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Nouvelles fresques anti-impérialisme Yankee à Téhéran

Téhéran commémore aujourd’hui le quarantième anniversaire de la prise de l’ambassade américaine de Téhéran, l’ancien « nid d’espions » dans le centre de la capitale iranienne, acte fondateur de la République islamique. D’anciennes fresques « antiaméricaines » – en réalité dénonçant l’impérialisme yankee et exaltant la Révolution islamique – sur l’enceinte de l’ex-ambassade, ont été effacées fin septembre pour laisser place à de nouvelles, que les autorités iraniennes ont dévoilées samedi 2 novembre au matin.

Réalisées sur des panneaux le long du mur d’enceinte, les nouvelles fresques ont été paintes par des étudiants du Bassidj, mouvement paramilitaire de volontaires islamiques. Elles dénoncent « l’arrogance » des Etats-Unis, cette Amérique violente et belliciste, assoiffée de guerre pour asseoir son emprise sur le monde, mais malgré tout faible ou en déclin en dépit de son arsenal militaire.

Les artistes ont recouru essentiellement au bleu, au blanc et au rouge, couleurs du drapeau américain. Un des panneaux dépeint une statue de la Liberté démembrée, en ruines. Une autre peinture montre le triangle de l’œil de la Providence, symbole présent au verso des billets de un dollar des Etats-Unis, en train de sombrer dans une mer de sang.

Une troisième peinture représente le drone américain abattu en juin par l’Iran dans les environs du détroit d’Ormuz et dont s’échappent des chauves-souris. Cette œuvre répond à une autre montrant l’Airbus d’Iran Air abattu par un navire de guerre américain au-dessus du Golfe le 3 juillet 1988 et dont s’échappent de blanches colombes. 290 personnes avaient trouvé la mort dans cette tragédie, présentée par Washington comme une « erreur » et pour laquelle l’Iran exige toujours des excuses officielles.

« L’esthétique des anciennes fresques datait et n’avait plus sa place dans la littérature visuelle » de notre époque, estime Saber Cheikh-Rezaï, concepteur graphique et responsable du projet. Ces nouvelles peintures pourront parler aux passants « au moins pour les 10-15 années à venir », ajoute-t-il, notant que par rapport aux peintures originales, elles proposent une description « plus juste des relations irano-américaines des 40 dernières années ».

Les nouvelles peintures murales ont été présentées à la presse par le général de division Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, l’armée de défense du régime de la République islamique.

Dans son discours d’inauguration, il a accusé les Etats-Unis d’être à ce jour le seul pays à avoir eu recours à l’arme atomique (par deux fois, contre le Japon, en août 1945) et de chercher à empêcher les autres pays, en particulier l’Iran, de bénéficier de la « technique du nucléaire civil ».  L’officier supérieur a aussi accusé les Etats-Unis de mentir lorsqu’ils se présentent en défenseurs de la démocratie et des droits humains alors qu’ils sont les principaux prédateurs de ressources, notamment pétrolière, sur la planète.

« L’Iran ne dispute aucune partie du monde à qui que ce soit », a réaffirmé le général Salami, dont le pays a connu un regain de tension avec Washington depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, le rétablissement de sanctions américaines et sur fond d’escalade militaire dans le Golfe. « Si nous regardons au-delà de nos frontières, c’est pour étendre notre zone d’influence autant que nécessaire pour que tout endroit à partir duquel l’ennemi tenterait de lancer une conspiration contre l’Iran puisse être pris pour cible par la République islamique », a-t-il ajouté.

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