quel sens donner à cette nouvelle loi « sur la prévention des violences en manifestation » votée en ce début de février 2019 ?

D’abord, une constatation : c’est une loi de circonstance, une loi Gilets jaunes. Elle est née en réaction à ce mouvement populaire et français. Elle vise à le réprimer encore plus durement. Car contre les Gilets jaunes, ce gouvernement, qui, comme les précédents, n’a jamais voulu briser le moindre Black Bloc ou mettre fin aux zones de non-droit, a donné blanc-seing aux forces de l’ordre. Le bilan de la répression – ou du maintien de l’ordre dans sa conception macrono-castagnérienne – au 1er février parle de lui-même : un mort (1), au moins quinze personnes éborgnées – ayant perdu l’usage d’un œil, et non simplement victimes d’une « perte de vision », comme a osé le dire Christophe Castaner en mentant de plus sur le chiffre ! –, 60 blessés aux lésions irréversibles, 5 000 interpellations dont de nombreuses dites « préventives », un millier de condamnations, souvent « pour l’exemple », comme ces dix mois de prison – dont quatre fermes ! – infligés à un manifestant reconnu coupable d’avoir balancé sur les forces de l’ordre un pot… de rillettes ! Vous lisez bien ; un pot de rillettes.

« Au bal, au bal masqué, ohé ohé ! »

Cette énième loi sera-t-elle vraiment utile ou bien s’agit-il d’un habillage à destination d’électeurs inquiets du « désordre » ? Il n’est pas indifférent, en tous les cas, de remarquer qu’elle a d’abord incubé au Sénat, au sein de la majorité LR, laquelle se félicite que son texte ait été repris par le pouvoir. Parmi les dispositions du texte, l’interdiction d’être « masqué » en manifestation a été beaucoup commentée. Ce n’est pourtant pas là une nouveauté. Une loi réprimait déjà les visages dissimulés. A-t-elle été appliquée ? Non. Pas un seul membre des Black Blocs n’a été interpellé à ce titre.

L’innovation est que, désormais, le port d’une cagoule ou d’un masque n’est plus une contravention mais un délit (2). Est-ce que cela suffira à dissuader des individus qui se masquent précisément pour en commettre (bris de vitrine, agression de policiers…), on peut en douter. En tous les cas, il sera intéressant de voir comment les forces de l’ordre appliqueront le texte. Procèderont-ils à l’arrestation de tous les individus, sachant qu’ils peuvent se retrouver face à 500 voire 1 000 militants d’ultragauche ? Comme pour l’interdiction de la burka dans les lieux publics, presque jamais appliquée, l’avenir dira quel sort sera réservé à cette interdiction. D’autant que la cagoule n’est pas seule con – cernée. La notion vague de « visage masqué » autorise toutes les interprétations et donc tous les excès. Une écharpe sur le menton sera-telle un prétexte pour interpeller préventivement et faire un maximum de « chiffre » au nom de la fermeté républicaine et médiatique ?

Les préfets dresseront leurs listes noires

Mais il y a plus important. Par cette loi, la machine judiciaire se démet au profit du politique. Un citoyen peut être désigné comme constituant « une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public » au motif de précédents agissements. Il pourra dès lors être interdit de manifester. Cette décision n’appartiendra plus à un juge, mais au préfet. C’est-à-dire à un serviteur du pouvoir en place. On peut, et c’est ainsi que le gouvernement présente évidemment la chose, penser que la me sure ne concernera qu’une poignée de « bru tes », pour parler comme le ministre de l’Intérieur, ou de militants « d’ultradroite ou d’ultragauche », pour causer comme M. Castaner, il va sans dire qu’il n’en est rien. Le texte prévoit une interdiction sur une simple « présomption ». C’est-à-dire que des militants, des chefs politiques, pourraient se voir interdits de manifester, même s’ils n’ont jamais été condamnés, mais, par exemple, sur une interprétation tendancieuse de leurs propos sur les ré – seaux sociaux.

