Ainsi, sans grande surprise, le tandem israélo-étatsunien qui brûlait de s’en prendre à l’Iran a-t-il agressé de la manière la plus illégale qui soit, si l’on s’en réfère aux règles internationales communément admises, l’Etat iranien, détruisant ainsi l’embryon de droit international existant, réinstaurant la loi de la jungle et actant le retour à la barbarie. Sans grande surprise non plus, pour toute personne qui observe la réalité et ne s’enferme pas dans des chimères nourris d’une hubris occidentale de moins en moins réaliste, l’Iran non seulement résiste mais inflige des dégâts importants à ses ennemis qui, plus que jamais, sont un facteur de déstabilisation du monde.
L’évènement est d’importance car c’est la première fois dans l’histoire qu’une puissance moyenne à l’échelon mondial tienne en échec d’une manière aussi spectaculaire l’Occident – nous entendons par le terme générique Occident les Etats qui, d’une manière ou d’une autre, sont soumis au magistère mondialiste messianique nourri de talmudisme sioniste, protestant, voire catholique et dépendant de l’axe financier City Wall Street à dominante judéo-protestante. C’est aussi le deuxième revers auquel est confronté cet Occident, si l’on considère la question ukrainienne, plaie ouverte depuis 2014 mais explosive depuis février 2022 et qui devait être réglée en huit jours, comme le clamait un certain Bruno Lemaire. A vrai dire, les Etats-Unis ont accumulé des échecs depuis 1945 : au Vietnam, en Afghanistan et les succès revendiqués à la Grenade, en Irak, en Serbie, en Libye, voire en Syrie, par procuration, peuvent être illustrés par l’adage « à triompher sans péril, on triomphe sans gloire », à ceci près qu’en Irak et en Libye, c’est le chaos qui a succédé à la victoire première ; mais peut-être est-ce l’objectif recherché dans la mesure où, de moins en moins l’Oncle Sam a les moyens de ses ambitions impérialistes et messianiques.
Mais avec l’Iran, ils sont confrontés à une puissance non européenne et à ce titre présumée par eux sous-développée, comme ils le pensaient encore voici peu de temps pour la Chine, mais qui comme tant d’autres nations se développe rapidement et réussit cet exploit peu commun de réaliser ce développement quasiment seul puisqu’il est l’objet d’un ostracisme criminel depuis plus de quarante ans. L’Iran, rappelons-le, est le pays qui forme le plus d’ingénieur par habitant du monde, plus que la France et l’Allemagne réunies, notamment dans le nucléaire : plus de 230 000 chaque année dont, soulignons-le, une majorité de jeunes femmes faisant mentir ainsi les clichés occidentaux qui veulent que les femmes soient considérées par les mollahs comme des êtres inférieurs.
Cela, les Occidentaux ne parviennent pas à en prendre la mesure. Il leur est semble-t-il, impossible de comprendre ce qui se passe. Ils vivent quelque chose d’analogue à ce que les Européens, par Russie interposée, ont vécu avec la victoire du Japon en 1905 (victoire il est vrai aidée par les financiers « britanniques » du type Jacob Schiff, déjà à l’ouvrage). Mais la stupeur est pire, car aujourd’hui ils sentent le monde leur échapper et des Etats comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, entre autres, établissent un rapport de force démographique, économique bien plus inquiétant pour eux que le « petit » Japon, alors qu’industriellement, ils deviennent des coquilles vides – de par leur faute – et sont en train de perdre la main dans le domaine scientifique, là encore par leur faute, en conséquence d’un processus qui s’appelle la décadence, c’est-à-dire une détérioration de leur flux mental et par suite vital. Nous allons y revenir.
Quatre niveaux de lecture
La lecture de l’actuel conflit en Iran peut s’effectuer à plusieurs niveaux qui ne s’excluent en rien les uns des autres. Le premier niveau est économique, à savoir le contrôle des réserves de pétrole et de gaz iraniennes. C’est très factuel. La mise sous contrôle du détroit d’Ormuz par l’Iran montre à quel point la région du golfe persique est importante pour l’économie mondiale : les prix augmentent rapidement, spéculation aidant, et la récession planétaire menace, quand elle n’est pas déjà actée.
