
LA TYRANNIE ne connaît décidément pas de limites. Le mercredi 20 mai, alors que Vincent Reynouard était à nouveau jugé à Paris devant la XVIIe pour des vidéos et écrits révisionnistes sur Oradour-sur-Glane et sur les chambres à gaz (voir son interview en pages 8 et 9 de ce numéro), le tribunal correctionnel de Verdun condamnait Jacques Boncompain, le président de l’ADMP (Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain), à 5000 euros d’amende pour contestation publique de l’existence de crime contre l’humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale pour avoir déclaré devant des journalistes, le 15 novembre 2025, à la sortie d’une cérémonie religieuse (conciliaire) dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Verdun pour le repos de l’âme du Maréchal que « Pétain a sauvé 700 000 Juifs », qu’ « il en était le plus grand sauveur ».
A titre de peine complémentaire, et manifestement dans le but d’humilier le condamné et de donner une plus grande publicité à son jugement, les trois magistrates (la présidente étant Céline Pierron) ont ordonné à l’égard de Jacques Boncompain « l’affichage à ses frais de l’intégralité de la présente décision dans l’entrée du Tribunal judiciaire de Verdun, et ce pendant une durée de deux mois ». En effet, justifient les juges, « au vu du nombre de médias présents lors de la messe hommage (non, c’était une cérémonie pour le repos de l’âme du Maréchal et de tous les soldats tombés à Verdun) ainsi que lors de l’audience au fond, il est prégnant que la société française s’intéresse aux sujets débattus lors de l’évocation de ce dossier, à savoir les limites de la liberté d’expression, la Shoah, le négationnisme… Il est donc important, dans un souci de pédagogie, et donc de prévention de la récidive, ainsi que de transparence, que tous les citoyens le souhaitant aient accès à l’intégralité de la motivation de la présente décision. »
TOUT L’ARGUMENTAIRE déployé par le tribunal pour condamner le président de l’ADMP est un copié-collé des fiches du Mémorial de la Shoah. Ce qui n’est pas surprenant quand on sait que les gardiens de la Mémoire ont leurs entrées à l’Ecole nationale de la magistrature et que les futurs magistrats sont formatés pendant leurs études après l’avoir déjà été tout au long de leurs classes de collège et de lycée. Ce qui est ahurissant quand on lit attentivement, minutieusement, le crayon à la main, les vingt pages de ce jugement qui se veut très motivé, très charpenté, c’est qu’il n’a rien de juridique. Avec la scélérate loi Gayssot du 13 juillet 1990 qui sanctionne pénalement le révisionnisme historique, le législateur a contraint Thémis à entrer sur le terrain de l’histoire et de la morale, à s’ériger en garant et en gardien de la version officielle et obligatoire de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, à sanctuariser, à canoniser le jugement du tribunal international de Nuremberg alors qu’il s’agit de la parodie de justice de vainqueurs jugeant les vaincus avec de surcroît parmi les magistrats un juge ayant présidé sous Staline aux fameux procès de Moscou !
De plus, on est obligé de constater que la loi Gayssot a une portée chaque jour plus extensive. Au départ elle ne punissait que la contestation explicite, que la négation du génocide juif, par exemple le fait de dire publiquement que les chambres à gaz homicides n’ont pas existé ou qu’il n’y a pas eu six millions de Juifs assassinés pendant le dernier conflit mondial. Très vite la jurisprudence telle que définie par la Cour de cassation en 1997 et 1998 et le Conseil constitutionnel peu après a fortement élargi le champ d’application de cette contestation. La minoration du crime, sa banalisation sont désormais passibles de condamnation, tout comme une expression dubitative, une interrogation, l’emploi d’un conditionnel ou de guillemets. On ne doit pas douter de l’existence ni de l’ampleur de la Shoah. C’est ce que Jean-Marie Le Pen appelait dans sa fameuse déclaration du 13 septembre 1987 à RTL sur le détail « une vérité révélée ». On entre en religion. Et ce qui est dramatique, c’est de voir la facilité avec laquelle les magistrats, tant à Paris qu’en province, tant en première instance qu’en appel, ont accepté ce glissement déshonorant.
