Pendant des mois, Israël, Washington et une partie des responsables libanais ont affirmé que le Hezbollah avait été durablement neutralisé. Après la guerre liée à Gaza et le cessez-le-feu de novembre 2024, le mouvement était présenté comme affaibli, voire condamné à disparaître militairement. Pourtant, la reprise des combats depuis début mars démontre une réalité bien différente : loin d’avoir disparu, l’organisation s’est adaptée et reconstituée dans l’ombre.
Dès la trêve entrée en vigueur le 27 novembre 2024 (destinée à mettre fin aux affrontements transfrontaliers entre Israël et le Hezbollah débutés le 8 octobre 2023), le Hezbollah n’a jamais considéré la guerre comme terminée. Cette pause a été perçue comme une opportunité stratégique pour reconstruire ses capacités, réorganiser ses structures et anticiper une nouvelle confrontation jugée inévitable. En quelques semaines, ses cadres affirmaient avoir restauré l’essentiel de leurs moyens, malgré des pertes importantes, notamment dans leur hiérarchie.
Face aux lourds revers subis en 2024, le mouvement a profondément revu son fonctionnement. Ses réseaux de communication, largement infiltrés, ont été abandonnés au profit de méthodes plus rudimentaires mais plus sûres : messagers humains, notes manuscrites et compartimentation des informations. Cette transformation s’inscrit dans un retour à une organisation plus souple, inspirée de ses débuts, avec des unités autonomes capables d’agir sans dépendre d’un commandement central trop exposé.
Sur le terrain, cette stratégie s’est traduite par une réimplantation progressive dans le sud du Liban. Officiellement absent de la zone au sud du Litani, le Hezbollah s’y est néanmoins redéployé discrètement, à travers de petites cellules, réparant ses infrastructures et consolidant ses positions sans visibilité. Cette présence diffuse a rendu la situation particulièrement ambiguë, entre respect formel du cessez-le-feu et préparation active du prochain affrontement.
Plus de 50 attaques en une journée
Malgré la perte partielle de ses lignes d’approvisionnement, notamment via la Syrie (après la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024), le mouvement a réussi à reconstituer ses stocks, grâce au soutien iranien et à une production locale. Si certaines capacités avancées restent affaiblies, notamment en défense aérienne, ses moyens offensifs demeurent significatifs.
Les événements récents en témoignent. Au lendemain du début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël au Proche Orient, le Hezbollah qui incarne la résistance dans le pays du cèdre, a soutenu la République islamique d’Iran.
Depuis le 2 mars, le Hezbollah a multiplié les tirs de roquettes et de drones contre Israël, atteignant parfois des zones éloignées du front. Le 20 mars, plus de 50 attaques ont été recensées en une seule journée, visant positions militaires, blindés et zones frontalières. Cette intensité montre qu’il conserve une capacité de nuisance importante, en dépit des discours annonçant sa disparition.
Selon le Alma research and education center, en janvier 2026, cercle de réflexion israélien :
« Malgré les dommages considérables et croissants subis par le Hezbollah au niveau de ses capacités militaires et de sa structure de commandement durant les combats, et malgré les graves défis auxquels il est confronté sur les plans militaire et civil, l’organisation continue de faire preuve d’une résilience et d’une capacité de rétablissement remarquables. L’analyse de ses principales composantes suggère qu’à l’heure actuelle, le rythme de reconstruction militaire du Hezbollah dépasse l’ampleur des contre-mesures de Tsahal. »
Et la détermination de ses membres, de sa branche politique ou de sa branche militaire, est intacte malgré l’affaiblissement. D’ailleurs, la lutte contre la capacité de nuisance israélienne à l’encontre du territoire libanais ne nécessite pas en réalité de très gros moyens en matière d’arsenal : en 2000, le Hezbollah a mis fin à 22 ans d’occupation israélienne en se contentant d’attaquer les troupes adverses avec des mitraillettes et des mines artisanales…
Le Hezbollah bénéficie toujours aussi de l’adhésion d’une partie de l’opinion publique libanaise, « pendant pas mal d’années, il y a eu un soutien qui dépassait très largement la communauté chiite, parce que au fond, le Hezbollah avait montré sa capacité de résistance contre l’occupation israélienne » (Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et président d’honneur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient).
Et le Hezbollah motive efficacement son soutien à l’Iran de la sorte : « Aux yeux de sa direction, on peut très bien être de parfaits patriotes libanais et se faire aider par un allié régional. Un haut-cadre du Hezbollah m’a dit un jour : ‘Je ne vois pas pourquoi notre relation avec l’Iran indispose tant les gouvernements occidentaux. Ceux d’entre eux qui sont membres de l’OTAN volent au secours les uns des autres sans que personne ne l’interprète comme une trahison à la nation d’origine, non ?' » (Aurélie Daher, politologue spécialiste du Hezbollah).
Ainsi, l’idée d’un Hezbollah décimé, fracturé, ou isolé au Liban et dans la société libanaise au-delà de la communauté chiite, apparaît aujourd’hui largement exagérée. Le mouvement a su transformer les épreuves récentes en phase d’adaptation. En revenant à une structure plus agile et en exploitant la moindre fenêtre stratégique, il confirme sa capacité de résilience et de frappe.





























Jeune Nation TV









En plus, maintenant, l’Iran aide le Hezbollah en envoyant des missiles sur les forces israéliennes qui attaquent le Liban ou celles qui cernent gaza.
Sachant que l’inverse est vrai également, le harcèlement du Hezbollah oblige les Israéliens à déplacer de la DCA du sud du pays au nord, découvrant ainsi le ciel au-dessus de Dimona…
https://french.presstv.ir/Detail/2026/03/25/765826/Vague-80—le-CGRI-frappe-massivement-le-nord-et-le-centre-des-territoires-occup%C3%A9s-et-les-bases-am%C3%A9ricaines
Dans un communiqué publié mercredi, le CGRI a indiqué que cette nouvelle phase avait été orchestrée par sa Force aérospatiale en soutien aux « fières offensives » menées par le Hezbollah libanais contre des cibles israéliennes et aux habitants du Sud du Liban, qui subissent de plein fouet l’agression israélienne.
« Des points stratégiques et des centres militaires situés dans le nord des territoires occupés ont été réduits à néant par les tirs de missiles intenses et soutenus de la Force aérospatiale du CGRI », précise le communiqué.
Le CGRI a noté que le commandement militaire de l’armée sioniste basé à Safed, dans le nord de la Palestine occupée, et responsable de la coordination des offensives et des défenses le long des frontières nord, figurait parmi les cibles principales.
Début d’une série d’opérations annoncées à l’avance
Le communiqué décrit ces frappes comme le prélude d’une série d’opérations annoncées à l’avance contre le « régime sioniste infanticide ».
Le CGRI a indiqué que les points de rassemblement des forces sionistes dans le nord des territoires occupés et la région de Gaza seraient la cible d’attaques massives de missiles et de drones, réaffirmant sa détermination à poursuivre sans relâche cette série de contre-attaques.