Depuis quelques décennies, on observe une volonté de rupture dans le militantisme traditionnel. Face à la pieuvre mondialiste et tentaculaire, il faudrait procéder à une réforme, à une refonte de la méthodologie d’action nationaliste. Il faudrait se replier sur l’action parapolitique, c’est à dire la création de corps intermédiaires, de contre-pouvoirs qui gravitent autour du politique : communautés ; syndicats ; écoles ; médias alternatifs ; réseaux locaux. Or, le parapolitique ne saurait se substituer à la politique, qui désigne tout simplement la conquête et l’exercice du pouvoir d’État.
L’articulation des deux est dialectique, et prend tout son sens en France, précisément parce que notre Histoire est celle d’un État-nation précoce et centralisé. Depuis les Capétiens, la France s’est construite par le haut : l’État, issu du substrat national, en a conscientisé les potentialités et s’est fait l’artisan de son destin en lui imposant sa forme de nation.
Nous ne sommes ni l’Allemagne ni l’Italie, nations tardives dont l’unité date du XIXème siècle (1871 pour l’empire allemand ; 1861 pour le royaume d’Italie). Ces pays ont connu une unification récente, souvent fédérale ou confédérale dans l’esprit, ou les identités régionales ou princières ont résisté plus longtemps. Leur État est en partie le couronnement d’un corps social préexistant.
En France, c’est l’État qui a façonné et unifié le corps social, lui donnant sa cohérence politique avant même que n’émerge une conscience nationale achevée. C’est pourquoi la reconquête de l’Etat y est d’autant plus primordiale. Laisser l’Etat aux mains de nos ennemis politiques revient à abandonner le principal instrument de la refondation nationale. La primauté de l’État-nation rend illusoire toute stratégie qui se contenterait de former des communautés ou de refaire un peuple sans prendre le pouvoir.
Cette conception de la nation n’est ni essentialiste – la nation ne serait qu’une substance immuable – ni existentialiste – la nation ne serait qu’un pur acte de volonté. Elle est réaliste et organique : la nation est un corps vivant, à la fois héritage et projet, façonné par l’histoire et capable de se renouveler par l’action.
Dans ce cadre, le parapolitique ne trouvera son plein sens que lorsqu’il sera structuré par un projet étatique capable de maintenir et de pérenniser les corps intermédiaires qu’il anime.
L’histoire n’est jamais écrite. Si nous vivons actuellement dans une phase de déclin organique, comme l’a écrit Spengler – dont la mégapole cosmopolite est l’une des images les plus criantes –, il existe toujours de l’imprévu, des voies qui échappent aux calculs et aux prévisions. Quel annaliste aurait pu prévoir, en mai 1429, qu’une pucelle de dix-sept ans délivrerait Orléans et inverserait le cours de la guerre de Cent Ans ?
Méditons ce volontarisme politique qui traverse toute notre histoire comme une constante. N’oublions pas que la France est un État-nation millénaire et que la communautarisation du politique, qu’on observe dans la mouvance nationale, ne constitue pas une réponse, mais bel et bien une impasse qui fait fi de notre histoire.
Image en Une d’article : Sacre de Pépin le Bref sur le trône des Francs, le Maire du Palais qui dépose Childéric III et fonde la dynastie carolingienne. Source : Sacre de Pépin le Bref à Saint-Denis (huile sur toile de François Dubois, 1837).





























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