Le secrétaire au Trésor américain a reconnu que Washington a orchestré une pénurie de dollars en Iran, un mouvement qui a conduit au fort déclin du rial et aux pressions économiques qui ont préparé le terrain pour les soulèvements de décembre.
Lors d’une audition au Sénat vendredi 6 février 2026, la sénatrice Katie Elizabeth Boyd Britt a interrogé le secrétaire au Trésor Scott Kenneth Homer Bessent au sujet des mesures prises par l’administration américaine de Donald Trump pour intensifier la politique dite de « pression maximale » sur l’Iran.
« La campagne de pression maximale menée contre l’Iran a provoqué l’effondrement de l’économie du pays et déclenché les manifestations et les troubles qui ont débuté fin décembre. Au Trésor, nous avons créé une pénurie de dollars dans le pays… Cette pénurie a atteint son point culminant, rapide et, je dirais, spectaculaire, en décembre, avec la faillite de l’une des plus grandes banques iraniennes. Il y a eu une ruée sur les guichets. La banque centrale a dû imprimer de la monnaie, la livre iranienne s’est effondrée, l’inflation a explosé et, par conséquent, nous avons vu le peuple iranien dans les rues »
Car en fait les États-Unis travaillent à créer une crise monétaire et économique en Iran depuis au moins un an, comme en témoigne le discours de Scott Bessent devant l’Economic Club of New York, le 6 mars 2025, au lendemain de sa rencontre avec le ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, dont on connaît les vues suprémacistes :
« Enfin, la sécurité économique et la sécurité nationale sont indissociables. Au Trésor, nos outils financiers uniques constituent un élément essentiel de la politique étrangère américaine. Le mois dernier, la Maison Blanche a annoncé sa campagne de pression maximale contre l’Iran, visant à faire s’effondrer son économie déjà chancelante. L’économie iranienne est en plein désarroi : une inflation officielle de 35 %, une monnaie qui s’est dépréciée de 60 % au cours des 12 derniers mois et une crise énergétique persistante. Je connais bien les dévaluations monétaires, et si j’étais Iranien, je retirerais immédiatement tout mon argent du rial.
Cette situation précaire existait déjà avant notre campagne de pression maximale, conçue pour faire chuter les exportations de pétrole iraniennes de 1,5 à 1,6 million de barils par jour actuellement, au niveau dérisoire qu’elles connaissaient lorsque le président Trump a quitté ses fonctions. L’Iran a développé un réseau parallèle complexe de facilitateurs financiers et de transporteurs pétroliers clandestins, utilisant une flotte fantôme pour vendre du pétrole, des produits pétrochimiques et d’autres matières premières afin de financer ses exportations et de générer des devises fortes. C’est pourquoi nous avons intensifié notre campagne de sanctions contre cette infrastructure d’exportation, ciblant tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement pétrolière iranienne. Nous avons conjugué cette action à un engagement ferme du gouvernement et à des efforts de sensibilisation du secteur privé.
Nous allons couper l’accès de l’Iran au système financier international en ciblant les acteurs régionaux qui facilitent le transfert de ses revenus. Le Trésor est prêt à engager des discussions franches avec ces pays. Nous allons paralyser le secteur pétrolier iranien et ses capacités de production de drones.
Nous avons prédéfini des objectifs et un calendrier. Ruiner l’Iran marquera le début de notre politique de sanctions actualisée. Restez à l’écoute. Si la sécurité économique est synonyme de sécurité nationale, le régime de Téhéran n’aura ni l’une ni l’autre. »

Et en plus de provoquer une pénurie de dollars, Washington a donc également travaillé à « ramener les exportations iraniennes de pétrole à zéro » dans le cadre de la même campagne, en resserrant les contraintes économiques pour les citoyens iraniens et en poursuivant ouvertement la déstabilisation financière.
Le 20 janvier 2026, le secrétaire au Trésor se félicitait dans une entrevue des résultats des sanctions américaines : « C’est l’art de la gouvernance économique, aucun coup de feu n’a été tiré », [enfin pas jusqu’à décembre 2025] a-t-il ajouté, assumant le recours délibéré à la guerre économique.
Et lorsque les manifestations pacifiques contre la dévaluation de la monnaie ont commencé en décembre, des groupes organisés liés à divers services spéciaux, américains, israéliens sont intervenus, ciblant les manifestants, les forces de sécurité, les bâtiments gouvernementaux et les mosquées, transformant les manifestations économiques en violences coordonnées.
Le chef de la police iranienne, Ahmad Reza Radan, a expliqué qu’au départ les rassemblements « étaient de véritables protestations économiques des commerçants du marché », mais ils « se sont ensuite transformées en émeutes ».
La police iranienne a arrêté des émeutiers et leurs organisateurs, y compris des personnes recevant des fonds de l’étranger et d’autres portant des armes et des explosifs. Il a noté que plusieurs détenus ont avoué avoir reçu des paiements en dollars, indiquant un soutien d’ONG et de services de renseignement étrangers.


Des médias israéliens ont ensuite confirmé la présence d’éléments liés au Mossad lors des émeutes et des attaques antigouvernementales. Mais des militants liés à des groupes séparatistes kurdes, basés dans le nord de l’Irak, ont aussi franchi la frontière pour participer aux violences en Iran. Depuis des années, l’Iran fait face à des attaques transfrontalières de la part de groupes armés kurdes, dont le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDPI) et des factions similaires, souvent avec un soutien étranger.
Trump et ses partenaires israéliens ont utilisé des récits fabriqués de toutes pièces concernant la répression des manifestants par le pouvoir pour justifier leur volonté de relancer la confrontation et de déclencher une guerre contre l’Iran.
750 banques et 350 mosquées détruites ou incendiées et plus de 2000 iraniens assassinés…
Voilà une partie du bilan des émeutes terroristes perpétrées lors de la derniere tentative de la révolution de couleur en Iran ! pic.twitter.com/x21ty7wd84— YVAN BENEDETTI (@Yvan_Benedetti) January 22, 2026































Jeune Nation TV









