
QUAND ELLE LE VEUT, la justice sait être rapide. Ce lundi 8 juin Vincent Reynouard était condamné à 10 mois de prison ferme non aménageables pour contestation publique de l’existence de crimes contre l’humanité et injure à caractère racial pour des passages de ses vidéos et de son dernier livre sur la Shoah, à une interdiction de six mois des réseaux sociaux et devra verser 10 000 euros de dommages et intérêts et pour le paiement des frais d’avocats aux quatre associations parties civiles habituelles (la LICRA, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’Organisation juive européenne et l’Observatoire juif de France). Même si le révisionniste quinquagénaire fait appel de la décision, ce qui suspend l’exécution de la peine, le spectre de la prison se rapproche de plus en plus d’autant que l’auteur de livres sur Oradour a déjà été condamné à ce jour à près de trois ans de prison à exécuter sous le régime du bracelet électronique. De même le site de la révisionniste et traductrice Valérie Devon (Didi 18) a-t-il été rendu impossible d’accès et déréférencé par décision de justice. C’est dire que Thémis sait se montrer rapide et efficace quand il s’agit de délinquants de la pensée.
En revanche, lorsqu’il s’agit de criminels sexuels, tout devient plus lent et plus compliqué comme en témoigne la dramatique affaire Lyhanna. Cette fillette de onze ans, élève en classe de sixième dans un collège de Fleurance dans le Gers, a en effet été enlevée, séquestrée et assassinée, probablement après avoir été violée, le 29 mai par un homme de 41 ans, déjà connu pour avoir commis des viols et des agressions sexuelles sur mineures. Un témoin a vu la fillette dans la voiture de cet homme à la sortie du collège. Le 4 juin on a retrouvé le corps de la victime à Puycasquier, dans une zone rurale du Gers près d’un silo agricole d’une coopérative pour laquelle son bourreau avait travaillé auparavant.
TOUT CELA est absolument terrifiant mais ce qui ajoute encore à l’émotion et à la colère, c’est que cet individu, comme c’est hélas le cas le plus souvent pour les criminels, et singulièrement pour les délinquants et criminels sexuels, est un multirécidiviste qui a été laissé toutes ces années dans la nature, libre de commettre ses ignominies, de briser des vies. Et pourtant les alertes n’ont pas manqué. En 2017, un signalement est effectué par la gendarmerie concernant une relation avec une mineure de 17 ans, classé sans suite car la relation aurait été qualifiée de “consentie” au regard de la loi (sic !) En 2021, il est démis de ses fonctions au sein d’un établissement scolaire de Lectoure en raison de comportements jugés inappropriés — qu’en termes pudiques ces choses-là sont-elles dites ! — mais rien ne se passe. L’homme reste totalement libre de ses mouvements. En 2022, une plainte pour viol sur une enfant de sept ans — oui, 7 ans ! — est déposée à son encontre, mais classée sans suite en mai 2024 comme infraction insuffisamment caractérisée. On croit rêver (ou plutôt cauchemarder) ! En août 2025, une plainte pour des viols présumés commis entre 2024 et 2025 sur une mineure de 12 ans, amie de ses filles — car comme souvent dans ce genre de dossiers l’homme joue au bon père de famille — est enregistrée. Cette procédure était théoriquement toujours en cours au moment de la disparition de Lyhanna mais le quadragénaire n’a jamais été entendu pour ces faits, l’instruction de la plainte étant retardée par des questions de compétences territoriales entre parquets. Quand il s’est agi d’emprisonner puis d’extrader contrairement à la loi britannique Vincent Reynouard, là on ne s’est pas posé de problème de compétence entre différentes juridictions. A la suite de la médiatisation de l’affaire Lyhanna, d’autres signalements pour agressions antérieures sont enfin transmis aux parquets des Côtes-d’Armor et du Tarn-et-Garonne.
Il y a quelques semaines seulement, fin avril, on apprenait qu’un homme, lui aussi apparemment bon père de famille, lui aussi quadragénaire, profitait, dans un village du Rhône, à Lucenay, de « soirées pyjamas » organisées dans sa maison pour droguer à leur insu et violer des garçonnets — car là toutes les victimes étaient des garçons, 34 au total ! — de trois à neuf ans et, en jouisseur sadique, il gardait méticuleusement dans son ordinateur les preuves de ses abominations, filmait ses viols qu’il pratiquait en les douchant ou dans leur lit à son domicile après les avoir drogués. Cela là aussi a duré des années, c’est à peine croyable. Les parents des petites victimes s’étonnaient que leur enfant était tout à coup pris de terreur nocturne, se mettait à crier, à pleurer, avait des maux de ventre inexpliqués, changeait de comportement du tout au tout. Il n’est rien de pire que de s’en prendre à l’enfance, de souiller, de profaner, l’innocence. Le Christ a des propos définitifs à ce sujet dans l’Evangile : « Celui qui est un scandale pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer ».
