Comment un révisionniste a aidé Gavras à faire son film
L’idée du présent article nous est venue en entendant, le 18 mai 2026, la rediffusion d’un entretien de 2002, dans lequel Marc-David Calvet recevait le cinéaste Costa-Gavras dans son émission « Chants des toiles », à l’occasion de la sortie en salles de son film « Amen ».
Dans cette émission, Costa-Gavras explique l’importance de la musique dans ses films, spécialement pour Amen, film dans lequel il avait pris le parti de ne pas montrer d’images explicites, laissant la musique engager le spectateur à reconstituer lui-même la scène en fonction de ce qu’il avait lui-même pu apprendre de l’Holocauste.
Autrement dit, le conditionnement est tel, qu’il suffit maintenant de quelques notes de musique pour que se déroule dans la tête des gens tout le déroulement de l’Holocauste.
Et pourtant, comme on va le voir avec des documents de première main, c’est un révisionniste qui l’a aidé à faire son film !
1 – Les Données Wikipédia
Amen est un film réalisé par Costa-Gavras en coproduction internationale franco-germano-roumaine, sorti en 2002. Il s’agit d’une adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le Vicaire (Der Stellvertreter) de Rolf Hochhuth, critiquant l’inaction du pape Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale, en particulier devant les persécutions des Juifs.
La première de la pièce a été donnée le 20 février 1963 à Berlin. Elle est centrée sur les efforts infructueux d’un jeune prêtre romain et de Kurt Gerstein (avec la figure historique duquel Hochhuth prend de nombreuses libertés).
Plusieurs critiques ont vu dans la pièce une tentative de Rolf Hochhuth de transférer la culpabilité des crimes nazis de ses concitoyens à d’autres, comme le pape en premier lieu, mais aussi les puissances alliées qui ont préféré regarder ailleurs pendant que la Shoah se déroulait. L’hypothèse d’une pièce conçue par les soviétiques pour détruire la figure morale du pape a aussi été mise en lumière à l’appui des Archives du Vatican.
Le film suit la même veine, voici son synopsis :
Durant la Seconde Guerre mondiale, un officier allemand de la SS, chimiste fournissant les camps d’extermination en Zyklon B, Kurt Gerstein, cherche à alerter le Vatican du génocide dont les Juifs sont alors victimes. Ricardo Fontana, jeune jésuite conseiller auprès du nonce apostolique en poste à Berlin et dont la carrière s’annonce prometteuse, lui prête l’oreille. Ils se rendent à Rome, Ricardo pensant que le fait que son père soit un haut dignitaire dans la hiérarchie laïque du Vatican les aidera à convaincre Pie XII de la nécessité d’une condamnation sans ambiguïté des crimes nazis à l’égard des Juifs. Mais leurs initiatives pour tenter d’interrompre la Shoah ne trouveront pas d’écho auprès des hautes autorités étrangères ou religieuses
2 – Les Objections Révisionnistes
Accuser le Pape Pie XII de passivité devant le nazisme est une absurdité puisqu’en tant que Cardinal Pacceli (avant de devenir le Pape Pie XII), il est l’un des auteurs de l’Encyclique Mit brennender Sorge, qui dans son paragraphe 5 parle même de guerre d’extermination (Vernichtungskampf).
Le 14 mars 1937, le Vatican fait lire en chaire dans toutes les églises d’Allemagne, en langue allemande et non en latin comme c’est la règle, une encyclique du pape Pie XI (en réalité rédigée par le cardinal Pacelli, le futur pape Pie XII). La réaction du Reich dans sa note du 12 avril 1937, pour ceux qui n’auraient pas compris, est très claire :
C’est une véritable action clandestine et subversive qui vise à soulever, ou au moins, à pousser à la résistance passive, les catholiques allemands contre le Reich, à miner l’unité du pays, à saper l’autorité et la légitimité des nationaux-socialistes, à retourner le monde entier contre Hitler.
Concernant Kurt Gerstein, en 1985, le révisionniste français Henri Roques rédige une thèse de doctorat qui démonte les absurdités du témoignage de Kurt Gerstein. Thèse si probante, qu’elle est politiquement annulée l’année suivante, en 1986, sur l’intervention directe et publique de Jacques Chirac, alors Premier ministre. La thèse a été traduite en anglais, on peut en retrouver les références sur CODOH.
3 – La petite histoire révisionniste : comment la pièce allemande est devenue un film français.
