La procureure du Tribunal spécial pour le Kosovo a requis 45 ans de prison contre Hashim Thaçi et d’autres membres du mouvement terroriste albanais UCK pour meurtres, tortures, actes inhumains et détentions illégales, perpétrés principalement contre des Serbes et des Albanais qu’ils accusaient d’être pro-serbe.
Dans les années 1990 les médias dominants et la classe politique française avaient donné une image caricaturale du peuple serbe qui ne faisait que défendre sa terre au Kosovo et en Métochie contre les terroristes de l’UCK. Aujourd’hui la procureure abonde dans le sens des Serbes et reconnaît que l’UCK était dirigé par des monstres.
De nombreux responsables politiques français ont côtoyé Hashim Thaçi de très près et feignent d’ignorer ce que tout le monde au Kosovo et en Métochie (Serbes comme Albanais) sait très bien sur les activités criminelles de Thaçi. Il serait bien que la justice française enquête un jour sur les relations entre Paris et l’UCK. La vérité finit toujours par faire surface.
Nikola Mirkovic
Certes, ce n’est qu’un réquisitoire, et non une condamnation. Le verdict devrait intervenir un mois après le 17 février, jour anniversaire de la proclamation d’indépendance du Kosovo par les séparatistes albanais, indépendance non reconnue par les Nations-Unies.
Alors on peut s’attendre à tous les coups tordus…
Je n’oublie pas qu’un autre assassin pathologique de nos « amis », le général croate Ante Gotovina, avait été acquitté en appel après avoir été condamné à 24 ans de prison pour crimes contre l’Humanité, Paris lui ayant glissé un passeport français avant le verdict.
Je n’oublie pas que le « Serpent » de l’UCK Hashim Thaçi, interpellé à l’aéroport de Budapest en 2003 en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par Belgrade, avait été libéré à la demande du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin.
Je n’oublie pas que l’actuel président français, lors de la cérémonie du centenaire de la fin de la Grande Guerre, avait placé ce tueur patenté Thaçi, président d’un pays qui n’existe pas, dans la tribune d’honneur, reléguant le président de la Serbie, notre courageux allié de 14-18, sur un strapontin. (1)
Je n’oublie pas qu’un autre coupe-jarret de l’UCK, Ramush Haradinaj, arrêté dans les mêmes circonstances à l’aéroport de Bâle-Mulhouse en 2017, était libéré par la justice française, tandis que les témoins de son procès disparaissaient mystérieusement ou étaient retrouvés morts dans leur baignoire. Lorsque le Sénat avait déroulé le tapis rouge à ce galonné du crime, je m’étais fendu d’un billet d’humeur.
Le courageux réquisitoire du procureur de La Haye n’enseigne rien qui ne soit déjà connu, mais il parle devant l’Histoire.
Il démontre en premier lieu que Priština, « capitale » d’un État-pirate, est incapable de juger les siens, tandis que Belgrade a condamné sans aucune clémence des paramilitaires serbes reconnus coupables d’atrocités contre des civils albanais. (2)
Ce réquisitoire invite à une relecture de la guerre du Kosovo, travestie au moment des faits en un mauvais western impliquant de blancs chevaliers albanais (alors que le département d’État américain avait placé l’UCK sur la liste des organisations terroristes jusqu’en janvier 1998) aux prises avec la sauvagerie serbe.
Pourra-t-on enfin s’interroger honnêtement sur la légitimité de l’agression d’un pays, la Serbie, qui n’en avait attaqué aucun autre mais se trouvait confronté à une guérilla séparatiste soutenue depuis l’étranger, par 19 pays d’une alliance militaire théoriquement strictement défensive – l’OTAN ?
Ne nous leurrons pas, le silence de cathédrale des médias français autour de ce procès est à lui seul, un aveu : circulez, il n’y a rien à voir !
Je vois pourtant, alors que l’on nous vantait une guerre « morale », que des agents de la DGSE, les services secrets français – ainsi Arnaud Danjean, aujourd’hui député européen – avaient fait le choix du pire en recrutant des assassins, comme l’ont révélé un autre ex-agent secret, Pierre Siramy, mais aussi le journaliste Pierre Péan. (3)
Je vois qu’au lendemain de la guerre, des fonctionnaires européens tels Bernard Kouchner, ont été payé fort cher pour ne surtout rien voir et rien entendre, tandis que le Kosovo-Métochie mis en coupe réglée par l’UCK, se faisait carrefour du crime. Je n’oublie pas le ricanement sardonique de ce même Kouchner à Budimir Ničić, enjoignant le journaliste à se faire soigner, alors les rumeurs de trafic d’organes des tueurs de l’UCK sur des prisonniers serbes découpés vifs se faisaient plus pressantes. (4)