DANS TOUTES CES affaires sordides et effrayantes, on mesure à quel point notre société est profondément malade. En 1984, l’affaire Grégory, du nom de ce petit garçon tué, semble-t-il, dans le cadre d’une vengeance familiale, avait ému la France entière car c’était encore un cas tout à fait exceptionnel dans les annales judiciaires qu’on s’en prenne ainsi à un petit dans notre pays. Quarante ans plus tard, il ne se passe quasiment pas une semaine sans qu’on apprenne la mort, le viol, les tortures, l’agression d’un enfant ou d’un adolescent. C’est devenu un fait divers, tristement banal dont les présentateurs de radios et de chaînes d’information continue font part en quelques secondes seulement entre le résultat d’un match de football et l’annonce d’un concert d’une star de la pop music. Car il n’y aucune hiérarchie dans l’information. Le martyre d’un enfant ne vaut pas plus que l’annonce d’un spectacle sportif, Cela en dit long aussi sur l’amoralité de notre société.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a beau présenter ses excuses, de manière théâtrale et certainement insincère, sur un plateau télévisé, pour les « dysfonctionnements de la Justice » ayant permis l’assassinat de la petite Lyhanna, on a beau organiser à nouveau une marche blanche, comme c’est le cas à chaque fois qu’un mineur est ainsi assassiné, on a beau sortir les fleurs, les bougies et les mouchoirs, on sait d’avance hélas que ce crime ne sera pas le dernier et au contraire que ces abominations sans nom vont se multiplier car tout est fait pour cela. En abolissant la peine de mort pour les assassins le 9 octobre 1981, il y a quarante-cinq ans cette année, et en panthéonisant l’auteur de cette ignominie, Robert Badinter, le 9 octobre 2025, on a ouvert la boîte de Pandore. On ne protège plus l’enfance. Seule la peine capitale interdit la récidive car un prisonnier ne reste jamais à vie derrière les barreaux et peut donc recommencer à sa sortie. De plus, il peut toujours s’évader. Par ailleurs, au moins pour un certain nombre de crimes, la peine capitale est dissuasive. Sauf à être totalement fou, suicidaire ou dans un total sentiment d’impunité, un homme qui sait qu’il risque sa tête réfléchit en général à deux fois avant de commettre un crime. Une société qui n’est plus capable de protéger ses enfants est sans avenir et ne mérite pas de durer. Ce n’est d’ailleurs pas seulement les délinquants sexuels dont les enfants sont victimes mais c’est aussi l’idéologie homosexualiste et transsexualiste qui est imposée aux petits de manière ignominieuse à l’école, les exhortant à changer de sexe, à se mutiler ou à adopter des mœurs contre-nature. Là aussi n’est-ce pas un crime abominable ?
DANS LA BANALISATION et la multiplication de ces viols et disparitions d’enfants on ne peut non plus passer sous silence le rôle de pousse-au-crime de l’industrie pornographique. On dénonce les porcs mais s’il y a des porcs c’est qu’il y a une porcherie qui est la pornographie. Laquelle devrait être purement et simplement interdite. On constate que tous les délinquants sexuels sont des consommateurs assidus voire maladifs de pornographie, souvent très violente. C’est le cas notoirement pour tous les violeurs de Gisèle Pelicot. C’est généralement le cas dans toutes ces affaires effrayantes. D’ailleurs, l’agresseur éprouve habituellement le besoin de filmer ses crimes et de ranger tout cela dans son ordinateur pour se délecter de son sadisme. Et au fond n’est-ce pas cela l’affaire Epstein, n’est-ce pas cela le satanisme ? Jouir en faisant souffrir l’innocence, en martyrisant l’enfance, en tuant des bébés à Gaza, en les affamant, en les assoiffant, en tirant dessus comme on tire sur des pigeons, en détruisant des hôpitaux, en achevant des malades, des infirmes, en violant des prisonniers palestiniens ?
