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2 morts et 31 blessés après la destruction d’une gendarmerie : la Turquie a-t-elle rejoint la liste des pays en guerre dans la région ?

L’attaque d’une gendarmerie en Turquie dans la nuit de samedi à dimanche a fait deux morts et 31 blessés, dont quatre dans un état critique, dans les rangs des forces de l’État turc. Plusieurs activistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Partiya Karkerên Kurdistan) ont vraisemblablement perdu la vie durant l’assaut.

Vue générale de la gendarmerie de Karabulak

Vue générale de la gendarmerie de Karabulak après l’attaque

Selon les autorités, l’un des militants kurdes aurait commis un attentat suicide au moyen d’un tracteur transportant 2 tonnes d’explosifs, provoquant de très graves dommages contre les bâtiments de la gendarmerie de Karabulak. Les faits se sont déroulés à une quinzaine de kilomètres de la ville de Dogubeyazit (Agri, extrême est), ville essentiellement peuplée de Kurdes située à quelques kilomètres de la frontière avec l’Iran, près du mont Ararat.

La façade de la gendarmerie de Karabulak après l'attaque

La façade de la gendarmerie de Karabulak après l’attaque

Samedi soir, un autre soldat a été tué et sept autres blessés lors de l’attaque d’une patrouille dans la province de Mardin (sud-est).

Depuis la mi-juillet, les violences ethno-politico-religieuses en Turquie ont fait plusieurs dizaines de morts dans plusieurs actes s’apparentant à une situation de guerre. La situation a commencé à dégénérer le 20 juillet 2015 après un attentat suicide commis par un tueur de l’État islamique (ÉI) contre un rassemblement de Kurdes à Suruc, faisant 32 morts et 104 blessés. Les manifestations, souvent violentes, des Kurdes, accusant le pouvoir turc d’être complice des terroristes, ont été réprimées violemment.

Depuis, les incidents meurtriers impliquant les forces turques se sont succédé sur plusieurs fronts : contre les activistes kurdes, mais aussi avec l’ÉI (des combats à la frontière, près de Kilis, ont fait un mort et plusieurs blessés parmi les soldats turcs) et l’extrême gauche. Les groupes marxistes se sont agités notamment à Constantinople après la mort d’une militante du Front-Parti pour la libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C, Devrimci Halk Kurtuluş Partisi-Cephesi) lors d’une opération policière à l’échelle du territoire durant laquelle 590 personnes ont été arrêtées, Kurdes, islamistes et extrémistes de gauche.

Ces arrestations, auxquelles s’est ajouté le lancement d’une campagne de bombardements de l’aviation turque contre les positions des forces kurdes dans le nord de l’Irak et de la Syrie, ont mis fin au processus de paix entre les indépendantistes kurdes et la Turquie après deux ans d’une relative paix sur le terrain. La question kurde est redevenue un fait majeur de la vie politique en Turquie après la création du PKK à la fin des années 1970 et le lancement d’une « guerre de libération » en 1984. Elle a fait environ 45 000 morts jusqu’ici.

Si ces derniers mois la situation s’était améliorée entre les deux camps, l’émergence de pouvoirs kurdes autonomes sinon indépendants en Syrie et en Irak a renforcé la méfiance du Parti pour la justice et le développement (AKP, Adalet ve Kalkınma Partisi) du président Recep Tayyip Erdoğan et la peur de la création d’un grand Kurdistan.

L’aviation turque poursuit de son côté les attaques contre les positions du PKK en Irak et en Syrie, semblant toujours éviter de viser l’État islamique, et malgré la mort samedi dans la province d’Erbil en Irak, tout près de la frontière avec l’Iran, d’environ dix civils à Zergele. La Turquie continue à vouloir se débarrasser de son ennemi intérieur en l’assimilant aux tueurs de l’ÉI unanimement détestés. Elle a jusqu’ici bénéficié du soutien de ses alliés, notamment américains, et de l’absence de réaction de la plupart des membres de la communauté internationale. Elle a même obtenu une déclaration du président du Kurdistan irakien demandant au PKK de quitter la région. Massoud Barzani, qui ne devrait pas plus être entendu à ce sujet, a également demandé à Ankara et au PKK de reprendre les pourparlers de paix.

Image du raid meurtrier de l’aviation turque contre Zergele

About Erwin Vétois

Erwin Vétois est rédacteur en chef de Jeune nation depuis la relance du site du journal en août 2013. Ses sujets de prédilections sont l'actualité nationaliste en général, européenne en particulier.
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