
La RÉPRESSION ne faiblit pas. Bien au contraire. La manifestation d’hommage aux victimes du 6 février 1934 et en mémoire de Robert Brasillach fusillé le 6 février 1945 prévue dans la capitale le samedi 7 à l’appel du Cercle franco-hispanique, des Nationalistes et du mouvement Luminis a été interdite par la préfecture de police de Paris. Au nom de la crainte d’appels à la haine et à la discrimination ! C’est ce que le Système appelle désormais les troubles immatériels à l’ordre public. Il fallait l’inventer ! Cela permet d’interdire préventivement tout ce qui déplaît au pouvoir et aux lobbies. Et comme c’est hélas le plus souvent le cas désormais, le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction. La justice administrative qui est censée être garante des libertés valide une nouvelle fois des décisions liberticides, comme elle l’avait fait au moment des confinements et comme elle le fait systématiquement aujourd’hui pour Dieudonné qui a encore subi cinq arrêtés d’interdiction à la fin de la semaine dernière. L’humoriste s’exprime à cœur ouvert dans ce numéro.
Le cimetière de Charonne où se réunissent les nationalistes désireux de se recueillir sur les tombes de Robert Brasillach et de Maurice Bardèche a été fermé toute la journée du samedi pour empêcher que des gerbes soient déposées, même si une délégation est venue le lendemain fleurir la tombe de Brasillach qui a été une nouvelle fois dégradée, probablement par des antifas. On voit que la situation ne cesse de s’aggraver puisque, à ces interdictions préfectorales s’ajoute le fait que, sauf à être d’une discrétion absolue, confinant au secret, il n’est plus possible désormais de célébrer des messes pour le repos de l’âme de Brasillach, de Franco, de José Antonio ou du Maréchal Pétain. On en est là dans la France de 2026 ! On nous vole notre mémoire, notre liberté, nos morts. Lorsque les manifestants du 6 février 1934 criaient « Aux voleurs », cela allait très au-delà d’une vive critique de la corruption de la classe politique de l’époque. C’était déjà le refus d’une entreprise de confiscation et de dépossession de notre pays, de son âme, de ses traditions, de ses racines, de sa foi, de son identité profonde. Et aujourd’hui plus encore qu’hier, on nous spolie, on nous déshérite, on nous ruine, on nous ôte nos libertés fondamentales, on nous vole notre terre, on nous étouffe, on nous asphyxie. Par le mensonge sur notre histoire, par le travestissement des faits, le déni du réel.
TANDIS QUE la répression confine à l’oppression, la violence la plus extrême se déchaîne dans notre pays. Le mardi 3 février, un collégien de 14 ans a poignardé à quatre reprises son enseignante d’arts plastiques car elle lui avait fait un mauvais rapport et il s’est ainsi vengé en lui donnant des coups de couteau. A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’enseignante sexagénaire est toujours dans un état grave à l’hôpital. Son agresseur avait prémédité son geste, comme l’adolescent à Nogent en Haute-Marne, lui aussi âgé de 14 ans, qui, le 10 juin 2025, avait poignardé à mort une surveillante. Comme, deux ans plus tôt, le 22 février 2023, un adolescent de 16 ans avait poignardé à mort son professeur d’espagnol dans un lycée huppé de Saint-Jean-de-Luz. Ce dernier établissement était privé sous contrat, les deux premiers publics. Preuve que la violence la plus extrême peut aujourd’hui se manifeste partout et que nulle part on ne peut être complètement à l’abri. Pas plus dans les quartiers bourgeois que dans les banlieues. Dans tous les cas, on constate qu’il s’agissait de mineurs perturbés, connaissant une situation familiale difficile (divorce, séparation ou violences intrafamiliales) et les trois agresseurs étaient adeptes de jeux vidéo violents. Lorsque pendant des heures, chaque jour, l’on tue des gens derrière un écran dans une réalité virtuelle, le risque n’existe-il pas de tuer un jour pour de bon dans la vraie vie sous le coup de la frustration, de la colère, de la rancœur et de la haine ? Dans les jeux vidéo l’on a plusieurs vies mais dans le réel on n’en a qu’une seule. Ces accès de violence dévastatrice sont d’autant plus fréquents aujourd’hui que les jeunes générations semblent moins aptes à supporter les contraintes et les frustrations. Dans les trois drames que nous venons de rappeler, à chaque fois, l’élève a cherché à se venger. D’une enseignante ou de surveillants qui lui avaient dit des choses qui lui déplaisaient ou qui l’avaient blessé.
