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PMA : un enjeu économique majeur

« La correction des cellules somatiques permet aux spécialistes du génie génétique d’identifier précisément ces gènes, et de prendre des mesures pour les corriger. Bien que cette technique n’en soit qu’à ses balbutiements, elle a le potentiel de débarrasser l’humanité de pathologies qui constituent un fléau pour l’existence de notre espèce ».

BAYER-France.

Le 27 septembre, l’article 1 sur la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes a été adoptée par l’Assemblée nationale. 75 petits députés ont voté l’adoption de l’article inscrit dans le projet de loi bioéthique. Cette loi révolutionnaire et aux conséquences inimaginables devrait être promulguée avant l’été 2020. Les femmes célibataires et les “couples” de femmes auront donc, désormais, accès aux techniques de procréation médicalement assistée en France. L’Assemblée nationale a également voté, cette fois le 3 octobre, l’article 3 du projet de loi bioéthique qui devrait permettre aux enfants nés d’une PMA d’avoir accès à leurs origines à leur majorité, au terme d’un débat marqué, il est vrai sur ce point, par de multiples interrogations sur tous les bancs. Les députés ont donné leur aval à cet article par 57 voix contre 16, et 10 abstentions.

Le texte, examiné en première lecture, prévoit que les enfants nés d’un don après l’entrée en vigueur de la loi puissent accéder à leur majorité à des données comme l’âge, les caractéristiques physiques du donneur, voire à son identité. Conséquence : tout donneur devra consentir à la communication de ses données avant de procéder au don. Cette loi qui est non rétroactive et qui donc ne sera réellement activée pour sa première application que dans une vingtaine d’années surprend les lesbiennes militantes radicales. On les comprend (on comprend, on saisit leur logique). Une infime minorité de lesbiennes souhaitent en effet que toutes les femmes qui le désirent accèdent à un bon patrimoine génétique (sans maladie potentielle, sans anomalie) pour fabriquer des enfants effectivement sans père, sans parasite, oserions-nous dire. Ces homosexuelles idéologiques, révoltées contre le pouvoir des hommes, espéraient en effet pouvoir obtenir une progéniture sans origine, l’idée même de l’existence d’un géniteur leur faisant horreur. Si nous nous arrêtons sur cette loi (encore bien lointaine dans son application), c’est parce que nous la trouvons effectivement incompatible avec les attentes de cette catégorie infinitésimale de lesbiennes idéologiques mais qui sont censées représentées l’ensemble de leur corporation. Elles ne devraient cependant pas se faire trop de souci. L’importance de la filiation naturelle dans la culture, les mœurs et l’inconscient collectif s’étiole de plus en plus rapidement, c’est l’idée même de paternité qui perd de sa substance, de son sens. 

Des mesures et des moeurs

Les déclarations ubuesques, incessantes et toujours plus brutales, des représentants politiques contribuent à la “désacralisation” de la paternité mais elles témoignent également de son acceptation populaire croissante. Nous sommes encore nombreux, certes, à nous étonner des propos d’une Marlène Schiappa, d’un Jean-Luc Romero et d’une Agnès Buzyn qui, il y a quelques jours, affirmait éhontée que « bien sûr, une femme pouvait être un père, une grand-mère, aussi peut-être un grand-père » mais la majorité molle ne réagit plus, reste indifférente devant cette idée folle, quand une part grandissante de la population la corrobore carrément. Le Système repose sur un relativisme moral absolu, le meilleur moyen pour lui de faire disparaître ce qu’il considère comme des verrous ou seulement aujourd’hui des freins aux disques ou patins bien usés. C’est par ce relativisme qui, lui-même, trouve son crédit dans les impératifs de tolérance, d’humanisme, de dignité et d’amour (notions très floues servant à autoriser en définitive l’inacceptable) que père, mère et enfant sont attaqués dans leur réalité. Par le conformisme médiatique, progressiste par principe (il faut bien comprendre que toute fiction, toute émission véhicule ce relativisme moral, et quand TF1 propose une Famille formidable, c’est pour la décrire comme une chose sans contours, sans principes, multidivorcée, recomposée, décomposée, dont tous les membres ont une vocation homosexualiste et où rien ne dure.), et par des lois, des décrets, des décisions de justice, triomphe encore et encore une véritable révolution anthropologique. Ainsi, le 3 octobre, un autre article fut voté par nos gentils parlementaires. Officiellement contre l’avis du gouvernement et de « la rapporteure », l’amendement de Jean-Louis Touraine qui consacre dans la loi la filiation d’un enfant né par GPA à l’étranger a été adopté. La jurisprudence du tribunal de grande instance de Paris est consacrée dans la loi. En effet, quelques heures avant ce vote pratiquée dans une Assemblée déserte (ne comptez pas sur les élus dits nationaux pour se battre sur ce sujet gravissime et pour alerter bruyamment les Français), la cour de cassation avait reconnu la notion de « parent d’intention » et avait imposé la transcription à l’état civil d’une filiation issue d’une GPA (gestation par autrui). Si pour l’instant, la GPA reste interdite en France, elle est de facto autorisée à l’étranger là où elle est légalisée comme en Espagne. En Espagne où, chers lecteurs, se trouvent les plus riches cliniques en matière de PMA-GPA. 