Kouchner ne savait-il vraiment rien ? Bien sûr que si ! Et il qualifie ses accusateurs d’assassins, inversion accusatoire très en vogue au cours des guerres yougoslaves. Carla Del Ponte, procureur du Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie à La Haye – et peu suspecte de serbophilie ! – n’avait eu de cesse de dénoncer ses entraves à l’action de la justice, dès que ses protégés albanais étaient cités. Le sénateur suisse Dick Marty enquêtait depuis 2008 sur ce trafic d’organes. En 2010, Marty remit un rapport accablant et documenté au Conseil de l’Europe, rapport qui sera adopté à l’unanimité au début de l’année suivante. (5)
« L’Europe est née à Priština, celle que nous aimons ! » s’extasiait Bernard Kouchner. « L’Europe est morte à Priština », lui répond le colonel Hogard, qui commandait les forces spéciales déployées au Kosovo-Métochie au lendemain du cessez-le-feu en juin 1999. (6) Car on peut berner le citoyen intoxiqué au prêt-à-penser médiatique, mais on ne leurre jamais très longtemps un soldat aux prises directes avec le réel.
Un rapport de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale précisait au sujet de l’inaction coupable des forces internationales présentes au Kosovo-Métochie lors des pogroms anti-serbes de mars 2004, que « les services de renseignements occidentaux étaient très vraisemblablement au courant de ce qui allait se produire, mais il a probablement été fait le choix politique de ne pas s’y opposer. » (7)

« On ferma les yeux, non parce qu’on ne voyait pas, mais parce que voir oblige à agir », disait Cicéron.
Depuis 27 ans, les Serbes du Kosovo-Métochie « prient dans des églises brûlées, détruites, derrière des fils de fer barbelés », s’indigne Arnaud Gouillon, fondateur de l’association humanitaire Solidarité Kosovo.
Et moi, depuis le même temps, je crie, j’écris, car disait Charles Péguy, « celui qui ne gueule pas la vérité se fait le complice des menteurs et des faussaires ».
Jean-Michel Bérard
Notes :
- La Première Guerre Mondiale a été gagnée dans les Balkans. Pour qui veut bien se pencher sur une carte du front au 11 novembre 1918, le sol français était encore largement occupé par l’ennemi à l’Est d’une ligne allant de Maubeuge à Belfort en passant par Saint-Mihiel. La Serbie, elle, était entièrement libérée.
- Deux à vingt ans de prison pour les « chacals » serbes du Kosovo, 12 février 2014 https://www.youtube.com/watch?v=8h3sXpsdEoY
- Pierre Péan, « Kosovo, une guerre « juste » pour un Etat mafieux », Éditions Fayard, 2013
- Le ricanement de Kouchner à Budimir Ničić, 27 février 2010 https://www.dailymotion.com/video/xcicsm
- Rapport de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 7 janvier 2011 https://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-fr.asp…
- Jacques Hogard, « L’Europe est morte à Priština », Éditions Hugo Doc, 2014
- Rapport d’information n°448, « Quel avenir pour le Kosovo ? » https://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i0448.asp






























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