Voyageur infatigable. Polyglotte. Lecteur. Conférencier. Professeur… Phalangiste ! Notre camarade Alberto Torresano nous a quittés à Palma de Majorque, ville où il résidait depuis quelques années et où j’ai eu l’opportunité de le voir une dernière fois, il y a quelques mois, en août [NDLR : 2023]. Nous savions tous, lui le premier, que son temps était compté. Il me disait d’ailleurs, avec cette lucidité qui le caractérisait : « Pour en arriver là… » — et peu d’hommes, à mes yeux, étaient aussi légitimes à prononcer ces mots.
Je ne me serais jamais pardonné de ne pas avoir pu « dire adieu » à celui avec qui nous avions tant partagé. Avec qui nous avions tant voyagé. Celui qui nous avait offert l’opportunité de découvrir des pays, des peuples, et surtout de rencontrer, au-delà des frontières de notre chère Espagne, de grands camarades. Nos périples en France, en Italie, en Allemagne, en Bulgarie… Rien ne sera plus comme avant.
Il nous avait prévenus : ce que nous voyions là-bas adviendrait bientôt en Espagne. Et hélas, il avait raison.
Alberto n’était pas le « traducteur » de la Phalange. Alberto était la Phalange s’exprimant en anglais, en italien, en français, en allemand… Il n’avait nul besoin de traduire qui que ce soit. Il incarnait à lui seul, avec une autorité naturelle, la voix des phalangistes sur tout ce qui se passait dans le monde — un monde qu’il avait sillonné à maintes reprises. Les figures de proue du patriotisme européen étaient ses « intimes » : Udo Voigt, Yvan Benedetti, Roberto Fiore, P. Giulio Tam, ou encore Jean-Marie Le Pen pleureront sa disparition, celle d’un homme qui a marqué une époque et nous a ouvert les yeux, bien avant que nous ne constations, avec amertume, la réalisation de ses sombres prédictions en Espagne.
Les meetings à Paris, Berlin, Rome, Predappio, Sofia… autant de souvenirs, d’incidents, de confrontations avec les « ordures » et la police — car sur ce point, rien ne change.
Malgré la différence d’âge, nous ne nous sommes jamais sentis étrangers à ses côtés. Il riait, s’emportait, hurlait, et se trouvait toujours en première ligne, brandissant les banderoles avec l’ardeur d’un jeune homme. Jamais il ne recula, jamais il ne fléchit. Il avait trop vécu pour craindre l’ennemi.
Drôle et divertissant comme peu le furent, je me souviens encore de sa capacité à désamorcer les tensions, alors que nous étions littéralement « encerclés » à Paris, lors d’un meeting de Jean-Marie Le Pen ou d’Yvan Benedetti ; à Berlin ou à Rostock, lors de manifestations de huit heures, harcelés de toutes parts. Rien ne semblait l’ébranler. Il était un modèle de sang-froid et de sérénité.
Il aimait la fête, bien sûr. Il était le premier à lever son verre, à entamer une bière ou un verre de vin. Il tenait des journées interminables sans sourciller. Il n’est donc pas surprenant que, réduit à l’impotence par une maladie cruelle, dépendant des autres et incapable de « faire ce que bon lui semblait » pour la Phalange, il n’ait plus trouvé la force de continuer. Il savait avoir « tout donné », et peu de reproches pouvaient lui être adressés — même dans ce pays de Caïn, où l’on sait combien les critiques sont faciles. Malgré tout, la nouvelle de sa mort m’a frappé, nous a frappés de plein fouet. Quelle « rafale » de deuils nous subissons…
C’est pourquoi il faut savoir profiter de ces camarades irremplaçables. Malheureusement, toute une génération de phalangistes s’éteint, nous laissant orphelins au sens le plus large du terme. Certes, d’autres pourraient « les remplacer », mais j’ai bien peur que la plupart, comme diraient les jeunes, « s’en moquent éperdument » et ne pensent qu’à eux. À contempler leur nombril. À nous dicter ce que nous devons faire, depuis leur confortable tribune, tout en se permettant de juger ceux qui, eux, ont connu détentions, amendes, condamnations et emprisonnements — et non pas il y a cinquante ans, comme ces « gourous » du phalangisme, qu’Alberto méprisait tant, semblaient le faire depuis leur chaire.
La dernière fois que je l’ai vu, en août, il m’a demandé de continuer à montrer l’exemple à ceux qui nous suivent, comme lui et les autres l’avaient fait pour nous. Je lui ai répondu que je ne savais pas si les nouvelles générations sauraient comprendre cet « exemple », comme nous avions su le faire avec le sien, à lui, et à ceux, hélas disparus, qui l’avaient porté.
Camarade Alberto, là-haut, parmi les étoiles, où tu reposes désormais aux côtés des meilleurs — car tu faisais partie des meilleurs —, garde-nous une place. Pour nous qui croyons encore que la Révolution National-Syndicaliste, pour laquelle tu t’es tant battu et qui t’a coûté tant d’efforts, verra le jour dans notre chère Patrie, aujourd’hui en proie à la ruine, au chaos et à l’abattement. Ne nous laisse pas esquiver l’affrontement face à la lâcheté généralisée de ce peuple espagnol, jadis si riche en valeurs aujourd’hui perdues.
Camarade Alberto Torresano Mingo ? Présent !
Manuel Andrino, Chef national de la Phalange


















































JN TV