Comment également ne pas incriminer dans cette multiplication des crimes contre les enfants la constitutionnalisation de l’avortement votée quasiment comme un seul homme le 4 mars 2024, de la France insoumise au Rassemblement national, par le Parlement réuni en Congrès à Versailles ? Si on peut se débarrasser d’un enfant à naître comme si ce n’était qu’un simple amas de cellules, si on peut sacrifier par aspiration et écrasement du crâne le fruit de ses entrailles sur l’autel de l’individualisme et de l’égoïsme, si l’on peut tuer un être humain qui a un cœur qui bat et qui ne demande qu’à aimer et à être aimé, alors l’enfant est forcément désacralisé. Si on peut éliminer un petit avant qu’il naisse, mais déjà formé dans le ventre de sa mère, et si cette élimination est considérée comme un droit fondamental, une conquête indépassable, une liberté gravée dans le marbre constitutionnel, garantie par notre texte fondamental, pourquoi ne pourrait-il pas l’être une fois né ? N’assiste-t-on d’ailleurs pas de nos jours à la multiplication d’infanticides rebaptisés en déni de grossesse et où la mère tue son bébé en le mettant dans le congélateur, dans un sac-poubelle ou en l’abandonnant dans la rue ? C’est l’avortement au-delà des neuf mois de grossesse !
LA DESTRUCTION de la cellule familiale favorise aussi les agressions contre les enfants. Dans les affaires de violence contre des mineurs, on s’aperçoit que c’est souvent le beau-père ou parfois la belle-mère qui est le bourreau. Il ou elle ne supporte pas les enfants de son conjoint qui ne sont pas les siens et cela peut aller parfois jusqu’à la haine homicide. Les media ont récemment évoqué ce père de famille qui faisait vivre depuis plusieurs années son garçon secrètement à l’arrière de sa camionnette, lui donnant à peine à manger et à boire, et ne changeant presque jamais ses couches sales car sa concubine ne supportait pas ce fils qui n’était pas le sien, qu’elle voulait voir disparaître et dont elle affirmait qu’il avait des problèmes psychiatriques alors même qu’avant sa déscolarisation il avait d’excellents résultats à l’école et était considéré comme un garçon tout à fait normal. Jusqu’où peut aller la cruauté humaine ?
Enfin, comment ne pas voir dans l’explosion de ces crimes de masse la conséquence funeste de la perte générale de la foi et donc de la morale ? Lorsqu’on enlève Dieu de l’équation, lorsqu’on le chasse de l’intelligence et du cœur de l’homme, cela n’est pas sans effets considérables, incommensurables pour l’individu, le couple, la famille, l’entreprise, la société tout entière. « Si Dieu n’existe pas, tout est permis » écrivait Dostoievski. S’il n’y a ni Enfer ni paradis, ni rétribution du bien ni châtiment du mal dans un autre monde, si la vie ici-bas s’achève sans plus de raison qu’elle n’a commencé, qu’il n’y a rien après la mort, que finalement le monde n’a pas de sens, que tout est le fruit du hasard, alors pourquoi se dévouer, faire des efforts, avoir soin de son prochain, pourquoi ne pas jouir sans entraves, sans limites, sans trêve, sans se soucier du mal que l’on peut faire à autrui ? On objectera que des croyants, que des prêtres eux-mêmes peuvent parfois commettre des choses innommables sur des enfants. C’est malheureusement vrai. Mais ces clercs ont-ils la foi ? C’est douteux. En tout cas, ils n’ont pas la crainte de Dieu qui est l’un des sept dons du Saint-Esprit. L’Ecriture n’enseigne-t-elle pas qu’il faut faire son salut avec crainte et tremblement ? Une crainte qui n’est pas servile sans doute mais filiale car Dieu est un Père miséricordieux mais une vraie crainte quand même car de Dieu on ne se moque pas. On ne comprend rien à l’Evangile, rien à la religion catholique si on ne saisit pas qu’ils reposent avant tout sur l’esprit d’enfance, cet esprit fait d’innocence, de pureté, de spontanéité, de franchise, de confiance, de saine intransigeance et sur la défense et la protection de ces tout-petits dont le Christ a dit que le Royaume des Cieux est précisément à ceux qui leur ressemblent.
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RIVAROL, <[email protected]>
Source : Éditorial de Rivarol











































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