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Comprendre la mosaïque du Proche-Orient

On a coutume de parler de la « mosaïque des Balkans » près de nous, en Europe. Mais il en est une autre, moins proche, qui est un enchevêtrement un peu abscons de nationalités, religions et groupes d’influence : le Proche-Orient. Examinons cet « Orient compliqué » qui est l’une des régions du monde les plus importantes en terme géopolitique.

 

Deux des pays les plus puissants du Proche-Orient sont l’Arabie Saoudite et l’Iran. En Arabie Saoudite, la majorité de la population est arabe, tandis que les groupes ethniques les plus importants en l’Iran sont les Perses, les Azerbaïdjanais et les Kurdes.

La plupart des croyants en Iran sont des musulmans chiites (90-95%), alors qu’en Arabie Saoudite ce sont des musulmans sunnites (75-90%). Ces deux branches de l’islam s’opposent moins sur des motifs « théologiques », « liturgiques » ou « spirituels » que sur un fait « politico-historique » : la question de la dynastie et de l’héritage du prophète Mahomet. Et cette séparation de l’islam en deux branches joue un rôle fondamental dans les conflits du monde musulman.

 

L’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite depuis de nombreuses années se considère comme le chef de file du monde islamique. La ville de La Mecque abrite l’un des sanctuaires les plus importants de l’islam, la Kaaba ; et Médine, le lieu de sépulture du prophète Mahomet. Les deux sont en Arabie Saoudite. L’élite dirigeante saoudienne adhère à la branche rigoriste et cruelle de l’islam sunnite appelé wahhabisme. Ces dernières décennies l’Arabie a soutenu activement l’influence du wahhabisme dans le monde, y compris en Europe. Et l’interprétation de l’islam de l’État Islamique est très similaire à ce wahhabisme. Selon les informations de la correspondance personnelle de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, l’Arabie Saoudite aurait même financé directement l’État Islamique.

Les 30 millions d’habitants vivent dans une monarchie absolue sous le règne de la dynastie des al-Saoud, avec à sa tête le roi Salmane ben Abdelaziz, très âgé et malade, et le gouvernement est assuré par un des jeunes princes héritiers, Mohammed ben Salmane âgé de 32 ans.

Mohammed ben Salmane assoit son autorité dans le pays depuis le printemps 2018, lorsque sous prétexte d’une enquête secrète il a gelé et saisi de nombreux biens et actifs d’un certain nombre de princes, de ministres et de responsables militaires dont beaucoup ont été embastillés. Il est soupçonné d’avoir fait liquider le journaliste saoudien réfugié en Turquie Jamal Kashoggi. Cependant il a également donné des signes de vouloir  « adoucir » la stricte application de la charia dans le pays mais de façon très marginale malgré tout et probablement à usage des observateurs étrangers et de ses alliés internationaux uniquement.

Le principal allié de l’Arabie Saoudite sur la scène internationale sont les Etats-Unis. Il est à noter que le premier « voyage d’affaires » du président américain Donald Trump après son investiture, a été son séjour en Arabie saoudite en mai 2017, lors duquel a été signé un contrat commercial de vente d’armes pour un montant annoncé de plus de 100 milliards de dollars. On le voit, l’absence de système démocratique, pourtant clamé comme si cher aux yeux de l’oligarchie américaine, n’empêche pas les États-Unis d’y faire de juteuses affaires, a contrario de leur attitude face à des pays, certes, pas plus démocratiques, mais antisionistes, du Proche-Orient comme l’Irak ou la Syrie.

Le deuxième allié le plus important de l’Arabie Saoudite est, assez curieusement, Israël, l’État juif qui occupe illégalement la Palestine et persécute les Palestiniens. Et cela malgré le fait que l’Arabie, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays arabes, n’ont jamais même reconnu Israël. Ces denières années des informations concernant le renforcement des relations entre les deux pays ont été divulguées. Le ministre israélien de l’Infrastructure, Yuval Steinitz, l’a réaffirmé à sa manière, déclarant qu’Israël coopère avec la « partie modérée » du monde arabe, y compris les wahhabites, afin de contraindre l’influence de l’Iran chiite dans la région. À son tour, le chef de l’état-major de l’armée israélienne, Gadi Ayzenkot, s’est déclaré prêt à échanger des informations de renseignement avec Riyad pour faire face à l’Iran.