Un deuxième niveau est l’hubris sioniste qui veut détruire toute puissance susceptible de lui porter ombrage dans la Proche-Orient. Le plan Yinon de dépeçage et de balkanisation du Proche-Orient de 1997, avalisé par les Etats-Unis qui l’on développé en englobant l’arc allant du Maroc au Pakistan, en est l’expression la plus visible. Il a été explicité par le général Wesley Clark le 3 mars 2007 lorsqu’il a déclaré, au cours d’un entretien, que les Etats-Unis allaient éliminer sept pays en cinq ans, d’abord l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et, pour finir, l’Iran. Il est vrai que tous ces Etats ont été « traités » d’une manière ou d‘une autre, à l’exception de l’Iran. Nous y sommes donc, avec un certain retard sur le calendrier. Il semble que l’entité juive de Palestine est prête à mener à n’importe quel prix une guerre de destruction de l’Iran « jusqu’au dernier soldat états-unien » voire d’autres si celle-ci parvient à les enrôler. Comme si la démence conquérante ne suffisait pas, elle convoque, la surajoutant à ses visées géopolitiques, la folle attente messianique du « Mashiah » (pourtant venu voici 2000 ans mais, comme l’a écrit saint Jean dans le premier chapitre de son Evangile, « il est venu dans son domaine et les siens ne l’ont pas reçu »). Notons que l’Etat sioniste de Palestine est le seul Etat membre de l’ONU qui n’a jamais déclaré ses frontières, alors que cette obligation est requise, et qui se singularise en ignorant systématiquement les résolutions du Conseil de Sécurité votées à l’encontre de son action prédatrice !
L’hubris sioniste montant à la tête de ses adeptes, les voilà qui menacent la Turquie, par la voix de l’ancien premier ministre Naftali Bennet, et envisagent de s’en prendre à l’Égypte et à l’Algérie… Il est vrai que le drapeau israélien est à lui seul un programme puisque les deux bandes bleues entourant l’étoile juive symbolisent une revendication biblique allant du Nil à l’Euphrate. Aussi longtemps que durera l’Etat d’Israël avec un tel projet, il est évident qu’aucune paix ne sera possible dans cette partie du monde, sans préjuger de ses conséquences planétaires. La situation est des plus inquiétantes car il semble qu’actuellement, l’Israël soit atteint du syndrome de Massada.
Un troisième niveau de lecture se joint, voire se superpose à celui-ci avec les ambitions de l’Occident à direction politique états-unienne où se mêlent, se conjuguent les ambitions géopolitiques et une autre dimension messianique, non exclusive de la précédente, propre aux Etats-Unis, sûrs de leur « destinée manifeste ».
En ce qui concerne les ambitions géopolitiques, il nous faut rappeler les théories de l’amiral Mahan, de MacKinder, développées par Nicholas Spykman au cours des années 1930 et actualisées par Brezinski en1997 .
Rappelons les définitions de Spykman qui divisait le monde en trois zones : le Heartland, qui comprend l’Europe de l’Est – l’Ukraine en étant le pivot – et la Russie considérée comme le centre du monde ; le Rimland (ou « Croissant intérieur »), constitué de l’Europe de l’Ouest, du Proche-Orient et de l’Extrême-Orient ; le reste du monde (the Off-Shore Continents) composé de l’Australie, du continent américain et de l’Afrique.
Il en résulte que le contrôle du Rimland par les thalassocraties que sont les Etats anglo-saxons permet de contrôler « l’île monde » qui est le continent eurasiatique. Présentement, cette île-monde est constituée de la Russie et de la Chine que la politique (si l’on se place de leur point de vue) inconsidérée des gouvernements de Washington a poussé à se rapprocher et à constituer pour longtemps une entente solide. Le problème consiste pour les Occidentaux, à défaut de pouvoir séparer Moscou et Pékin (ce dont Trump ne s’est pas caché), à déstabiliser la périphérie de ce tandem et ensuite à affaiblir, voire soumettre cette île-monde. Cela est clair avec l’Ukraine – Brezinski l’a énoncé sans ambiguïté dans son « Grand Échiquier ». Mais c’est aussi patent en ce qui concerne le flanc sud, à savoir l’Asie centrale, cœur principal des « routes de la soie » chinoises. Et, pour y parvenir, quoi de mieux que déstabiliser l’Iran sous n’importe quel prétexte, d’y installer le chaos comme en Libye ou en Irak ou en Syrie et, de là atteindre la dépression aralo-caspienne et le bassin du Balkhach et, pourquoi pas – car ils ne doutent de rien, en dépit de leur échec en Afghanistan – les autres bassins endoréiques de l’Yssik Koul et du Tarim !
