Les chrétiens représentaient 25% de la population palestinienne avant la Nakba, ils sont nés à Naplouse, Haïfa, Lydda, Jérusalem, Safed, Bir Zeit, Salt, Qula, ils sont Palestiniens, ils sont chrétiens, et ils veulent rentrer chez eux.
Georges Habache
Grec-orthodoxe né à Lydda.
Pendant la guerre israélo-arabe de 1948, sa famille fuit Lydda. Habache savait parler arabe, anglais et français. De retour à Lydda, il se retrouve au milieu de Palestiniens venus y chercher refuge et se met à porter secours aux blessés.
Il reprend ses études de médecine à l’Université américaine de Beyrouth. Il fonde avec Hani al-Hindi les Phalanges du Sacrifice, dont l’action clandestine visait les dirigeants arabes pro Israël. Il est diplômé en 1951 et part dans les camps de réfugiés à Amman en Jordanie pour y ouvrir une clinique.
Il fonde la même année le Mouvement nationaliste arabe avec Constantin Zureik, Hani al-Hindi et Wadie Haddad. Il s’agit d’un parti, socialiste, nationaliste et panarabe, fortement influencé par le nassérisme et qui a pour but l’unification du monde arabe. En 1952, il crée l’Organisation pour s’opposer à la paix avec Israël. En 1955, il publie aussi avec Wadie Haddad la revue al-Rai.
En 1957, il est impliqué avec certains cadres palestiniens de la garde républicaine jordanienne dans une tentative de coup d’État contre le roi Hussein de Jordanie. Au moment de la création de la République arabe unie, il s’enfuit vers Damas, mais Haddad est arrêté et condamné à trois ans de prison.
En1964, Georges Habache et son ami Haddad fondent à Beyrouth un Commandement ami régional pour la Palestine, une branche militaire du Mouvement nationaliste arabe. À la suite de la défaite égyptienne de la guerre des Six Jours en 1967, le nassérisme s’effondre. Le mouvement d’Habache fusionne alors avec le Front de libération de la Palestine d’Ahmed Jibril, pour former le Front populaire de libération de la Palestine, qui se définit comme un mouvement armé palestinien, nationaliste et marxiste.
Le FPLP se rend célèbre en appliquant sa stratégie des détournements d’avions, pouvant causer la mort d’innocents, comme à Orly en 1978. Le premier détournement revendiqué par le FPLP a lieu le 23 juillet 1968, contre un avion de la compagnie israélienne El Al.
En Jordanie, il appelle à la chute du régime hachémite jordanien, ce qui entraîne l’OLP dans les événements du Septembre noir. L’organisation reste néanmoins basée à Damas et poursuit pendant plus de 20 ans sa lutte armée contre l’État d’Israël et les intérêts occidentaux. D’après Le Monde, les Israéliens accusent le FPLP d’être impliqué dans la réalisation de l’attentat qui eut lieu en 1980, à la synagogue de la rue Copernic, qui fit quatre morts et quarante-six blessés.
Marxiste, le FPLP de Georges Habache représente une tendance qui se distingue du Fatah de Yasser Arafat, plus à droite, cette différence étant notamment symbolisée par la couleur des keffieh qu’ils portent, les damiers étant rouges pour l’un, et noirs pour le second. Depuis les années 1980, et la popularité croissante des courants islamistes, et en particulier du Hamas, le FPLP a rompu avec l’OLP dont il faisait partie et pratique sur le terrain en particulier à Gaza une alliance militaire avec le Hamas et le Jihad Islamique Palestinien.
Wadie Haddad
Chrétien Orthodoxe, né en 1927 à Safed et mort le 28 mars 1978 en République démocratique allemande, également connu sous son nom de guerre Abou Hani, est un Palestinien particulièrement actif dans les années 1960 et 1970.
Durant la guerre israélo-arabe de 1948, sa famille est contrainte de se réfugier au Liban. Il étudie la médecine à l’université américaine de Beyrouth, où il rencontre d’autres militants palestiniens comme Georges Habache et le Syrien Constantin Zureik.
Ils créent ensemble le Mouvement nationaliste arabe (MNA), un mouvement politique panarabe, nationaliste, socialiste et révolutionnaire qui a pour objectif l’unification du monde arabe, et la libération de la Palestine.
