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La révolution arc-en-ciel

Au fil des chroniques, il m’arrive de parler de révolution arc-en-ciel. Je dois au lecteur une définition.

J’ai eu dix ans en 1961, seize en 1967. Nous n’avions ni portable ni trottinette électrique mais la France comptait dans le monde. L’Europe aussi. L’heure était pourtant douloureuse. La décolonisation finissait en tragédie. Le dernier mort de la guerre d’Algérie est tombé un an après l’armistice, en mars 1963, c’était un ingénieur militaire fusillé sur ordre du général De Gaulle, Bastien-Thiry. Cependant un million de Pieds-Noirs s’installait tant bien que mal, l’économie marchait comme on le voit dans les films de Louis de Funès, la France précédait de loin la Chine, la Grande-Bretagne, l’Italie, et même le Japon. Un franc valait un mark. La littérature, la mode, la culture se faisaient encore à Paris. Les élites, les ambassades parlaient encore le français, langue des institutions européennes.

Je ne vais pas vous la faire longue. La criminalité, qui avait atteint son plus bas niveau avec les deux guerres mondiales, demeurait anormalement basse. L’école enseignait. Ce n’était pas toujours passionnant mais le niveau était honnête. L’armée privée de l’empire se mettait à l’atome. La France renouvelait ses générations sans apport extérieur. Le baby-boom battait son plein. Les musulmans, les étrangers non européens, n’étaient pas plus de cinq cent mille à tout casser.

La première chose à craquer fut l’Eglise catholique. Avec le concile Vatican II, on lui avait promis un nouveau printemps, cent fleurs, un grand bond en avant : l’aggiornamento ne fut qu’une révolution culturelle empoisonnée, lancée par les clercs gyrovagues et leur entourage d’ouailles politisées ou niaises. Très vite les fidèles déçus virent qu’il y avait un loup. Les églises se vidèrent et les séminaires aussi. On a parlé de révolution en mai 68. Pourtant ce fut bien peu de chose en comparaison d’octobre 62, de la nouvelle messe, du nouveau catéchisme et de deux événements en France : la pilule en 1967 et le nouveau droit de la famille en 1970, la fin de la puissance paternelle notamment.

Aujourd’hui, le monde a changé de face, pour le pire. Les mœurs ont changé. La grammaire aussi. L’église conciliaire n’est plus qu’une grande ombre que les progressistes vilipendent pour ses scandales mais utilisent pour ses propos sur l’immigration. L’avenir de l’économie se fait en Asie. L’Europe s’est appauvrie, le chômage atteint un niveau qu’on n’imaginait plus depuis 1929. Il devient l’habitude, et des populations, de souche, se composent d’assistés de seconde génération — c’est un monde perdu. De nombreux vieillards vivent et meurent dans un quasi-abandon. Les campagnes se vident, les paysans se suicident. L’excellence française en agriculture, comme dans le nucléaire, décroît. Même ses trains, Alstom, la France les perd. L’école est en pleine déréliction. Ses résultats, mesurés par les études internationales, ne cessent de baisser. La violence y gagne. On y trouve des armes. Des professeurs y sont frappés, violés même, parfois. Ce qui était impensable est devenu ordinaire.

Le poids démographique du monde blanc décroît. La famille est bouleversée. L’islam s’est répandu, les mosquées, le voile en témoignent. Des femmes se baignent en burkini dans nos piscines. Des mamans voilées accompagnent les sorties de classe. Un prêtre est égorgé dans son église, des dizaines de jeunes gens sont massacrés au dancing. En Angleterre, les juges appliquent la charia. Des centaines de jeunes filles ont été violées à Rotherham par des Pakistanais dans le silence de la justice et de la presse, qui craignaient de stimuler le racisme en relatant ces crimes. En Allemagne, les mêmes consignes ont prévalu, jusqu’au niveau de la chancellerie, lorsqu’une nuit de la Saint-Sylvestre, des immigrés ont pourchassé en masse les autochtones, en violant un nombre non négligeable, dans une sorte de razzia urbaine. 

D’autres nouveautés frappent l’œil. Les hommes se “marient” entre eux, et des femmes “mariées” entre elles achètent un bébé en Ukraine ou en Inde. Des cheftaines guides sont virées parce qu’elles refusent d’intégrer des louveteaux trans dans le dortoir des louvettes. Un étudiant vient d’être exclu d’un cours parce qu’il soutenait qu’il n’y avait que deux genres, les hommes et les femmes. Telle est l’inclusion. Inutile d’insister, des milliers d’exemples analogues pourraient être produits. 

Nostradamus, avant d’écrire ses fameuses Centuries, s’était rodé avec des Almanachs et prognostications. Il annonçait toujours un peu les mêmes fléaux et monstruosités, peste, guerre, inondations, tempêtes, grandes chaleurs, exactement la panoplie de l’écologiste : les quelques signes que je viens de passer en revue me semblent moins habituels et plus chargés de sens. C’est que le monde a changé de sens. Les progressistes en sont heureux, ils y voient un progrès. Leur nombre croît. On arrive à ce point du rêve où ceux qui continuent à rouler normalement sur l’autoroute s’aperçoivent que ceux qui roulent à contresens deviennent les plus nombreux. C’est assez affolant.

[…]

(lire la suite)

HANNIBAL.

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