Une dernière lecture est économique et financière : la finance mondialiste de l’axe City Wall Street ne peut se résoudre – c’est pour elle un non-pensable – à perdre sa suprématie. Pour le pouvoir impérialiste états-unien, voir la suprématie du dollar battue en brèche et ensuite vaincue signifie la fin du projet d’essence messianique de dominer le monde et d’arriver à la « fin de l’histoire » pour reprendre le titre d’un livre célèbre. L’alternative qui se dessine avec l’organisation de coopération économique des BRICS résonne comme un crime de lèse-majesté pour les Occidentaux. Nous voyons le gouvernement de Washington devenir fou à cette idée, la faconde de Trump mettant en scène cette irritation démentielle de manière particulièrement théâtrale, menaçant à hue et à dia ceux qui osent vouloir se passer du dollar dans leurs transactions. Pourtant, les menaces, les cris n’y changeront rien : un monde multipolaire se met en place de par le simple développement économique normal de peuples jusqu’alors resté étrangers à l’industrie et à la science des Européens, née de la métaphysique helléno-chrétienne. Aussi, tenant compte de cette réalité, un système financier mondial, tenant compte de ce nouveau rapport de forces en cours d’émergence – tout ordre monétaire est le fruit d’un rapport de forces -, va se mettre en place : le projet des BRICS visant dans un premier temps à mettre en place un système de compensation monétaire et d’élaborer une monnaie de compte basée pour partie sur l’or et pour partie sur les puissances économiques respectives des Etats contractants est un projet de bon sens, théoriquement bien conçu. Et, plutôt que s’y opposer, les Occidentaux feraient mieux d’y apporter leur contribution plutôt que de vouloir l’empêcher. Mais c’est évidemment leur demander l’impossible et, au lieu d’un apaisement planétaire, une montée aux extrêmes, absurde, démente, criminelle semble se profiler.
L’Iran dans l’œil du cyclone
Dans ce faisceau de lectures, l’Iran « coche » malheureusement toutes les cases. Il dispose de réserves de pétrole et de gaz très importantes dont les compagnies américaines se verraient bien en retirer de juteux profits (il a été dit que, en 1979, Washington voyait dans l’installation du « régime obscurantiste » des mollahs un moyen de préserver pour l’avenir les réserves de pétrole iraniennes dans la mesure où, pour les Occidentaux, il était inconcevable que des gens refusant le modèle occidental puisse faire autre chose que de rester au moyen-âge).
Etant donné la réussite globale de l’Iran des mollahs, qui est devenu une puissance économique régionale majeure, scientifique, développée en grande partie, démographiquement importante – entre 1979 et 2025 sa population est passé de 35 millions d’habitants à plus de 90 millions (bien que la démographie, là comme ailleurs, ait fortement baissé depuis 10 ans) – l’Iran constitue le seul Etat qui dérange la volonté hégémonique israélienne dans la région et, à ce titre, reste le dernier obstacle à abattre. Etat multiethnique, à dominante perse, où 70 % de la population parle une langue persane, les Occidentaux ont imaginé de le faire éclater. Cela est apparu lorsque Trump a appelé les Kurdes, les Baloutches, il est vrai en délicatesse avec le pouvoir central de Téhéran, à se soulever. Pour le moment, cela a été un échec, comme si ces peuples avaient compris qu’ils n’avaient rien à gagner à mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs et que « l’iranité » est pour eux une réalité vécue.
L’espoir des Occidentaux n’est pas tant de voir quelque Pahlavi jouer les potiches sionistes que de disposer d’une zone territoriale divisée, politiquement affaiblie à partir de laquelle, répétons-le, il sera possible d’attaquer le ventre mou de l’ensemble Russie-Chine, lequel, cela dit, crée une alternative, avec les routes de la soie, aux routes maritimes dominées par les Occidentaux, là encore, une perspective inacceptable pour eux. Ces potentialités géopolitiques ne peuvent qu’inciter la Russie et la Chine de soutenir l’Iran d’une manière ou d’une autre, sauf à être eux-mêmes menacés. Cela peut aussi dégénérer en conflit ouvert, par simple réflexe de défense de leurs intérêts bien compris.
Quant à la géopolitique et à la finance, le fait d’éjecter du golfe Persique les Etats-Unis et leurs laquais occidentaux, comme tel est l’objectif des Iraniens, est chose catastrophique, en ce sens que perdre le contrôle du détroit d’Ormuz signifie l’amorce de la perte de celui des océans par la thalassocratie états-unienne et plus largement anglo-saxonne instaurée depuis le XVIIIe siècle. Un fait est à noter : les Anglo-saxons agissent comme s’ils se pensaient les seuls légitimes détenteurs du contrôle des mers à travers leur système d’assurance, avec notamment les Lloyd’s, puisque la flotte marchande de la Russie ou étant à son service est qualifiée de « flotte fantôme », autrement dit sans existence reconnue, autorisée !
