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Le dernier combat contre les marchands du temple

La dernière sortie de Jean-Marie Le Pen sur la prochaine universalisation de la PMA (procréation médicalement assistée) en a surpris plus d’un. « Je préfère un enfant sans père que pas d’enfant du tout », a-t-il déclaré au Figaro qui n’en demandait pas tant. L’ex-député européen a affirmé ne pas être opposé à la « PMA pour toutes » en raison de la pression migratoire… « Après tout… Je préfère un enfant sans père que pas d’enfant du tout » Pour le fondateur du Front national, c’est une façon, dit-il (car ce ne sont que des mots), de répondre à la « différence de dynamique démographique considérable entre le continent boréal et le reste du monde. » « À titre personnel, je n’y suis pas opposé », a-t-il précisé comme pour insister sur l’originalité de son assertion. 

Mais précautionneux, afin d’éviter, peut-être, une flopée de critiques en provenance d’une certaine mouvance d’extrême-droire récalcitrante à l’idée d’accepter la lesbianisation ostentatoire de la société française, Monsieur Le Pen dit que la morale n’a pas à intervenir dans ce sujet. Nous vivons décidément l’avènement en cours du Meshom (terme hébreu signifiant dévastation métaphysique), de la grande confusion, de l’inversion tous azimuts, du brouillard. C’est un signe. En 2013, Le Pen s’était publiquement opposé au “mariage” des homosexuels. Aujourd’hui, il “meshomise”, il balbutie. La lutte contre la loi sur la bioéthique 2019 ne doit pas être « un combat fondamental » lâche-t-il. Une faute, une faute d’autant plus grave que le nonagénaire pèse encore, malgré son isolement et son âge. Une faute grave, encore, car la PMA ne se limite pas au problème de l’absence de père dans l’éducation des enfants ainsi procréés.

LES PROPOS SURPRENANTS DE JEAN-MARIE LE PEN

Jean-Marie Le Pen assure ne pas comprendre la fièvre que suscite, à droite notamment, la loi bioéthique présentée le 24 juillet dernier en Conseil des ministres. « Je suis pour les enfants. La morale dira bien ce qu’elle a à dire sur la façon de les faire. À titre personnel, je préfère la méthode traditionnelle. » Pourquoi Jean-Marie Le Pen se met-il à parler ainsi ? En 2019, les lesbiennes qui veulent des enfants en ont déjà. Elles utilisent des méthodes artisanales ou vont en Espagne où elles sélectionnent le sexe (pardon, le genre) de leur jouet. 

Cela pour dire que la PMA ne fera aucunement progresser la natalité française. En revanche, les conséquences sociologiques, politiques, philosophiques et tout simplement humaines de la promulgation prochaine de la loi bioéthique sont incommensurables. En fait, Le Pen aide le Système à focaliser encore un peu plus l’attention du public sur une réalité nauséabonde qui existe déjà, soit l’institutionnalisation des “parents” lesbiens et uranistes (qui deviennent d’ailleurs très souvent homosexuels sur le tard pour, pensent-ils, vivre une autre vie) se partageant des enfants à mi-temps ou quémandant du sperme à des amis pour produire de l’enfant. La PMA dépasse dramatiquement cette sordide réalité. 

UN PROJET DE LOI DE BIOÉTHIQUE POUR OUVRIR LA BOÎTE DE PANDORE

Long de 32 articles, le projet de loi de bioéthique recouvre une large gamme de sujets majeurs, dont les tests génétiques et la recherche sur les cellules souches. C’est sur la question très sensible de la procréation médicalement assistée (PMA) que se cristallisent toutes les attentions. Le texte sur la bioéthique (et n’oublions jamais que là où l’on parle d’éthique, il y a entourloupe), porté par les ingrates Belloubet (pour la Justice), Buzyn (pour le ministère de la “Santé”) et Emmanuelle Wargon, spécialiste en yahourt (secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire. Tout va bien dans le royaume d’Ubu, tout le monde est à sa place) sera “débattu” à l’automne au Parlement. Le débat factice organisé au sein du Palais-Bourbon sera immanquablement axé autour de leurs histoires saphiques et de leurs caprices enfantins. Les prostitués de l’Assemblée feront le spectacle. Eventuellement un franc-tireur sera brillant, « sauvera l’honneur » de la “représentation” nationale, articulera de jolis mots, de belles phrases, il aura un joli costume. Mais le résumé des discussions théâtrales sera celui des commentaires sur les androphobes et leur soif d’enfants. Pourtant, c’est l’essence même de la vie, son cœur nucléaire qui est attaquée par cette loi démiurgique. 

