
LA RÉPRESSION ne cesse de s’aggraver. Le 18 février, jour de son anniversaire, Vincent Reynouard a vu le ministère public requérir contre lui devant la cour d’appel de Paris — qui rendra son arrêt le 26 mars prochain, une bien triste date pour les Français d’Algérie — une peine de deux ans de prison ferme, sans aménagement, 40 000 euros d’amende et autant de dommages et intérêts et, comme si cela ne suffisait pas, des publications judiciaires dans différents organes de presse (voir son interview en pages 10 et 11). Le lendemain, lors du quarantième dîner annuel du CRIF présidé par Yonathan Arfi, le Premier ministre, dans un acte d’allégeance servile à cette organisation à laquelle nous sommes habitués depuis des décennies, a promis l’examen, dès le mois d’avril, par le Parlement d’une proposition de loi portée par la judéo-sioniste Caroline Yadan visant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme et donc à empêcher concrètement toute condamnation de la politique meurtrière et génocidaire de l’Etat hébreu à l’égard de la population civile palestinienne, tout questionnement de la légitimité de l’entité sioniste, toute défense véritable de la cause palestinienne.
Sébastien Lecornu s’est également engagé à faire voter par le Parlement la loi proposée le 13 février par le président de la République et visant à condamner à une peine d’inéligibilité obligatoire (l’adjectif obligatoire est particulièrement important) tout élu reconnu coupable d’antisémitisme, de racisme ou de discrimination. Sachant l’étendue extensive à l’infini de ces concepts faits pour disqualifier moralement, assassiner politiquement et reléguer sociologiquement, il est permis de craindre le pire. L’autocensure qui était déjà très grande va encore s’étendre davantage. On ne peut plus rien dire, plus rien penser, plus rien être dans leur République judéo-maçonnique.
LA PÉNALISATION de l’antisionisme assimilé à l’antisémitisme est la quatrième étape historique de la privation de nos libertés fondamentales. La première étape fut la loi Pleven de 1972 interdisant toute préférence nationale, religieuse ou raciale, ce qui a permis de faire condamner (et souvent de faire taire) ceux qui s’opposaient à la submersion migratoire de notre pays, au phénomène de Grand Remplacement. Près d’un demi-siècle avant le Covid, les masques et le confinement, le législateur voulait déjà mettre un bâillon sur la bouche des nationaux et nationalistes s’opposant à la destruction de leur patrie. Etaient aussi condamnés de fait par la loi Pleven l’antijudaïsme religieux traditionnel de l’Eglise catholique et l’antisémitisme maurrassien.
La deuxième étape fut la loi Gayssot assimilant de manière frauduleuse le révisionnisme historique à l’antisémitisme, ce qui objectivement n’avait rien à voir. Mais cela a permis de ruiner et d’embastiller des historiens indépendants dont les recherches et les conclusions ne coïncidaient pas avec l’histoire officielle et obligatoire. N’oublions pas que la première version de la loi Gayssot fut votée dès 1986 par la Knesset en Israël et que le lobby judéo-sioniste est évidemment à la manœuvre derrière cette législation d’exception. Comme il le fut pour la loi Pleven plébiscitée par la LICRA et la Ligue des droits de l’homme, cette dernière étant née au moment de l’Affaire Dreyfus.
LA TROISIÈME ÉTAPE fut en 2004 la loi Perben créant un délit d’homophobie destiné à empêcher toute critique non seulement de l’homosexualité, puis de la transsexualité, mais aussi plus généralement toute revendication, même les plus exorbitantes et ahurissantes, du lobby LGBT promu par les cercles mondialistes, l’ONU, le Conseil de l’Europe, les ONG et la plupart des gouvernements occidentaux. C’est si vrai qu’il existe aujourd’hui, et depuis déjà une dizaine d’années, un organisme gouvernemental officiel qui s’appelle la DILCRAH : Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Il ne s’agit pas, on le voit, de la haine des homosexuels ou de l’homosexualité mais carrément du mouvement LGBT dans son ensemble, ce qui va beaucoup plus loin. Et c’est pourquoi on peut être condamné pour LGBTphobie, homophobie, biphobie, lesbophobie voire transphobie à un an de prison ferme et à 45 000 euros d’amende.
Aujourd’hui nous vivons la quatrième étape qui consiste à sanctionner pénalement l’antisionisme et plus généralement tout soutien voire toute compassion à l’égard du peuple palestinien martyrisé et ensanglanté, toute critique de l’Etat d’Israël ainsi sacralisé, considéré comme une entité de droit divin. On va donc toujours plus loin dans la tyrannie. Et c’est dans ce cadre qu’il faut comprendre et analyser les événements actuels. De même que le montage de Carpentras avait permis il y a trente-six ans le vote de la loi Gayssot, alors qu’à l’époque toute une partie des intellectuels et de la classe politique était réticente à l’adoption d’une législation d’exception bridant et brimant la libre recherche historique, de même le meurtre ignoble et abject du jeune Quentin par des militants d’ultra-gauche sympathisants ou militants de la Jeune garde permet au lobby juif d’obtenir le vote d’une nouvelle législation liberticide pénalisant l’antisionisme.
