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L’Iran visé par le projet américano-sioniste

La tension regagne de nouveau le Moyen-Orient en s’étalant cette fois-ci vers l’Iran. Cette déstabilisation qui pourrait engendrer de nouveaux conflits est préoccupante. Elle risque de provoquer une nouvelle vague d’émigration avec un déferlement de réfugiés sur le continent européen. Les Etats-Unis, servant à la fois leurs intérêts et ceux d’Israël, alimentent le chaos et cherchent à affaiblir et régresser les pays de cette région du monde, en profitant de leurs richesses naturelles et pétrolières. Quant à l’Etat hébreu, artificiellement créé à l’issue de la Seconde guerre mondiale, il a besoin de maintenir une situation conflictuelle au Proche et au Moyen – Orient pour sauvegarder un sentiment de peur au sein de sa population et, de ce fait, préserver sa cohésion mais aussi pour distraire ses voisins par des guerres et des révolutions internes.

Après avoir créé le chaos en Irak en disloquant sa structure étatique, provoqué une vague d’intégrisme religieux financée par les pétrodollars et scrupuleusement propagée par des médias arabophones, poussé la masse à la révolte avec des méthodes pernicieuses du « soft-power » en faisant croire à « un printemps arabe », cherché à détruire les structures étatiques comme il a été tenté de le faire en Syrie, entraîner vers des conflits ethniques et communautaires (entre Kurdes, Arabes, Turcs, sunnites, chiites..), réussira-t-on à déstabiliser l’Iran ?

L’IRAK HIER, L’IRAN AUJOURD’HUI ?

En effet, depuis quelques années, ce pays est dans le collimateur d’Israël comme l’Irak l’était sous Saddam Houssein. C’est surtout le développement technologique, culturel, industriel, économique et financier des ces pays qui dérange l’entité sioniste dont le lobby exerce une grande influence sur la politique étrangère américaine. C’est ce qui avait poussé les Etats-Unis à intervenir en Irak en 2003.

Plus d’un quart de siècle après la révolution de 1979, soutenue alors par les Etats – Unis, l’Iran a réussi à se développer malgré les sanctions édictées à son encontre. Le sentiment nationaliste persan prédomine chez sa population. Son rapprochement de la Russie et de la Chine ainsi que son implication dans les conflits du Proche-Orient, notamment en Syrie, en Irak et au Yémen, ont fait de lui une puissance incontournable. Sa lutte contre le fondamentalisme islamiste de Daech et d’Al Qaïda, soutenu paradoxalement par les Etats – Unis et leurs alliés, a permis la préservation des structures étatiques des pays déstabilisés et la protection des minorités, en particulier des chrétiens d’Orient. C’est ainsi qu’il dérange le projet politique qui cherche la destruction des structures étatiques, l’émergence du fondamentalisme et donc des conflits ethnico-communautaires conduisant au chaos.

Depuis une décennie, les services secrets américains et israéliens cherchaient des moyens pour pousser la population iranienne à la révolte à l’instar de celle qui a regagné certains pays arabes. Mais toutes ces tentatives ont échoué. Il a donc fallu avoir recours à des opérations directes à l’instar de celles qui ont conduit à la déstabilisation de l’Irak et de la Libye.

19 mars 2003, à 21h37, déluge de feu sur Bagdad

TRUMP A COMMIS UN CRIME

C’est ainsi qu’avec la même arrogance à laquelle ils ont habitué la société internationale depuis la fin de la guerre froide et de la période de la bi-polarisation, en s’érigeant comme le « gendarme du monde », en se plaçant sans impunité au-dessus des règles et des principes du droit international public, que les Etats – Unis d’Amérique ont commis l’assassinat du Général Kassem Soleimani par un raid effectué à l’aéroport de Baghdad où il se trouvait.

Pour justifier ce crime, l’Administration américaine, par la voie de son Secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et celle du Président Donald Trump, a prétendu que cette opération a été menée pour éviter, d’une manière préventive, des attaques que les Gardiens de la Révolution iraniens (une branche de l’armée de ce pays) seraient en train de préparer à l’encontre des intérêts américains au Proche – Orient. Cette information leur aurait été communiquée par leurs services secrets.

Cet argument n’est pas sérieux. Il nous rappelle le motif fallacieux de leur intervention militaire en Irak, sous prétexte que ce pays possédait des armes de destruction massive.

SOLEIMANI N’EST PAS BAGHDADI

Grand tacticien militaire, le Général Soleimani a combattu les forces paramilitaires de Daech et a sauvé les chrétiens de Maaloula en Syrie d’un massacre par ces derniers. En 2001, il était à l’initiative de la coopération militaire avec les Américains contre les talibans, lors de la campagne d’Afghanistan.

Alors que Monsieur Donald Trump, durant sa campagne électorale, avait critiqué et stigmatisé ses prédécesseurs pour avoir ordonné l’invasion de l’Irak, en 2003, en se fondant sur des motifs fallacieux, pour créer le chaos dans cette région du monde, ce qui a d’ailleurs permis l’émergence progressive des groupes islamistes, notamment Daech (en provoquant des zizanies entre les sunnites et les chiites d’Irak), il est tombé dans le même piège du Président George Bush junior.