Après avoir reçu son diplôme, il établit une clinique à Amman en Jordanie avec Georges Habache. En 1956, ils travaillent ensemble avec les médecins des Nations unies (UNRWA), mais il est arrêté par la police jordanienne en 1957 en raison de ses activités politiques. En 1961, il parvient à s’évader de prison et il trouve refuge en Syrie. En 1963, il plaide pour un affrontement militaire direct entre les forces arabes et israéliennes ; il parvient également à militariser le MNA.
Après la guerre des Six Jours en 1967, l’aile palestinienne du MNA devient le Front populaire de libération de la Palestine, un mouvement marxiste radical. Habache en devient son premier dirigeant. Haddad est quant à lui responsable de plusieurs attaques de l’organisation sur des cibles israéliennes.
Il continue à défendre la stratégie du détournement d’avion, en dépit des critiques formulées contre le FPLP au sein de l’OLP. En 1970, des militants du FPLP détournent un avion et le font atterrir en Jordanie. Après avoir vidé l’appareil des passagers ils font exploser l’avion. Cette exploitation du territoire jordanien par des militants palestiniens, et les attaques incessantes du FPLP contre la monarchie hachémite jordanienne provoquent la répression de Septembre noir.
Les organisations de l’OLP sont expulsées de Jordanie et Haddad est critiqué par les cadres et les membres du FPLP. Ils demandent à Haddad de ne pas monter des opérations en dehors du territoire israélien, mais il passe outre cette demande en créant le Front populaire de libération de la Palestine – Opérations externes (FPLP-OE).
Il a également utilisé les services de Carlos pour des opérations militaires. Carlos est contraint de quitter le FPLP en 1975, Haddad l’accusant d’avoir refusé d’exécuter deux otages ou d’avoir accepté de prendre l’argent de la rançon lors de la prise d’otages du siège de l’OPEP à Vienne, le 22 décembre 1975.
En juin 1976, il organise le détournement du vol 139 d’Air France Tel Aviv – Paris après l’escale d’Athènes, avec l’aide de Wilfried Boese, membre des Cellules révolutionnaires allemandes. L’avion est détourné sur Entebbe, mais l’opération est mise en échec par le raid d’Entebbe. Haddad se fait expulser de l’organisation après cette opération.
Il meurt le 28 mars 1978 en RDA, officiellement d’une leucémie, mais empoisonné auparavant par le Mossad pour certains.
Georges Ibrahim Abdallah
Chrétien maronite proche de George Habache. Il Abdallah naît dans le village de Kobeyat, au nord du Liban, au sein d’une famille chrétienne maronite de neuf enfants dont le père est militaire. Il effectue ses études à l’école normale d’Achrafieh, quartier de l’est de Beyrouth. En 1972, il est nommé instituteur dans un village de la plaine de la Bekaa. Il reste dans l’enseignement jusqu’en 1979.
L’engagement politique de Georges Ibrahim Abdallah débute dans les rangs du Parti social nationaliste syrien.
Prenant fait et cause pour la palestinienne, il rejoint le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) – mouvement marxiste-léniniste s’illustrant dans une série de détournements d’avions dans les années 1960 et 1970, et considéré comme groupe terroriste par l’Union européenne et les États-Unis. Selon le Mossad, il est un proche de Georges Habache, le chef du FPLP.
Dès 1976, il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de Francis Meloy, ambassadeur des États-Unis au Liban. Il participe à la guérilla au Liban du Sud. Il est blessé lors de l’invasion israélienne du Sud-Liban en 1978.
Il participe à la création de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL, née à la suite de la dissolution du FPLP-OE), organisation se déclarant communiste, marxiste pro-syrien, anti-impérialiste et anti-israélien, dont il dirige les opérations en France sous les pseudonymes « Salih al-Masri », « Abdul-Qadir » ou « Abdel Kader Saadi » – la base du groupe étant à Lyon. Un ancien membre des FARL confie à la chaîne Al Jazeera en 2009 : « Nous avons décidé de mener des actions à l’étranger, notamment en Europe, plutôt qu’au Liban, conformément au principe : frapper l’ennemi partout où il se trouve. »
Son mouvement des FARL prend contact avec d’autres groupes militants d’extrême gauche, notamment les Français d’Action Directe, les Brigades rouges italiennes et la Fraction armée rouge allemande (RAF).