Il faut d’ailleurs remarquer que cette restriction des libertés publiques apparaît au moment même où des élus de la majorité souhaiteraient obliger les internautes à ne « surfer » qu’après s’être enregistrés officiellement en présentant leurs papiers d’identité à une instance gouvernementale. Une mesure de surveillance déjà mise en place… par la Chine communiste pour contrôler ses citoyens. Les oppositions ne s’y sont pas trompées. Si jadis, paraît-il, tout finissait en France par des chansons, désormais tout tourne autour du point Godwin. Ainsi, le député RN Gilbert Collard a-t-il qualifié la loi de « fasciste » – sans doute un réflexe de son passé d’avocat antiraciste. Ainsi également le député UDI Charles de Courson a-t-il évoqué, les larmes aux yeux, le régime de Vichy et il en a profité pour s’émouvoir de l’utilisation que pourrait faire « l’extrême droite » d’une telle loi. De son côté, Dunja Mijatovic, commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, n’a pas manqué de s’inquiéter d’une « entrave à l’exercice d’une liberté », ce qui dé montre que l’Europe et ses instances ne disent pas toujours que des sottises.

Dur avec les Gilets jaunes, faible avec les racailles

Chacun proposera les leçons qu’il veut de cet épisode législatif. En voici quelques-unes. On pourrait songer que l’impuissance conduit à l’excès et qu’une avalanche législative permet d’engloutir les renoncements du passé. Dur avec les Gilets jaunes, faible avec les racailles ou les Black Blocs du 1er mai. Mais serait-ce vrai ? On a souvent dit que l’Etat avait peur d’un soulèvement des cités, d’où le respect quasi diplomatique des zones de non-droit. Est-ce à dire que ce même État n’a pas peur des Gilets jaunes et que, donc, il peut beaucoup se permettre ? Sans doute pas. Le 1erdécembre 2018, au plus fort des émeutes qui avait curieusement réussi à s’approcher de l’Élysée, Macron a eu peur, physiquement peur ; la Macronie a tremblé. Cependant, cette peur n’a pas engendré le renoncement mais une haine colorée de mépris, celle du « Jojo en gilet jaune » moqué il y a quelques jours par Macron.

Il existe entre la France d’en haut et le peuple français une coupure dont les Gilets jaunes ne sont pas la cause mais la révélation. La France d’en haut, ce n’est plus la France, c’est une partie de l’élite de la mondialisation. L’État français comme l’Europe de Bruxelles ne sont pour cette élite que des mécanismes politiques au service de leurs intérêts économiques et financiers. Disons-le tout net : l’Etat de 2019, c’est eux, et cet Etat est par nature étranger à ce pays et à son peuple. Si la religion de l’antiracisme protège les gens des cités, elle condamne sans qu’ils le sachent les Gilets jaunes, ces « beaufs »réclamant un RIC, préfixe politique du Ricard, mais au-delà de ce mouvement, tout ce qui est français, tout ce qui reste encore de la France et qui est toujours majoritaire. Entre cet État et la France, l’un est de trop pour que l’autre survive. Et il est douteux qu’une loi, un référendum ou une élection tranche cette alternative.

Philippe Martin

Source : Minute n°2908 du 6 février 2019

.1 Le 1er décembre à Marseille, une grenade a explosé par accident dans le logement d’une octogénaire. Hospitalisée, cette dernière est décédée le lendemain.

.2 Le « délinquant » risque désormais un an de prison et 15 000 euros d’amende contre une simple contravention auparavant.

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Redaction

Commentaires (1)

  1. ChauxdeToureyre dit :

    C’est le national-sionisme qui est à l’œuvre.
    Ce gouvernement d’achetés et de vendus Pro-Sionistes-Rothschildiens pourraient bien être capables de vider les prisons de tous les individus dangereux pour y mettre les vrais nationalistes considérés comme suspects.
    Pour les férus d’histoire, c’est ce qui se produisit quand la Convention de 1792 fit ouvrir les prisons pour utiliser la racaille afin d’éliminer les opposants royalistes.
    Marion Sigaut à longuement écrit et débattu sur le sujet.
    Il faut absolument prendre conscience que rien de bon ne peut sortir de la République, et que la première devise est de ne pas voter.
    Il faut se dire donc, qu’à long terme, un tel pouvoir, ne pourra se prendre que par les armes et avec l’aide de Dieu.

    https://activeast.wordpress.com/2016/06/04/de-la-realite-du-complot-juif-ou-la-domination-talmudique-vue-par-des-juifs-dissidents/

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