 

L’Iran

Avec la révolution iranienne de 1979, le gouvernement pro-occidental a été remplacé par un système politique plus religieux, à savoir la République islamique d’Iran. Aujourd’hui l’islam dominant en Iran est moins rigoriste qu’en Arabie saoudite, même si aux yeux d’un Européen, il reste certainement un pays islamique. Néanmoins, contrairement à l’Arabie saoudite, une forme de cadre et de sentiment national, sous la forme d’élections législatives par exemple, existe en Iran, même si l’ayatollah Ali Khamenei, le chef suprême du pays sur le plan spirituel et politique, a le dernier mot dans tous les domaines – des questions militaires à la sélection des candidats à la présidence.

L’Iran est un pays de l’axe résolument anti-américain et antisioniste, Téhéran ne reconnaît pas l’État d’Israël. Et les alliés de l’Iran sont les pays les plus intransigeants dans la défense des intérêts arabes et musulmans menacés par le sionisme. L’Iran a également tenu à plusieurs reprises des conférences autour du courant du révisionnisme historique de l’holocauste et s’est fermement opposé aux tentatives d’Israël pour répandre des mensonges sur la situation des Juifs dans l’Allemagne national-socialiste.

À plusieurs reprises le pays a connu des vagues de protestations d’abord centrées sur les problèmes économiques du pays, dont ont souvent été concomitantes des attaques contre les forces de sécurité et des bâtiments gouvernementaux du pays.

Les États-Unis admettent publiquement qu’ils soutiennent les forces de l’opposition pour faire chuter le pouvoir en Iran, comme ils le font ou tentent souvent de le faire par des révolutions colorées de la Géorgie à la Serbie. Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont tous deux exprimé leur soutien à l’opposition iranienne. Et de hauts responsables iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei, ont régulièrement accusé les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite d’avoir organisé les manifestations. Néanmoins, selon les Gardiens de la Révolution, seules quelques dizaines de milliers de personnes parmi les 80 millions d’habitants du pays prennent part à ces troubles, et ces manifestations s’apaisent rapidement.

Il est à noter qu’un beaucoup plus grand nombre d’Iraniens  participent à des manifestations de soutien et de fierté d’appartenance à la République islamique d’Iran, comme lors de la commémoration du 40e anniversaire en février 2019 du soulèvement de 1979 qui a abouti au changement de pouvoir. Vraisemblablement, d’autres tentative viendront encore d’Israël, des États-Unis et de l’Arabie saoudite visant à faire connaître à leur ennemi juré, un prétendu « printemps » iranien, faux masque des coteries atlanto-sionistes pour remettre la main sur le Maghreb et le Machrek.

Le conflit géopolitique entre l’Iran et l’Arabie saoudite a commencé à s’intensifier avec la révolution iranienne de 1979 et a pris aujourd’hui la forme d’une longue guerre froide.

 

La Syrie

Comme le savent probablement tous nos lecteurs, l’actuel chef de la Syrie est Bachar al-Assad, qui a succédé à la présidence en 2000 à son père Hafez al-Assad, qui occupait ce poste depuis 1971. La famille al-Assad appartient à une minorité religieuse, les Alaouites, qui, malgré certaines particularités, est une émanation du chiisme. Les alaouites et les chiites ne représentent que 13 % des 20 millions d’habitants du pays, alors que la majorité de la population est sunnite. Ethniquement, environ 1/10e de la population est kurde, tandis que la majorité des habitants de la Syrie sont des Arabes.

La Syrie est un allié de l’Iran et s’oppose fermement à Israël. Formellement, le pays est toujours en guerre avec l’État juif et le Hamas disposait même jusqu’à récemment d’un bureau de représentation du mouvement de résistance palestinienne dans le pays.

