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Mise à mort de Vincent Lambert : un crime d’Etat programmé et interrompu in extremis

AU MOMENT où nous bouclions ce numéro, nous apprenons une bonne nouvelle de dernière minute, fût-elle temporaire. Alors que le “médecin” Vincent Sanchez du CHU de Reims avait commencé le lundi 20 mai au matin le processus de mise à mort de Vincent Lambert, condamné à mourir de faim et de soif, la cour d’appel de Paris le 20 mai au soir « ordonne à l’Etat français […] de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées [organisme des Nations unies] le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et de l’hydratation » de Vincent Lambert. « La cour de Paris a ordonné des mesures conservatoires, à savoir que l’alimentation et l’hydratation de Vincent doivent être reprises sans délai. C’est donc une extraordinaire victoire », a commenté Jean Paillot, un des avocats des parents du patient. Lundi après-midi, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait rejeté une ultime requête des héroïques parents.

Car tout est mensonge et tromperie dans cette affaire : Vincent Lambert est certes handicapé à la suite d’un grave accident de voiture survenu en 2008, il a perdu l’usage de la parole, mais il n’est relié à aucune machine, il respire normalement, il exprime des sentiments et des émotions, même s’il ne peut parler,  il a une relation affective très forte et très réelle avec ses parents. Vincent Lambert n’est pas un légume, il n’est pas en état végétatif. Pour ceux qui en douteraient, il suffit de regarder la vidéo, brève et poignante, prise par ses géniteurs le dimanche 19 mai au soir :

On voit Vincent pleurer devant ses parents lorsqu’il apprend qu’on va le mettre à mort, que des médecins qui sont censés soigner, sauver des vies vont froidement l’assassiner. Les images sont plus éloquentes et plus convaincantes qu’un long discours : Vincent sur son lit d’hôpital pleure ostensiblement, exprimant donc des émotions très visibles, très palpables dans ces heures tragiques.

AVANT LA décision in extremis de la cour d’appel de Paris, le chef de l’Etat avait dans la journée publié un communiqué à la Ponce Pilate où il se lavait les mains du crime qui commençait à être exécuté, où il refusait catégoriquement de s’y opposer, alors qu’il en a le pouvoir, et en déclarant, de manière totalement hypocrite, qu’il faut respecter la dignité de toute vie humaine. Voici intégralement ce communiqué lamentable de bout en bout et qui en dit long sur les malfaisants qui nous dirigent : « Comme chacun d’entre vous, je suis profondément touché par la situation de Vincent Lambert. Comme citoyen, j’ai suivi son accident en 2008, et sa situation depuis plus de 10 ans. Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n’y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements, qui ont traversé la famille de Vincent Lambert et traversent tant de familles de France. Et la volonté de respecter la dignité de toute vie humaine.

Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois.

Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route le 29 septembre 2008, il y a plus de 10 ans.

Toutes les expertises médicales ont conclu au caractère irréversible de son état. La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert. Derrière les déchirements, j’entends une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d’un citoyen. C’est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu’il n’y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n’ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. Juste à réaffirmer les principes fondamentaux qui tiennent notre Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun. Nous devons aujourd’hui une chose à Vincent Lambert et à sa famille : le respect de leur intimité et de leur douleur. »

IL FAUT que le “médecin” Vincent Sanchez du CHU de Reims refuse depuis des années de laisser partir Vincent Lambert vers un établissement spécialisé, et alors même que les parents du patient s’engageaient à payer eux-mêmes tous les frais, et que donc la collectivité n’aurait rien eu à débourser. Mais qu’attendre, il est vrai, de médecins qui n’ont pas honte de pratiquer des avortements, de mettre à mort des enfants ? Il est vain dans ce combat pour la vie et la civilisation, pour le respect et la protection des plus faibles, des plus démunis, de compter sur les hommes politiques, la plupart acquis à l’euthanasie et à l’avortement de masse, et aussi sur les plus hautes juridictions qui, de la cour de cassation à la cour européenne des droits de l’homme, en passant par le Conseil d’Etat ont toutes donné leur feu vert à l’assassinat programmé de Vincent Lambert. Ce n’est pas une surprise : ces mêmes juridictions n’ont rien trouvé à redire hier à la dépénalisation de l’avortement, non plus qu’à l’institution du prétendu mariage des invertis. Aujourd’hui celui qui veut combattre pour des principes, pour la morale, pour la vie, pour la civilisation, doit savoir qu’il sera seul, qu’il sera moqué, diffamé, insulté, et que toutes les institutions, quasiment toutes les personnalités publiques et influentes seront contre lui. 

Nous vivons dans une société mortifère qui détruit la vie par les deux bouts en multipliant de manière industrielle l’assassinat des enfants à naître sacrifiés sur l’autel de l’égoïsme, de l’individualisme, de l’appétit de jouissance, du matérialisme et en ouvrant désormais la voie à l’euthanasie systématique des vieillards, des handicapés, des plus faibles. Notre société apostate ne veut que des producteurs et des consommateurs. Par conséquent, les personnes dépendantes lui apparaissent comme un poids inutile et insupportable dont il faut se débarrasser. Dès le début des années quatre-vingts, Jacques Attali avait expliqué, pour s’en réjouir, que les sociétés du futur pratiqueraient massivement l’euthanasie. Nous y arrivons. Il se pratique déjà en douce depuis longtemps ici et là dans les hôpitaux où des médecins demandent au personnel infirmier d’augmenter massivement les doses de sédatif jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui permet de libérer des lits. Mais l’euthanasie va bientôt être officiellement légalisée, comme elle l’est déjà dans plusieurs pays d’Europe du Nord, dont la Belgique. Tous les hommes de cœur et de principe doivent s’opposer de toutes leurs forces à cette évolution vers une barbarie chaque jour plus effrayante, plus implacable des mœurs, des lois, des comportements et des institutions. C’est là une chose bien plus essentielle, bien plus urgente que de déposer un bout de papier dans une urne pour enrichir des politiciens qui, tous, autant qu’ils sont, ne savent que tromper, mentir et trahir. 

[…]

(lire la suite)

Jérôme BOURBON.

Editorial du numéro 3378 de RIVAROL daté du 22 mai 2019.

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