DE MÊME QUE le Front national avait été à l’époque diabolisé, que beaucoup de ses réunions avaient été interdites, que ses dirigeants se retrouvaient face à des journalistes se prenant pour des procureurs, de même la France insoumise (qui, elle, contrairement au FN, n’a certes pas volé les critiques qui lui sont faites du fait de sa complaisance coupable, voire de sa complicité active, avec des éléments d’ultra-gauche extrêmement violents voire meurtriers) subit à son tour une forme de diabolisation politico-médiatique, officiellement à cause des violences dont on l’accuse (à juste titre) d’être objectivement complice mais en réalité à cause de son antisionisme décomplexé. C’est pourquoi, comme pour le FN naguère, on réclame contre LFI un « cordon sanitaire », qu’on fait pression sur les autres partis de gauche pour qu’ils refusent toute alliance, même au second tour des municipales, avec LFI, comme naguère on conjurait la droite de refuser tout accord, toute alliance avec le FN exclu de l’arc républicain.
Et de même que le président du CRIF attaquait jadis pendant tout son discours le Front national considéré comme le principal danger pour la communauté juive, de même Yonathan Arfi a-t-il consacré l’essentiel de son allocution le 19 février, lors du 40e dîner du CRIF, à cibler LFI qui représenterait, selon lui, « un danger existentiel pour les Français juifs ». Et le président du CRIF a appelé la gauche à « se démélenchoniser » et à refuser toute alliance, tout contact, toute complaisance avec cette « secte politique passionnément antisémite ».
CONSTATER l’actuelle diabolisation de la France insoumise n’implique nullement d’éprouver la moindre sympathie pour elle (si elle était au pouvoir, elle nous passerait probablement par les armes tellement elle nous hait !) mais d’analyser objectivement la situation. Comme l’a dit Arno Klarsfeld, lorsqu’il inaugurait à Hénin-Beaumont avec Marine Le Pen et Steeve Briois une allée Ilan Halimi, « hier l’antisémitisme était à l’extrême droite, aujourd’hui il est à l’extrême gauche ». Autrement dit, ce n’est plus un Rassemblement national judéoservile et israélophile qu’il faut combattre pour la coterie juive, c’est la France insoumise antisioniste et donc, selon lui, antisémite. C’est un bouleversement politique majeur dont il faut prendre la mesure.
C’est pourquoi, alors que d’ordinaire sont interdites de manière préventive toutes les manifestations dites d’extrême droite ou d’ultra-droite depuis la circulaire Darmanin du 9 mai 2023, a été autorisé et fortement médiatisé sur les chaînes d’information continue le rassemblement lyonnais du samedi 21 février en hommage au jeune Quentin assassiné, un défilé auquel ont participé plus de 3200 personnes et qui s’est déroulé dans le calme, la retenue, la sobriété et la dignité, preuve que le camp national et nationaliste sait, lui, se comporter de manière parfaitement civilisée contrairement à d’autres. Les media de grand chemin n’ont en général aucune compassion lorsque l’un des nôtres succombe à une mort violente, provoquée par d’autres. Si cela a été différent cette fois-ci, c’est tout simplement parce que la diabolisation (certes justifiée sur le fond) de LFI permet de disqualifier la cause palestinienne en général, de faire taire ses défenseurs, quels qu’ils soient (une conférence de Rima Hassan prévue à l’ENS à Paris sur la Palestine a été annulée) et de faire voter par le Parlement une nouvelle législation liberticide tandis que les députés s’apprêtent de surcroît à voter en deuxième lecture la loi abominable légalisant l’euthanasie active et le suicide assisté.
CERTES, la loi Yadan pénalisant l’antisionisme avait déjà été adoptée en commission des lois mais beaucoup de parlementaires étaient réticents à la voter car elle interdira dans les faits toute critique, toute condamnation un peu appuyée de l’entité sioniste et de ses crimes de masse. Le meurtre de Quentin par des militants d’ultra-gauche d’une violence criminelle et la diabolisation subséquente de toute la gauche radicale, de LFI à Lutte ouvrière, permettront au printemps le vote massif par le Parlement de la proposition de loi Yadan. Comme le montage de Carpentras et la diabolisation du FN (elle, totalement injustifiée, contrairement à LFI) avaient permis le vote en 1990 de la proposition de loi de Jean-Claude Gayssot avec la complicité du président de l’Assemblée nationale de l’époque, un certain Laurent Fabius. Les temps changent mais les méthodes crapuleuses restent les mêmes.
Reste que le gouvernement n’a pas intérêt non plus à ce que ces événements profitent trop électoralement au Rassemblement national de Jordan Bardella. C’est pourquoi, en plus de la diabolisation politico-médiatique de LFI, après avoir largement médiatisé le rassemblement lyonnais en faveur de Quentin, on commence ici et là (mais pas bien sûr sur les media Bolloré qui jouent à fond la carte RN) à le diaboliser en évoquant des saluts nazis et des chants homophobes. Le pouvoir actuel a en effet intérêt, dans la perspective de la prochaine présidentielle, à faire émerger une candidature du bloc central rassemblant largement du centre gauche au centre droit et dont ne seraient exclus que les « deux extrêmes », LFI et le RN, afin de faire élire à l’Elysée pour cinq nouvelles années un Macron bis, l’actuel président ne pouvant légalement se succéder à lui-même. L’avenir dira si la manœuvre sera couronnée de succès. […]
RIVAROL, <[email protected]>
Source : Éditorial de Rivarol
































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