En juin 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël occupait militairement la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le Golan syrien et le Sinaï égyptien. La « Judée et la Samarie » (noms bibliques de la Cisjordanie), territoire revendiqué par les Palestiniens pour la création d’un État, passe sous contrôle israélien. Dès lors, l’État sioniste y instaure une administration militaire et commence à y établir des colonies de peuplement, considérées comme illégales par la communauté internationale au regard du droit international (notamment de la quatrième Convention de Genève).
Depuis 1967, Israël maintient cette occupation militaire, tout en développant sa politique de colonisation de fait. Des centaines de milliers de colons israéliens se sont installés dans des implantations construites sur des terres palestiniennes au détriment des populations locales, s’accompagnant de mesures gravement préjudiciables pour les Palestiniens autochtones, telles que des violences, des restrictions de mouvement, des expropriations et la construction d’un mur de séparation à partir des années 2000 (jugé illégal par la Cour internationale de justice en 2004).
Les négociations de paix, intermittentes depuis les années 1990, n’ont pas abouti à une solution durable : les accords d’Oslo de 1995 notamment qui prévoyaient une autonomie limitée (prélude à un État) pour les Palestiniens dans certaines zones de Cisjordanie ont été ruinés et rendus caduques par la continuation de l’occupation et l’extension de la colonisation.
Depuis lors, et plus encore depuis le « 7 octobre », les colons israéliens intensifient leurs attaques violentes contre les civils en Cisjordanie, sous le regard passif voire complice, des forces israéliennes.
Un rapport des Nations Unies publié en ce mois de mars 2026 alerte sur l’accélération, au cours de l’année écoulée, de l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est par le cabinet ultra-orthodoxe et ultra-sioniste de Benjamin Netanyahou, entraînant le déplacement forcé d’environ 36 000 Palestiniens. Il y aurait ainsi actuellement 700 000 colons installés dans près de 300 colonies. Le rapport constate une recrudescence des violences l’an dernier, « les autorités israéliennes jouant un rôle central dans la direction, la participation ou la facilitation de ces agissements ».
Ces derniers jours, des dizaines de colons ont incendié des maisons et des véhicules et attaqué des Palestiniens lors d’actions apparemment coordonnées.
Depuis le début du mois de mars, des colons et des policiers israéliens ont tué au moins dix civils palestiniens en Cisjordanie occupée, dont deux jeunes frères (cinq et sept ans) et leurs parents qui rentraient de courses pendant le Ramadan, morts sous les balles à Tubas. L’enquête est au point mort !
Le cas de cette famille ne fait pas figure d’exception. Selon les données du Bureau de coordination des affaires humanitaires de Nations unies, 1 090 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne ou les colons en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023, contre 42 Israéliens tués sur le territoire sur la même période.
Pas de poursuite, pas de sanction : c’est une politique…
Le journal britannique The Guardian a publié récemment une enquête dont les conclusions sont sans appel : aucun colon ou soldat israélien n’est en général poursuivi pour des crimes commis en Cisjordanie.
« Il ne s’agit plus d’une poignée de voyous qui enfreignent la loi. C’est une activité organisée, qui inclut parfois des personnes en uniforme, qui tirent sur des innocents et incendient les biens et les maisons de civils » (ancien Premier ministre Ehud Olmert)
En effet, l’État juif n’a engagé aucune poursuite contre ses citoyens pour le meurtre de civils palestiniens en Cisjordanie occupée depuis le début de la décennie. Peut-être parce que les colons agissent souvent de concert avec l’armée pour mener leurs attaques… Depuis 2020, des soldats et colons israéliens ont tué au moins 1 100 civils palestiniens en Cisjordanie occupée, dont au moins un quart étaient des enfants, selon les données de l’ONU.
La dernière attaque meurtrière perpétrée par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie occupée ayant donné lieu à une inculpation remonte à 2019, selon les documents et les données d’une organisation israélienne de défense des droits humains, Yesh Din. Le dernier homicide commis par un civil israélien ayant entraîné une inculpation date de 2018.