À la suite des « printemps » arabes, la Syrie a été touchée en 2011 par de violents affrontements entre les services de sécurité syriens et des musulmans sunnites opposés à Assad. L’opposition voulait contraindre le président à mener à bien les réformes qu’il avait promises. Les affrontements ont été féroces et ont fait des centaines de morts des deux côtés. Le conflit a rapidement dégénéré en une guerre civile entre le gouvernement et les prétendus « groupes rebelles » modérés, qui ont immédiatement attiré un grand nombre de jihadistes du monde entier ! Dès le début, les médiats occidentaux ont essayé de présenter ces groupes rebelles comme des citoyens ordinaires qui prenaient les armes pour se défendre et renverser Assad, sous l’appellation « Armée syrienne libre ». Cependant, en 2013, cette « Armée syrienne libre » a commencé à perdre ses effectifs au profit de Jabhat al-Nosra, la branche syrienne de l’organisation islamo-terroriste Al-Qaïda, à la suite de quoi les informations qualifiant les rebelles de « pacifiques » ont presque cessé.

Puis ces dernières années, il était devenu évident que la lutte opposait un Assad relativement nationaliste et laïque à divers groupes islamo-terroristes, notamment l’État Islamique. Ces « égorgeurs modérés », islamistes, ont été soutenus par les pays du Golfe avec à leur tête l’Arabie saoudite, les États-Unis et l’Entité sioniste qui n’ont pas hésité à leur faire livrer de nombreuses carguaisons d’armement…

Parmi les alliés politiques et religieux de la Syrie se trouve l’Iran et le Hezbollah, l’organisation chiite de résistance libanaise. Et officiellement à partir de 2015 la Russie s’est engagée aux côtés des autorités syriennes légales et légitimes.

Et c’est bien grâce aux soutiens des alliés de la Syrie que l’État islamique a perdu son fief géographique et que les jihadistes ont été quasiment totalement défaits.

Alors qu’Israël semble toujours espérer un coup d’État islamique en Syrie, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont déjà abandonné cette tactique. Israël tente de réaliser une partition dans le bloc chiite du monde arabe en isolant le Hezbollah. Les États-Unis et l’Arabie saoudite, à leur tour, ont décidé d’aider les Kurdes en Syrie. En plus de soutenir l’organisation des « Forces démocratiques syriennes », les États-Unis sont également présents à travers plusieurs bases militaires. Il convient de rappeler que cette présence étrangère – hors Russie et Iran – est illégale, puisque ni les Nations-Unies, ni le gouvernement syrien n’ont sollicité ni autorisé la présence des forces armées américaines. Au contraire, le gouvernement syrien a demandé à plusieurs reprises à l’ONU de tout faire pour décourager l’intervention des États-Unis.

À propos des interventions illégales, il est également intéressant de mentionner la Turquie, qui a d’abord soutenu les islamistes, puis après une volte-face d’Erdogan s’est rangée petit à petit aux côtés de l’Iran et de la Russie. La Turquie a récemment acheté le système anti-missile russe S-400. La raison de cette transition soudaine pourrait être le soutien américain aux Kurdes dont les conquêtes territoriales ont renforcé la volonté d’autonomie des Kurdes syriens. Des revendications qui pourraient également gagner les Kurdes de Turquie, toujours combattus et sévèrement réprimés comme un « peuple terroriste » par les autorités turques.

Enfin, rappelons que depuis la guerre de juin 1967, l’État sioniste occupe 1 200 kilomètres carrés du plateau du Golan (territoire syrien) dont l’annexion en 1981 n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, alors que les quelque 510 kilomètres carrés restants sont sous contrôle syrien. La ligne de cessez-le-feu était relativement calme ces dernières années mais la situation s’est tendue avec la guerre en Syrie déclenchée en 2011. C’est même par cette « voie » donnant directement sur la Syrie que des jihadistes combattant le régime syrien aurait pu être soignés en Israël, donnant lieu parfois à un ballet d’ambulances traversant la ligne de démarcation selon des témoins.

 

L’Irak

75 à 80 % de la population irakienne est d’origine ethnique arabe, le deuxième groupe étant composé de Kurdes, environ 15%. Les chiites en Irak représentent 55 à 60 % de la population, tandis que 30 à 35 % des Irakiens sont sunnites. En 2003, les troupes américaines ont envahi l’Irak et renversé le président Saddam Hussein, ce qui a quelque peu modifié l’orientation géopolitique de l’Irak. Sous la direction de Saddam Hussein, lui-même sunnite, les autorités du pays étaient plutôt méfiantes à propos de la majorité religieuse chiite et de la minorité ethnique kurde. L’Iran chiite avait été pour Saddam Hussein son pire ennemi de 1980 à 1988, avec une guerre qui avait fait environ un million de morts.

