Sans cibler qui que ce soit, ne fut-ce que pour épargner les vanités de certains, comment ne pas s’affliger de l’indigence de la plupart des commentaires concernant les motivations de la guerre en Iran ?
Guerre en Iran qui remet en question, par les réactions tous azimuts des Iraniens, l’ensemble de la sécurité au Moyen Orient, sans que personne ne songe à se questionner :
– Cette extension de l’insécurité n’était-elle pas prévisible ?
– Et si elle était prévisible… n’était-elle pas souhaitée ?
– Et si elle était souhaitée… avec quel objectif ?
Un objectif qui ne pourrait avoir qu’une explication : rappeler aux monarchies gazières et pétrolières la fragilité de la paix dont elles ont bénéficié depuis des décennies… et partant de cette constatation, l’évidence de l’utilité, voire le caractère indispensable de leur protection par les Forces Armées des USA !
Ce qui amène à se questionner sur le caractère d’urgence de cette démonstration de force américaine qui aurait – nous dit-on – été imposée à Israël, qui n’avait prévu une attaque que dans plusieurs mois…
Un caractère d’urgence qui explique un certain désarroi très perceptible du côté de la Maison Blanche et qui se justifie – ô combien ! – par la participation redoutée des pétromonarchies du Golfe à la plus grande défaite menaçant le leadership des Etats-Unis : l’interruption désastreuse des échanges mondiaux en pétrodollars qui assurent la suprématie des USA. Suprématie économique, mais aussi judicaire par l’exterritorialité du dollar permettant de soumettre aux ukases de la « justice » US ses utilisateurs dans les échanges commerciaux sur toute la planète !
DE BRENTON WOODS AUX PETRODOLLARS, LE FONDEMENT DE LA DOMINATION AMERICAINE
On se souvient qu’à la suite des accords de Brenton Wood, en 1944, les USA sont parvenus à imposer au monde la suprématie du dollar, indexé sur l’or à 35 dollars l’once.
Mais, confronté à un excès de dollars en circulation ne correspondant plus à leurs réserves d’or, ils conclurent un accord avec l’Arabie Saoudite cotant et vendant désormais le pétrole exclusivement en dollars. C’était la naissance des pétrodollars, désormais imposés au monde comme l’avait été le dollar or et entretenant la dépendance des pays soumis à ce système.
Or, c’est cet accord des Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite qui a pris fin le 9 juin 2024 dans le cadre de son adhésion aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), coopération financière entre pays émergents qui utilisent des mécanismes de paiement et de financement qui ne dépendent plus des institutions occidentales.
– La Nouvelle Banque de Développement des BRICS rivalise maintenant avec le FMI et la Banque mondiale.
– Les pays BRICS réalisent des transactions massives en yuan, roupie, real et rouble, contournant totalement le dollar.
– Plus de 40 pays veulent rejoindre les BRICS, créant un bloc économique qui représente déjà plus de 50% de la population mondiale.
CONSÉQUENCES POUR L’ÉCONOMIE MONDIALE
POUR LES ÉTATS-UNIS :
- Fin du « privilège exorbitant » du dollar.
- Incapacité à financer la dette en imprimant simplement des dollars, désormais refusés par les pays naguère obligés de les accepter.
- Perte d’influence économique sur les pays émergents…
POUR L’EUROPE :
- Redéfinition de ses alliances commerciales.
- Choix stratégique entre rester alignée avec les USA ou commercer avec les BRICS…
POUR L’ECONOMIE GLOBALE :
- Redistribution du pouvoir économique mondial…
- Système financier plus équilibré et moins dominé par une seule puissance…
- Alternatives crédibles pour les pays qui veulent échapper à la domination occidentale…
Comme on peut en juger, quitte à reculer en tant que première puissance du monde, persister à se présenter comme gendarme du Moyen Orient et des pétromonarchies du Golfe ne peut être, pour les Américains, qu’une motivation de premier ordre … à envisager sérieusement !






























Jeune Nation TV






Le seul et majeur agent déstabilisateur du Moyen-Orient depuis un siècle,
c’est Israël
Pas l’Iran, pas le Hamas, pas le Hezbollah
J’espère qu’on est tous bien d’accord là-dessus.