Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre Elon Musk, son réseau social X et une ancienne dirigeante de la plateforme Linda Yaccarino. Cette décision intervient après une perquisition des locaux parisiens de X en février 2026 et après le refus du milliardaire de répondre à une convocation le 20 avril pour une « audition libre », dans une enquête portant notamment sur des « contenus illicites » et la « modération » du réseau social.
L’ouverture d’une information judiciaire en France contre Elon Musk marque une nouvelle escalade dans les investigations ouvertes en janvier 2025 contre le réseau social X. Le parquet de Paris a franchi un cap significatif le 7 mai dernier en ouvrant une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, contre Elon Musk, la société X Corp., ainsi que xAI et Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de la plateforme.
Les juges d’instruction sont désormais saisis du dossier, avec réquisitions de mises en examen et convocation des intéressés, au besoin par la force…. Cette procédure fait suite à l’absence d’Elon Musk à son « audition libre » qui était programmée pour le 20 avril, et à laquelle il ne s’est pas présenté.
L’enquête, confiée à l’unité nationale cyber de la gendarmerie, porte sur de nombreux chefs d’accusation :
- Complicité de détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pédopornographique, ainsi que de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée d’image de mineur présentant un caractère pornographique
- Collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite
- Traitement de données à caractère personnel sans mesure assurant la sécurité de données
- Extraction frauduleuse de données d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée
- Violation du secret des correspondances émises, transmises ou reçues par voie électronique
- Falsification du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée
- Diffusion, par service de communication au public en ligne, d’un montage ou contenu généré par traitement algorithmique à caractère sexuel reproduisant l’image ou les paroles d’une personne non consentante
- Administration d’une plateforme en ligne pour permettre des transactions illicites, en bande organisée
- Contestations de crime contre l’humanité, facilité par l’intelligence artificielle Grok
Des chefs de poursuites particulièrement outrés et outranciers pour des faits qui relèvent, au pire, de l’entrave à l’action de la justice, en supposant que les services de modération de X n’aient pas volontairement déféré à des réquisitions policières ou judiciaires dans le cadre de diverses enquêtes.
À la lecture de certains chefs d’accusation, on comprend combien les responsables politiques en France et leurs vassaux de l’autorité judiciaire tiennent en piètre estime la liberté de pensée et d’expression : considérer que X – anciennement Twitter – constitue une « plateforme en ligne pour permettre des transactions illicites en bande organisée »…, c’est volontairement s’aveugler en mettant la focale sur les effets marginaux et les déviances, qui peuvent être réels mais existent en toutes choses. Doit-on poursuivre les constructeurs automobiles comme complices des rodéos urbains sauvages et des morts qui s’en suivent dramatiquement parfois ?
Des poursuites dont se sont félicités divers élus de la majorité progressiste et euro-mondialiste d’Emmanuel Macron, comme Éric Bothorel, député Renaissance à l’origine de signalements contre X, ou Arthur Delaporte, député PS.
X a vivement contesté ces accusations, dénonçant un « détournement de procédure » et une atteinte à la liberté d’expression. Elon Musk, de son côté, a qualifié les magistrats français d’« attardés mentaux » et la procureure de Paris de « marionnette des ONG d’extrême gauche ».
Ils sont plus faux qu’un euro en chocolat et plus pédés qu’un flamant rose en tutu fluo !
— Elon Musk (@elonmusk) May 8, 2026
Après l’affaire Telegram qui avait vu son patron-fondateur Pavel Durov arrêté à sa descente d’avion au Bourget à l’été 2024, puis placé en garde à vue, déféré, mis en examen et envoyé en détention provisoire (sa compagne, Julia Vavilova, raflée avec lui mais rapidement relâchée, a perdu son enfant en gestation peu de temps plus tard), l’affaire Elon Musk illustre l’instrumentalisation croissante de la justice française contre les grandes plateformes virtuelles.
Les responsables politiques occidentaux qui sentent que le monopole du narratif médiatique leur échappe en toute chose, tentent vainement de colmater la brèche ouverte notamment par les réseaux sociaux.
C’est une offensive généralisée contre la liberté d’expression qui est en marche, avec aussi l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs voulue par Macron, qui suppose la vérification d’identité de tous les utilisateurs des plateformes ; ou encore avec le dispositif administratif de flicage-persécution de la loi Retailleau-Nunez contre « toutes les formes de séparatisme et d’entrisme » islamiques mais qui trouvera à s’appliquer à toute opposition politique jugée gênante.







































JN TV