Après l’assassinat de Saddam Hussein par les États-Unis en 2016 après un pseudo-procès, les chiites d’Irak ont commencé à se renforcer. Les Hachd al-Chaabi (« Unités de Mobilisation Populaire », coalition paramilitaire de milices en majorité chiites formées en 2014 pendant la seconde guerre civile irakienne) sont l’une des principales organisations qui ont contribué à la réalisation de cet objectif.

Après que l’État Islamique a commencé à s’emparer des terres irakiennes en 2014, l’ayatollah chiite Ali Sistani a appelé les Irakiens à prendre les armes et à poursuivre le combat que les autorités n’étaient pas décidées à mener. Ces Unités de Mobilisation populaires sont soutenues économiquement par l’Iran, qui entraîne également ses soldats. Cette influence croissante des milices irakiennes soutenues par l’Iran est évidemment condamnée par les États-Unis. Par exemple, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson s’y est ouvertement opposé. Malgré tout, l’actuel premier ministre chiite irakien Haider Jawad al-Abadi a soutenu ces combattants qu’il a appelé « l’espoir de la nation », et le Ministre des Affaires Étrangères d’Iraq, a déclaré que « Bagdad ne rejoindra jamais la coalition anti-iranienne ».

En parlant d’Irak, il est impossible de passer sous silence la situation des Kurdes. Le fait est qu’avec leur succès dans la lutte contre l’État Islamique, les Kurdes ont « annexé » un territoire débordant largement le Kurdistan irakien « officiel ». Dans ce contexte, les Kurdes irakiens ont décidé de voter pour leur indépendance que le gouvernement irakien a refusé au nom de la constitution du pays. Israël s’étant révélé leur seul allié dans la région – sans compter les États-Unis -, et l’Irak ayant décidé avec l’aide des forces armées de récupérer, entre autres, les champs de pétrole qu’ils avaient libéré de l’État Islamique, les Kurdes ont décidé de se soumettre. Ainsi, le conflit de masse a été évité, même si la lutte des Kurdes pour l’indépendance en Irak, en Syrie, en Turquie et en Iran n’est sans doute pas terminée.

 

Le Liban

Malgré l’homogénéité ethnique relative au Liban, il existe un grand nombre de courants religieux et d’Églises au Liban, dont 18 ont un statut officiel. Pour simplifier, les chiites et les sunnites du pays représentent 27% chacun, tandis que 40% de la population est chrétienne de différentes traditions. Dans les années 1975-1990, divers groupes du pays ont mené une guerre civile au cours de laquelle quelques 100 000 personnes furent tuées.

Pendant la guerre civile est née un parti-milice qui, du point de vue géopolitique, est l’une des organisations les plus importantes au Liban et même au Proche-Orient, à savoir le Hezbollah. Non sans l’aide de l’Iran, l’organisation a maintenant une influence dominante, sociale, politique et militaire sur la grande majorité des chiites, et même beaucoup de chrétiens, ce qui explique pourquoi il est souvent qualifié « d’État dans l’État ». Le Hezbollah est une organisation respectée par la majeure partie du monde islamique, et même certains sunnites, en raison du fait qu’en 2006, il a repoussé avec succès une tentative d’invasion israélienne du Liban par le sud. La guerre qui a coûté 1 200 vies libanaises et 165 israéliennes n’a apporté aucune avancée à Israël.

Malgré le succès du Hezbollah dans la guerre contre les terroristes sunnites en Syrie (soutenus par les pays du golfe Persique, les États-Unis et Israël), la Ligue arabe a qualifié le Hezbollah d’organisation terroriste en 2016…

Au Sud, la souveraineté sur une bande de territoire à la frontière entre le Liban et le plateau du Golan reste contestée : les fermes de Chebba. Elles s’étendent sur presque dix kilomètres le long de la frontière, au sud du village libanais de Chebaa, sur les pentes ouest du Mont Hermon, à proximité du point de triple frontière entre Syrie, Liban et Israël. Leur altitude atteint jusqu’à 1 880 mètres, ce qui ajoute une valeur stratégique.

