« Seigneur, donne-moi l’esclavage qui libère l’âme et enlève-moi la liberté qui asservit l’âme » (Valeriu Gafencu, dans les heures précédant sa mort)
La commémoration de cette année en Roumanie, à Târgu Ocna, pour Valeriu Gafencu est restreinte et censurée, sous la menace de la « Loi Vexler », pour la première fois en 35 ans !
Cette année, les manifestations seront organisées différemment par rapport aux années précédentes. Dans le contexte des débats publics suscités par les modifications législatives connues dans l’espace public sous le nom de « Loi Vexler », les noms des martyrs ne seront plus prononcés nominativement, comme c’était le cas les années précédentes.
Après la liturgie, seront commémorés uniquement de manière générale, ceux qui ont souffert dans les prisons communistes. De plus, contrairement aux années précédentes, les commémorations ne se dérouleront plus dans la cour de l’église, mais exclusivement à l’intérieur du lieu de culte.
Les représentants de l’Église ont communiqué que toute autre manifestation organisée en dehors du programme religieux annoncé n’a pas la bénédiction de Son Éminence Ioachim de Bacău ni celle du protopopiat d’Onești.
Valeriu Gafencu
Valeriu Gafencu est né le 24 janvier 1921 en Bessarabie, dans la commune de Sângerei, district de Bălți, sur le territoire de l’actuelle République de Moldavie. Son père, Vasile Gafencu, fut député au Sfatul Țării, l’assemblée représentative qui a voté en 1918 pour l’union avec la Roumanie.
En 1937, il devint légionnaire, selon ses propres dires, à l’âge de 16 ans. Avec l’occupation de la Bessarabie par les Soviétiques en 1940, il fait passer sa famille de l’autre côté du Prut et retourne sur sa terre natale, par devoir.
Inscrit à la Faculté de Droit de Iași, il y dirige un groupe d’étudiant, Fraternité de la Croix (« Frățiile de Cruce »).
En janvier 1941, dans le contexte de la rébellion légionnaire du moment, il réclame verbalement à la direction du lycée de garçons « Mihail Kogălniceanu » de Iași de suspendre les cours pendant une heure et s’adresse aux élèves, ajoutant à cette occasion que « les élèves sont une force explosive plus puissante que la dynamite, qu’ils sont l’élite et les dirigeants de demain du pays et que nous avons des ennemis à l’intérieur, les judéo-maçons, et à l’extérieur, les Russes, qui occupent toujours une île du delta du Danube ». Après la répression de la rébellion, il fut arrêté et condamné en mai 1941 à trois mois et un jour de prison correctionnelle pour « incitation à la rébellion scolaire ».
Libéré, il reprit ses activités de propagande légionnaire, mais fut de nouveau arrêté à l’automne 1941 et condamné, avec d’autres légionnaires, en décembre de la même année par un tribunal militaire à 25 ans de travaux forcés pour « le crime de participation à une réunion d’une association à caractère légionnaire contraire à l’ordre en vigueur dans l’État ». Il fut incarcéré au pénitencier d’Aiud, où il traversa une crise spirituelle et se convertit à l’orthodoxie.
Avec l’occupation soviétique, il fut transféré en 1946 par le régime communiste à la tristement célèbre prison de Pitești, sa peine étant réduite de six ans. Cependant, souffrant de tuberculose, d’insuffisance cardiaque et d’appendicite, il fut transféré en 1950 à l’hôpital pénitentiaire de Târgu Ocna. Doté d’une haute conception chrétienne, il endura avec sérénité toutes les tortures auxquelles il fut soumis.
Il meurt le 18 février 1952, en véritable martyr chrétien, sans jamais avoir renié son appartenance au Mouvement légionnaire. Il est ainsi surnommé le « Saint des prisons ».
Commémoration
Valeriu Gafencu a été nommé citoyen d’honneur de la ville de Târgu Ocna en 2009. Cette nomination a été contestée, sans succès, par l’Institut national roumain pour l’étude de l’Holocauste « Elie Wiesel » en 2013 qui nourrit une détestation particulière pour la résistance anticommuniste en Roumanie…
Valeriu Gafencu a été plus libre en prison que nous ne le sommes aujourd’hui. La persécution du saint, qui s’intensifie ces derniers temps, ne fait qu’accroître la dévotion à son égard parmi le peuple. Puissions-nous avoir part aux prières du saint des prisons !






























Jeune Nation TV