On voit là un recul dramatique de la civilisation car si on n’accepte plus les remarques désobligeantes ou désagréables, qu’elles soient ou non fondées, de la part de supérieurs, si l’on ne sait pas faire la part des choses, si on se refuse à se remettre en question et à pratiquer le pardon mutuel des offenses, si on ne sait plus obéir, alors on se dirige vers la plus implacable des barbaries, vers une société effrayante où un simple mot, un regard, une mimique, éventuellement mal interprétés, peuvent conduire à un déchaînement de violence jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et c’est bien hélas ce qui se passe de plus en plus aujourd’hui. De surcroît, ces faits horribles mettent en scène des mineurs de plus en plus jeune : 16 ans, 14 ans. Dans quel monde vivons-nous ? François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale, s’était fait fort naguère de « sanctuariser l’école ». Il a manifestement échoué dans cette tâche. L’école de la République est plus que jamais le lieu de tous les trafics, de toutes les violences et de tous les crimes.
CE MÊME 3 février, pendant que se produisait cette nouvelle tragédie dans un collège jusque-là sans histoire à Sanary-sur-Mer, les procureurs de la République prononçaient leur implacable réquisitoire devant la cour d’appel de Paris à l’encontre de Marine Le Pen et des dix autres prévenus dans l’affaire dite des assistants parlementaires à Bruxelles et à Strasbourg. Les sanctions requises contre la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale sont quasiment aussi lourdes qu’en première instance : quatre ans de prison dont trois avec sursis et un an ferme (et non plus deux ans ferme comme la fois précédente) à exécuter à domicile sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Même si les débats ont semblé plus apaisés que devant le tribunal correctionnel, les réquisitions sont restées sévères et le ministère public a eu beau jeu de citer des courriels, en effet accablants, comme celui de l’eurodéputé FN Jean-Luc Schaffhauser écrivant en juin 2014 au trésorier d’alors du FN, Wallerand de Saint-Just : « Ce que Marine nous demande équivaut à signer pour des emplois fictifs. On va se faire allumer ! ». Et la réponse qui sonne comme un aveu de Saint-Just : « Je crois bien que Marine sait tout cela… » Quand on commet des délits ou des irrégularités, mieux vaut être discret et ne pas laisser de preuves. Non seulement ces bras cassés ont mis en place un système d’emplois fictifs (faire payer par le Parlement européen, c’est-à-dire par les contribuables, les salaires d’assistants parlementaires travaillant en réalité exclusivement pour le FN-RN, comme l’ont certes fait tant de partis avant eux), mais ils l’ont fait de manière grossière, ostentatoire et industrielle et ils ont de plus laissé des traces écrites, des aveux explicites, qui ont été du pain bénit pour les enquêteurs. Jean-Marie Le Pen l’avait fait de manière artisanale et beaucoup plus prudente et parcimonieuse. Sa fille a industrialisé, systématisé et professionnalisé (si l’on ose dire !) cette organisation, essentiellement parce que le FN sous sa direction dépensait tous les mois 100 000 euros de plus que ce qu’il gagnait. C’est pourquoi, comme l’avait écrit, là encore très intelligemment, Saint-Just à Marine Le Pen : « On ne s’en sortira que si on fait des économies grâce à l’Europe ». Sous-entendu : en faisant payer le Parlement européen le plus possible par un système d’emplois fictifs pour alléger la masse salariale du FN.
Or, répétons-le, il est anormal qu’en 2014 le FN soit fortement endetté et accuse des déficits abyssaux alors même que le Paquebot, l’ancien siège national à Saint-Cloud, a été vendu, que la situation politique lui est alors très favorable, que les adhésions affluent, que le financement public est élevé et que le reversement des élus en plus grand nombre augmente. C’est donc une gestion calamiteuse, ruineuse des deniers du mouvement (embauches pléthoriques, salaires de ministre, frais de bouche et de voyage ahurissants, fontaines à champagne tous les soirs, etc.) qui a conduit Marine Le Pen, dans une forme de fuite en avant et un sentiment d’impunité et de toute-puissance, à recourir à ces expédients illicites extrêmement risqués. Comment pouvait-elle penser que cela ne se verrait pas, ne se saurait pas, qu’elle n’aurait pas à rendre des comptes, qu’elle ne serait pas un jour rattrapée par ses agissements alors même que le FN n’a pas que des amis dans l’administration et dans l’enceinte du Parlement européen ? Quand on se donne la peine d’y réfléchir, tout cela est insensé et témoigne d’un amateurisme et d’une incompétence qui sont de bien mauvais augure si tous ces gens devaient un jour accéder à des responsabilités nationales.