En effet, Donald Trump n’est pas arrivé à s’émanciper de l’hégémonie que le lobby sioniste exerce sur la politique étrangère de son pays. Il faut rappeler les deux principaux gages qu’il avait donné à l’AIPAC (le principal lobby sioniste américain, défendant les intérêts d’Israël) afin d’assurer son soutien pour son élection, pour se faire pardonner des malencontreuses déclarations durant sa campagne, jugées comme étant antisémites : d’une part, le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et, d’autre part, la lutte contre l’Iran devenu une puissance incontournable dans la région du Proche et du Moyen – Orient, surtout depuis son intervention en Syrie en s’attaquant aux groupes paramilitaires islamistes takfiristes (Daech et wal Nosra, stipendiés par les services secrets américains et israéliens). 

 ce sujet, le candidat Trump s’était laissé emporter dans ses discours de campagne en dénonçant la responsabilité de l’Administration de son pays dans la création de Daech, allant jusqu’à dire : « et je dirai que la co-fondatrice de Daech n’est autre que cette corrompue Hillary Clinton« . D’ailleurs, cette derniere, dans son livre  » Hard Choices » avait avoué et dévoilé le projet de l’Administration de son pays de faire émerger l’islam politique pour détruire les structures étatiques et la cartographie du Proche et du Moyen – Orient.

Affaibli et acculé par la procédure de l’impeachment, le Président Trump a cédé à la pression de Tel Aviv qui semble dicter la politique étrangère américaine. Avant le déclenchement de cette procédure, il avait pourtant limogé son plus proche conseiller sur le Moyen – Orient, le Neo-conservateur John Bolton, connu pour sa stratégie du va-t-en-guerre.

De leur côté, les Israéliens se sont contentés de gesticulations en se lavant les mains de cet acte terroriste commis en violation du droit international pour deux motifs : l’atteinte à la souveraineté de l’Irak et le recours à la force en dehors des cas d’exception prévus par la Charte des Nations unies. La légitime défense préventive évoquée par eux comme motif de cette agression n’est pas un prétexte admis par la jurisprudence internationale. Cet acte de guerre imputable aux Etats – Unis est ainsi donc illicite et condamnable à la fois en termes de droit et en équité.

Trump marionnette israélienne

Par ailleurs, sur un plan politique, il démontre le marasme israélien de voir l’islamisme ou l’Islam politique échouer. A la fois, grâce à l’intervention de l’Iran ensuite de la Russie, en Syrie. Le projet sioniste a, en effet, besoin des mouvements intégristes et terroristes se revendiquant de l’islam (appelés « islamistes » tout court), voire de l’islam politique dont les fondements et le mode d’action est calqué sur ceux du judaïsme politique. Or, le rôle que l’Iran joue, notamment sur le plan militaire, pour faire échouer cette stratégie politique diabolique, en matant les Takfiristes, remet en cause les projets sionistes qui cherchent à la fois le chaos, en remettant en cause les structures étatiques, et l’émergence de groupes instrumentalisant la religion à des fins politiques à l’instar du sionisme. Ces projets ont aussi pour objectif de changer la cartographie du Moyen -Orient ce qui aura des conséquences néfastes sur le continent européen voisin : un flux migratoire en raison des troubles sécuritaires mais aussi des conséquences économiques et financières engendrées par ces conflits.

IRA-T-ON VERS UNE GUERRE ?

L’assassinat du General Soleimani va-t-il conduire à un nouveau scénario conflictuel chaotique? Il est encore tôt pour y répondre. En effet et malgré les surenchères verbales à l’issue du crime commis par les Américains, la riposte iranienne a été modérée. Leur attaque des bases américaines en Irak a été effectuée d’une manière à éviter la mort de soldats américains : ces derniers en ont été préalablement avertis en vue de se protéger.

Par ailleurs, l’Iran assiste à une vague de déstabilisation interne en raison d’un marasme social provoqué par une situation économique et financière insupportable à cause des sanctions. Les discours provocateurs du Président Donald Trump encourageant les manifestants sous-entendent une manœuvre américaine pour déstabiliser ce pays. Ceci constitue une ingérence flagrante dans les affaires internes d’un pays, condamnable par la Charte des Nations Unies.

Enfin, il faut attendre la réaction de la Russie qui ne tardera pas à venir. Néanmoins, les médias russes, en commentant l’accident qui a provoqué le crash d’un avion civil ukrainien par erreur en le comparant à celui où l’un des aéronefs russe a été abattu par erreur par les Turcs en 2015, mettent l’accent sur la solidité de l’axe russo-sino-iranien.

Elie HATEM

About Elie Hatem

Contributeur externe de Jeune Nation, Elie Hatem est avocat à la Cour, docteur en Droit et membre du Comité Directeur de l'Action Française.
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