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Delevoye : la voie du mensonge et du déshonneur

Dans leur système démocratique, on n’est jamais déçu. Tous les dirigeants sont corrompus, tous traînent à leurs pieds des casseroles tintinnabulantes. Il est faux de croire que seule une petite minorité des politiciens seraient malhonnêtes, tricheurs, menteurs, concussionnaires. Tous sont en réalité des faquins, des coquins et des gredins, des vendus, des tordus et des corrompus. Ils ne sont certes pas tous des andouilles mais ils sont tous des fripouilles trempant dans les pires magouilles. Et plus ils obtiennent de hauts postes de responsabilité, plus ils occupent des fonctions prestigieuses et rémunératrices, plus ils évoluent dans les palais et leurs dorures, plus on peut être sûr qu’ils sont des pourritures. Le chiraquien Jean-Paul Delevoye, le haut commissaire aux retraites, devenu macronien, ne fait pas exception à la règle. Comme avant lui le socialiste Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget chargé de lutter contre la fraude fiscale et qui en réalité fraudait le fisc depuis des années à hauteur de millions d’euros et avait fait du vol et de la tricherie un système organisé, ce qui ne l’empêchait toutefois pas de multiplier, lorsqu’il était au gouvernement, les mâles déclarations et les menaces les plus fermes contre les fraudeurs — peut-on aller plus loin dans le cynisme et la tartuferie ? —, Jean-Paul Delevoye, qui porte sur son visage sa fourberie et sa duplicité, a menti activement.

Il a été obligé de présenter sa démission le lundi 16 décembre tant la situation devenait intenable pour lui et le gouvernement. Il avait en effet “oublié” (sic !) de déclarer onze mandats qu’il occupait auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ce que l’intéressé appelle pudiquement des “omissions”. Delevoye a en effet des liens étroits avec le milieu des assurances, ce qu’il s’était bien gardé de dire, et cela rendait d’autant plus scandaleuse et suspecte sa fonction de Haut commissaire aux retraites. En effet, sa réforme qui vise à en finir progressivement avec la retraite par répartition introduit un système qui fait la part belle aux assurances privées. Delevoye avait manifestement un intérêt évident à cette évolution. On voit une nouvelle fois que, de manière grossière, les dirigeants du pays font passer leurs intérêts privés, personnels et matériels, avant le bien commun.

 

Mais il y a pire encore. Si Delevoye a démissionné dès le lundi 16, pressé par le gouvernement, c’est que, deux jours plus tard, le mercredi 18 décembre, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) devait statuer sur sa situation, avec la probabilité de saisir le Parquet pour manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque la polémique a éclaté, Delevoye qui avait initialement mentionné trois mandats à la HATVP en a tout à coup déclaré treize, la mémoire lui étant subitement revenue. Sauf qu’il s’est bien gardé d’en révéler un quatorzième, le plus gênant, le plus compromettant : celui de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), fonction qu’il occupa du 16 octobre 2010 au 1er décembre 2015. Il ne s’agit pas là, comme pour les précédents manquements aux obligations déclaratives du ministre des retraites, de la présidence d’honneur d’un think-tank ou d’une place d’administrateur d’un institut de formation, tous mandats qui donnent toutefois bien des avantages et des privilèges de toutes sortes, mais bien de la direction d’un organe de représentation socio-professionnelle prévu par la Constitution. Un mandat au titre duquel, précise le site internet du Cese, Jean-Paul Delevoye, percevait la coquette somme de « 6 330,32 euros net par mois ».

Et que Delevoye, dont la mauvaise foi est manifeste, ne nous fasse pas croire qu’il ignorait ces obligations déclaratives. Depuis 2013, la loi oblige en effet tout ministre à préciser à la HATVP ses responsabilités présentes et passées susceptibles de présenter un risque de conflit d’intérêts et d’influencer ses futures décisions. Or c’est en vain qu’on chercherait la mention du mandat de président du Cese, octroyé par un vote de l’assemblée du Cese, ni du revenu l’accompagnant, dans la déclaration consultable sur le site de la HATVP. Pourtant, le formulaire de déclaration d’intérêt est on ne peut plus clair : doivent apparaître « les participations aux organes dirigeants d’un organisme public ou privé ou d’une société à la date de l’élection ou de la nomination et au cours des cinq années précédant la date de la déclaration ». Jean-Paul Delevoye aurait donc dû déclarer ses revenus liés au Cese pour la fin d’année 2014 et l’année 2015. Comme l’écrit Marianne, « si un doute subsistait malgré tout, le guide du déclarant, disponible en quelques clics, serait là pour le lever : «Toutes les fonctions dirigeantes, qu’elles aient donné lieu ou non à rémunération, doivent être mentionnées», précise-t-il. «Les fonctions dirigeantes exercées au titre d’un mandat politique ou comme représentant de l’État ou d’une collectivité doivent également être mentionnées », indique le guide. Or, dans la déclaration initiale de Jean-Paul Delevoye, transmise par ce dernier le 15 novembre, ne figure, dans la section consacrée aux participations aux organes dirigeants d’un organisme public dans les cinq ans avant la déclaration d’intérêts, que son ancien poste de « conseiller du délégué général» du groupe d’enseignement supérieur privé IGS. Au passage, Le Monde a relevé que le salaire accompagnant cette fonction avait été nettement revu à la hausse dans la version révisée envoyée dans la soirée du vendredi 13 décembre et que le quotidien a pu consulter. Jean-Paul Delevoye déclare désormais 78 408 euros net au titre de ce contrat, contre 40 000 euros net dans sa première version. » Soit le double ! Là encore l’amnésie avait été impressionnante !

On le voit, Delevoye n’a fait que mentir, osant déclarer avec un aplomb caractéristique des corrompus et des traîtres qui nous oppriment : « Quand je suis devenu haut-commissaire au gouvernement, j’ai été extrêmement attentif à ma déclaration de patrimoine et ayant toujours considéré que le déclaratif devait être contrôlé par des personnes assermentées, j’ai fait appel à un expert-comptable. J’avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d’intérêts, sans doute parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir de conflit d’intérêts et parce que j’étais obnubilé par ma déclaration de patrimoine. »

La macronie qui se voulait exemplaire et qui prétendait rompre avec les pratiques antérieures montre qu’elle est aussi corrompue que les gouvernements qui l’ont précédé. Les plus proches de Macron sont tous mis en cause pour des affaires graves, de la délinquance politico-financière, de l’affairiste Richard Ferrand qui est scandaleusement toujours président de l’Assemblée nationale au tartufe Delevoye, en passant par le dégénéré Castaner, festoyant dans des lieux de débauche au moment même où ils envoient la police matraquer les gilets jaunes. On le voit, le renouveau que le banquier d’affaires, créature de Rothschild et d’Attali, prétendait apporter était évidemment un mensonge, un leurre, une illusion, une escroquerie.

A l’instar de tous les partis politiques existants, de tous leurs chefs invités sur le petit écran et promus à la hauteur de leurs bassesses, de leurs compromissions et de leurs reptations. Rien de bon, de juste, de vrai, de noble, de régénérant ne peut sortir de là. Depuis Stavisky rien n’a changé, sinon pour le pire. On est plus que jamais dans la République des voleurs. A la turpitude de leur Système contre-nature et prébendier, on préférera, tout particulièrement à l’approche de Noël, le sublime message de la crèche qui est en tout à l’opposé de ce que sont et de ce que font ces malfrats.

 […] 

(lire la suite)

Jérôme BOURBON.

Editorial du numéro 3404 de RIVAROL daté du 18 décembre 2019.

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