Un marché juteux

Des cliniques qui n’appartiennent pas à des Espagnols mais dont la plupart sont contrôlées par les gestionnaires de l’argent du Pétrole des Emirats arabes unis ! Ce sont des milliards de dollars qui sont investis chaque année dans ce business, principalement en Espagne, aux Etats-Unis (où on peut déjà choisir le sexe de “ses” enfants) et en République Tchèque (le gros centre européen en matière de PMA). 

La PMA n’est donc pas une stricte affaire d’homosexuelles pointilleuses sur les “principes”, l’affaire de 2 200 prétendues femmes aux courtes jambes désireuses de droits, d’égalité, de gosses dont elles ignorent la provenance. La PMA légalisée n’est donc pas une réponse politicienne faite à une communauté électorale par clientélisme comme on peut l’entendre parfois. La PMA est l’affaire de tous comme l’était le PACS annonciateur du pire. D’ailleurs aujourd’hui l’écrasante majorité des PACS (95 %) est le fait de couples « homme-femme ». Demain, les nouveaux cas de PMA seront des commandes des couples hétérosexuels et la part des lesbiennes sera résiduelle parce que la plupart d’entre elles souhaitent connaître le père de leurs enfants, « en vrai ». D’ailleurs on ne compte plus les doubles paires deux femmes-deux hommes qui se partagent leurs enfants (conçus à la seringue) une semaine sur deux ou même dans une même maison. Les drôles de revendications homosexuelles sur la PMA sont un levier politique destiné à des fins économiques et à la généralisation de la production d’enfants made in éprouvette. Les cliniques de PMA (surtout en Espagne actuellement) brassent d’ores et déjà des milliards d’euros chaque année. Avec une légalisation de la PMA pour couples non stériles, le phénomène va immanquablement exploser, surtout sous la crainte récurrente et croissante de parents inquiets de la bonne santé de leurs bébés à naître. Tout est prêt. Il manque encore du débat, des discussions interminables sur des sujets annexes pour banaliser la chose à l’image de l’institutionnalisation du PACS il y a vingt ans, et le Meilleur des Mondes connaîtra son aurore écarlate.

La révolution génétique sera-t-elle la révolution industrielle de demain ?

Agnès Buzyn, encore elle, a déclaré la semaine dernière en plein Palais-Bourbon sous les applaudissements d’un Jean-Luc Mélenchon en joie (qui a annoncé en postillonnant dans son discours « la fin du patriarcat »), qu’il y a eu « des siècles de croisades, des guerres mondiales, des divorces par milliers » et que « rien n’a jamais démontré que ces enfants-là, entourés de l’amour de leur mère, n’ont pas pu grandir ». Ces propos sont non seulement d’une grande stupidité, ils sont aussi et surtout une diversion, une grosse ficelle éludant la spécificité philosophique de la PMA. On remarquera également, en passant, que les orphelins de l’Indicible ne sont pas mentionnés dans son propos. Quant à la Première Guerre mondiale, il faut vraiment être une ignare doublée d’une hypocrite pour relativiser la souffrance du peuple français qu’elle a engendrée. Pendant le conflit, et des dizaines d’années après, avec des centaines de milliers de familles marquées au fer rouge, ruinées psychologiquement avec une réelle transmission familiale de l’horreur se produisant de génération en génération dans l’ombre totale du souvenir shoahtique. 