LE TRIBUNAL DE VERDUN qui récite sa leçon comme d’autres conjuguent des verbes ou répètent des déclinaisons, rappelle dans son jugement que « la contestation peut n’être que partielle, nuancée, conditionnelle, interrogative ou par voie d’insinuation, même si, sans nier l’existence de la Shoah, elle tend à minorer de manière outrancière le nombre ou la qualité réelle des victimes ou les souffrances de celles-ci. La jurisprudence considère que la réduction outrancière tant du nombre effectif que de la qualité réelle des victimes de la Shoah, ainsi que la minoration de leurs souffrances et la banalisation des crimes nazis, caractérisent le délit de contestation de crime contre l’humanité. La contestation de l’existence de crimes contre l’humanité entre dans les prévisions de ce texte même si elle est présentée sous une forme déguisée ou dubitative ou par voie d’insinuation. L’infraction est constituée, même sous couvert d’un prétendu débat entre historiens (Chambre criminelle de la Cour de cassation, 17 juin 1997, 94-85.126). Par ailleurs, la mauvaise foi n’est pas exigée (chambre criminelle de la Cour de cassation, 27 mars 2018, 17-82.637) ».
Autrement dit, pour peu qu’on s’éloigne aussi peu que ce soit de la vulgate, le tribunal peut entrer en voie de condamnation. Et c’est ce qu’il a fait pour Jacques Boncompain dont les propos incriminés sont « une minoration outrancière du nombre effectif des victimes de la Shoah puisqu’ils impliquent qu’aucun des Juifs vivant en France ou dans ses colonies n’aurait péri de ce fait. » En s’exprimant ainsi, les juges disent l’histoire et se font les protecteurs d’une vérité officielle, ce qui n’est pas leur rôle, du moins à l’origine, car manifestement c’est aujourd’hui la fonction, la mission fort peu noble que leur attribue la République. Mais dont manifestement ils se satisfont pleinement.
ET PEU IMPORTE dans ce contexte que Jacques Boncompain ait 85 ans, qu’il soit gravement malade, que son casier judiciaire soit vierge, il doit être lourdement condamné. Le tribunal veut faire un exemple. Par la publication pendant deux mois, on l’a dit, de son jugement dans le hall d’entrée du tribunal judiciaire, ce qui est une décision rarissime et inouïe. Par une lourde amende qui n’est même pas assortie du sursis alors que Boncompain, on le répète, n’avait jamais été condamné jusque-là. Et par l’octroi de substantiels dommages et intérêts aux trois associations parties civiles, la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’Observatoire juif de France (OJDF) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) qui se sont publiquement et bruyamment félicitées de la condamnation du président de l’ADMP qualifié de « charognard de la Shoah » (sic !) et qui obtiennent chacune 1500 euros de dommages et intérêts et 2000 de remboursement de frais de justice, soit 3500 euros pour chaque association et 10 500 euros en tout. Le tribunal, très complaisant envers ces trois parties civiles, considère sans rire qu’« au vu de la teneur des propos (tenus par Jacques Boncompain), de leur répétition et du très large public qui les a reçus, l’intérêt collectif défendu par ces associations a été gravement atteint. Leur préjudice moral est donc établi. En réparation, il convient de leur allouer à chacune la somme de 1500 euros. » Et, ajoutent les magistrats, et là on atteint le grandiose, « il serait inéquitable que les frais de procédure restent à leur charge. Celles-ci ont impliqué la rédaction de conclusions au fond, de conclusions en réponse à la demande de transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité et la présence à une audience avec la citation de deux témoins. Il leur sera donc attribué à chacune au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale la somme de 2000 euros. » Ce sont des associations qui persécutent un vieillard dont la parole est libre et ce sont elles que l’on considère comme des victimes et auxquelles on octroie une réparation financière pour préjudice moral. On marche sur la tête !
Pour la petite histoire, ajoutons que le tribunal a relaxé le président de l’ADMP pour avoir dit aussi que « Pétain était le premier résistant de France ». Il était en effet difficile juridiquement de le condamner pour contestation publique de crime contre l’humanité pour avoir tenu ces propos. C’est le seul point positif de ce jugement, la seule chose à se mettre sous la dent si l’on veut à tout prix être optimiste. Car pour le reste cette décision judiciaire démontre une fois encore que le poids de la chape de plomb qui nous étouffe est de plus en plus écrasant. Et que cela se produit — c’est sans doute ce qu’il y a de plus triste — dans l’indifférence générale. Et dans un silence sépulcral. […]
RIVAROL, <[email protected]>
Source : Éditorial de Rivarol













































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