Déjà en mer Rouge, les forces d’Ansar Allah, alliées de Téhéran, ont lancé comme un avertissement en étant en mesure de bloquer le détroit de Bab el Mandeb et d’obstruer la route de Suez, alors que leurs actions de 2024 et 2025 ont abouti à ce que le port israélien d’Eilat soit asphyxié. Pourtant, dans l’immédiat, il faut observer que les flottes de projection américaines, avec leurs porte-avions, sont en difficultés et ne remplissent pas le rôle qui leur est assigné. Il semble que l’avenir est plus ouvert aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et la technique des drones, nouvellement arrivée bouleverse les techniques de combat, sans parler des missiles hypersoniques dont, pour le moment, seuls disposent les Russes, les Chinois, les Iraniens.
Financièrement, l’Iran refuse les transactions en dollar pour le pétrole, promouvant le yuan chinois, ce qui est évidemment un cauchemar pour Washington. Certes, le pouvoir de Téhéran n’innove pas ; Ryad (parmi d’autres Etats) a déjà accepté de recevoir des yuans en paiement de son pétrole. Mais, à la différence de l’Irak, de la Libye, l’Iran est un Etat puissant, solidement établi, que l’assassinat de nombre de ses dirigeants n’a pas déstabilisé. A cet égard, notons que l’ayatollah Ali Khamenei est d’ores et déjà devenu un dirigeant de légende, entré dans le panthéon des grands hommes d’Etat de la planète, en acceptant une mort qu’il savait fort probable, une mort sacrificielle qui permet de souder le monde chiite et la population iranienne mieux que toute autre action. Cela dit, alors que la finance anglo-saxonne a toujours veillé depuis 1914 à préserver sa montée en puissance amorcée depuis Cromwell – la lutte contre l’Allemagne national-socialiste date de 1938 lorsque Hitler a refusé de réintégrer les circuits financiers internationaux comme le voulait Haljmar Schacht, Saddam Hussein puis Mouammar Kadhafi avec son dinar-or ont été éliminé parce qu’ils battaient en brèche le dollar – les temps changent avec le phénomène des BRICS auquel l’Iran peut s’adosser.
Vers une montée aux extrêmes ?
Toutefois, de même que l’Israël ne peut accepter le maintien en puissance de l’Iran dans ce qu’il considère comme son « pré carré », la puissance états-unienne et la finance mondialiste ne peuvent accepter la déchéance, ne serait-elle que partielle, du dollar. Autrement dit, ne nous berçons pas d’illusions et envisageons que le conflit en cours, multiforme, tant territorialement (avec l’Ukraine notamment) qu’économiquement, ne pourra se terminer que par la défaite totale d’un des groupes de protagonistes en présence – au terme de quelles péripéties ? – sauf à détruire la planète dans une vitrification nucléaire. Là encore, cela est à craindre car le pouvoir de Tel Aviv, se retrouvant le dos au mur avec les destructions en règle que son territoire subit présentement, situation à laquelle il ne s’attendait pas parce que pour lui inconcevable, sera tenté de recourir au feu nucléaire, provoquant des réactions en chaîne, à commencer par une possible réplique du Pakistan qui ne s’en est pas caché. Pour nous convaincre que les destructions provoquées par une bombe nucléaire n’arrêteront pas facilement les sionistes, observons ce qui s’est passé et continue de se produire à Gaza et ce qui se passe actuellement au Liban.
