Où se trouve le bien ? Où se trouve le mal ? Un peu d’histoire…
Nous sommes le 10 mai 1940, les jolies pâquerettes françaises sont piétinées, les paisibles chênes séculaires déracinés par le passage tonitruant des panzers à chenilles et croix noires allemandes. Du ciel, surgissent les avions nommés « stuka », affinés comme des aigles. Déterminés.
Quelques jours suffirent à l’ouragan allemand pour emporter la France, d’une oisiveté écœurante. L’armée française est tragiquement mise en déroute, les uns fuient, les autres meurent. Notre pays est embroché de part en part par la vivacité des motocyclistes qui se ruent sur le bitume. La poussière se mélangeant à leur sueur laisse sur eux un masque noirâtre. Assis sur le hurlement de leur échappement, il semble que rien ne peut les arrêter. Sûrs de leur force, à la poursuite de leur destin.
Cette terre affaiblie par sa dernière victoire, aride d’efforts vitaux, aux allures d’un faux paradis terrestre inventé par l’homme, tomba sous une volonté de fer toute germanique. Quand l’humiliation sonne comme une évidence.
Une semaine plus tôt, le gouvernement français, se rappelant soudainement de quelques vérités longtemps bafouées, fit un petit détour à Notre-Dame. Il faut croire que Dieu n’écouta pas les prières de ces scélérats.
Les soldats de la Wehrmacht, grands guerriers blonds comme le soleil du sud, d’une droiture saisissante, bombent déjà le torse sous l’Arc de Triomphe. Sur la boucle de leur ceinture est gravé « Gott mit uns » (Dieu avec nous). Transpercée en son centre par la pureté de la dague allemande, la France fille ainée de l’Église, alitée depuis la révolution, n’est plus…
Dieu était avec eux.
Ça fait mal… Le 10 mai 1940 et les jours qui s’en suivirent furent-ils le jugement Divin d’une France depuis trop longtemps séduite par le Malin ? Nous en appelons aux hommes de bonne volonté.
100 000 soldats français périrent durant ces quelques jours. La France à honte tant sa défaite est cuisante. À plat ventre, face contre terre écrasée sous la botte de l’Archange guerrier, elle pleure la lâcheté de ses élites.
Il se disait, à ce moment-là, parmi les bruits qui couraient le long des ruelles pavées de nos villages que : » Nous avons déclaré la guerre à Berlin. Nous avons été battus par Sparte. »
Des spartiates ! Rien que ça ! Voilà ce que nos adolescents français voient arriver, déboulant dans leurs petits villages, avec toute la stupéfaction de leur jeunesse. Ces images sont gravées dans leurs cervelles, elles représentent pour les uns le mal absolu, pour d’autres, la puissance et l’idéal. Pour chacun, le choc est brutal, sans commune mesure. Il faut se mettre à la place de ces jeunes de 14/15 ans. Le sang bouillonnant d’énergie, qui a soif de vrai, de beau et d’aventure. Immobiles devant la parade triomphante de la Wehrmacht et Waffen SS, vainqueur de leurs pères, sublime et pourtant si détestable.
Voici justement quelques témoignages :
« Les premiers Allemands arrivés se mirent tout de suite à poil. Hâlés comme des riches, d’un beau ton uni, sans raccords ni brûlures. Ce fut une vilaine surprise quand on les aperçut, tout nus, devant le Miramar. Et toutes les villas bourrées de jeunes filles. On avait tout attendu, tout redouté, sauf ces blondeurs d’avant le péché. »
François Nourissier. Une histoire française. Grasset.
Voilà le terrible contraste auquel est confronté la jeunesse française. Écoutera-t-elle son cœur ? Suivra-t-elle la raison ? Constatant qu’une partie de la gente féminine est naturellement attiré par ce vainqueur, elle hésite, déchirée entre la fidélité parentale et l’envie de ressembler aux meilleurs, d’en faire partie. Il est certain que beaucoup d’entre eux, les hormones en ébullition, prendront pas la suite les armes, allant du côté de l’Angleterre ou celui des Spartiates germains.
« Un nouvel été s’anime. La nuit meurt. Le bâton de Goering brille comme un obélisque de mica. Les soldats allemands sont les fils du soleil, après ceux d’Alexandre. Ils ne dorment pas. Ils ont la chair provocante, des torses nus, maculés de l’huile des chargeurs, et leur sexe est une barre prise sous le ceinturon. Ils chantent. Ils ont bu de la glace, lapé des brasiers, verts dans les sables si durs. Ils brûlent. Ils tuent. Ils pénètrent dans les ventres vides. »
Dominique de Roux. La Mort de Céline.
« Ils étaient magnifiques ; ceux que j’avais alors vu défiler devant moi, et comme pour moi, étaient magnifiques. Ils chantaient la guerre, l’amour et les jeunes filles. Quelques villageois les regardaient, étonnés par l’allure de leurs vainqueurs, et les écoutaient, stupéfaits. Ces chants étaient d’un autre monde et les chanteurs conquéraient sans peine leur public. Il n’y avait pas d’applaudissements mais notre silence était pire. »
Philippe Héduy. Au lieutenant des Taglaites. La Table Ronde.
« Je n’oublierai jamais le jeune tankiste SS qui beurrait calmement son pain de plat de la lame de son poignard. Il ne nous regardait même pas. Il flottait autour de lui une odeur de guerre. De drap en sueur, de cuir, d’huile et de graisse tiède. Et s’il nous avait offert des poignards, des uniformes à notre taille et s’il nous avait assis aux commandes de l’énorme jouet, qu’eussions-nous fait de nos cahiers et de nos livres ? Un feu de joie, peut-être. »
Jean Cau. Le Meurtre d’un enfant. Gallimard.
Il est évident qu’à la vue de ces exemples virils, conquérants et victorieux, la jeunesse française eut une forte envie de brûler ses vieux livres républicains, de jeter au bûcher ce vieux monde de perdants, celui de ses parents. Ils enviaient les vainqueurs autant qu’ils les haïssaient. Sondée par les cœurs, c’était une armée luciférienne avant que, pour certains, la raison ne lui dota de splendides ailes angéliques.
Jean Cau rajouta ces quelques mots dans son ouvrage « Le meurtre d’un enfant » :
« Il est bien dommage et bien étrange que la Mal soit si beau. »
Jean Cau peut avoir raison, le Mal peut se vêtir de très belles parures pour tromper. D’un autre côté, l’imagination ou les certitudes de l’homme peuvent lui jouer des tours.
Où se trouve le Mal ? Où se trouve le Bien ?
En montrant aux adolescents de France, chez leurs propres « ennemis », l’idéal vers lequel beaucoup d’entre eux veulent tendre, en leur envoyant des « monstres » si irrésistiblement attirants, beaux et forts, la Volonté Divine n’a-t-elle pas tout simplement voulu leur envoyer un message ?
































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