Les meurtres, incendies criminels, vols et autres crimes commis par des colons israéliens, y compris des incidents filmés et des agressions sexuelles, restent quasi totalement impunis. Entre 2020 et 2025, plus de 96 % des enquêtes policières sur les violences commises par les colons en Cisjordanie occupée se sont soldées par un non-lieu, selon Yesh Din. Sur 368 affaires, seules 8, soit 2 % du total, ont abouti à une condamnation, totale ou partielle. Pourtant des Palestiniens ont déposé 1 746 plaintes pour les préjudices causés par des soldats israéliens en Cisjordanie occupée durant cette période, dont plus de 600 pour des homicides. Moins de 1 % de ces plaintes ont abouti à des inculpations…
« Les forces de l’ordre israéliennes, tant civiles que militaires, fonctionnent moins comme des mécanismes de justice que comme des boucliers pour les auteurs de crimes. Elles produisent régulièrement des enquêtes au point mort et des affaires classées sans suite, privilégiant de fait l’impunité » (Ziv Stahl, directeur de Yesh Din).
Au-delà de la Cisjordanie occupée, deux mises en accusation ont été prononcées contre les forces de sécurité israéliennes pour le meurtre de civils palestiniens depuis 2020. Un policier israélien des frontières, qui avait abattu un homme autiste à Jérusalem-Est en 2021, a été acquitté des accusations d’« homicide involontaire » deux ans plus tard. En 2023, un lieutenant a été inculpé pour la mort, en 2021, de l’agriculteur Hasan Sami Al-Borno, tué par des tirs de char israélien à Gaza. Il n’a pas encore été jugé.
Réactions internationales : rien que des mots
Depuis 1967, l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a voté plus d’une dizaine de résolutions condamnant l’occupation de la Cisjordanie et les atteintes aux civils. La France et quelques gouvernements des pays membres de l’Union européenne se contentent habituellement de dénoncer verbalement les violences des colons et des autorités israéliennes en Cisjordanie occupée, parfois les qualifiant « d’actes de terrorisme ».
Toutes dénonciations et condamnations qui restent lettres-mortes : aucune sanctions internationales contre les colons et leurs organisations, ni contre l’État sioniste pour son indifférence voire la complicité de ses institutions. Donald Trump revenu à la Maison Blanche début 2025 a même annulé les sanctions imposées à plusieurs colons violents par le gouvernement américain sous la présidence de Joe Biden.
Alors, pourquoi se gêner ? Et le 23 juillet 2024, plus de 70 députés israéliens votaient un appel au gouvernement à annexer officiellement la Cisjordanie occupée, afin de « retirer de l’ordre du jour tout projet d’État palestinien » affirmant « le droit naturel, historique et légal » d’Israël sur la Cisjordanie.
La pendaison pour les seuls Palestiniens condamnés
Et pour couronner le tout, la Knesset a voté lundi (62 pour dont le premier ministre Benjamin Netanyahou, 48 contre et 2 abstentions) un texte qui étend l’application de la peine de mort par pendaison en la réservant aux Palestiniens condamnés… La peine de mort existe déjà dans l’arsenal juridique d’Israël mais elle ne concernait jusqu’à présent que des « crimes d’exception » (génocide, crimes contre l’humanité), le pays ne l’ayant pas appliquée depuis 1962 et la pendaison d’Adolf Eichmann.
Ces dernières semaines, Itamar Ben Gvir avait fait la promotion de ce projet de loi en arborant un pin’s sur lequel figurait un nœud coulant… À l’issue du vote de la Knesset, il a sorti une bouteille de champagne en signe de célébration.
La nouvelle législation prévoit dorénavant la « peine de mort par défaut » pour les individus jugés pour « actes de terrorisme » mortels commis « dans l’intention de nier l’existence de l’État d’Israël ». Elle exclut donc de fait les citoyens juifs de l’État d’Israël qui commettraient des crimes contre les Palestiniens dans les territoires occupés. Racisme, vous avez dit racisme ?
La loi se veut applicable sur tout territoire qu’Israël contrôle de facto, y compris la Cisjordanie. Et l’exécution doit avoir lieu dans les 90 jours maximum après le prononcé de la peine.






























Jeune Nation TV











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