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Starwars IX, film manqué et de propagande peu fine

Starwars IX, l’Ascension de Skywalker appartient au monde de la saga de science-fiction « Starwars » -traduit autrefois, fautivement, par « Guerre des Etoiles »-. Elle bénéficie d’une très grande popularité dans le monde. Dans une galaxie très lointaine, dans le passé, et avec des technologies futuristes (pour notre monde actuel) permettant le voyage rapide dans l’espace, sont menées des guerres entre un camp libéral-démocratique –dit le plus souvent « rebelle » ou « républicain »- et un camp autoritaire –« impérial »ou néo-impérial-, le premier étant le « Bien », s’appuyant sur des chevaliers lumineux ou « Jedis », le second le « Mal », défendu par des chevaliers sombres ou « Siths ». Cette histoire s’étend maintenant sur plusieurs générations et plusieurs décennies. Cet aspect de saga authentique est fondamental pour comprendre son succès populaire universel.

UN FILM QUI S’INSCRIT DANS UNE CELEBRE SAGA

Les Episodes I à VI (1999-2005), les IV à VI (1977-1983) étant curieusement antérieurs, réalisés sous l’inspiration du créateur de ce monde George Lucas constituent de façon générale des réussites de science-fiction populaire. Il ne faut absolument pas y voir de la science –au mieux, c’est un univers parallèle où il y a du son dans l’espace, par exemple-, même spéculative, ou une œuvre profonde, métapolitique ou métaphysique, mais avant tout un divertissement pour la jeunesse. L’univers intellectuel de Starwars emprunte délibérément à une multitude de croyances humaines, des légendes arthuriennes au taoïsme, mais ce serait lui faire beaucoup d’honneur que de le prendre au sérieux ; il faut faire le Bien et éviter le Mal ; telle est la morale de conte proposée.

Signalons que les Episodes I à III possèdent quand même l’intérêt de montrer des manipulations politiques, des guerres lancées sous de faux prétextes, et présentent selon nous un intérêt supérieur à ce titre. Ajoutons que l’esthétique des « méchants », à base de noirs et de gris, de blancs, peut séduire paradoxalement le spectateur, surtout celui de la droite nationale, tout comme certains uniformes et l’impression générale d’ordre, pour tout dire aux références délibérément fascisantes. A l’inverse, les « rebelles » relèvent du grand carnaval des tenues et des races, humaines comme extraterrestres.

Cet univers est basé surtout sur des films célèbres, dont le IXe vient de sortir en décembre 2019, mais aussi de nombreuses séries d’animation, des romans, bandes-dessinées, jouets…C’est donc aussi un enjeu commercial majeur. Ce n’est pas par passion de l’Art que la licence a été rachetée par la grande forme multinationale de divertissement Disney (2012). Disney a voulu rentabiliser l’achat en relançant l’intérêt du public via de nouveaux films, et de nombreux produits dérivés –dont les sections dédiées dans les parcs de loisir Disney-. Mais, sur le plan artistique, Disney a eu le tort majeur d’écarter le créateur de cet univers, George Lucas, qui ne demandait pourtant qu’à servir encore de scénariste ou de conseiller.

Nous avions hésité à parler du film. Disney est, de notoriété publique, depuis deux décennies au moins, dans le pire du politiquement correct. Il n’y avait rien à en attendre de bon. En outre, si le film avait été esthétiquement réussi, il aurait pu contaminer bien des spectateurs, et en particulier des enfants par ce biais ; or, ce n’est pas le cas. Pourtant, il a été très vu, dans le monde et en France. Telle est la force de la licence. Aussi convient-il d’en parler nonobstant. Le film distrait vraiment pendant la première heure, n’ennuie pas, de justesse, durant la deuxième partie le connaisseur de l’univers qui repère toutes les références internes, mais il devient long, lent, confus. Les près de 2H30 du film finissent par se faire bien sentir…Ainsi, le spectacle est manqué, contrairement à la bonne surprise de l’Episode VIII précédent (2017). Mais il subsistera, même comme un maillon faible, dans la saga canonique. Aussi n’est-il pas à considérer comme une péripétie anodine.

