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Retour du Pays des Cèdres

Depuis Roissy, il faut un peu plus de quatre heures de vol pour rejoindre Beyrouth (vol direct). Dès les formalités d’embarquement l’ambiance orientale nous est donnée. Il vous est demandé où vous souhaitez vous rendre et si votre valise ne contient que vos effets personnels. À bord, le repas est servi sans viande de porc. Une garantie Air France ! Hallal bonheur. Le journal L’Orient-le Jour en français nous est offert. J’y apprends que Samir Geagea est candidat à l’élection présidentielle de mai 2014, l’actuel président le général Michel Sleimane ne se représentant pas. À Beyrouth nous atterrissons dans le seul aéroport du pays capable de recevoir des avions de ligne. Son nom est celui de l’affairiste Rafic Hariri, l’ami de Chirac. Les Libanais l’appellent « Trafic Hariri » (télécoms, immobilier, etc.).Les Français sont les bienvenus au Liban. C’est le seul pays où cela vous est indiqué par l’agent chargé de contrôler votre passeport. Un grand merci à Saint Louis (le roi de France Louis IX) qui a uni de – façon éternelle – la France et le Liban en Chrétienté.

Beyrouth n’est plus la Suisse du Proche Orient, ce qui n’empêche pas les banques d’être très représentées dans le centre-ville. L’immense place des martyrs a considérablement rétréci, les immeubles – logements et bureaux de standing – ont remplacé les belles demeures libanaises œuvre du protectorat Français qui s’est achevé, faut-il le rappeler, en 1943. De Gaulle, Churchill, encore les trahisons ! Mais ce qui retient mon attention c’est l’achèvement du campanile de la cathédrale Saint-Georges. Ce nouvel ouvrage est l’œuvre de généreux donateurs libanais maronites. Le bourdon déjà en service nous apporte sa majestueuse sonorité. Une croix chrétienne complétera cet édifice qui dépassera alors en hauteur de 1,50 mètre les quatre minarets de l’imposante mosquée flanquée à côté de la cathédrale. Cette construction musulmane a été édifiée avec l’efficace concours du sunnite Rafic Hariri et largement financée par les monarchies pétrolières du golfe Persique. Ce lieu est aussi devenu le tombeau du même Hariri et de ses gardes du corps.

Le palais du gouvernement qui jouxte le Sérail (palais du président de la République libanaise – toujours occupé par un chrétien de façon constitutionnelle) est un véritable camp retranché gardé par l’armée Libanaise. Cette dernière est composée de 60 000 hommes. Elle a un commandement constitué par un corps d’officiers de qualité (50 % de chrétiens, 50 % de musulmans). Cette armée mal équipée (matériels datant de l’époque de Saddam Hussein, généreux bienfaiteur) travaille en étroite relation avec ses services secrets très professionnels. Ils doivent faire face aux menaces terroristes internes et externes. Cela explique les multiples barrages de contrôles routiers de l’armée Libanaise qui couvrent ce petit pays dont la superficie est égale à celle de la Corse. Cette vaillante armée possède une unité d’élite que les Libanais appellent les Tigres. Très populaire, elle est déployée en priorité au nord de Tripoli et dans la plaine de la Bekaa, le long de la frontière Syrienne. Malgré la présence nombreuse de réfugiés syriens dans ces parties du territoire libanais, cette unité de combat neutralise les bandes armées repoussées de Syrie par l’armée régulière Syrienne de Bachar el-Assad. Depuis Beyrouth, me rendant dans le secteur chrétien de la montagne des cèdres millénaires, nous passons devant le casino du Liban situé en bordure de mer à Jounié. C’est le seul établissement de cette nature au Proche-Orient plus communément appelé par les Libanais : la Grande lessiveuse. Mes amis du pays des cèdres me demandent avec malice si les politiciens français et plus particulièrement les socialistes fréquentent ce casino. Je me contente de leur répondre que peut être Monsieur Cahuzac y est passé, et cela sans aucune certitude de ma part. Avec Hollande, les Libanais s’amusent beaucoup. Ils l’appellent le dompteur et pas seulement vis-à-vis des galipettes de la rue du cirque ! Pauvre France.

