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Contre Zemmour et les zemmourides

C’est bien connu, un homme qui se noie se raccroche à tout ce qui passe à sa portée, fût-ce un serpent vagabond. En l’occurrence, dans l’actuelle débâcle politique — qui est certes également une “recomposition”, mais fortement instable : un petit rien pouvant redistribuer les prismes chatoyants du kaléidoscope politique — certains croient pouvoir placer leurs espoirs dans ce vieux dromadaire de retour qu’est le quidam Zemmour ! Par tact, nous n’aborderons pas (à l’heure précise où le patron des Républicains était débarqué de sa barcasse en perdition) le cas de cet autre lapin blanc jailli avec trois ans d’avance du chapeau pré-électoral. Nous parlons évidemment ici de la blonde jouvencelle Maréchal-nous-y-revoilà, une belle au bois dormant arrachée par on ne sait qui, on ne sait quoi, à son apparente torpeur politique. Car aussi accorte soit-elle, il faut être néanmoins affligé d’une grave coquetterie dans les yeux (le strabisme de Vénus) pour apercevoir en elle une réincarnation de Jeanne la Pucelle… et quoiqu’elle soit donnée à égalité avec Zemmour pour représenter une vraie chance pour la France ! 

D’ailleurs ces deux prestigieux personnages n’ont-ils pas noué entre eux certaines accointances par le biais, entre autres, de l’Issep, cette école privée lyonnaise ayant l’ambition de former les jeunes cadres d’une future droite nationale reconquérante ? Faut-il glisser ici que les écoles de commerces, de journalisme ou de com’ faisant florès aujourd’hui,  resterait à savoir ce que ce type d’établissement peut apporter de neuf et de performant. Surtout en vue d’élaborer un véritable corps de doctrine utile à la reconstruction de la France, de l’Europe et du monde sur les bases saines d’une écologie humaine n’ayant pas totalement rompu avec la Tradition, la Foi catholique et ses antiques héritages métaphysiques !  

Plus inquiétant (et plus navrant aussi par ce qu’il révèle à droite d’affaissement intellectuel), c’est que nous nous ruions sur le premier appât venu que des pécheurs habiles nous promènent devant le museau… faisant de la sorte preuve d’un manque de discernement consternant, carence révélatrice d’une forte immaturité politique ou d’un redoutable désordre mental. Qui n’a pas encore compris que le Système ne promeut (ne laisse prospérer) que des opposants sur mesure ? Qu’aujourd’hui l’un des critères les plus sûrs pour identifier des hommes servant peu ou prou ledit système — souvent même à leur insu aveuglés qu’ils sont par la vanité et le lucre — est d’établir la liste de ceux qui sont admis et réinvités dans les grands médias. Tous sans exception — nous parlons bien de l’opposition officiellement admise et de la dissidence convenue — se plient sans barguigner à des règles tacites de bienséance idéologique,  c’est-à-dire aussi puissantes que non dites. Ils respectent scrupuleusement des tabous auxquels d’ailleurs ils adhèrent la plupart du temps… ou à l’édification desquels ils collaborent sans sourciller et qu’ils consolident par leur silence et leur dévotion à l’omerta générale. Ce à quoi ils contribuent largement par l’autorité morale dont ils sont les dépositaires en tant que représentants du peuple, des institutions ou de la science. Ce qui aboutit à transmuter l’erreur, l’ignorance et le mensonge en pierre dure à la manière des madrépores qui forment, années après années, ces bancs récifaux sur lesquels viennent s’éventrer les quelques rares nefs hauturières — convoyeurs transocéaniques de vérités indésirables — osant encore s’aventurer aux abords des hauts-fonds médiatiques et juridiques.

Bref, Zemmour semble avoir embrassé la cause des Français en dénonçant le Grand Remplacement et singulièrement la déferlante migratoire d’obédience islamique. Que nenni, Zemmour, tout comme son poteau Bernard-Henri Lévy, ne plaide en vérité que pour sa tribu dont les positions dominantes pourraient être au final — s’ils ne se montrent pas assez vigilants — menacées sur la Terre promise qu’est encore l’Hexagonie (Heureux comme Dieu en France disait-on naguère en Germanie)… une grasse position de repli le jour où il faudra évacuer les comptoirs de Hong-Kong et de Shanghai lorsque la guerre froide (ou chaude) s’exacerbera un peu trop entre l’Occident et la Chine, soit, quand les États-Unis et l’Union européenne ne supporteront plus d’être le vase d’expansion d’un nouvel Empire du Milieu aux appétits résolument planétaires.