C’est un Juif né en Allemagne le 25 décembre 1925 à Marburg et émigré en France en décembre 1935, qui a servi de contact entre Rolf Hochhuth et Costa-Gavras.
Ce Juif, décédé en septembre 2021, à 95 ans, appelons-le Isaac, c’est le prénom qu’il se donne dans ses mémoires qu’il m’avait adressées en mars 2018, comme étant un « document authentique à condition de modifier certains patronymes et noms de lieux ».
Dans ses mémoires Isaac ne parle pas d’Amen ni du Vicaire, on retrouve par contre le nom Hochhuth dans ce passage où on devine déjà des tendances… révisionnistes. Et pour cause, Isaac n’a pas été déporté dans les camps, il a été enrôlé dans le Service du Travail Obligatoire, il a travaillé à Vienne, comme horloger, et personne ne lui a fait d’ennuis, à part peut-être les bombardiers Alliés.
Nous jouissions après un bain froid de la chaude caresse du soleil lorsque nous perçûmes un grondement lointain qui alla s’amplifiant durant peut-être une vingtaine de minutes, jusqu’à devenir assourdissant, tandis qu’apparaissaient dans le ciel, à l’ouest, à très haute altitude, des centaines de traînées blanches. C’était une formation de bombardiers qui arrivait sur la ville de Johann Strauss et de Freud. Un spectacle comme Apollinaire eût aimé le décrire lorsqu’il composa ses poèmes à la gloire de la guerre: “Dieu que la guerre est jolie !” Nous étions fascinés et ne pouvions détacher notre regard de cette hydre gigantesque qui occupait une grande partie du ciel. Les premières forteresses volantes approchaient des faubourgs, la DCA remplissait l’air de ses petits nuages blancs. Ce jour-là nous ne vîmes tomber qu’un seul appareil. Nous pouvions suivre les explosions au sol et nous nous amusions, oui, nous nous amusions à deviner quels quartiers, quelles avenues, quels monuments étaient touchés. Je ne saurais dire combien d’avions participèrent ce jour-là à cet acte de guerre contre la population civile mais il n’était pas rare que ces attaques sur les villes allemandes soient le fait de plusieurs centaines, voire d’un millier d’appareils. Spectacle vraiment dantesque qu’a décrit en en soulignant l’horreur l’historien anglais David Irving puis l’auteur dramatique allemand Rolf Hochhuth dans Soldats (Le Seuil).
Mais au moment de la préparation du film Amen, Isaac a déjà basculé dans le révisionnisme. Nous donnons ci-dessous, dans l’ordre chronologique, 3 mails dans lesquels il révèle progressivement les dessous de l’affaire Amen / Gavras.
Mail 1, du 8 janvier 2007, objet initial « l’arroseur arrosé », Expéditeur : Isaac (Rediffusé le 10 janvier avec pour objet : « Hochhut exclu de la Foire du livre de Bâle »).
La foire du livre de Bâle a illustré l’absurdité des antirévisionnistes. L’auteur dramatique allemand Rolf Hochhut, dénonciateur le plus virulent d’Auschwitz dans sa pièce « LE VICAIRE » en 1963, sujet repris récemment par Costa-Gavras dans le film « AMEN », bien qu’il persiste et signe depuis 43 ans dans son exterminationnisme, ne put participer à cette foire parce que considéré comme NÉGATIONNISTE !
Il déclara au périodique suisse « WELTWOCHE » que les organisateurs lui avaient fait comprendre qu’il n’y avait pas de place pour lui à Bâle. On le tient pour un négateur de l’holocauste parce qu’il avait dit du bien du révisionniste britannique David Irving (il avait fait amende honorable par la suite). Il s’était borné à reconnaître ses qualités d’historien jusqu’au moment où il s’attaqua au dogme sacré. Il fallait le faire: Pourrait-on imaginer Robert Badinter rangé au nombre des ardents défenseurs de la peine de mort ?
Ainsi en va-t-il en Allemagne où un simple sourire dans la salle d’audience du procès Zündel met le président du tribunal dans tous ses états !
Mail 2, du 18 février 2007, objet : « gavras confidentiel », expéditeur initial : Isaac. Dans ce mail capital, Isaac révèle sa lettre à Costa-Gavras datée du 25 mai 2006.