Les politiques sont prêts à raconter tout et n’importe quoi pour faire accepter leur projet (que rien ne semble pouvoir arrêter). Car, répétons-le, les enjeux économiques sont énormes pour demain. Il ne s’agit pas simplement d’une mesure sociétale de plus. Les intérêts en terme d’argent sont astronomiques, apparemment illimités. Le dessein de grands industriels n’est pas de contenter quelques centaines de lesbiennes remboursées par la Sécurité sociale. Cette revendication montée en épingle sert de bélier, de coup symbolique pour ouvrir la porte à la généralisation, à la banalisation et au développement scientifique de la PMA. C’est écrit. Rappelons que la loi votée ne se limite pas à la PMA ; on parle de loi bioéthique : l’essence de cette loi concerne l’embryon et les expériences “scientifiques” appliquées sur lui. Le 4 octobre l’article 14 a été adopté. Les manipulateurs d’embryons voient là une première avancée majeure dans leurs recherches. Comment ? En faisant la distinction de régime juridique entre les embryons et les cellules souches embryonnaires. En devenant juridiquement des cellules souches embryonnaires (CSE) et non plus des embryons, on autorise par un tour de force toutes les expériences génétiques sur les embryons appelés opportunément CSE pour se libérer des dernières entraves qui empêchaient la manipulation d’un nombre incalculable de ces derniers. A plusieurs reprises, nous avons parlé dans RIVAROL des ciseaux génétiques appelés par leurs concepteurs CRISPR-CAS 9 (il existe aujourd’hui une méthode plus rapide CRISPR-CAS 12), une sorte d’enzyme permettant de modifier sans grande difficulté certains gènes (humains, animaux et végétaux). CRISPR-CAS 9, son brevet, appartient à la gigantesque entreprise BAYER qui a racheté à la surprise générale MONSANTO en 2016 alors que les procès internationaux tombaient sur la société américaine. Pourquoi BAYER, l’entreprise mastodontale, a-t-elle racheté MONSANTO dans ces conditions ? Hé bien parce que MONSANTO avait racheté auparavant le brevet CRISPR-CAS 9 ! L’outil génétique par excellence. Il est étrange que personne, absolument personne, ne s’intéresse à ce fait. Toutes ces révolutions sociétales camouflant des millions d’essais génétiques ne sont finalement que de nouveaux marchés qui s’ouvrent. Toutes ces histoires de lesbiennes malheureuses (il en existe certainement) servent à institutionnaliser une PMA formidablement juteuse pour les grands groupes précédemment cités. 

Quelle opposition ?

Il existe une opposition à cette loi folle servant le Veau d’or seul. Une manifestation importante s’est déroulée dimanche dernier à Paris. Une partie des manifestants est consciente de la gravité de la situation présente (mais la loi est déjà sur les rails). Mais elle est noyée dans une foule croyant que le sujet essentiel est l’enfant sans père. Alors que le sujet, le véritable sujet, est l’enfant sans rien. L’enfant génétiquement modifié, l’enfant malaxé en éprouvette. Et bientôt l’enfant modifié qui transmettra son génome trafiqué, plus tard, à sa descendance, car la transformation est héréditaire selon les concepteurs même de CRISPR-CAS 9. Soyons lucides. A quoi servent les expériences sur les embryons ? Elles servent à tester des techniques eugénistes, afin de fabriquer des bébés conformes aux attentes de parents toujours plus enclins à payer pour obtenir un bon gosse sans anomalie, sans caractère propre in fine. Si nous acceptons cette direction, si nous laissons tous les docteurs Moreau agir à leur guise, ce ne sera pas pour féconder quelques lesbiennes originales. Demain ils vendront l’enfant-robot ou transhumain sur catalogue. Peut-être, comme d’habitude, ce business génétique se pratiquera d’abord en Espagne ou en République Tchèque. Les bébés ainsi conçus vivant en France seront bien sûr reconnus par l’Etat qui pourrait très bien faire mine de ne rien savoir dans un premier temps sur la spécificité de ces enfants. On nous vendra cette révolution encore une fois sur l’autel de l’amour et en focalisant l’attention du public sur les manipulations génétiques qui auront ou auraient sauvé des enfants de certaines maladies. Personne ne pourra alors critiquer la légitimité de la folie mise en place. Il sera indigne de dire quoi que ce soit. On rétorquera aux opposants lucides que leurs propos sont méchants et cruels et qu’ils pourraient être entendus par les premiers concernés. Puis des professeurs d’éthique avec leur visage de cocker viendront relativiser la réalité des enfants transgéniques en arguant de l’idée que les gènes se modifieraient de toute façon de manière naturelle en fonction d’interactions entre les individus et le monde extérieur (organique, chimique, radioactif…). Une Christine Boutin servira d’opposition au Meilleur des mondes. Elle sera laide, aura le charisme d’un chou, passera à la télévision tous les jours. Elle sera attaquée sur son physique, ses partisans finiront par la défendre en priorité (c’est ça, les partisans) avant de lutter contre l’impossible. J’espère de tout cœur avoir tort. Nous verrons dans les mois et les années qui viennent si c’est le cas…

[…] (lire la suite)

François-Xavier ROCHETTE.​

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