À Tripoli, lors de notre passage, des tirs retentissent près de la citadelle des Croisés. Alaouites et Sunnites échangent de cette façon des amabilités orientales. Je ne peux m’empêcher de penser à Marseille, que de ressemblances ! Plus au sud la ville de Tyr, anciennement romaine puis chrétienne, est devenue majoritairement musulmane et « humanitaire ». En effet elle est occupée par les organisations onusiennes, faux nez des lobbys américains et supervisée (en sous-main) par le Golem. Passé la rivière Litani, nous retrouvons la FINUL avec les soldats majoritairement français, italiens et espagnols. C’est plus calme qu’au Mali se contentent de m’indiquer les militaires français. Les Libanais ne connaissent pas Israël : au-delà de leur frontière sud, le pays, c’est la Palestine. Alors que nous nous dirigeons vers la belle ville de Jezzine – dans le Chouf – mes amis libanais apprennent le prochain voyage du Patriarche en Israël – Oh pardon en Palestine. Il doit accompagner le Pape François qui doit se rendre prochainement dans ce pays. Je mesure leur trouble. En effet le patriarche maronite est un homme très respecté et écouté au Liban. Il est aussi en étroite relation avec les autorités syriennes compte tenu de la présence de la communauté chrétienne très éprouvée face aux terroristes soutenus par les Séoudiens et les Qataris. Mes amis me précisent que le Liban doit avant tout entretenir, malgré le passé, des relations privilégiées avec le président légitimement élu de la Syrie Bachar el-Assad. (Relations commerciales depuis le port de Beyrouth, mais aussi diplomatiques et culturelles.

Retour à Byblos, cette dernière, splendide, est vide. Pas un touriste, qu’il soit d’Europe ou des États richissimes du golfe Persique. La situation en Syrie y est pour quelque chose, mais également les actions terroristes des camps palestiniens implantés sur le sol libanais. Au restaurant « Chez Pépé » devant le port de Byblos (le Saint-Tropez libanais), nous examinons le devenir possible du Liban. Un premier tour de l’élection présidentielle (Le président est élu par les députés) vient d’avoir lieu. Ce ne seront ni Samir Geagea ni Amine Gemayel (qui ont obtenu respectivement 48 et 1 voix) qui pourront succéder à l’actuel président Michel Sleimane surnommé par les Libanais « l’homme des commissions ». Le prochain président chrétien du Liban sera celui qui pourra à la fois concilier les intérêts chiites, sunnites et chrétiens – les Druzes comme à leur habitude se rangeront du côté du plus fort (du moment), c’est-à-dire de leurs propres intérêts – mais également de Damas, Riyad et Téhéran sans oublier Moscou et Washington. Paris n’a plus d’influence. Le général chrétien Michel Aoun (homme aux multiples alliances) pourra-t-il alors rassembler les voix nécessaires des parlementaires pour devenir le prochain président de tous les Libanais ? Ceux du Liban mais aussi de la diaspora implantée sur les cinq continents de notre planète. L’élection a déjà été reportée à plusieurs reprises : d’abord pour attendre les résultats de l’élection en Syrie – où Bachar el-Assad a été réélu – le grand voisin incontournable, et depuis faute d’accord entre les différents partis. Elle l’a été encore hier ; le Liban n’a plus de président depuis deux semaines.

Ces facteurs d’apaisement pourraient alors permettre aux Libanais de retrouver un devenir meilleur pour apporter de nouveau la prospérité au pays des Cèdres. Cette terre bénie des Dieux depuis l’Antiquité, a toujours été convoitée par ses voisins musulmans. Mais elle demeure depuis l’avènement du Christ sur l’ensemble de la Palestine la proue du grand vaisseau de la chrétienté. L’orthodoxie, imperméable aux sirènes de Vatican II, deviendra progressivement le salut de l’Église d’Orient. Et cela malgré la longue et belle histoire spirituelle des maronites tout comme celle du Siècle des Croisés.

About François Ferrier

Lorrain, François Ferrier est un militant identitaire et nationaliste qui fut conseiller municipal et conseiller régional.
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François Ferrier

Commentaires (1)

  1. Marckstaff dit :

    Merci pour la qualité de ce reportage, c’est exactement ce qu’on aimerait savoir écrire quand on rentre de ce merveilleux pays. Tout est là, dit et bien dit. Un détail pourtant, vous ne parlez pas du Hezbollah, qui a mon sens pour en avoir parler (hors Beyrouth et la banlieue Nord) est une alliance quasi obligée pour sauver les Chrétiens. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec dess membres du Hezbollah au Sud Liban et j’ai rencontré des gens qui ont un vrai respect pour nous Chrétiens. Le salut du Liban passera je pense par l’alliance Aoun/Nasrallah.
    Encore merci Monsieur pour la qualité de votre article

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