Des divisions autour de la guerre contre l’Iran font surface au sein de l’administration Trump, cette fois à travers des révélations de la CIA sur l’inefficacité de l’attaque américaine. La CIA estime que l’Iran peut supporter le blocus naval pendant 90 à 120 jours encore au moins et que Téhéran conserve encore une grande partie de ses capacités balistiques contredisant les affirmations de l’administration Trump sur l’affaiblissement total de l’Iran.
Les mensonges de Trump
Washington présente depuis plusieurs semaines l’opération militaire américaine comme un succès majeur qui aurait neutraliser durablement l’appareil militaire iranien. L’administration Trump affirme avoir considérablement affaibli les capacités militaires iraniennes : Donald Trump et plusieurs responsables américains assènent que l’essentiel des capacités balistiques et des drones iraniens a été détruit après les frappes israéliennes et américaines de l’opération Epic Fury.
Pourtant, les capacités de riposte démontrées récemment par Téhéran remettent en cause cette lecture. L’Iran a encore lancé plusieurs missiles et drones contre les Émirats Arabes Unis après une tentative américaine de forcer le passage d’un navire militaire dans le détroit d’Ormuz. La République islamique affirme également avoir touché un bâtiment américain, ce que Washington nie.
La résilience iranienne
Les services de renseignement américains tendent un nouveau croche-pied à la Maison Blanche. Et en effet une évaluation interne de la CIA qui a fuité vient largement nuancer le discours tr(i)umphaliste. Le rapport révélé par le Washington Post évalue que Téhéran pourrait résister entre trois et quatre mois au blocus naval imposé dans le détroit d’Ormuz avant de commencer à subir des conséquences économiques. Et l’Iran conserverait encore 70 % de son stock de missiles et près de 75 % de ses lanceurs mobiles d’avant-guerre.
Les infrastructures souterraines de stockage auraient également été remises en service. La CIA n’est pas convaincue que le Pentagone ait réussi à ébranler sérieusement la production de nouveaux missiles et drones, qui se poursuit en sous-sol. Les services secrets américains estiment que l’Iran peut soutenir une confrontation prolongée avec les États-Unis.
Le rapport souligne par ailleurs que l’économie iranienne, bien que fragilisée, demeure plus résiliente qu’attendu. Les États-Unis misaient notamment sur une saturation rapide des capacités de stockage pétrolier iraniennes afin de provoquer un effondrement des infrastructures énergétiques. Or, plusieurs sociétés spécialisées dans l’analyse énergétique estiment désormais que Téhéran dispose encore de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, avant d’atteindre un seuil critique.

Le locataire de la Maison Blanche a bien essayé un plan appelé « Projet Liberté », qui prévoyait d’envoyer des navires de guerre américains escorter les bateaux dans le détroit, mais un accrochage avec les forces iraniennes a suffi à tout arrêter par crainte que la situation ne dégénère. Et malgré la pression maritime, les pétroliers iraniens parviennent à se faufiler entre les mailles d’un dispositif naval américain trop restreint. L’effet du blocus américain s’en trouve donc fortement atténué.
L’Iran conserve par ailleurs plusieurs alternatives commerciales grâce à ses frontières terrestres avec l’Irak, la Turquie, le Pakistan ou encore l’Afghanistan, ainsi qu’à ses échanges via la mer Caspienne. Le pays demeure également largement autosuffisant pour certains produits essentiels, notamment alimentaires.
Cette nouvelle évaluation de la CIA illustre l’écart croissant entre les déclarations politiques de Trump et son administration de fanfarons et la réalité observable sur le terrain. Elle suggère surtout qu’aucun des deux camps ne semble aujourd’hui capable d’imposer rapidement une victoire décisive, écornant un peu plus le mythe de la « superpuissance gendarme du monde ».













































JN TV