Cette loi prévoit ainsi en son article 17 « la modification d’un embryon humain », en reconnaissant sa perfectibilité et donc son possible perfectionnement. L’homme augmenté, en réalité l’homme altéré, c’est pour demain matin. Un autre point considère l’accès à la PMA pour toutes les femmes, y compris celles qui vivent en couple avec un homme et pour lesquelles il n’y a aucune infertilité diagnostiquée. La puissance publique offre un nouveau “service” aux individus et aux couples (qui auront le statut de parents) : la production d’un enfant choisi en quelque sorte sur catalogue. 

D’aucuns nous soufflent que la France doit saisir cette chance de régénération raciale, que les gens, et surtout les lesbiennes, sont friands et friandes des petits garçons et des petits filles blonds aux yeux bleus, que les prochaines générations seront plus fortes, plus athlétiques, plus intelligentes, plus belles grâce à la procréation assistée et à la manipulation génétique. Voilà un préjugé particulièrement dangereux. D’abord, parce que nous doutons fort qu’un couple racialement mixte se décide à fabriquer de l’enfant blond ! Pourquoi une femme blanche attirée par l’ébène voudrait posséder une progéniture opaline ? Et puis, quand bien même tous les enfants sortant des laboratoires de PMA seraient blonds comme les blés avec des yeux bleus comme la veste de Michou, pourrait-on s’en féliciter ? 

Les tenants et les grands responsables de la technologie au service de la reproduction animale ou végétale peuvent-ils se targuer d’un bilan positif ? Leur seule réussite est comptable. Pour le reste, le productivisme et ses impératifs en matière de rendement ont asséché la nature, les campagnes, les jardins, les vergers, les champs, mais aussi les forêts. Jamais l’humanité n’a possédé autant de moyens techniques et chimiques pour cultiver et élever des animaux. Et pourtant, jamais la diversité animale et végétale n’a été si exsangue. 

Le public veut un produit propre, qui ne coûte pas cher, et qui n’est pas biscornu. Aujourd’hui, les tomates vendues partout sont bien rondes et rouges mais sans saveur, sans onctuosité et sans vitamines. Les pommes, fruits emblématiques de la Gaule, ne sont aujourd’hui produits qu’avec des pommiers domestiques et les consommateurs ne choisissent inlassablement que 4 variétés de pommes (sur les 20 000 existantes… ou ayant existé). Les pommes de terre sont bien traitées, merci. On veut des frites et des pizzas ! En ce qui concerne l’élevage, les résultats sont qualitativement identiques. Mêmes poules, mêmes œufs, mêmes vaches, mêmes cochons, partout, tout le temps. Non parce que les éleveurs l’ont décidé un jour, comme ça, mais parce que la ménagère achète incessamment le produit propret, calibré, aseptisé. Dans quelques mois (on en parle beaucoup actuellement), ou quelques années, de la barbaque sortie des laboratoires sera vendue en supermarché ; elle sera “bonne” au goût, mais toujours sans surprise. Je n’ai personnellement aucun doute à ce sujet. Demain, la même ménagère, certes sans fichu et tatouée pour faire mine de s’éclater sexuellement, commandera un enfant comme elle choisit aujourd’hui ses tomates, ses pommes, sa viande et sa pizza. 

FAIRE TABLE RASE DU PATRIMOINE GÉNÉTIQUE ?

Le dernier verrou à faire sauter n’est plus la nation (elle est objectivement soumise aux quatre vents), non, le dernier verrou à faire sauter est le patrimoine génétique, et ils vont le faire si nous, nous ne faisons rien. Nous sommes aujourd’hui devant l’obligation absolue de nous lever contre les marchands du Temple qui ont pris leur revanche et mènent désormais l’humanité à sa perte au profit du monde des robots, de la seule matière, de la matière, seule. La PMA implique en effet que l’enfant soit un produit de la technique. Le consommateur exigera, c’est certain, un article sans défaut : tel est le nouveau paradigme du désir parental. L’enfant ne sera plus accueilli comme un don mais attendu comme un dû. Quelques étapes de la procréation de demain ? Analyse du patrimoine génétique du potentiel bébé à naître. Le géniticien dresse la liste des maladies pouvant atteindre le produit charnel, propose aux parents une modification du patrimoine génétique de l’embryon afin de prémunir l’enfant contre d’éventuelles futures pathologies. 

Les parents acceptent comme ils acceptent aujourd’hui (98 % d’entre eux selon un chiffre officiel, et c’est le record du monde) l’interruption médicale de grossesse en cas de trisomie 21 détectée ou, trop souvent, supposée. Avec la PMA, tout embryon pourvu d’une anomalie génétique (quelle qu’elle soit, aussi minime puisse-t-elle être), sera avorté. Et on imagine mal la ménagère garder un embryon avec un bec de lièvre (génétiquement décodé). On imagine mal la danseuse de zumba garder un embryon potentiellement obèse, potentiellement “trop” petit, ou assuré d’être chauve à 25 ans. L’enfant devra être grand mais pas monstrueusement grand, musclé et non gras, intelligent mais pas rêveur, social mais pas émotif. A la fin, on se retrouvera dans un monde “peuplé” de “répliquants”, et peut-être bien de clones. 

