Selon un article du Wall Street Journal citant des responsables américains, Israël aurait installé un avant-poste militaire clandestin dans le désert irakien afin de soutenir sa campagne aérienne contre l’Iran, avec la connaissance des États-Unis.
Pendant les cinq semaines de guerre, l’armée de l’air israélienne a mené des milliers de frappes contre des cibles iraniennes. D’après les sources, cette installation clandestine (non dévoilée aux Irakiens), mise en place peu avant le début du conflit, aurait servi de centre logistique pour l’armée de l’air israélienne et aurait également accueilli des forces spéciales. La base aurait permis à Israël de réduire la distance avec le théâtre iranien.
Des équipes de recherche et de sauvetage y étaient positionnées également au cas où des pilotes israéliens seraient abattus. Aucun ne l’a été. Lorsqu’un chasseur américain McDonnell Douglas F-15 Eagle a été abattu près d’Ispahan, en Iran, les Israéliens ont proposé leur aide, mais les forces américaines ont elles-mêmes mené le sauvetage des deux aviateurs.
Le désert occidental irakien se prête particulièrement à ce type d’implantation discrète en raison de son immensité et de sa faible densité de population. On se souvient que les forces spéciales américaines avaient déjà utilisé cette région lors des opérations contre Saddam Hussein en 1991 et en 2003.
Le site aurait failli être découvert début mars. Les médias d’État irakiens ont indiqué qu’un berger local avait signalé une activité militaire inhabituelle dans la région. Des forces irakiennes envoyées sur place après les signalements d’activités suspectes, notamment des mouvements d’hélicoptères, auraient été prises pour cible. Israël les a tenues à distance grâce à des frappes aériennes. L’incident aurait causé la mort d’un soldat irakien et fait plusieurs blessés.
Deux unités du Counter Terrorism Service irakien, force qui a joué un rôle central dans la lutte contre l’organisation État islamique, auraient ensuite été déployées pour fouiller la zone. Elles y auraient trouvé des indices laissant penser qu’une force militaire y avait récemment été exploitée. « Il semble qu’une force était présente au sol avant la frappe, appuyée depuis les airs, et qu’elle disposait de moyens supérieurs à ceux de nos unités », avait déclaré Muhammadawi, commandant adjoint du Joint Operations Command, aux médias d’État irakiens.
Les autorités irakiennes ont condamné l’opération, la qualifiant d’attaque non coordonnée. Le lieutenant-général Qais Al-Muhammadawi, a déclaré qu’il s’agissait d’une opération « imprudente », menée sans coordination ni autorisation. L’Irak avait ensuite saisi les Nations unies, affirmant que l’attaque impliquait des forces étrangères et des frappes aériennes, et l’attribuant aux États-Unis.
Selon le Wall Street Journal, les détails liés à cette base clandestine et aux risques pris pour son établissement éclairent la manière dont Israël aurait pu conduire une campagne aérienne contre des cibles situées à plus de 1 500 kilomètres de son territoire.








































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