
François Genoud, né le 26 octobre 1915 à Lausanne (Suisse), est issu d’une famille de commerçants aisés.
Il est envoyé à 17 ans en Allemagne pour ses études par son père pour lui « apprendre l’ordre et la discipline ». Placé en famille d’accueil à Bonn, il y rencontrera, en 1932, Adolf Hitler, le « héros » qui marquera sa vie et il fait siennes les frustrations allemandes du traité de Versailles.
En 1933 il fait un stage à Londres dans un commerce de papiers peints et tapisseries. Il y découvre « l’empire maître du monde, avec toutes ses contradictions : le faste merveilleux de ses institutions et l’extrême pauvreté de la population de sa gigantesque métropole ».
Suite à ses expériences, l’Angleterre symbolise désormais à ses yeux un monde finissant, tandis que l’Allemagne celui de demain. De retour en Suisse en 1934, François Genoud adhéra au Front National, le parti national-socialiste de Suisse. Il se lia également d’amitié avec des étudiants libanais et saoudiens, notamment le Libanais Muhidin Daouk et son frère Khaled, ainsi que le Saoudien Abdallah Nasser, amitiés marquant le début d’une admiration de sa part pour le Proche Orient.
Évoluant très rapidement dans la structure du parti, Genoud fut nommé à la tête de son mouvement de jeunesse en 1935, époque à laquelle il fut emprisonné une première fois pour une bagarre. Placé dans le collimateur des autorités, il décida de quitter temporairement la Suisse.
Avec un ami du parti, Genoud planifia un gigantesque voyage en automobile devant le mener de la Suisse à la Chine.
À la suite de péripéties survenues dans le sous-continent Indien, les deux amis rebroussèrent chemin vers le Proche Orient jusqu’en Irak, alors en pleine révolution nationale. Il y fit la connaissance de nombreuses figures du nationalisme irakien et se fit beaucoup d’amis palestiniens, qui l’initièrent à la cause antisioniste. Il participa alors à leurs côtés à plusieurs opérations de commandos contre l’armée britannique.
Les deux suisses passèrent ensuite par la Palestine, où une deuxième rencontre marqua profondément François Genoud : celle du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini, qui les reçu comme des « amis du nationalisme arabe » et le sensibilise dès cette époque à la cause palestinienne.
De retour à Genève, Genoud se lia par la suite d’amitié à Paul Dickopf, dirigeant des services de renseignement du Reich allemand. Connu pour son rôle de « banquier » du Troisième Reich, il devint après la guerre l’exécuteur testamentaire d’Hitler et de Goebbels, et assista les familles des condamnés de Nuremberg.
Dans les années 50, François Genoud fonda avec des contacts égyptiens la Banque commerciale arabe à Genève. Cette banque finança au nom du soutien au nationalisme arabe l’insurrection du FLN en Algérie. Il devint alors le financier des combattants palestiniens et du FLN algérien, au point d’être surnommé « le banquier du FLN » par l’avocat Jacques Vergès. Il participa à la phase finale des accords d’Evian en 1962 et à différentes crises qui secouèrent le nouveau pouvoir d’Alger.
Il s’engagea dans le soutien aux factions armées palestiniennes les plus radicales, finançant notamment les commandos internationaux du Front Populaire de Libération de la Palestine dirigés par le palestinien chrétien Wadie Haddad.
Proche d’Otto Skorzeny et Karl Wolff, c’est par son intermédiaire que Jacques Vergès assure la défense du « boucher de Lyon », l’officier du SD Klaus Barbie. Il finance également la défense de Adolf Eichmann en 1961, puis celle de Ilitch Ramirez Sanchez, dit Carlos par Jacques Vergès. François Genoud obtint l’autorisation de lui rendre visite à la prison de Fresnes.
Éprouvé par la mort de sa seconde épouse en 1991, malade, il choisit de mourir librement, le 30 mai 1996.
Source vidéo :
- L’extrémiste – François Genoud, de Hitler à Carlos, Réalisateur Pierre Péan, 1997












































JN TV







François Genoud, c’est l’homme qui a mis en échec le Mossad en 1961 dans sa tentative d’enlèvement de Léon Degrelle en Espagne.
https://jeune-nation.com/kultur/histoire/1961-le-mossad-tente-denlever-leon-degrelle-en-espagne
C’est Zvi Aldouby qui était chargé de l’organisation et de l’exécution de l’enlèvement (dans le but de le faire juger en Israël, comme Eichmann).
Aldouby avait un nom à consonnance aussi bien juive qu’arabe, et il avait aussi plusieurs prénoms, des juifs et des arabes.
C’était très pratique pour se faire passer pour un arabe en cas de besoin (son physique était également oriental).
Aldouby a commis deux erreurs, la première, dans une logique typique du Mossad qui adore battre ses ennemis en utilisant les moyens matériels et humains de l’adversaire, il s’est adressé à François Genoud en se présentant comme un Palestinien (sachant que Genoud était pro arabe), et en lui racontant qu’il avait besoin de son bateau pour exfiltrer un terroriste Palestinien d’Espagne.
La deuxième erreur, c’est qu’il s’est présenté sous son vrai nom, Aldouby, en donnant un de ses prénoms arabes.
Or, par chance, François Genoud était en train de lire un livre de ce même Aldouby, The Secret Army (tout un programme).
Alors Genoud s’est demandé si ce n’était pas le même Aldouby, il a demandé à un ami de vérifier sous quel nom était descendu Aldouby à l’hôtel. Or, Aldouby, à l’hôtel, avait donné son prénom juif, celui qui figurait sur la couverture du livre.
Genoud a alors prévenu Degrelle, qui s’est mis à l’abris et qui a averti la Guardia Civile. Cette dernière a cueilli l’équipe du Mossad lors du passage des Pyrénées.
Génial, non?
François Genoud n’était pas du tout un banquier dans le sens commun du terme, mais un homme d’action et de conviction prêt à prendre des risques en faveur de la cause de sa vie, un engagement qui l’a porté en avant contre le courant dominant. Il n’était pas du genre à suivre le fil de l’eau en compagnie des poissons morts. Son exemple n’est pas resté lettre morte et sa mémoire n’est pas oubliée.
François Genoud « l’Extremiste Suisse »
De Hitler â Carlos Pierre Péant Fayard
L’épopée d’un homme de convictions, d’action, pragmatique et visionnaire!