SAUF énorme surprise, tout laisse donc à penser que l’arrêt que rendra avant l’été la cour d’appel de Paris ne devrait pas permettre à Marine Le Pen de briguer la magistrature suprême en 2027. Pour qu’elle puisse être candidate, il faudrait en effet que son inéligibilité soit inférieure ou égale à deux ans et qu’elle ne soit condamnée qu’à de la prison avec sursis car on la voit mal faire campagne avec un bracelet électronique à la cheville. De plus, la Cour de cassation ayant fait savoir que, compte tenu du calendrier électoral, elle rendrait sa décision au plus tard en janvier 2027, un éventuel pourvoi de Marine Le Pen devant la plus haute juridiction dans l’ordre judiciaire ne lui permettrait pas non plus de concourir à la prochaine présidentielle. Par conséquent, sauf coup de théâtre, la fille de Jean-Marie Le Pen sera écartée de l’élection reine de la Vème République alors même que le RN s’annonce d’après les sondages comme le grand favori du scrutin. Elle devra donc, selon toute vraisemblance, laisser la place au juvénile et ambitieux Jordan Bardella qui, à trente ans, se voit déjà en haut de l’affiche.
Marine Le Pen vit très mal cette mise à l’écart qu’elle n’avait pas anticipée ni imaginée, elle qui a tout fait depuis de longues années pour être dans les petits papiers du Système en général et du lobby judéo-sioniste en particulier. Sur les conseils de l’affreux Goldnadel, elle a ainsi exclu du Front national son père auquel elle devait tout. Elle a peuplé le parti d’invertis notoires. Et d’après les documents déclassifiés dans l’affaire Epstein, il semble que les réseaux du pédocriminel aient contribué, d’une manière ou d’une autre, au financement du parti, alors exsangue, pour la campagne des européennes de 2019 à hauteur de 4,7 millions d’euros. Ou à tout le moins offert leurs services, dispensé leurs conseils, proposé leur aide. Tous ces points restent encore à éclaircir (voir l’article de François-Xavier Rochette en pages 2 et 3). Epstein dit d’ailleurs le plus grand bien de Marine Le Pen dans ses courriels. Dans ces conditions, on s’explique mieux pourquoi le RN est devenu sur la scène politique française le parti aujourd’hui le plus hystériquement, le plus inconditionnellement pro-israélien, qu’il a cautionné sans aucune réserve le carnage à Gaza, les massacres de masse, la famine organisée, les destructions méthodiques des hôpitaux, des écoles, des habitations, des lieux de culte, de toutes les infrastructures. On s’explique pourquoi il a appelé à la dissolution de tous les groupements dits d’extrême droite et d’ultra-droite, écrivant même dans ce sens une lettre au Premier ministre de l’époque Elisabeth Borne. On s’explique qu’il défend aujourd’hui la loi Gayssot qui embastille les révisionnistes, qu’il a voté l’inscription dans la Constitution du « droit à l’avortement », etc., bref qu’il a abandonné le programme historique de la droite nationale en vue de sa normalisation politique et médiatique. Hélas pour elle, Marine Le Pen, la grande prêtresse de cet aggiornamento, comme Moïse, ne verra pas la terre promise. Et devra, la mort dans l’âme, laisser voler le sémillant Jordan vers la victoire qu’elle estimait lui être due. Si toutefois le jeune homme remporte lui-même la timbale. Ce qui, malgré ses génuflexions et reptations à Jérusalem au printemps dernier, n’est pas encore tout à fait acquis. […]
RIVAROL, <[email protected]>
Source : Éditorial de Rivarol

































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