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1948-2018 : Noces de sang pour Israël

L’État hébreu a su dignement fêter ses soixante-dix ans d’existence le 14 mai 2018 : 61 morts et 1400 blessés sur sa pseudo-frontière de Gaza, en fait une ligne d’armistice tracée par les Nations Unies en 1949. Saluons le doigté et la pudeur avec lesquels les media ont su gérer ce tragique épisode… Foin de statistiques, les bandeaux en bas des lucarnes où défilent les informations de second rang ne mentionnaient que des morts, sans autres précisions, quant aux analystes et autres commentateurs patentés, ils soulignaient unanimement le droit d’Israël à défendre ses frontières. Imaginons un instant un scénario identique en Bulgarie, en Hongrie ou dans n’importe quel autre pays d’Europe orientale lorsque les frontières sont traversées par des hordes de migrants. La Communauté internationale (bien- pensante) serait entrée en convulsion et deux jours après les capitales des États déclarés voyous eussent été bombardées par l’aviation de l’Otan comme le fut Belgrade en 1999, soi-disant pour venir au secours du Kossovo musulman et de ses habitants qui n’ont eu ensuite de cesse que de persécuter les derniers chrétiens encore présents sur ce territoire arraché à la Serbie par la violence. 

Or s’agissant de pseudo-réfugiés politiques — comprenant un lot substantiel de futurs harceleurs ou violeurs et, dans certains cas, de terroristes infiltrés, tous ou presque, candidats à l’assistanat avec l’active complicité d’Organisations non gouvernementales ad hoc — la mise au ban des nations coupables de souverainisme aggravé eût été aussi immédiate que sans appel. Précisons que ses associations financées sur fonds publics et plus ou moins subversives (des loups gauchistes déguisés en agneaux caritatifs) en dépit de leur pathos humanitarien, trouvent dans la submersion de nos contrées par des vagues migratoires interrompues, un pactole inépuisable. À telle enseigne que les “populistes” italiens de gauche et de droite, le Mouvement Cinq Étoiles et la Ligue du Nord, ont inscrit dans leur programme commun de gouvernement l’intention de couper les vivres à de tels bienfaiteurs de l’humanité souffrante qui, sous couvert de Morale avec un grand M, de valeurs démocratiques et d’accueil, œuvrent à la ruine de la civilisation, de nos sociétés, de nos identités et de nos structures anthropologiques Autrement dit, au nom d’une charité jadis chrétienne, aujourd’hui dévoyée et utilisée comme arme de destruction massive, cela afin de nous pousser au suicide et à la dissolution collective dans les fosses puantes du mondialisme et de ses sentines génétiques.

 

Du coup quelques sirènes nauséabondes s’adressant aux souverainistes indigènes, leur enjoignent sous peine d’indignité nationale, de se rallier sans barguigner à la cause d’un courageux petit État assiégé de féroces ennemis prêts à jeter ses citoyens démunis à la mer (ou à les égorger)… et que, par voie de conséquence, nous devrions chez nous, nous mobiliser essentiellement contre « l’islamisation rampante », arguant qu’« en tant qu’État souverain, Israël défend ses intérêts dans la région. Point. Que cet État ait été engendré sur la base d’une religion n’est pas le débat actuel, et encore moins que ladite religion soit, selon certains, surreprésentée dans la caste médiatique ». Sur la question de la “surreprésentation” d’éléments binationaux, non chrétiens ou étrangers infiltrés dans la « caste médiatique », nous laisserons toute la responsabilité de ce propos à son auteur, Pierre Mylestin [bvoltaire.com20mai18], faisant pour notre part incidemment remarquer que l’État en question a été créé par des laïcs sur la base d’une idéologie quasiment racialiste, et non d’une “religion” comme l’énonce le perroquet de service. 

Constat constituant le paradoxe fondateur — et non la contradiction ! — de l’État juif messianique (tel qu’il se désigne lui-même, sans doute le seul État ouvertement ethnique à ce jour). Parce que pour justifier son existence et les droits exorbitants de la légalité internationale qu’il s’arroge avec insolence (par exemple celui de tirer sur des foules désarmées en opposant des drones grenadiers à des cerfs-volants, tout un symbole… des manifestants qui veulent simplement revenir sur des terres spoliées, c’est-à-dire volées à leurs pères, mères et grands-parents), il n’hésite pas à se prévaloir d’une promesse divine de manière fallacieuse car il refuse de reconnaître la divinité du Christ. 

 

Des gens qui affichent d’un côté une indifférence religieuse presque ostentatoire et de l’autre, arguent d’un héritage divin ! L’on croit rêver. Mais l’étrangeté et la singularité de ce micro État ayant moins d’habitants que la ville de New York, laquelle compte plus d’individus se réclamant du judaïsme (confessionnel ou non) qu’Eretz Israël, possède une puissante diaspora formant un formidable réseau d’influence sur le pourtour de la planète, du Canada aux pampas d’Argentine jusqu’au sud de la Chine en passant par l’Union européenne dont elle est — sorte de passager clandestin — dans les faits le vingt-neuvième membre —. Cet État pourtant très jalousement souverainiste — alors que chacun sait que le national-chauvinisme est le mal absolu — s’est enkysté dans les structures à vocation fédérale de l’entité bruxelloise au sein de laquelle elle possède son propre Parlement, le Parlement juif européen. 

