« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde. » (Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, proposition 5.6)
Toute action révolutionnaire féconde commence par la domination intellectuelle de l’espace public, laquelle implique la maîtrise de son propre lexique.
Sur ce terrain, la lutte ne s’exerce pas par la force brute, mais par la subversion ou la remise en ordre du monde par la confiscation et l’imposition du vocabulaire : ce balancier sémantique, de confiscation et d’imposition, est une des conditions de réussite de la prise de pouvoir. Lorsque nous empruntons les mots de l’adversaire pour définir nos propres concepts, nous acceptons de calquer les logiques de notre pensée sur celles d’un ennemi politique et doctrinal. Les conséquences sur notre action sont immédiates, puisqu’elle se trouve inextricablement prisonnière de la diminution de notre pensée.
Il est d’usage depuis quelques années, de vouloir réinvestir le terme de « féminisme » pour y coller une étiquette identitaire voire même nationaliste.
Il s’agit pourtant d’une impasse.
Le terme de « féminisme » s’est imposé dans le discours public en France à la fin du XIXème siècle, sous la plume d’Hubertine Auclert, puis de Maria Derasimes, organisatrice du premier banquet féministe du 11 juillet 1870, et d’Eugénie Potonié-Pierre qui appelait à la création de la « Fédération française des sociétés féministes » (1).
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