Cher Costa-Gavras
Je vous ai servi d’intermédiaire et de traducteur il y a deux ou trois ans dans vos négociations avec Hochhuth. J’ai apprécié votre film AMEN, comme chacun de vos films, essentiellement pour sa qualité cinématographique. Vous ou votre épouse m’aviez laissé entendre que vous m’inviteriez à la première, mais ce fut le silence après ma lettre dans laquelle j’évoquais les scrupules qui m’avaient assaillis lorsque l’auteur du Vicaire avait sollicité mon intervention amicale. J’avais accepté sans enthousiasme et je m’en suis acquitté le mieux possible.
Je vous écris de nouveau aujourd’hui car je veux croire que vous êtes un homme engagé pour la justice et la liberté. Votre œuvre en témoigne. Je vous avais signalé la condamnation de Gilbert Dubreuil, auteur de UN CAS D’INSOUMISSION, espérant que vous auriez été révolté par cette injustice. Aujourd’hui j’apprends que Ernst Zündel, révisionniste germano-canadien, vient d’être condamné à Mannheim à cinq ans de prison, le maximum, pour les mêmes raisons que Gilbert Dubreuil.
L’ouvrage de Dubreuil était une œuvre simple, honnête, objective, documentée, relatant une évolution un peu semblable à la mienne. Après trente années d’holocaustite, entre autres avec Hochhuth, j’ai pris la peine de m’informer, de lire dans le détail les ouvrages révisionnistes et suis arrivé à la conclusion qu’un vrai débat, contradictoire, devait s’ouvrir comme osa le faire le président iranien. Ernst Zündel est, comme Dubreuil et beaucoup d’autres, un homme honnête, droit, rigoureux, qui ne vise que l’exactitude, l’objectivité, la vérité historique basée sur des faits et des réalités scientifiques. Il n’est pas la première victime de cette inquisition qui étrangle la liberté d’expression, la liberté tout court, les droits les plus élémentaires de la personne humaine. La répression prend des formes de plus en plus intolérables. L’étouffement économique, les carrières brisées, l’exil et maintenant la prison. Et personne qui ose prendre la défense de ces gens courageux comme jadis Luther et tant d’autres qui ne se contentèrent pas de dire humblement « e pur si muove » mais qui persistent malgré les insultes, les outrages, les brutalités à affirmer quelque chose qui leur apparaît comme vrai….Comment pouvez-vous, cher Costa-Gavras, un parangon d’engagement pour la justice et la vérité, ne pas vous engager, prudemment, dans cette révision de l’histoire…. qui ne saurait tarder car il est des gens dans le monde qui prennent la peine de s’informer, de lire, d’ouvrir les yeux sur la plus formidable mystification entretenant la légende de l’unicité du prétendu génocide, de la prétendue volonté d’extermination d’un peuple par les Allemands. Il m’a fallu des années pour évoluer et finalement me rendre à l’évidence.
Nul n’est à l’abri de la vengeance des bénéficiaires du mensonge, même pas vous si vous osiez faire la plus petite allusion au problème. L’abbé Pierre a un temps été diabolisé. Garaudy est encore qualifié d’abject.
Mais on peut toujours, au nom des droits de l’homme, demander l’abrogation de la loi Gayssot qui interdit de réviser l’histoire et fait du jugement de Nuremberg un tabou intangible, même si un grand nombre de ses affirmations ont été depuis contredites.
Cher Costa-Gavras, chère Madame, je ne sais plus quoi dire…Agissez comme votre conscience vous le dira….
Il n’y a pas plus innocents que les révisionnistes qui ne font que revendiquer ce qui est l’honneur de l’historien : le droit de débusquer les mensonges de l’histoire.
Mail 3, du 7 juillet 2014, objet Hochhuth, expéditeur : Isaac. Dans ce mail, on apprend la suite que Gavras a donnée à la lettre que lui avait adressée Isaac. C’est-à-dire, aucune.
Le tsunami de l’holocauste
Le 2O février 1963 eut lieu dans le Berlin encore divisé un événement fondateur de l’histoire contemporaine. Au théâtre FREIE VOLKSBUEHNE, un millier de privilégiés assistèrent à la première de la pièce d’un jeune inconnu, « DER STELLVERTRETER » (Le vicaire), qui engendra un tsunami dont les vagues nous secouent aujourd’hui plus que jamais. L’auteur, Rolf Hochhuth, avait débusqué parmi les témoignages issus de la guerre le récit d’un officier SS, Kurt Gerstein, décrivant un essai de mise à mort de masse dans une chambre à gaz, prélude à l’extermination des Juifs, ainsi que les démarches de ce fervent protestant pour informer le Vatican. Il en fit un drame dénonçant le silence du pape d’alors, Pie XII, qui aurait dû en appeler urbi et orbi contre une telle abomination. Nul ne saurait reprocher à l’auteur d’avoir utilisé ce texte – de bonne foi – pour culpabiliser l’Allemagne en secouant l’opinion publique par le moyen du théâtre politique.
