Jeune Nation avait déjà rendu compte en décembre dernier d’un colloque organisé à Belgrade par le Centre pour les études géostratégiques sur les tentatives d’ingérences ou de manipulation plus globales tentant de mettre l’orthodoxie au service d’intérêts géopolitiques mondialistes. Le centre pour les études géostratégiques publie aujourd’hui les conclusions de la récente rencontre internationale « Protection des droits religieux et du patrimoine orthodoxe », qui s’est tenue le 30 avril 2026 à Belgrade.

Dans le cadre de la conférence internationale « Protection des droits religieux et du patrimoine orthodoxe », tenue le 30 avril 2026 à Belgrade et organisée par le Centre d’études géostratégiques, les participants ont examiné les défis contemporains dans le domaine des libertés religieuses, de la situation des communautés orthodoxes et de la préservation du patrimoine culturel et historique dans différents contextes géopolitiques.
Sur la base des interventions des participants venus de Serbie, d’Ukraine, de Lettonie, de France, de Géorgie et de Biélorussie, les conclusions suivantes peuvent être dégagées :
Les libertés religieuses comme élément clé de la société contemporaine
Les participants conviennent que la liberté de religion est l’un des droits humains fondamentaux, mais que dans la pratique son application dans certaines régions se heurte à des restrictions, des pressions et diverses formes d’interventions institutionnelles. La nécessité d’une application plus cohérente des normes juridiques internationales a été particulièrement soulignée.
Influence des processus géopolitiques sur les communautés religieuses
La conférence a indiqué que la situation des communautés orthodoxes dans plusieurs régions — y compris l’Ukraine, les Balkans, les États baltes et la Géorgie — ne peut être considérée isolément des processus géopolitiques plus larges, qui influencent souvent les structures ecclésiales, les relations inter-orthodoxes et le statut des fidèles.
La question de l’unité canonique de l’orthodoxie
Plusieurs participants ont souligné que les questions de l’ordre canonique et de l’unité de l’Église orthodoxe sont d’une importance essentielle pour son identité et sa stabilité. Les processus schismatiques et les différends au sein du monde orthodoxe ont été évalués comme des facteurs qui approfondissent les divisions internes.
Protection du patrimoine et des biens orthodoxes
Une attention particulière a été accordée à l’état des biens ecclésiaux et des monuments culturels et historiques, en soulignant que de nombreux sanctuaires sont exposés à des défis sécuritaires, administratifs et juridiques. La nécessité de mécanismes plus efficaces pour leur protection a été mise en avant.
Cadre juridique et institutionnel pour la protection des droits religieux
Les participants ont souligné l’importance du droit international dans la protection des libertés religieuses, mais aussi l’existence de limites dans son application. La nécessité d’améliorer les mécanismes existants et de renforcer les capacités institutionnelles pour surveiller et réagir aux violations des droits a été mise en évidence.
Le rôle des processus culturels et sociaux
Il a été particulièrement souligné que l’éducation, les médias, les politiques linguistiques et les modèles culturels ont une influence significative sur la préservation ou l’affaiblissement de l’identité religieuse et culturelle. Dans ce contexte, le rôle de la langue comme vecteur de tradition et de continuité spirituelle a été mis en avant.
Création du Conseil international pour la protection de l’ordre canonique orthodoxe
Comme l’un des résultats les plus importants de la conférence, l’initiative de créer un Conseil international pour la protection de l’ordre canonique orthodoxe a été mise en avant. Celui-ci serait chargé de suivre la situation dans le monde orthodoxe, d’analyser les défis et d’élaborer des recommandations stratégiques afin de préserver l’unité canonique et les libertés religieuses.
Nécessité d’un dialogue continu et d’une coopération scientifique
Il a été conclu qu’il est nécessaire de poursuivre la coopération internationale entre experts en théologie, droit, relations internationales, culture et médias, afin de permettre une compréhension plus complète et une réponse adéquate aux défis contemporains.
L’action du Phanar et les défis pour l’unité de l’orthodoxie
Les participants à la conférence ont exprimé une sérieuse inquiétude concernant l’action du Phanar, c’est-à-dire du Patriarcat de Constantinople, et en particulier les activités du patriarche Bartholomée, perçues dans plusieurs cas comme anti-canoniques et nuisibles à l’unité de l’Église orthodoxe.
Il a été souligné que les décisions prises concernant l’Ukraine ont conduit à un approfondissement du schisme au sein de l’orthodoxie et ont provoqué de graves conséquences pour l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, y compris la persécution des fidèles, du clergé et de l’épiscopat. Selon les interventions à la conférence, ces processus sont directement liés à l’intervention du patriarche Bartholomée et à son action en faveur des intérêts géopolitiques des centres de pouvoir occidentaux.
Les participants soulignent que l’abus de la religion à des fins géopolitiques doit être condamné sans équivoque et que toute tentative d’imposer un contrôle supranational sur les Églises orthodoxes locales constitue une violation de l’ordre canonique et de la conciliarité, principe fondamental de l’orthodoxie.
Il a été particulièrement souligné la nécessité de :
- préserver l’unité canonique de l’Église orthodoxe,
- respecter l’autonomie des Églises locales,
- résister aux pressions politiques visant à fragmenter l’espace spirituel orthodoxe,
- renforcer la solidarité mutuelle des peuples et des Églises orthodoxes.
Les participants à la conférence appellent toutes les Églises orthodoxes locales, ainsi que le large public orthodoxe, à s’opposer activement aux processus qui conduisent à un approfondissement du schisme et à protéger l’ordre canonique, les droits religieux et le patrimoine spirituel des peuples orthodoxes.
Conclusion générale
La conférence a montré que la question des libertés religieuses et de la préservation du patrimoine orthodoxe est profondément liée aux processus sociaux et géopolitiques contemporains. La préservation de l’identité spirituelle et culturelle, ainsi que la protection des droits religieux, ont été reconnues comme des facteurs importants de stabilité, de dialogue et de compréhension mutuelle à long terme entre les peuples.
Source : Centre d’études géostratégiques











































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