Le 12 novembre 1981, les FARL tentent d’assassiner par arme à feu Christian Adison Chapman, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis, alors qu’il quitte son domicile parisien, allée Paul-Deschanel. En 1982, les FARL revendiquent l’assassinat du lieutenant-colonel Charles R. Ray, attaché militaire américain à Paris (le 18 janvier à Strasbourg), et celui de Yacov Barsimantov, deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël (le 3 avril à Paris, devant sa famille). L’assassinat de Barsimantov intervient trois jours après que son bureau parisien a été mitraillé. Le 17 septembre de la même année, les FARL tentent d’assassiner à la voiture piégée Amos Manel, un diplomate israélien, face au lycée Carnot, rue Cardinet à Paris ; l’attentat fait 51 blessés dont des lycéens.
Une bombe placée par les FARL sous la voiture de Roderick Grant, attaché commercial à l’ambassade américaine en France, explose rue de la Bourdonnais à Paris et tue deux gardiens de la paix détachés aux services de déminage de la préfecture de police. Ce nouvel attentat est revendiqué par les FARL. Le 26 mars 1984 à Strasbourg, les FARL blessent grièvement par cinq balles à bout portant Robert O. Homm, consul des États-Unis au Parlement européen. Les FARL revendiquent également leur implication dans cette attaque.
Le 23 avril 1985, les FARL enlèvent Gilles Sidney Peyroles, directeur du Centre culturel français de Tripoli (Liban) et fils de l’écrivain Gilles Perrault, et réclament la libération de Georges Abdallah.
Selon les FARL, ces attentats sont des « actes de résistance armée » à une agression militaire, le Liban faisant alors face à l’invasion israélienne appuyée par les États-Unis. C’est également l’argument utilisé pour sa défense par Abdallah pendant son procès.
Kamal Nasser
Chrétien, Kamal Nasser (1924 – 10 avril 1973) est un homme politique et un poète palestinien. Membre important de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), il meurt assassiné par le Mossad aux côtés d’Abou Youssef et de Kamal Adouan à Beyrouth en 1973.
Kamal Nasser est né à Bir Zeit. Chrétien, il est avant le partage de la Palestine fiancé à une juive. Il étudie à l’université américaine de Beyrouth et enseigne le droit à Jérusalem. Il est aussi journaliste. Il intègre le parti Baas, et est directeur de publication du journal Al-Baas à Ramallah. Il compose aussi pour Al-Jil al-Jadid, un périodique littéraire.
Entre-temps, la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël a lieu et la guerre israélo-arabe de 1948-1949 éclate. La Transjordanie gagne la Cisjordanie et devient alors la Jordanie. Ainsi, en 1956, il est élu député baas au Parlement jordanien. Mais en 1947, il est contraint à l’exil par le roi Hussein. Il part pour Le Caire, et admire l’union entre la Syrie et l’Égypte en 1958. Il est très déçu de l’échec de la République arabe unie en 1961, et s’attaque alors par écrit au président égyptien Gamal Abdel Nasser, et finit par être expulsé.
Il séjourne tout d’abord à Paris, puis rejoint Damas. Il retourne finalement en Palestine, à Ramallah. Il crée avec Ibrahim Bakr le Groupe de Ramallah, et finit par être expulsé en décembre 1967.
Il rejoint l’OLP dès son expulsion. Il devient l’éditeur du journal de l’OLP, Filastin al-Thawra. De février 1969 à juillet 1971, il entre dans le comité exécutif de l’OLP comme porte-parole de l’organisation.
Il est assassiné lors d’un raid israélien mené par Ehoud Barak le 10 avril 1973, lors d’une des opérations de la « Vengeance de Munich », en rapport avec la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich en 1972. Abou Youssef et Kamal Adouan sont assassinés en même temps.
Nayef Hawatmeh
Gréco-catholique melchite, il né le 17 novembre 1938 à Salt, en Jordanie. Il est un homme politique palestino-jordanien. Il fut l’un des proches collaborateurs de Yasser Arafat, un idéologue, organisateur et participant à la lutte armée en Jordanie, au Liban, en Irak, au Yémen du Sud et en Palestine. Depuis 1969, secrétaire général permanent du Front démocratique de libération de la Palestine.
Hawatmeh est un nationaliste de gauche. Tout au long de sa vie, il a mis en avant des slogans de lutte des couches les plus pauvres de la société palestinienne pour leurs droits sociaux et l’égalité des droits entre musulmans et chrétiens
Hawatmeh est originaire d’un clan arabe chrétien remontant aux Ghassanides éparpillé entre la Jordanie, la Palestine et la Syrie. Il est un gréco-catholique melchite pratiquant.