N’ayant jamais compris pourquoi le Pape, qu’on dit représentant de Dieu sur terre, n’avait jamais interdit à tout catholique, sous peine d’excommunication, de porter les armes et de participer à une guerre, je jubilai de voir enfin la vérité éclater. N’était-ce point là le message du Christ ? Voyant un pape mis en accusation pour n’avoir pas fait son devoir de Pape, je me suis précipité à Berlin et, peu attentif au problème des Juifs, j’approuvai totalement l’idée de la pièce. Lorsqu’elle fut jouée à Paris quelques mois plus tard au théâtre de l’Athénée dans une traduction de George Semprun, je sentis mon cœur se gonfler en entendant la réplique criminalisant le Saint-Père. De violentes manifestations furent organisées contre « Le Vicaire » par les papolâtres pour obtenir son interdiction. Il n’en fut rien. Je fis alors la connaissance de Rolf Hochhuth, dont je devins le traducteur. À défaut d’informations contradictoires, je partageais la thèse de l’auteur et la croyance qui s’installa solidement en une extermination des Juifs d’Europe dans des chambres à gaz. En toute bonne foi également. Comme quoi la « bonne foi » peut être délétère !
Depuis lors, les révisionnistes de toutes obédiences ont réfuté impitoyablement le mensonge qui s’était affirmé et avait pris son envol un peu grâce à Hochhuth. La thèse du chercheur Henri Roques consacrée aux invraisemblances des confessions de Kurt Gerstein ruina définitivement le crédit qu’on lui avait accordé. La pièce devint historiquement obsolète. Mais le mal était fait et depuis cette époque les miraculés de cette fictive extermination n’ont eu de cesse de renforcer l’édifice du mensonge. Il empoisonne, depuis la création de l’État d’Israël, l’ensemble des nations. L’enseignement de cet imaginaire génocide, devenu article de foi, s’étend sur le monde. Plus l’on prend conscience de la rigueur des chercheurs révisionnistes et du caractère irrécusable de leurs découvertes, plus s’intensifient les manœuvres de retardement des profiteurs de la félonie.
Pour stimuler notre prise de conscience des dangers qui nous menacent, le Britannique Orwell sut créer un monde terrifiant. Hochhuth quant à lui créa sur scène un Auschwitz de cauchemar, dramatique à souhait, comme Perrault dans ses contes donna vie à un ogre de légende. Par bonheur le réveil nous ramena à la réalité. Certes des Juifs, comme des Polonais, des Bataves, des Norvégiens, des Lituaniens, des G.I, des tommies …., et surtout des Allemands et des Russes périrent en raison de la sanglante folie d’une guerre fondée sur le mensonge ! Triste hécatombe !
Costa-Gavras réalisa un film basé sur Le Vicaire en plaçant Kurt Gerstein au centre de l’action. J’ai servi d’intermédiaire entre l’auteur et lui pour l’acquisition des droits. Je fus un interprète et ami fidèle, tout en trahissant ma conviction. Je me suis borné à demander au docteur Henri Roques d’envoyer son livre au metteur en scène pour l’affranchir avant qu’il ne se lance dans une aventure scabreuse. Le film AMEN respecta hélas la vulgate. Je délivrai plus tard mon message révisionniste à Costa-Gavras qui cessa dès lors tout rapport. Ainsi va le monde.
Voilà, quoi que l’on pense de l’Holocauste et de Nuremberg, nous espérons que le lecteur aura apprécié ce petit morceau d’histoire révisionniste française que nous dédions bien entendu à la mémoire d’Isaac.
Et le lecteur sait maintenant que c’est un révisionniste qui a aidé à convertir la pièce de théâtre en film : on voit qui est ouvert d’esprit, et qui ne l’est pas.











































JN TV