Dans le moment présent, l’actuelle guerre déclenchée par les Israéliens et les Américains va provoquer une crise économique qui va certes affecter l’économie mondiale mais avant tout les Etats occidentaux qui n’ont pas besoin de ces difficultés supplémentaires. La hausse inévitable du prix du baril de pétrole va renchérir les coûts de transport, de production, risquant de provoquer un « choc pétrolier » qui peut faire apparaître ceux de 1973 et de 1979 comme des secousses légères. La question de l’approvisionnement en engrais, cruciale pour le maintien des rendements agricoles, vient s’ajouter au problème : l’urée 46 produite à partir du gaz, est l’engrais azoté le plus utilisé dans le monde et, sans elle, les rendements s’effondrent et c’est toute la chaîne alimentaire qui est sous pression, avec l’augmentation des prix de l’alimentation à la clé. Or le Proche-Orient produit la moitié de la production mondiale. Si le conflit se prolonge, ce qui est probable, les délais nécessaires pour mettre en place d’autres filières vont provoquer bien des secousses économiques et boursières. Ne préjugeons bien sûr de rien, mais ce genre d’évènement présente tous les risques – ou les chances – de chute brutale du caractère lucratif de l’activité boursière et financière et l’effondrement d’un système financier toujours plus fragile et déconnecté des réalités économiques concrètes, avec in fine, une crise existentielle pour cet Occident ennemi de notre civilisation traditionnelle européenne et chrétienne. Et, si d’aventure un apaisement avait lieu, les conséquences concaténatoires ne seraient pas rapidement épuisées et en engendreraient d’autres, à l’image de ces fissures apparaissant dans un édifice déjà fragilisé et qui, bien que colmatées, provoquent, préparent d’autres désordres plus vicieux, plus graves encore, à terme.
Notons ici une similitude entre les conflits en Iran et en Ukraine, le « Nouvel Israël » selon Zelensky : dans les deux cas, la partie occidentale pose des conditions de résolution du conflit proprement inacceptables par l’autre partie – à savoir une capitulation, même cette autre partie n’est pas en situation de vaincue. A chaque fois, elle joue la duplicité. En Ukraine, les Accords de Minsk ont été, de l’aveu même des signataires occidentaux, un moyen de gagner du temps pour circonvenir la Russie et mieux pouvoir la vaincre et les propositions actuelles réitérées de cessez-le-feu ne sont rien d’autre que des tentatives de vouloir gagner du temps pour reconstituer des stocks d’armes et de munitions qui font cruellement défaut chez les Occidentaux. En ce qui concerne l’Iran, les dirigeants iraniens ont parfaitement compris qu’il n’y a aucune confiance à accorder aux Occidentaux, ici les israélo-américains, car ils ne respectent en rien, jamais, les accords signés, le dernier exemple en date étant celui qui a mis fin à la « Guerre des douze jours » de juin 2025, alors que l’Etat d’Israël était en mauvaise posture.
Dans les deux cas, le problème à résoudre est identique : il faut parvenir à un accord durable. Russes comme Iraniens, en dirigeants conséquents, y sont déterminés. Leurs propositions sont raisonnables, de bon sens. Dans le cas de l’Iran, qui mène un combat existentiel à l’instar de la Russie pour préserver sa souveraineté, la paix ne reviendra qu’avec la mise à l‘écart des Etats-Unis du golfe Persique (et peut-être avec une disparition ou un remodelage politique des pétromonarchies qui n’existent qu’avec les Occidentaux et dont elles semblent présentement se défier, se tournant vers la Russie comme médiateur…, sachant que l’Iran les bombarde en vertu de la résolution 3314 de l’ONU du 14 décembre 1974 qui autorise un Etat agressé à frapper les bases d’un Etat agresseur situées sur un pays tiers). Corrélativement, l’Etat d’Israël devra se replier dans des frontières à déterminer. Or, étant donné l’état d’esprit des protagonistes occidentaux, un ordre régional durablement stable ne pourra se réaliser que par leur défaite objective – et surtout acceptée. Cela laisse présager de dures années devant nous, mais aussi le rétablissement de peuples d’Europe maîtres d’eux-mêmes, délivrés de toute sujétion, pour peu qu’une élite nationaliste existe.
Toutefois, un principe de précaution élémentaire veut que la défiance soit présumée face à tout ce que les Occidentaux peuvent proposer. Plus largement, il est essentiel pour le monde de s’extraire des schémas occidentaux. En Russie, les élites ont toujours été partagées entre un ancrage proprement « russiste », comme en témoigne l’actuel courant eurasien, et le monde occidental, lequel, répétons-le, n’a plus la même acception depuis que le magistère catholique, chrétien, a perdu son influence. Les peuples de l’Europe carolingienne doivent aussi s’extraire de cette occidentalisation et retrouver leur voie propre. De même dans le monde. La gageure ne va pas de soi, lorsque l’on observe que, par exemple, à propos du Covid, la Russie, la Chine, ont suivi globalement les recommandations biaisées d’un OMS cornaqué par les intérêts du « Big Pharma », de cette OMS dont, paradoxalement, seule l’équipe de Trump semble présentement se défier…
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Suite demain : Essai de prospective (II) : Lignes de fond, structure sociétale déstabilisée en Occident
























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