En 1954, il suit des études supérieures en médecine au Caire et adhère au Mouvement nationaliste arabe, où il représente l’aile gauche du parti. Il est obligé d’arrêter ses études à cause de problèmes financiers.
Il revient en 1956 en Jordanie, où il devient professeur dans une école catholique et mène également des activités révolutionnaires. Il est condamné à mort par contumace par le gouvernement jordanien. Il se réfugie en 1958 au Liban avant de s’exiler en Irak, où il dirige pendant cinq ans la branche locale du MNA. Après la chute d’Abdul Karim Qasim (coup d’État baasiste en Irak), il part combattre les Britanniques au Yémen du Sud de 1963 à 1967.
En 1967, il regagne la Jordanie après avoir bénéficié d’une amnistie et fonde avec Georges Habache et Ahmed Jibril le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP). Il est le fondateur et secrétaire général du Front démocratique pour la libération de la Palestine, créé en 1969 à la suite d’une scission avec le FPLP dont il était également l’un des fondateurs.
En septembre 1970, le gouvernement jordanien décide d’expulser les organisations palestiniennes du pays, ce qui entraîne dix mois d’affrontements entre les militants palestiniens et l’armée jordanienne, c’est Septembre noir. Un communiqué officiel spécial indiquait que Naif Hawatme devait être capturé « mort ou vif ».
Depuis 1999, le FDLP, dirigé par Hawatmeh, a été retiré de la liste des organisations terroristes du gouvernement américain, ainsi que d’une liste similaire de l’ONU. Au XXIe siècle, Hawatmeh est un participant légitime aux négociations internationales sur le règlement final du conflit israélo-arabe et sur le statut de l’État de Palestine.
Il est le premier dirigeant palestinien à soutenir l’établissement d’un État palestinien aux côtés de l’État israélien et milite pour la fin de l’Intifada.
En 2023, le FDLP, sous la direction de Hawatmeh, s’est joint à l’assaut du Hamas contre Israël le 7 octobre, attaquant plusieurs cibles civiles avec son aile paramilitaire, les Brigades de la résistance nationale. Le FDLP a reconnu son implication dans le journal de son parti, Al-Hourriah, le 8 octobre.
Monseigneur Hilarion Capucci
Né le 2 mars 1922 à Alep, Hilarion Capucci est ordonné prêtre pour la congrégation melkite des Basiliens alépins le 20 juillet 1947.
Le 30 juillet 1965, il est nommé archevêque titulaire de Césarée-en-Palestine-des-Melkites et vicaire patriarcal melkite de Jérusalem. Il reçoit la consécration épiscopale des mains du cardinal Maxime IV Sayegh, patriarche melkite d’Antioche, le 5 septembre suivant.
Le 18 août 1974, Hilarion Capucci est arrêté par la police israélienne alors que profitant de son statut diplomatique privilégié, il transporte des armes à feu en Cisjordanie dans sa voiture pour le compte de l’OLP. Il est condamné à 12 ans de prison. Il renonce alors à ses fonctions de vicaire patriarcal.
En 1976, pendant la prise d’otage de l’aéroport d’Entebbé, en Ouganda, les preneurs d’otage, en partie membres du FPLP, demandent la libération de 53 prisonniers pro-palestiniens, dont Capucci. Il est libéré quelques années après à la suite d’une intervention du Saint-Siège.
Il participe à la flottille pour Gaza en 2010.
Il célèbre la messe de funérailles de Vittorio Arrigoni, un militant pro-palestinien enlevé et assassiné en avril 2011 par un groupe salafiste à Gaza.
Michel Aflak
Chrétien orthodoxe, fondateur du parti Baas (Résurrection), nationaliste arabe anticommuniste.
Né à Damas le 19 janvier 1912, dans une famille de la petite bourgeoisie chrétienne orthodoxe, Michel Aflak est le fils d’un nationaliste arabe convaincu, opposé à l’Empire ottoman puis à la présence française en Syrie. Son père [Youssef (Joseph) Aflak] a adhéré au Bloc national dès sa fondation en 1928, il a longtemps milité contre la présence turque puis française dans la région.