Zemmour associe volontiers la défense de la France identifiée chez lui à la défense de la judéité. Le parasite idéologique se colle sur le dos de sa victime butineuse à l’instar de l’acarien asiatique — le varroa — qui décime nos ruches en étroit partenariat avec Bayer-Monsanto. Le conditionnement  pavlovien d’association (de fusion) du judaïsme et du christianisme comme cause commune — un couple pourtant parfaitement antinomique ! — a commencé avec l’introduction (il faudrait dire l’inoculation), puis l’accoutumance au concept de judéo-christianisme. Or si l’on peut parler des racines chrétiennes, et plus précisément helléno-chrétiennes, de l’Europe,  c’est une rare absurdité que d’apparier la chrétienté au judaïsme opératif, celui-ci n’ayant jamais contribué en quoi que ce soit à l’édification de la civilisation européenne en tant que telle, hormis la science de l’usure, de la collecte de l’impôt, des traites négrières et autres, du capitalisme virtuel et de la dématérialisation algorithmique des transactions financières. 

Comme des perroquets, tous vont en rabâchant cette coquecigrue qu’est le judéo-christianisme si bellement intégrée et amplifiée par l’Église conciliaire que l’on trouve à présent dans les missels post-Vatican II des odes au peuple juif dont on ne prie plus pour la conversion et dont on n’évoque plus l’aveuglement. Or il est assuré que les Européens — à la différence des judéo-protestants américains — ne retrouveront pas leur assiette (leur équilibre mental) tant que la confusion sémiologique la plus extrême régnera dans les esprits… et tant que les brouillages sémantiques nous feront confondre les intérêts géopolitiques de l’État hébreu (et leur cortège de guerres périphériques : Soudan, Somalie, Irak, Libye, Syrie, Yémen et, possiblement, l’Iran voire l’Algérie) avec les intérêts vitaux des nations européennes… Sachant par ailleurs que ce sont les mêmes idéocrates (dont une partie s’insurge maintenant contre le Grand Remplacement) qui ont théorisé la société plurielle, propagé l’antiracisme et tutti quanti afin de nous endoctriner et de nous abrutir à grands renforts de culpabilisation et de lois aussi coercitives que scélérates. À ce titre, celui que les médiacrates présentent comme « un sulfureux polémiste » (néanmoins chroniqueur au Figaro, sur RTL et Sud Radio, liste non exhaustive !) et dont les ouvrages se vendent par dizaines, voire par centaines de milliers d’exemplaires, est en fin de compte un drôle d’oiseau et un très curieux dissident. Lequel — il est important de le souligner — ne va jamais au bout de sa logique en se gardant prudemment de franchir les lignes jaunes et rouges délimitant le périmètre du parc humain où le cheptel à deux pattes est autorisé à paître (naître, produire, consommer et mourir)… avant d’être englouti périodiquement dans les abattoirs collectifs des grandes guerres démocratiques et humanistes.

Il semblerait en effet — et c’est là un détail qui tue — que Zemmour puisse apparaître comme situé aux antipodes du belliciste cosmopolite Bernard-Henri Lévy, alors qu’en réalité il serait en parfaite connivence d’idées avec icelui. Hors antenne, ces deux-là entretiendraient en effet des relations particulièrement amicales, celles-ci ne faisant pas l’objet d’une publicité outrancière… Mais où sont donc les paparazzi ? Au fond, à mieux y regarder, ne défendent-ils pas l’un et l’autre les mêmes thèses à un chouia (iota) près ? Une juste distribution des rôles et une judicieuse répartition des parts du marché idéologique assorties de retombées sonnantes et trébuchantes. Bref, un juteux fonds de commerce !

L’un veut mettre à feu et à sang les nations musulmanes qui encerclent Eretz Israël, l’autre voudrait que nous fassions le ménage chez nous manu militari, non pour débarrasser le plancher des vaches d’une immigration intrusive, mais, in fine, pour mieux épouser la cause de l’État ethnique, assumé et revendiqué, comme juif. Parce que si les communautés musulmanes, désormais solidement implantées (incrustées) chez nous, se sentent menacées, nul doute que cela ne dégénère en guerre intestine. Guerre qui, de facto, a déjà commencé (certes dans un registre de basse intensité) au cours de ces trois dernières décennies eu égard aux vagues successives d’attentats. À ce sujet, Zemmour oublie simplement de dire que ce sont d’abord ses coreligionnaires idéologiques qui ont depuis cinquante ans prêché l’accueil, la tolérance, l’amour universel de l’Autre (n’importe quel autre parce que nous sommes tous des humains !) et ouvert en grand les portes de la Cité Europe, cela grâce à leur entrisme politique et à leurs infernales campagnes de perversion d’une juste vision  du monde, à savoir l’inversion et le vicieux dénigrement des principes fondateurs de nos sociétés, par esprit et par essence chrétiennes.