Israël a pris le contrôle de cette région lors de la guerre israélo-arabe de 1967 à laquelle le Liban n’a pas participé. Depuis, le gouvernement libanais et le Hezbollah réclame et se battent pour que les fermes de Chebaa redeviennent partie intégrante du Liban.

 

Le Yémen

Le Yémen, avec ses 44 % de chiites (Houtis) et 56 % de sunnites, est également un pion sur l’échiquier qu’est la confrontation de l’Arabie saoudite et de l’Iran. En 2015, l’Arabiea envoyé ses troupes dans le pays pour ramener au pouvoir le président pro-saoudien Abd Rabbu Mansour Hadi, renversé par Ali Abdullah Saleh.

De nombreux opposants aux Houtis affirment qu’ils sont directement soutenus militairement par l’Iran, mais ces derniers le nient. Cependant, l’Iran leur accorde son soutien politique, car les Houtis ne cachent pas leur doctrine antisioniste. L’un des slogans les plus fréquents des rebelles Houtis est : « Allah est grand, mort aux États-Unis, mort à Israël, malédiction sur les Juifs, victoire de l’Islam ».

Des militants des rebelles houthis manifestent à Sanaa, trois ans après l’entrée de la coalition arabe dans le conflit au Yémen.

En décembre dernier, le président Saleh a soudainement décidé de « tourner la page » et a refusé de soutenir les Houtis, préférant un apaisement avec l’Arabie saoudite, ce qui a sans doute conduit à son assassinat alors qu’il tentait de s’échapper de la capitale du Yémen, Sanaa. Cela a conduit à un contrôle accru de la capitale par les Houthis.

Dans sa tentative de rétablir le pouvoir de Hadi, la coalition militaire autour de l’Arabie saoudite bombarde fréquemment écoles, hôpitaux et même des mariages. Au total, plus de 10 000 personnes ont été tuées dans le conflit entre les Houtis et la coalition sunnite, et 40 000 autres ont été blessées (dont la plupart sont des civils). En réplique aux bombardements et au soutien occidental à la coalition attaquant le Yémen par des fournitures d’armes, les Houtis prennent fréquemment pour cible des parties du territoire saoudien et des navires croisant dans le detroit d’Ormuz.

En raison du blocus total et brutal imposé par l’Arabie saoudite, le pays manque cruellement de nourriture et de médicaments. Sur les 28 millions d’habitants du Yémen, 16 millions n’ont pas accès à l’eau potable et 2 millions d’enfants yéménites meurent de faim. Mais pour eux, pas de droit d’ingérence humanitaire et indifférence quasi-générale de la classe politico-médiatique occidentale…

 

En conclusion

Bien que les pays et les organisations chiites soient souvent anti-mondialistes, antisionistes et opposés au nouvel ordre atlanto-sioniste, il ne faut malgré tout pas y voir systématiquement une franche ligne de démarcation.

Ainsi le Hamas, mouvement sunnite combattant l’occupation israélienne en Palestine occupée, soutient à la fois l’Iran et le Hezbollah. Alors que dans le conflit syrien, le Hamas s’est positionné contre Assad, ayant pris parti au début du conflit pour les « rebelles », solidarité sunnite des Frères Musulmans oblige… Les relations entre les deux s’étaient alors gravement détériorées : le président Assad avait expulsé le Hamas de son pays et l’organisation de résistance s’était « repliée » vers le Qatar et la Turquie.

Quoi qu’il en soit, on peut observer que les sionistes dans la région enragent régulièrement contre les chiites qui neutralisent progressivement les guerres chaudes et froides d’Israël au Proche-Orient.

Pour l’avenir, on ne peut pas dire avec certitude quels conflits, intrigues ou alliances (et leurs retournements) sont susceptibles de bouleverser encore cet Orient compliqué. Mais il faut garder à l’esprit que tout nouveau développement ou conflit faisant trembler la région atteint non seulement les zones frontalières mais s’étend également jusqu’au cœur de notre « forteresse » Europe, par les flux migratoires ou les soubressauts terroristes qu’ils peuvent engendrer.

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