Les membres de sa famille ont participé à la révolution syrienne de 1925, ainsi qu’à toutes les révolutions palestiniennes.
Dans un entretien avec Charles Saint-Prot, il explique qu’avant de venir en France, il n’était qu’un nationaliste de sentiment, et c’est en entamant ses études à Paris qu’il comprend que le nationalisme arabe doit dépasser le cadre sentimental pour reposer sur des bases solides, et envisager tous les champs : la politique, l’économie, la culture et les problèmes sociaux.
Paris devient au début du XXe siècle le centre de rayonnement du nationalisme arabe en raison du grand nombre d’étudiants arabes présents dans la ville. C’est à Paris qu’il rencontre son compatriote Salah al-Din al-Bitar, un musulman sunnite qui partage les mêmes préoccupations que lui.
En 1936, au moment du Front Populaire, il déclare : « Nous n’avons que faire du mythe de l’Internationale prolétarienne et nous ne voulons pas passer d’une domination à une autre. Nous sommes des nationalistes arabes et nous ne pouvons que constater une divergence fondamentale pour ce qui concerne nos objectifs stratégiques essentiels avec ceux des marxistes. Nous plaçons la question nationale au centre de nos priorités, eux ne prennent en compte que les mots d’ordre et les directives émanant de leur capitale politique : Moscou. »
En 1941, au royaume d’Irak, un jeune militaire nationaliste, Rachid Ali al Gaylani, renverse le gouvernement probritannique et ouvre le pays aux Allemands. Pour soutenir son coup d’État, Aflak et son groupe se mobilisent, et créent le mouvement Haraka nisrat al irak (mouvement de soutien à l’Irak). La révolte irakienne est brisée en mai 1941.
En 1943 Michel Aflak rédige un programme qui sera le premier vrai programme politique du Baas et qu’il formule l’une des devises du parti, Umma arabia uahida thata risala halida (une nation arabe avec une mission éternelle). Dans un communiqué, il déclare : « Nous représentons l’esprit arabe contre le matérialisme communiste. Nous représentons l’histoire arabe vivante, contre l’idéologie réactionnaire morte et le progrès artificiel. Nous représentons le nationalisme en son essence. Nous représentons la nouvelle génération arabe. »
Il demande aux chrétiens de participer au mouvement national arabe, et d’accepter l’islam comme culture nationale des Arabes.
Les premiers bureaux de son parti sont ouverts à Damas, en 1945. Après la déclaration Roosevelt sur l’immigration juive en Palestine, le Baas se fait le principal réceptacle de l’indignation et la colère qui touchent le monde arabe. La fondation de la Ligue arabe, qui apparaît comme un instrument visant à pérenniser la domination britannique sur le Proche-Orient, amène aussi au parti de nouveaux militants. Pour Aflak, cette organisation est lâche et elle conduit dans la pratique les Arabes à une position de faiblesse.
Après l’indépendance de la Syrie, dans un éditorial spécial Aflak proclame le combat pour l’unité arabe : « Il faut maintenant créer les conditions de la grande révolution arabe du vingtième siècle qui permettra aux Arabes de réintégrer l’histoire. »
Le congrès fondateur du parti a lieu du 4 au 7 avril 1947, Aflak y prononce le discours d’ouverture : « Notre objectif est clair et il ne souffre aucune ambiguïté : une seule nation arabe, de l’Atlantique au Golfe. »
Las de demander en vain au gouvernement de partir en guerre contre Israël, Aflak prend lui-même les choses en main et organise, au nom du Baas, le volontariat de militants voulant se battre en Palestine. Il est lui-même parti sur le front palestinien lors de la guerre israélo-arabe de 1948. Michel Aflak, Salah al-Din al-Bitar et Wahib Ghanim font partie des nombreux volontaires baassistes à être partis sur le front.
En 1955, un premier traité d’alliance militaire est signé entre la Syrie et l’Égypte. Aflak estime que la fusion entre les deux pays doit se faire car les tensions intérieures dues à la guerre froide sont de plus en plus fortes. Cependant, il n’est pas convaincu de la capacité de Nasser à unifier le monde arabe. Laissant de côté ses opinions, il part pour le Caire où, lors d’un déjeuner, il arrive à convaincre Nasser des modalités de la fusion des deux pays. Le 1er février 1958, l’État égyptien et l’État syrien fusionnent pour créer la République arabe unie.