LE FILM EN LUI-MEME

Starwars IX, l’Ascension de Skywalker a été dirigé par le réalisateur Jar-Jar Abrams. Ce choix a été pourtant dès le départ aberrant. En effet Abrams avait déjà réalisé l’unanimité critique contre lui dès l’Episode VII (2015), simple copie, en moins bien, bavarde, trop longue, et aux nombreuses scènes maladroites –mal filmées et avec des acteurs pas vraiment dirigés-, du premier film (1977) de George Lucas, l’Episode IV. Un mystérieux « Premier Ordre » avait remplacé l’Empire, et le jeune héros novice dressé contre un pouvoir oppresseur n’était plus un homme, Luke Skywalker, orphelin, mais une femme, Rey (Daisy Ridley), orpheline. Le recopiage a donc été des plus manifestes.

L’Episode IX voit donc enfin le triomphe de cette Rey, qui doit vaincre les forces du Mal. Depuis l’Episode VII, la jeune actrice, gymnaste à l’origine, a appris à jouer. Dans son rôle basique d’héroïne, elle n’est plus ridicule. Son adversaire constant depuis cet Episode VII, Kylo Ren, interprété par Adam Driver, peine lui toujours à convaincre ; cet acteur professionnel authentique n’arrive pourtant pas manifestement à jouer le méchant d’un conte. Ajoutons que ce méchant subit des crises de retour à des sentiments et attitudes plus normaux sinon bons, ce qui le rend d’autant moins crédible. Un individu lourdement perturbé, du genre à piquer des crises de fou furieux attaquant le mobilier, ne saurait commander des armées ou quelque ordre paramilitaire plus ou moins mystique…Impossible d’y croire.

Nous sommes conduits ici à révéler le seul mystère du film : le plus grand péril dans la galaxie serait l’Empereur Palpatine, en principe mort à la fin de l’Episode VI. Il est donc de retour, on ne sait trop comment –quelques phrases du film laissent l’explication à l’imagination du spectateur !-, à la tête de la plus puissante flotte de tous les temps, et va balayer tout sur son passage, détruisant par cruauté gratuite ou vengeance folle des planètes entières, et leurs populations. On ne sait trop comment encore, même si la chose est montrée à l’écran, il ne parvient pas à ses fins. Ah si, une opération-commando triomphe de cette force invincible ; c’était déjà la grande faiblesse de l’Episode VI, et rien n’a changé à ce titre ; au moins est-il épargné au spectateur la pire idée de George Lucas, les petits guerriers-nounours, les Ewoks. Même en considérant qu’il s’agit d’un conte, d’un univers fantastique, un réalisme minimal pour le contexte aurait été bien venu quand même.

On déplore à nouveau, comme dans le VII, la disparition des scénaristes et d’un réalisateur compétent. Jar-Jar Abrams a livré un brouillon de film. Il aurait peut-être pu être en partie sauvé par un montage plus serré, dans la deuxième partie en particulier. Surtout, on retrouve les canons appliqués, plaqués plutôt, de la dictature –pour le coup réelle et de notre monde- du pire des idéologies d’extrême-gauche sociétale : deux femmes-soldates, personnages heureusement très secondaires, partagent de tendres sentiments et tiennent à le montrer à toute l’armée rebelle, et, à défaut de tuer le père, puisque ça a déjà été fait dans l’Episode VII, nous avons une petite-fille tuant son grand-père…Il y a quand même certaines obsessions étonnantes dans des populations particulières ; on ne peut que songer aux ouvrages du camarade Hervé Ryssen à ce sujet.

Ce placage des obsessions d’Abrams, et c’est mérité, nuit terriblement au film. Ces actions frôlent le sabotage délibéré. On ne peut encore y voir un acte freudien de destruction a priori absurde et incompréhensible de son bel objet. C’est très dommage pour le spectacle. Cette maladresse manifeste est par contre heureuse en détruisant toute efficacité à ce prosélytisme bien maladroit, du moins on peut l’espérer.

Scipion de SALM

About Scipion de Salm

Contributeur externe de Jeune Nation, Scipion de Salm est journaliste rivarolien, historien et militant nationaliste.
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