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Assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme, le judaïsme politique à la manœuvre !

L’Assemblée nationale a adopté le 3 décembre une proposition de résolution LREM, soutenue par le gouvernement, par 154 voix pour (des LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions, contre l’antisémitisme.

Son auteur, le député LREM Sylvain Maillard proposait au Parlement français l’adoption de la définition de l’antisémitisme telle que formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) qui assimile l’antisionisme et l’antisémitisme en vue de le criminaliser et d’empêcher tout mouvement de solidarité avec la Palestine.

Après le vote, le ministre israélien des Affaires étrangères Israel Katz a « salué la décision du Parlement français » et a appelé les « autres pays à suivre l’exemple de la France ».

Il est donc urgent de se pencher sur les petites coulisses de la manœuvre du lobby du judaïsme politique depuis 4 ans pour étendre encore plus la définition déjà outrancière de l’antisémitisme.

 

Depuis presque quatre ans, Katharina von Schnurbein s’est fait passer pour une championne des Juifs d’Europe.

Pris au pied de la lettre, ses discours dans de nombreuses conférences suggèrent qu’elle est une consciencieuse fonctionnaire de l’Union européenne animée du désir de mettre fin à la persécution. Un examen plus détaillé révèle qu’elle a suivi un agenda mis en place par le lobby du judaïsme politique à la manœuvre.

Le véritable objectif de cet agenda a été d’assimiler et criminaliser l’antisionisme comme étant une forme d’antisémitisme et de museler le mouvement de solidarité avec la Palestine.

Von Schnurbein a été nommée en décembre 2015 première coordinatrice de l’Union Européenne contre l’antisémitisme.

Katharina von Schnurbein prend la parole lors d’une conférence des envoyés contre l’antisémitisme à Bucarest, Roumanie, le 17 juin 2019

L’idée de ce poste n’est pas née dans les bureaux de Bruxelles.

Au cours du mois de mai 2015, le gouvernement israélien a reçu à Jérusalem un « forum mondial pour combattre l’antisémitisme ».

Un « plan d’action » pour l’Europe a été dressé à cette occasion par les lobbyistes pro-israéliens de Grande Bretagne, de France et des Pays Bas.

L’une de ses recommandations était que l’UE nomme un coordinateur contre l’antisémitisme. Une autre était que l’Union « envisage » d’impliquer des forces de police ostensiblement dédiées à l’amélioration de la sécurité des Juifs.

Une proposition similaire a été faite le même mois à une conférence organisée à Bruxelles par le Comité Juif Américain, importante association pro-israélienne.

L’« appel à agir » émis à cette occasion a déformé la réalité. Il prétendait que « les Juifs dans tout le continent [Europe] avaient subi l’été dernier une levée de violence antisémite et des menaces, au moment du conflit provoqué par le Hamas avec Israël ».

La réalité, c’est que l’attaque sur Gaza a été provoquée par Israël. Son gouvernement s’est servi du tir de roquettes par quelques combattants de la résistance comme prétexte pour infliger une violence pire sur les habitants de Gaza, qui vivaient déjà sous blocus.

Cependant, Israël et ses soutiens ont également cherché à dénaturer les très importantes manifestations de solidarité avec Gaza à travers le monde comme étant conduites par de l’antisémitisme.

Il faudrait regarder dans ce contexte la recommandation faite par le Comité Juif Américain pour que les gouvernements de l’UE « engagent les autorités policières » à combattre l’antisémitisme.

Vera Jourova, commissaire européenne à la justice, a participé en 2015 à la conférence du Comité Juif Américain. Travaillant en tandem avec von Schnurbein, elle a par conséquent pris des initiatives recherchées par le lobby pro-israélien.

En juin de cette année, par exemple, Jourova a mis en place un groupe de travail officiellement dédié à la rédaction de nouvelles stratégies contre l’antisémitisme. Ce groupe comprend des représentants des forces de police des pays de l’UE.

L’European Coalition for Israël au Parlement européen avec Katharina von Schnurbein à la tribune en 2016

Le travail de l’Union Européenne dans ce domaine est maintenant conduit par une définition douteuse de l’antisémitisme approuvée en 2016 par un club de 33 Etats connu sous le nom d’Alliance Internationale pour le Souvenir de l’Holocauste (IHRA).

Cette définition est assortie d’exemples hautement contestables de commentaires condamnés comme étant antisémites. On trouve parmi eux l’affirmation comme quoi la création d’Israël a été un « projet raciste ».

Pourtant Israël a bien été conçu comme un Etat où les colonisateurs juifs auraient plus de droits que les indigènes palestiniens. Les Palestiniens expulsés de force de leur terre natale à partir de 1948, ainsi que leurs descendants, n’ont pas eu le droit de revenir chez eux pour la seule raison qu’ils n’étaient pas Juifs. Rappeler ces faits historiques serait sans doute considéré comme antisémite selon cette définition.

A l’origine, la définition a été rédigée il y a plus de dix ans par des associations pro-israéliennes – comme faisant partie d’un exercice sponsorisé par l’UE.

Théoriquement, cette définition n’est pas juridiquement contraignante. Cependant, on ne peut voir l’implication des forces de police dans l’évaluation de commentaires sur Israël que comme une tentative pour criminaliser ceux qui disent la vérité sans fard sur les activités de l’État.

Von Schnurbein n’a cessé d’agir contre le mouvement de solidarité avec la Palestine.

En visite à Jérusalem au début de l’année, elle a déclaré qu’on peut percevoir deux nouvelles formes d’antisémitisme en Europe depuis la deuxième Guerre Mondiale.

La première a été la banalisation de l’Holocauste par la droite. La seconde a été « l’idée antisioniste de gauche que l’existence de l’État d’Israël en elle-même était une tentative raciste ».

(…)

Von Schnurbein a également participé au lancement d’un rapport du gouvernement israélien qui accusait d’antisémitisme la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions menée par les Palestiniens.

Dans son discours lors du lancement, von Schnurbein a relevé un incident de 2015 au cours duquel des militants BDS ont demandé au chanteur Matisyahu de démasquer Israël pendant une visite en Espagne. Elle a prétendu que mettre Matisyahu sur le gril à propos des activités d’Israël était antisémite. Comme c’est un Juif de citoyenneté américaine, Matisyahu ne peut être tenu pour responsable de ce que fait Israël, a-t-elle argumenté.

Von Schnurbein a oublié d’expliquer que Matisyahu est apparu dans des vidéos de propagande israélienne et qu’il a fait partie de ceux qui ont levé des fonds pour l’armée israélienne. Il a été questionné sur son amour déclaré pour Israël, pas parce qu’il est Juif.

Von Schnurbein a été acclamée comme une « infatigable héroïne » par un lobbyiste pro-israélien.

Elle a été également récompensée d’un « prix des droits de l’Homme » par une association qui soutient les colonies illégales d’Israël en Cisjordanie occupée et ses crimes de guerre à Gaza.

Il n’est pas difficile de découvrir pourquoi elle reçoit de telles accolades. Plutôt que de combattre la persécution, elle a soutenu un Etat d’apartheid malfaisant.

David Cronin

Source : The Electronic Intifada via Agence Média Palestine

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