Aflak constitue une importante source de légitimité pour le régime irakien face au Baas syrien voisin.
Il publie plusieurs ouvrages, dont le plus remarquable est La lutte contre la déformation du mouvement de la révolution arabe en 1975. Aflak retrouve une partie de son influence en se liant d’amitié avec Saddam Hussein. Tout au long de son mandat de secrétaire général en Irak, Aflak reçoit tous les honneurs qui lui sont dus en tant que fondateur du mouvement Baas.
Voir aussi : Le Baa’sisme de Michel Aflak : un nationalisme et un socialisme arabe
Antoun Saadeh
Chrétien orthodoxe libanais, nationaliste pan-syrien, journaliste et philosophe fondateur du Parti social nationaliste syrien.
Son père était lui-même un nationaliste syrien ainsi qu’un défenseur de la démocratie.
En 1924, Saadeh fonde une société secrète qui vise à l’unification de la Syrie naturelle. La Syrie naturelle, selon Saadeh, comprenait le Levant, la Palestine, la Transjordanie, le Liban, la Syrie, l’Irak et certaines parties du sud de la Turquie. Sa conception de la Syrie incluait tous les groupes religieux, ethniques et linguistiques vivant dans cette région. Il apprend à parler le portugais, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le français et le russe.
Voir aussi : Il y a 121 ans naissait le révolutionnaire et philosophe Antoun Saadeh…
Constantin Zureiq
1909 – 2000 Né à Damas, Grec-Orthodoxe pionnier du nationalisme arabe inventeur du terme Nakba « la catastrophe »
Études à l’Université américaine de Beyrouth, doctorat à l’Université de Princeton à vingt et un ans, professeur d’histoire à l’Université américaine de Beyrouth. 1er conseiller à la légation syrienne des États-Unis en 1945, délégué au Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Assemblée générale de l’ONU en 1946.
Vice-président de l’Université américaine de Beyrouth en 1952, doctorat en littérature à l’Université du Michigan en 1967.
Au cours des cinquante dernières années de sa vie, Zurayk s’est consacré à tenter de résoudre les divers problèmes qui tournaient autour de la société arabe. Son objectif était de découvrir un moyen de transformer radicalement et rapidement la société arabe en une société pragmatique, rationnelle et scientifique.
Pour Zurayk, le nationalisme arabe était un « projet civilisationnel plutôt qu’une obsession défensive des frontières identitaires à protéger »
Bien qu’il ne soit pas musulman lui-même, Zurayk croyait que l’islam était le chaînon manquant du nationalisme arabe.
Leïla Khaled
Chrétienne évangélique, née le 9 avril 1944 à Haïfa, est une militante palestinienne du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Elle est actuellement membre du Conseil national palestinien.
Avec sa famille, Leïla Khaled quitte Haïfa pour Tyr le 13 avril 1948 lors de l’exode. À 15 ans, Leïla intègre le Mouvement nationaliste arabe (MNA) de Georges Habache et y rejoint son frère. Après avoir été pensionnaire chez les évangéliques américains à Saïda, elle s’inscrit à l’université américaine de Beyrouth. Fin 1968, le MNA devient le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).
Début 1969, elle quitte son poste d’enseignante pour suivre un entraînement dans une base jordanienne du FPLP, organisation classée terroriste par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, l’Australie et Israël.
Le 29 août 1969, Leïla Khaled et Salim Issaoui détournent le vol 840 de la TWA assurant la liaison Los Angeles/Tel-Aviv. Montés à Rome pendant une escale, ils prennent le contrôle de l’avion un peu après le décollage et le contraignent à se rendre à Damas. Ils passent symboliquement au-dessus de Haïfa (ville natale de Khaled mais aussi d’Issaoui). À Damas, ils débarquent les 116 passagers et font sauter l’appareil. Cette opération faisait partie d’une série de détournements presque simultanés effectués par le FPLP, connus sous le nom de Dawson’s Field hijackings.
En juin 1971, elle planifie l’attaque par un commando du FPLP contre un pétrolier en mer Rouge.
Khaled a déclaré qu’elle ne croit pas au processus de paix avec Israël. Selon elle : « Ce n’est pas un processus de paix. C’est un processus politique où l’équilibre des forces est pour les Israéliens et pas pour nous. Ils ont toutes les cartes en mains et les Palestiniens n’ont rien».