Dans un livre publié en 2016, The end of sex and the future of human reproduction (Harvard University Press), le scientifique Henri Greely explore les implications juridiques, morales et sociétales des biotechnologies émergentes. Il décrit ici un monde où la procréation ne commence plus dans la chambre à coucher mais plutôt dans une boîte de Pétri d’une clinique médicale. Dans cet ouvrage, Greely raconte le scénario suivant : un couple voulant un enfant créerait cent embryons et recevrait un dossier sur l’ADN de chacun. Cela révélerait la présence de gènes favorisant l’apparition de graves maladies mortelles, ainsi que des marqueurs qui confèrent un risque accru de conditions moins graves. Ce couple pourra aussi exiger l’inclusion de gènes déterminant une certaine personnalité à l’enfant. Les demandes des parents deviendront de plus en plus exigeantes, et le retour, la vie et l’évolution de l’enfant, seront de plus en plus frustrantes pour eux. Le voisin aura eu mieux, la cousine aura un fils plus intelligent que celui de Zoé, Téo sera plus beau que Gao, Tex sera inexplicablement autiste, Ténia aura un regard mort, etc. Nous n’en sommes pas là, officiellement.

CRISPR-CAS9, LEUR PANACÉE

Les deux seules limites, apparemment, seraient en effet l’interdiction de mélanger les espèces (chimère homme-animal par exemple) et l’interdiction d’avoir pour objectif la modification de la descendance (article 13 de la Convention d’Oviedo). Une dernière limite facile à contourner en arguant d’une non-volonté de modifier sa descendance en avançant la seule volonté de “soigner” ou de “pré-soigner” l’enfant. Ainsi, les techniques comme CRISPR-cas9 (outil de modification génétique révolutionnaire, facile à manier, peu coûteux et rapide, ce sont les ciseaux génétiques des petites mains démiurgiques) ou encore la FIV à trois parents (les Chinois font déjà cela, sans se cacher) qui affiche (bien opportunément) un objectif de “traitement” ou de “prévention” seraient alors possibles sans équivoque. 

Nous parlions quelques lignes plus haut de ces fruits et légumes calibrés, chimiquement nourris et de plus en plus génétiquement modifiés. Le fameux maïs OGM illustre bien ce que peut être un ersatz végétal. C’est Monsanto-Bayer qui exploite cette industrie génétique et c’est Monsanto-Bayer qui a acquis fin 2016 les droits d’exploitation de Crispr-Cas9 que l’on utilise sur le maïs comme sur les humains ! Chers lecteurs, si la locomotive reste sur ses rails, c’est toute l’humanité qui se trouvera ad vitam aeternam dans les griffes de Monsanto-Bayer ! Curieux, ironique, après avoir servi à contrôler le business du maïs dans le monde (première culture au monde devant celle du riz et celle du blé) puisque 80 % du maïs américain (35 % du maïs mondial) sort des usines Monsanto-Bayer, la modification génomique touche désormais les Chinois, qui composent la première population mondiale. Une petite précision pour dire que cette affaire n’a déjà plus rien d’expérimental et que l’outil révolutionnaire CRISPR-CAS9 est utilisé par une oligarchie qui a quelque dessein impérial et profondément, intégralement, totalitaire. 

Dans un article publié dans RIVAROL il y a un peu moins d’un an (PMA-GPA, le duo gagnant), j’écrivais que « les homosexuels, les gays, se révolteront comme des dragons enragés afin d’obtenir très rapidement les mêmes droits dont jouiront très bientôt leurs homologues féminines. Et comment un homme seul, inverti, gynophobe, pourra-t-il donc obtenir un enfant qu’il câlinera ensuite comme il faut ? » Soit par GPA (gestation pour autrui) avec la FIV à trois parents, mais la condition de mère porteuse est étrangement très mal vue (alors que l’avortement est glorifié), soit par le clonage ! Un procédé digne du plus parfait Ouroboros (le dragon se mordant la queue, symbole de l’autosuffisance, de l’immanence) qui se popularise et risque fort bien de se démocratiser en apparaissant comme une solution “procréative” comme une autre (certes peu traditionnelle dirait Monsieur Le Pen) puisqu’il est désormais, lui aussi, le clonage, facilité par CRISPR-CAS9 comme nous l’a révélé la dernière expérience chinoise sur 5 macaques issus non de la cuisse de Jupiter mais d’un bout de peau ciselée d’un de leurs congénères.

[…] (lire la suite)

François-Xavier ROCHETTE

Source : Rivarol

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Redaction

Commentaires (1)

  1. Monsieur X dit :

    Et le MPA?
    Métissage Procréativement Assisté, il est pour?

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