Au demeurant qui saurait, au sein de notre famille élargie d’idées, être en désaccord avec Zemmour, lorsqu’il écrit à propos du souverainiste libéral et caudillo républicain de la Fédération de Russie ?  « Dans la pugnacité de Poutine contre le “primitivisme” occidental, il y a les écrits du grand écrivain russe [Soljenitsyne] qui n’a pas hésité à dire son fait à une civilisation occidentale qui, au nom de la liberté, s’abandonnait aux joies tristes du matérialisme. Poutine nous ramène au combat idéologique autour de la Révolution française. Comme l’Amérique d’aujourd’hui, les Français prétendaient exporter par leurs armées victorieuses les “droits de l’homme” dont ils vantaient l’universalisme, tandis que Burke ou Joseph de Maistre en contestaient l’arrogance. Poutine a ressuscité la lutte des sociétés holistes contre les individualistes. Il a redonné une légitimité idéologique et politique à un conservatisme qui n’avait plus droit de cité en Occident. Or comme le disait Nicolas Berdiaev “le sens du conservatisme n’est pas d’empêcher le déplacement vers l’avant et vers le haut, mais d’empêcher le déplacement vers l’arrière et vers le bas, vers l’obscurité chaotique et le retour à l’état primitif ”… C’est pour cela que Poutine rencontre un écho grandissant au sein même des nations occidentales, au-delà de ses dirigeants inféodés et à Washington et plus encore à l’idéologie droit-de-l’hommiste ». 

Tout cela est bel et bon, mais posons-nous la question de savoir qui, en dehors de Zemmour, pourrait exprimer publiquement de telles analyses sans être automatiquement et définitivement ostracisé. Pourquoi Zemmour peut-il dire ce qui nous est interdit de penser sous peine de l’opprobre la plus noire voire de sanction pénale ? Pourquoi lui manifester de notre côté tant de gratitude pour s’octroyer le droit de parler à notre lieu et place ? Pourquoi lui reconnaître un « immense talent » en omettant de voir que la dissidence zemmourienne est une entreprise à but lucratif (et à part entière) employant des porte-plume et autre nègres effectivement talentueux. L’aveuglement de gens qui devraient être autrement éclairés est un mystère et un sujet permanent de consternation ou d’épuisement. L’article de promotion intra-communautaire que nous citons illustre opportunément qui, à gauche comme à droite, encadre la pensée, donne du foin aux uns, de la paille aux autres (et un peu d’avoine pour tous quand il s’agit de calmer les frustrations du cheptel). Ces mâtins ont remplacé les rugueux commissaires politiques d’antan. Ceux-là maniaient la schlag et usaient du goulag, mais ils sont devenus, à l’occasion de l’assomption de la société libérale-libertaire (la permissivité ne s’appliquant qu’à la fluidité des marchés financiers, aux déviances communes et aux vices extraordinaires) les fonctionnaires repus mais toujours mordants du nouvel ordre international. Regardez les plateaux des grandes chaînes d’information télévisuelle et vous verrez — cela crève les yeux et l’écran — qu’à côté de l’animateur croupion se tiennent les commissaires recadreurs de la bien-pensance… les Veil, les Apathie, les Goupil, les July, les Cohn-Bendit… et tous leurs homologues au féminin, harpies de l’extrême correction politique noyautant toutes les rédactions de France et de Navarre. 

REPRENONS notre lecture : « L’universalisme arrogant de l’Amérique a causé de multiples catastrophes dans le monde, Afghanistan, Irak, Syrie, etc. Le juridisme [talmudo-messianique ?] européen incarné par la Cour européenne des droits de l’homme suscite les réserves des vieux États nations comme l’Angleterre ou même la France. L’universalisme sans frontières de l’Union européenne, sa religion de l’Autre, bute sur l’hétérogénéité absolue de l’islam »… Mais pas seulement. Les communautés asiatiques, chinoises, vietnamiennes, hindouistes aussi insérées soient-elles dans le tissu économique et social, n’en constituent pas moins autant de têtes de pont avec lesquelles tôt ou tard nous devrons compter. On voit clairement que l’obsession zemmourienne consistant à nous agiter sous le nez le drapeau rouge (noir en fait) de l’islam n’est destinée qu’à nous faire oublier tout le reste, le mondialisme et ses ravages. L’arbre est prédestiné à masquer la forêt.