En 2016, Leila Khaled déclare en Allemagne qu’il n’y aura de négociations qu’avec des couteaux et des armes.
Elle est aujourd’hui membre du Conseil national palestinien (CNP) et de l’Union générale des femmes palestiniennes.
Hanan Achrawi
Anglicane, née à Naplouse le 8 octobre 1946 – Membre de l’OLP, son père, le docteur Daoud Mikhaïl, en est l’un des fondateurs.
Elle préconise la fin de l’État d’Israël, non pour des raisons politiques ou religieuses, mais parce qu’il pose un problème humanitaire.
Pendant la guerre de 1948, la famille s’enfuit à Amman, capitale de la Jordanie. Son père, militant palestinien, est arrêté à plusieurs reprises par les autorités jordaniennes en raison de ses activités militantes au sein du Parti national socialiste arabe et de l’OLP. La famille Mikhaïl revient deux ans plus tard s’installer à Ramallah.
Dans sa jeunesse, Hanan Achrawi étudie à la Friends Girls School de Jérusalem, une institution quaker où ses quatre sœurs étudient également. La défaite arabe à l’issue de la guerre des Six Jours de 1967 la pousse à s’impliquer directement dans la lutte palestinienne et elle est nommée porte-parole de l’organisation étudiante générale des étudiants palestiniens. En 1988 elle rejoint le comité politique de la première Intifada, travaillant aussi dans son comité diplomatique jusqu’en 1993. Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État américaine, déclare : « Elle [Ashrawi] est une brillante porte-parole de sa cause ».
De 1991 à 1993, elle exerce les fonctions de porte-parole officielle de la délégation palestinienne au processus de paix du Moyen-Orient et comme membre du conseil dirigeant de la délégation. Ashrawi participe à des conférences et à des activités en Europe et à Jérusalem, et prend part à un dialogue continu dans lequel des femmes israéliennes et palestiniennes explorent des options pour la paix.
Elle participe activement à la seconde intifada et est blessée au pied par une grenade assourdissante lors d’une manifestation en 2001. Cette même année, elle est engagée par la Ligue arabe comme Commissaire d’information et de politique publique.
Edward Saïd
Saïd est né à Jérusalem, en Palestine mandataire, le 1er novembre 1935. Son père, chrétien de Palestine et naturalisé américain, est un homme d’affaires prospère. Sa mère est née à Nazareth, elle aussi dans une famille chrétienne.
Il enseigne, de 1963 jusqu’à sa mort en 2003, la littérature anglaise et la littérature comparée à l’université Columbia de New York. Il écrit beaucoup sur le conflit israélo-palestinien et sur le Moyen-Orient. Robert Fisk dit de lui qu’il est la « voix politique la plus puissante [most powerful political voice] » pour les Palestiniens.
Son ouvrage le plus célèbre est L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident (Orientalism), publié en 1978 et traduit en français aux Éditions du Seuil en 1980. L’ouvrage a un retentissement international et est traduit en trente-six langues ; il est considéré comme un des textes fondateurs des études postcoloniales.
Elias Khoury
Chrétien orthodoxe, membre du Fatah, Elias Khoury est né le 12 juillet 1948 dans une famille de classe moyenne à Achrafieh, un quartier principalement chrétien de Beyrouth. C’est un intellectuel libanais de renommée internationale.
Il s’engage tout d’abord au sein du mouvement « jeunesse orthodoxe » mené par l’archevêque progressiste Georges Khodor. En 1967, alors que la vie intellectuelle libanaise se polarisait sur le nationalisme arabe et la question palestinienne, Khoury partit visiter un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie et décida alors de devenir membre du Fatah, la plus importante organisation au sein de l’Organisation de libération de la Palestine. Chercheur au centre de recherche de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Beyrouth.
En 1972, Khoury se retrouve en tant que membre du comité éditorial du journal Mawaqif, aux côtés d’Adonis, Hisham Sharabi et plus tard, du poète palestinien Mahmoud Darwish. À propos de ce groupe, Khoury fera ultérieurement la remarque qu’il était important, mais marginal : « Nous n’étions ni dans la droite libérale ni dans la gauche traditionnelle. Intellectuellement parlant, nous étions beaucoup plus liés à l’expérience palestinienne. »
Il a aussi enseigné à l’université Columbia à New York, à l’université américaine de Beyrouth, à l’université libanaise et à l’université de New York.
Souha Tawil
Grecque orthodoxe.