Pour ne pas être en reste avec la réalité, ajoutons que ce pays, prétendument le plus démocratique de tout l’Orient proche et lointain, n’a ni frontières internationalement reconnues, ni Constitution (l’interprétation de la Torah en tenant lieu, la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 annonçait une Constitution devant être adoptée par une Assemblée constituante avant le 1er octobre 1948, texte qui ne vit jamais le jour !) et qu’il est de cette manière une pure théocratie parlementaire au même titre que la République islamique d’Iran. État que les dirigeants israéliens vomissent et contre lequel ils ne cessent de pousser les néoconservateurs de Washington à la guerre… avec, bien entendu, les Européens à la remorque mais qui, contraints par l’Alliance Atlantique, ne pourront pas ne pas y participer, même si c’est en geignant et en renâclant pour la galerie. Leur servilité n’ayant d’équivalent que leur incohérence, leur désarticulation, leur trisomie politique et leur corruption morale. Pitoyable sachant que l’Europe des peuples et des nations est en principe la première puissance économique planétaire. 

 

Finalement ceux qui cherchent à nous désolidariser de la cause de la Palestine, berceau du christianisme, veulent nous faire oublier que les massacres du 14 mai sont le prolongement meurtrier de la guerre de l’été 2014 (dénommée Bordure protectrice ou Roc inébranlable de juillet à août) contre Gaza : plus de 2 000 morts et 1 500 blessés selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Une guerre sans fin assortie de négociations en trompe-l’œil et sans issue, éternellement recommencée et couvrant la progression constante du grignotage de la Cisjordanie par les colonies juives. En 1983, l’on comptait déjà 76 095 colons à Jérusalem-Est, 22 800 en Cisjordanie, 6 800 dans le Golan et 900 dans la Bande de Gaza… Elles totalisent aujourd’hui plus de 600 000 âmes dont la moitié à Jérusalem-Est et dans quelque 150 implantations de Cisjordanie, outre une trentaine dans le Golan. « Mais une fois encore, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine au « droit imprescriptible d’Israël à se défendre », quant aux colonies, ce sont des « implantations », le mur de séparation « un mur de sécurité », Israël une « démocratie », les manifestants de Gaza et tous les résistants à l’occupation des « terroristes ». Dans cette novlangue invasive » et totalitaire, les expressions apparemment les plus anodines étant là pour nous tromper, nous leurrer et pire, nous interdire de penser… « Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix » [Bruno Guigue/rt.com15mai18]. Quelle illusion et quel atroce mensonge en effet que de renvoyer les victimes dos à dos avec leurs oppresseurs et leurs bourreaux !

 

Comment se fait-il qu’il y ait eu si peu de réactions face aux crimes de l’entité sioniste ? Comme le remarquait Jean-Marie Le Pen dans son dernier journal de bord, les media ne manifestent en effet aucune compassion pour le massacre de civils désarmés, d’hommes, de femmes, d’enfants à qui l’on nie tout droit, toute dignité alors qu’ils sont chez eux. S’il s’était agi d’animaux, les organisations de défense de la cause animale auraient protesté vigoureusement. Là rien. On mesure là la puissance de l’oppression sioniste sur le monde. Au nom de sa sécurité, l’entité sioniste sème sans aucun frein la mort, le chaos et la désolation autour d’elle. Israël peut tout se permettre grâce à la religion de la Shoah. Au nom de la Mémoire tous les jours Israël tue, opprime, détruit, humilie. Yad Vashem est le plus solide bouclier d’Israël, le garant de son immunité et de son impunité. Chaque fois qu’est rallumée la flamme du mémorial de la shoah, l’entité sioniste est légitimée à mettre à feu et à sang le Proche-Orient, à pousser à la guerre contre la Syrie et l’Iran, après avoir diabolisé l’Irak de Saddam Hussein, et à persécuter sans vergogne les Palestiniens. Chaque fois qu’est rallumée la flamme du mémorial de la shoah, un permis de tuer, d’opprimer et de massacrer en toute impunité est ainsi donné. Le Dogme de la Shoah légitime le génocide de tout un peuple et le martyre de Gaza. Il fonctionne comme un passe-partout qui permet d’ouvrir le coffre des banques suisses sans avoir besoin de les braquer, d’obtenir de sempiternelles réparations financières de l’Allemagne et de la SNCF, il œuvre tel un virus à la destruction de nos défenses immunitaires, lave nos cerveaux, et ceux de nos enfants, en créant des générations de judéoserviles et d’ethnomasochistes et favorise le Grand Remplacement des populations, des cœurs, des esprits et des âmes. Mais on peut être sûr qu’il n’y aura pas de journal d’Anne Frank, pas de mémorial, pas de film à Hollywood pour raconter le martyre continu du peuple palestinien, non plus que le suicide assisté des peuples d’Europe. Il n’y aura jamais de cars scolaires affrétés pour faire pleurer les enfants des écoles sur ces effrayantes réalités. 

Jérôme BOURBON

Editorial du numéro 3331 de RIVAROL daté du 23 mai 2018.

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