… « Enfin, l’individualisme progressiste des droits provoque un malaise existentiel croissant au fur et à mesure qu’il repousse toutes les limites (mariage homosexuel, théorie du genre, exaltation de l’homme augmenté). Le discours de Poutine sonne comme la punition de tous nos échecs, de toutes nos folies et de tous nos renoncements. La realpolitik qu’il défend avec un talent incontesté n’est que la reprise d’une tradition qui fut celle de la France pendant des siècles, de Richelieu à de Gaulle en passant par nos rois, nos empereurs et nos Républiques ». « L’immense talent » de Zemmour est aussi celui de l’embrouillamini qui voudrait nous faire accroire que la politique d’abandon et de trahison d’un De Gaulle fut équivalente ou comparable à celle d’un Richelieu !  

… « De même que la religiosité de la société russe fait écho dans la lointaine Amérique. Et le messianisme russe répond au messianisme américain. Mathieu Slama n’est dupe de rien. Son Poutine n’est ni un saint ni un héros. Ce n’est pas tant la réussite du modèle russe qui fascine les populations occidentales que la décadence du modèle occidental qui les effraie. Ce n’est pas tant la force de Poutine qui leur plaît que la désagrégation des démocraties occidentales qui les inquiète. C’est pourquoi Poutine est de moins en moins vu par les peuples d’Europe comme une menace — au contraire de ce que nous répètent nos médias — que comme un ami à soutenir, un modèle à suivre, voire comme un sauveur à appeler ». 

Ils, avons-nous dit, se répartissent la tâche et se partagent d’avantageuses parts du négoce de la dissidence. Quant à nous, nous pensons qu’en raison des craquements se faisant entendre dans les murailles du mensonge, Zemmour fait habilement la part du feu et entend engranger les gros dividendes (éditoriaux, idéologiques, financiers et éventuellement politiques) d’une dissidence qui a le vent en poupe. Cela, en compagnie de son compère Buisson (ex-conseiller ès machiavélismes du fringant Sarkozy, le forcené mondialiste et nouvel excité du bocal). 

Le Point [8 juin] révèle qu’Éric Zemmour et Patrick Buisson « travaillent ensemble à une plate-forme d’idées pour la droite se démarquant du RN de Marine Le Pen » et se proposant de ramasser la mise des Républicains largués sur le chemin épineux de l’impotence intellectuelle (voir dans ce numéro en page 8 l’article de Jean Terrien à ce sujet). L’on peut sans peine gager que ce projet n’est pas destiné à surenchérir quant à la défense de la nation, un thème déjà largement mis de côté par le RN dont l’une des préoccupations majeures réside dans la chasse aux sorcières et au bannissement sans retour des délinquants de la pensée, ceux qui auraient eu l’outrecuidance de vouloir remettre l’histoire à l’endroit. Les deux hommes nous préparent-ils donc une mouture à la française du néoconservatisme national-sioniste à la mode de chez Donald Trump ? Un néo-centre droit, éventuellement financé à fonds perdus (un investissement sans retour immédiat) par Robert Mercer et son missi dominici en Europe, Steve Bannon ? Ce qui apparaîtrait peut-être à certains comme un moindre mal, mais qui en réalité ne permettrait nullement d’espérer une quelconque restauration réelle de la souveraineté nationale et encore moins un regain d’indépendance morale, politique et salvatrice.

CES DERNIERS JOURS, on nous a parlé ad nauseam à la radio, à la télévision et dans la presse écrite des 75 ans du débarquement des troupes alliées en Normandie censé nous avoir apporté la liberté. Mais de quelle liberté s’agit-il, si ce n’est celle du renard dans le poulailler ? A la vérité, nous avons seulement changé d’occupant et subi une colonisation à rebours. Mentale, intellectuelle, culturelle, spirituelle. Une conquête des esprits, des intelligences et des volontés. Un asservissement des cœurs et des âmes. Un viol des consciences. Une euthanasie des défenses immunitaires. Une soumission totale, bien que souvent inconsciente, au projet talmudo-messianique de destruction des nations européennes et de domination sans partage du monde, une adhésion servile enfin à sa “religion” impériale, à sa clé de voûte et à son assurance-vie, le culte holocaustique.

[…]

(lire la suite)

Léon CAMUS et Jérôme BOURBON.

Editorial du numéro 3381 de RIVAROL daté du 12 juin 2019.

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