Alors qu’il répétait des années durant qu’il avait « épousé la Palestine », Arafat se marie à 60 ans avec sa secrétaire, Souha Tawil, de trente-quatre ans sa cadette, appartenant à l’Église grecque orthodoxe, fille d’un banquier et d’une militante nationaliste de la première heure, proche du leader, le 17 juillet 1990.
Hasan Salama
Né à Qula, parachuté par le IIIe Reich en Palestine en 1944 en compagnie de 3 templiers Allemands.
Suite à l’écrasement de la grande révolte arabe de 1936 à 1939 en Palestine (qui exigeait la fin du mandat britannique et l’arrêt de l’immigration juive), Hussan Salameh suit le grand Mufti al-Hussein en Irak. De là, suite à l’échec du coup d’État pro-allemand de Rashid Ali Al-Gaylani, le 1er avril 1941, il suit à nouveau le Mufti vers le Reich et en devient un agent.
Salama épouse une Allemande et suit une formation de commando et de sabotage. Il devient membre d’une unité spéciale de commandos de l’Amt VI, l’organisation allemande de renseignement extérieur.
Il participe à l’opération ATLAS : dans la nuit du 6 octobre 1944, Salama et quatre autres commandos (trois Templiers allemands et un Arabe palestinien) sont parachutés d’un Heinkel HeS 3 en Palestine, au-dessus de Wadi Qelt. Leur équipement comprenait des explosifs, des mitraillettes, du matériel radio et 5 000 livres sterling. Ils disposaient également des capsules de poison destinées à liquider ceux soupçonnés de collaborer avec les autorités. L’un des Allemands et Salama ont échappé à la capture et se sont réfugiés à Qula, où un médecin a soigné sa blessure au pied. L’opération visait à fournir des ressources et des armes aux groupes de résistance arabes palestiniens et à diriger les activités de sabotage principalement vers des cibles juives (plutôt que britanniques).
Il vaut la peine de noter que les Templiers Allemands sont une secte chrétienne qui avait créé une colonie en Palestine pour préparer le retour du Christ.
Ali Hassan Salameh
Né à Lydda (Lod) Le prince rouge se marie à la Miss Univers 1971 Georgina Rizk.
Il est musulman, c’est le fils du précédent, mais inutile de rechercher la moindre trace de fondamentalisme. Déjà, si on a bien compris la fiche de son père (Hasan Salama), sa mère est allemande, il fait d’ailleurs ses études en Allemagne, de plus, il se marie à une chrétienne dont la mère est Hongroise, Georgina Rizk, laquelle était Miss Liban puis Miss Univers 1971. Hassan Salameh était la coqueluche de la jeunesse au Liban, il avait une réputation de dandy, on le surnommait le prince rouge, il dilapidait la fortune familiale en voiture de course et en poupée.
Mais le 22 janvier 1979, il est tué à Beyrouth par le Mossad en représailles au massacre des JO de Munich par l’organisation Septembre Noir, dont Assan Salameh est le responsable opérationnel. Salameh est aussi le créateur de la Force 17 qui doit protéger Arafat, enfin, bizarrement, il est l’interlocuteur privilégié de la CIA,
Il a également reçu une formation militaire en Égypte et peut-être aussi en Union soviétique.
Conclusion
1 – Après 150 ans de sionisme triomphant, il y a de moins en moins de chrétiens au Moyen-Orient, en particulier, il n’y aura bientôt plus de chrétiens en Terre Sainte, et le Vatican, infecté par le B’Nai B’rith, laisse faire.
2 – Il y a encore un islam, mais une forme d’islamisme progresse, et, chose curieuse, celui-ci ne s’en prend jamais à Israël, par contre, il n’hésite pas à s’en prendre aux organisations musulmanes qui attaquent Israël.
3 – L’histoire récente du Proche-Orient montre que chrétiens et musulmans font partie des mêmes organisations (ou d’organisations alliées) et sont tués par les mêmes bombes.
4 – Il ne s’agit pas d’un conflit religieux, encore moins d’un conflit de civilisations, il s’agit d’une spoliation territoriale, d’un grand remplacement.
Source pour l’ensemble des fiches : Wikipedia | Liste des personnalités essentiellement fournie par un chrétien qui partage son temps entre la France et l’Égypte et dont la famille a ses origines en Syrie et au Liban. Nous l’en remercions.