Le jury du Prix international Robert Faurisson qui s’est réuni comme chaque année à Vichy, le 25 janvier, date de la naissance, en 1929, du célèbre Professeur, a choisi pour sa septième édition de remettre cette décoration à titre posthume au grand révisionniste suisse allemand, Jürgen Graf, décédé à 73 ans le 14 janvier 2025 à Baden. C’est la première fois que le jury présidé depuis la fondation en 2018 de ce Prix par le ténor et compositeur italien Joe Fallisi accorde sa récompense à un révisionniste qui n’est plus de ce monde. Il a en effet choisi cette année de faire une exception. Pour deux raisons. D’une part, parce qu’il était prévu fin 2024 que Jürgen Graf, alors encore vivant, fût décoré début 2025, mais les ennuis judicaires de Fallisi qui était alors emprisonné puis placé en résidence surveillée chez lui en Italie pour une pseudo-affaire de terrorisme qui s’est complètement dégonflée depuis — on avait accusé, de manière absurde, cet homme pacifique, bon et courtois, aimant la poésie, de projeter l’assassinat de Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres d’Italie ! — ne lui avaient pas permis l’an dernier de se déplacer à Vichy et de remettre un Prix. D’autre part, parce que Jürgen Graf est l’un des chercheurs qui a le plus fait, des décennies entières, pour la cause du révisionnisme, et ce jusqu’à son dernier souffle.
Graf est mort d’un cancer, de manière prématurée. Et ce n’est pas un hasard si tant de révisionnistes actifs meurent relativement jeunes, et souvent de graves maladies. Leur vie est tellement pleine d’épreuves, d’embûches et de persécutions de toutes sortes que cela a naturellement des conséquences considérables sur le corps et sur l’esprit. Rappelons-nous ce qui est arrivé au révisionniste autrichien Wolfgang Fröhlich, mort épuisé, à 70 ans, après avoir passé quinze ans, oui 15 ans, de sa vie derrière les barreaux pour « crime de la pensée » (sic !), dont 11 ans et 6 mois sans interruption de septembre 2007 à mars 2019. Pendant sa si longue incarcération, il avait été victime de deux crises cardiaques et avait dû subir trois pontages coronariens !
Jürgen Graf, pendant sa jeunesse, a étudié le français, l’anglais et les langues scandinaves à l’Université de Bâle, la ville où il est né le 15 août 1951, puis il a travaillé comme maître de conférences. Cet enseignant polyglotte et brillant a décrit son activité en tant que traducteur pour demandeurs d’asile dans son premier livre, La Nef des Fous, où il dénonçait, de manière talentueuse, en racontant une multitude de faits concrets et précis, les méfaits de l’immigration massive en Suisse. Il publie son premier ouvrage révisionniste en juin 1993, l’Holocauste au scanner. Ce remarquable résumé de l’argumentaire révisionniste marque sans surprise le début de ses tourments judiciaires et professionnels. Cela lui vaut d’abord d’être licencié de son poste d’enseignant, mésaventure qui arrivera quatre ans plus tard en France à Vincent Reynouard, professeur de mathématiques dans un lycée professionnel à Honfleur dans le Calvados (révoqué en 1997), puis à JeanLouis Berger, professeur de français dans un collège à Lemberg en Moselle (suspendu en 1999, radié définitivement en 2000, décédé à 60 ans en 2007 des suites d’un cancer de l’anus. Sa courageuse épouse, Jacqueline Berger, le suivra peu de temps après dans la tombe, elle aussi des suites d’une longue maladie. Le couple avait été totalement ruiné par les amendes et dommages et intérêts astronomiques auxquels Jean-Louis Berger avait été condamné pour ses propos révisionnistes). Preuve que le travail de Graf dérange, un arrêté du 19 décembre 1994 « portant interdiction de circulation, de distribution et de mise en vente d’un ouvrage » est publié en France contre l’Holocauste au scanner par le ministère de l’Intérieur où sévit Charles Pasqua (lequel a alors pour conseiller… Patrick Gaubert, futur président de la LICRA). Toutefois, à l’issue d’une longue procédure, en septembre 2002, défendu par Me Eric Delcroix, Jürgen Graf voit la 11e chambre d’appel de Paris lever l’interdiction de diffusion sur le territoire français de son livre. C’est une magnifique victoire. Avec d’autres militants révisionnistes et nationalistes, Jürgen Graf a lutté avec énergie, combativité mais hélas sans succès en 1994 contre l’adhésion de la Suisse à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. La condition préalable était l’introduction d’une disposition pénale contre les propos et les actes jugés « racistes ou négationnistes ». On sait ce qu’il convient de penser de tout cela.
En 1995, Jürgen Graf est condamné à un an de probation en République fédérale d’Allemagne pour incitation à la haine. En juillet 1998, un tribunal suisse le condamne à 15 mois de prison et à une lourde amende. Pour ne pas purger sa peine, car il entend poursuivre ses travaux anticonformistes, Graf s’exile en août 2000. Après un bref séjour à Téhéran — il demande en vain l’asile politique à l’Iran —, puis en Biélorussie, il vit pendant 17 ans à Moscou. Après l’expiration du délai de prescription, Graf retourne en 2018 dans sa ville natale de Bâle avec sa femme biélorusse, qu’il a épousée en 2001. Il a longtemps travaillé à Moscou comme traducteur, écrit des ouvrages révisionnistes de grande qualité, certains en collaboration avec l’Italien Carlo Mattogno et l’Allemand Germar Rudolf. Il travaillait sur un autre livre quand la mort est venue le chercher il y a un an. Il était en effet malade depuis plusieurs années et avait même dû faire appel à l’aide de généreux sympathisants pour pouvoir se soigner de son cancer tant il était dans une situation financièrement précaire, sinon dans la misère. C’est cela aussi l’engagement révisionniste : une vie extrêmement difficile de bout en bout. On ne s’en rend pas suffisamment compte. Cela nécessite un héroïsme permanent, des sacrifices inouïs, des renoncements crucifiants. De chaque instant.
Jérôme Bourbon
Source : Rivarol n°3693 du 28/01/2026



























Jeune Nation TV









